‹ Le centennaire du catholicisme aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 3 sur 3 · PT EU · texte numérisé non relu

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pas uu tribunal ne pouvait nous forcer à une restitution; mais il est une autre loi, une loi plus puissante, dérivant de la nature, de Dieu même, et cette loi nos interdisait tout droit moral à la possession de ces biens; devant les tribunaux nos titres pouvaient être valides, mais l’eusseni-ils été devant le tribunal suprême de l'Equité ? Nous ne l'avrA18 pas cru; nous avons dédaigné d'invo-

uer l'excuse des ‘‘ faits accomplis,” nous ne nous sommes trouvés libérés par aucune restriction statutaire, ni ancune prescription, Ne nous connaissant aucun droit devant Dieu, nous n'avons pas voulu nous prévaloir de nos droits devant les hommes, et de notre propre et libre mouvement, nous avons fait un acte de restitution dont nous sommes fiers et dont, je l'espère, l'histoire ne nous blämera pas (applaudissements.)

On a fait beaucoup au Canada pour l'éducation ; nous sommes fiers de nos colléges et de nosuniversités : lorsque dans le passé vous n’aviez pas encore les facilités dont vous jouissez aujourd'hui, combien de vos jeunes hommes sont venus chercher au Canada les bienfaits d'une éducation chrétienne ! Combien de prêtres et de laïques nous avez-vous envoyés au Séminaire de Saint-Sulpice, combien sont sortis de l’enceinte du collége Sainte-Marie à Montréal pour aller répandre parmi vos populations les connaissances

u’ils avaient cueillies dans mon Canada, dans mon Alma Mater

ont le nom reste associé dans mon cœur à tant de chères souvenances ! Ah ! si nous ne pouvons espérer fonder dans nos rigoureux climats une université comme celle que vous ouvrez maintenant, nous pouvons toujours nous enorgueillir d’avoir vu, il y a déjà nombre d’années,—je puis remonter jusqu’en 1852 —nos évêques et nos hommes politiques bâtir dans la chère viville cité de Quebec l’université Laval, qui a entrepris et qui poursuit encore une œuvre bienfaisante pour tous et dont tous sont fiers.

Comme nos colléges ont autrefois été heureux de donner aux vôtres une éducation bienfaisante, permettez-moi d'espérer qu'à votre tour vous serez généreux, et que les Canadiens ne seront pas des étrangers dans les annales de l’université de Washington : qu’au contraire ils y seront les bienvenus, soit comine élèves ou professeurs, de manière à créer un nouveau lien plus étroit entre deux pouples déjà unis par tant de sentiments et désormais heureux de voir leurs enfants étudier ensemble les mêmes sciences dans les mêmes écoles, sous les mêmes maitres, dans un commun sentiment d'amour pour Dieu et leur partie. (Applaudissements.)

Parmi les beaux poèmes dont s’est enrichie votre littérature nationale, il en est un de votre grand poète Longfellow, qui me paraît admirablement approprié à la présente circonstance. Le poète adresse son invocation au vaisseau de l'Etat; je voudrais en étendre le sens et l'appliquer à voire université. Et vraiment, la pros. périté de votre université me paraît si intimement liée à la prospérité de votre glorieuse Union, la Patrie et la Religion si étroite: ment mêlées dans vos sentiments, qu’en répétant la prière du poète pour l’une, je la formulerai nécessairement pour l’autre,

Je dirai donc, parlant pour votre pays en même temps qué pour votre uni-ersité et pour leur union:

ci) Sail on, O Union, strong and great !

Humanity, with allits fears,

With all its hopes of future years,

Is hanging breathless on thy fate !

We know what Master laid thy keel,

What workmen wrought thy ribs of steel, Who made each ma:t, and sail, and rope, What anvils rang, what hammers beat,

In whar a forge and what a heat

Were shaped the anchors of thy hope |!

Fear not each sudden sound and shock ;

‘ Tis of the wave and not the rock ;

‘Tis but the flapping of the sail,

And not a rent made by the gale |

In spite of rock and tempest’s roar,

In spite of false lights on the shore,

Sail on, nor fear to breast the sea !

Our hearts, our hopes, are all with thee, Our hearts, our hopes, our prayers, our toars, Our faith triumphant o’er our fears,

Are all with thee,—are all with thee !

. . (Applaudissements prolongés.]

M. Mercier reprit son siège au milieu d’un véritable tonnerre d'applaudissements et d'un enthousiasme extraordinaire,

(1) Traduction liltérale

Déploie tes voiles, O grande et forte Union ; L'humanité, avec toutes ses terreurs, Avec toutes ses espérances d'avenir, Retient son souffle, attendant ton destin !

Nous savons quel est le charpentier qui a fait ta quille, Quels forgerons ont battu ta membrure d'acier, Qui a fait chaque mât, chaque voile, chaque cordage, d Sur quels enclumes les marteanx ont frappé, Dans quelle forge et par quelle chaleur nl Ont été façonnées les ancres de l'espérance !

Ne crains ni commotion, ni choc,

C'est la vague et non le récif ;

Ce n’est que le ballonnement de la voile

Et non pas un coup de vent qui l’a fendue !

Au milieu des récifs ct de l'ouragan,

En dépit des feux trompeurs dn rivage,

Marche, sans craindre la mer !

Nos cœurs, nos espérances sont avec toi,

Nos cœurs, nos espérances, nos prières,nos larmes,

Notre foi triomphant sur nos craintes,

Sont avec toi |—avec toi !

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