DANSEZ- VOLS, MONSIEUR POILUD
vers elle pour avoir l'honneur d'obtenir sa seconde danse, elle s'avança bravement vers Poilud, lui prit le bras et dit : — Dansez-vous, monsieur Poilud?
Poiluden était arrivé à un tel état de suffisance et d'orgueil que plus rien ne pouvait l'étonner. Festoyé, g-obergé, décoré, les prévenances dont on le comblait lui semblaient naturelles; pour un peu, elles lui étaient dues. Aussi fut-ce sans le moindre embarras qu'il répondit :
— Sans être aussi bon danseur que tireur, je tricote à l'occasion mon petit picoulet.
Allons-y, mam'zelle!
Il la prit sans façon par la taille et s'élança avec elle sur le parquet en un pas bizarre et d'une grâce déhanchée que le petit père Canard, dont cela dérangeait toutes les notions, suivit d'un œil ahuri et perplexe.
— Oh ! monsieur Poilud !... monsieur Poilud 1 s'écriait W^" Geneviève étourdie, tandis qu'elle s'essayait et réussissait, enfin à ajuster ses mouvements à sa pyrrhique particulière,