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pute dans les hautes classes pour ou contre les prérogatives royales
ue l'aspiration des masses aux droits populaires. La Chambre
es Communes, formée, régiè par les classes privilégiées. la noblesse héréditaire et terrienne, n'était pas uu corps représentatif du peuple ; les lois pénales existaient encore en ce temps-là, le droit de réunion était refusé au peuple, le droit d'association, considéré comme un crime, était sévèrement interdit aux corps de métiers, le suffrage était réservé à une faible minorité de la nation, et il devait s'écouler encore un demi-siècle et davantage avant que la Chambre des Communes pût devenir l'assemblée du peuple, avant qu'à l'exemple de l'Amérique on eût constitué le gouvernement des Masses et non celui des Castes.
Les hommss d'Etat même qui revendiquaient quelques droits populaires dans la Chambre ds Communes, ne le faisaient guère que dans la mesure de leur intérêt perscanel ; ils auraient imposé à l'Amérique des lois et des fardeaux dont ils n'auraient point voulu pour eux-mêmes. George IIT n'avait qu'à vouloir gouverner l'Amérique par des édits autocratiques, il avait dans le ministère et dans les Communes d'Angleterre une majorité puissante pour approuver des mesures et des procédés tyranniques.
Quelle période de crise pour l'Amérique et le monde ! Si les idées qui inspiraient alors les rois et les princes, les hommes d'Etat et les législateurs du Vieux- Monde avaient prévalu sur le nouveau Continent, si vos ancêtres avaient mal interprêté leurs devoirs, s'ils avaient failli à les remplir, la tyraunie se serait déroulée comme un suaire sur le monde entier, et l'on verrait aujourd'hui, nou-seulement l'Amérique, mais l'Europe et le monde civilisé se débattre au bruit de leurs chaines, pour sortir de l’abime et se vivifier à la chaleur de cet astre de la Liberté qui, aujourd'hui, grâce à l’héroisme de vos pères, illumine votre continent et répand sa lumière au loin, au delà des océans que votre pays a pour frontières. [Applaudissements prolongés|].
L'archevêque Carroll a eu sa large part dans cette œuvre grandiose et glorieuse. Ce génie large, émancipé de ce qu'il y a de suranné dans les croyances et les traditions, comprit que l’intelligence et 1: volonté humaines, ayant la liberté de conception et d'aspiration, devaient aussi avoir la liberté d'expression et d'action, et que l’unique restreinte qui pût leur être imposée était celle que la loi de Dieu prescrit, et que les conditions de la société demandent aux hommes, appelés à cohabiter avec leurs semblables, pour marcher librement à la recherche du bonheur, sans autre frein que les droits &’autrui.
Ce furent là les idées soutenues par Carroll et les illustres'fondateurs de votre constitution. Votre déclaration d’'Indépendance a été une révélation pour l'humanité. Avant pour point de départ que les droits qu'elle proclamait venaient de Dieu, source de tout gouvernement et de toute autorité, elle formulait en termes non équivoques les principes dont l'application doit assurer la plns grande somme de liberté au peuple en même temps que 18 meil-
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leures garanties d'ordre, de paix et de sécurité pour les personnes et la propriété.
ni n’y a peut-être personne, parmi les hommes de cette époque, qui ait plus fait que Franklin pour la cause américaine, et Franklin était l'ami intime de Carroll. En Amérique, en Angleterre,en France, Franklin fut, par sa parole, par ses écrits, l’un des plus nobles champions des droits de votre pays; il se révéla assez fin diplomate pour tenir tête et imposer ses 7ues aux hommes d'Etat les plus consommés de l'Europe, et son vaste esprit eut la perception nette et juste des vrais principes de gouvernement. Jusqu'à quel
int l’archevêque Carroll a contribué, par sa saine érudition, par Là sûreté de son jugement, par son esprit de justice, à passionner Franklin et ses contemporains pour ces grands et admirables principes, nul ne le saurait dire ; mais nous savons, sur les meilleures preuves, que les fondateurs de votre pays voyaient en lui un sage conseiller, et que si son frère Charles a risqué son immense fortune par dévouement pour son pays, en signant la Déclaration d’Indépendance, le grand archevêque n'a pas été moins généreux en vouant son immense talent, sa haute influence, son travail incessant à la cause de ses compatriotes.
C’est une véritable faveur de la providence pour les disciples de l'Eglise catholique romaine que l’Archevêque Carroll ait rendu d'aussi éminents services à son pays, et que son influence ait été à la hauteur de ses services; je pourrais aller plus loin et dire qu'il est également providentiel pour toutes les religions et croyances d'Amérique que sa voix ait été entendue.
On était encore à l'époque des persécutions religieuses ; les haines soulevées en Europe par de longues années de dissensions et de guerres de religion n'étaient pas encore assouvies ;: dans les statuts de tous les pays, on trouvait encore des lois attentatoires à la liberté de conscience ; des hommes qui récusaient l'infaillibilité de l’Eglise catholique romaine, s’arrogeaient un contrôle absolu sur les croyances des autres, et le monde offrait l’étrange spectacle de gouvernements fondés pour des fins temporelles, et faisant cependant des lois ponr les besoins spirituels du peuple ; n’osant réclamer pour eux-mêmes l'inspiration d’en haut, mais tout de même promulguant des doctrines et des croyances, et niant aux autres le privilége de faire ce qu'ils faisaient pour eux-mêmes en se créant une religion pour leur propre usage.
L'Amérique elle-même n'était pas encore dégagée de ces préjugés, et longtemps avant que le pays eût subi le bienfaisant ascendant du génie de Carroll, longtemps avant que ce grand esprit eût un À ts sa libéralité aux hommes publics de son temps, on voyait le Congrès de Philadelphie protester contre l’Acte de
Québec passé en 1774 par la Chambre des Communes d'Angleterre, loi qui garantissait la liberté religieuse aux catholiques romains du Canada,
Cette imprudente protestation ne fut pas sans quelque influence sur les luttes de l'indépendance américaine, l'Archevêque Carroll put s’en apercevoir lui-même ; lorsqu'il fut délégué au Canada;avec
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Franklin, Chase et Charles Carroll pour solliciter les sympathies du peuple canadien en faveur des colonies insurgées, partout, ils constatèrent que la protestation du Congrès de Philadelphie avait indisposé les populations; les Canadiens-Français demeurèrent neutres pendant la guerre, l’armée de Burgoyne en compta à peine 150 ; contre toute attente, ils se tinrent à l'écart d’une guerre qui devait pourtant être si fatale à leur ennemi héréditaire,
Mais cette erreur fut noblement réparée ; lorsqu’arriva le moment d'appliquer les vrais principes du gouvernement, de jeter les bases de votre constitution, la liberté fut proclamée dans toute sa plénitude, dans toute sa beauté, et aujourd’'hni votre République offre le majestueux spectacle de l’union franche et loyale de tous les citoyens fraternisant, malgré leurs différences de croyances et de pratiques religieuses, dans un commun amour pour leur pays, dans un commun dévouement aux principes de la liberté civile et religieuse. (Applaudissements )
Il est une cause pour laquelle l’archevêque Carroll se prodigua d'avantage : celle de l'éducation. Hélas ! le savoir en lui-même ne dégage pas l'humanité des fragilités et des passions qui sont son lot ; mais au moins il tend à faire de l'homme un être plus raffiné, plus éclairé, plus apte à connaître ses devoirs et ses droits, de même que les devoirs et les droits de ses semblables,
La vertu et la religion jointes au savoir donnent l'homme parfait, l’homme dont toutes les facultés, morales et intellectuelles, ont reçu leur pleine culture. C'est là qu’on trouvera le bon citoyen, le soldat intrépide, l’homme d’Etat intègre. Il n'y a pas de forme de gouvernement sous laquelle la vertu e: l'intelligence soient plus nécessaires que la République ; dans chaque citoyen, il y aun homme d'Etat, car c'est de son jugement que dépend en dernier ressort la décision de toutes les questions politiques ; par son suffrage il participe à la législation, c'est lui et ses concitoyens qui font les gouvernements, et ceux-ci seront ce que le citoyen Îles fera, suivant la manière dont il aura compris et accompli ses devoirs.
Aussi n'est-il pas de plus grand service à rendre à votre pays que celui que l'Eglise catholique rend aux Etats-Unis en cette mémorable circonstance, en jetant les bases larges et profondes d’une grande université catholique ; il ne pouvait non plus être élevé un plus beau monument à la mémoire de l’atchevéque Carroll, on ne pouvait imaginer plus belle manière de célébrer son centenaire.
C'est dans la cité qui porte comme une auréole le num de Washington, dans la capitale de la plus libre nation du monde, à l'endroit même où sont traités par les plus fortes têtes du pays les intérêts de soixante millions d'hommes, que dis-je, de centaines de millions ; c’est là qu’en cette année de grâce l'Eglise catholique romaine fait à votre pays le magnifique cadeau d’une grande université, qui sera ie foyer des arts et des sciences, de la religion et de la morale et où vos enfants trouveront l'enseignement de AE grande vérité : que la loyauté envers Dieu implique loyauté à l'Etat.
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De même qu'aux vieilles époques catholiques, l'Eglise avait doté l'Angleterre et la France, l'Allemagne et l'Italie d'universités
dont on comptait les élèves par millierset où les sciences du temps pi étaient enseignées par les plus habiles professeurs que produisait é le siècle, de même voyons-nous, au dix-neuvième siècle, dans la D libre Amérique, l'Eglise poursuivre son œuvre antique, toujours pr la même, consistant à donner aux plus nobles facultés de l’homme êt leur complet développement, ouvrir à la jeunesse studieuse de l' l'Amérique un foyer de science où l'œuvre des colléges puisse être complétée, où l'on préparera pour l'avenir des hommes qui, il dans les diverses carrières professionnelles, dans la vie publique D ou dans la vie privée, dans la chaire ou dans le parlement, seront ne appelés, de concert avec leurs concitoyens honorables d'autre pi croyatce, à former l'opinion publique, à instruire leurs compa- tic triotes des beaux et nobles principes de liberté, d'égalité et de jus- b] tice,
Pour notre part, nous qui venons de la province de Qnébec, f nous sommes déterminés à n'avoir d'autre guide dans nos affaires br
publiques que la justice ; nous croyons à la justice dans toute sa pureté immaculée, nous croyons à la justice en tout et en dépit de tout, nous croyons à la justice quelles qu’en soient les responsabilités et les conséquences; justice, non-seulement pour le présent et l'avenir, mais justice pour le passé, et lorsque nous constatons que ses préceptes ont été méconnus ou négligés, nous croyons alors qu'il faut retourner en arrière pour redresser les torts et payer les dettes. L'idée que nous avons de la justice est celle qu'en avait saint Thomas: Virtus moralis disponens voluntatem ad perpelu uniquique rendendum jussuum secundum æquitatem ; une vertu morale qui dispose la volonté à toujours rendre à chacun ce qui lui est dû suivant l'équité.”
Aussi, lorsque la minorité protestante du Bas-Canada réclama, d'ordre naturel et de droit, le privilége de faire instruire leurs enfants dans leurs propres écoles, d’après leurs méthodes et leurs notions religieuses, mes compatriotes Canadiens-français et catholiques, Je suis fier de le dire, n’hésitèrent pas un instant: de leur pivin inouvement ils accordèrent à la minorité protestante des écoles distinctes et le droit absolu de les administrer de la manière qu'elle jugerait la meilleure pour assurer le bien moral et religieux de la population protestante du pays.
Toujours dans le même esprit, sans aucune intention d'indu favoritisme, sans vouloir en rien empiéter sur les droits des autres, mais au nom de la justice seulement, unicuique rendendum jussuum À secundum aequitatem,” nous avons remis à l’église catholique, par
l'entremise de l’ordre des Jésuites, la propriété dont elle avait été spoliée par le même George III qui aurait voulu. spolier vos pères de leurs libertés et de leurs droits.
Les biens des Jésuites avaient été enlevés à l’ordre, sans com- 54 pensation +n retour. Aussi avons-nous cru que nous n'avions 5) aucun droit véritable, ancun droit moral à la détention de ces
4 biens. La loi était là, il est vrai, nous avions la légalité pour nous, ,
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