De Paris à Clermont-Ferrand par Orléans et Bourges
447 kil. Trajet en 13 h. 10 à 16 h. 35. Prix: env. 50 fr. 40, 34 fr. 05, 22 fr. 25. — D’Orléans : 326 kil. ; 10 h. 40 à 1 1 h. 35 ; env. 36 fr. 85, 24 fr. 90, 16 fr. 25. — Départ, à Paris, de la gare d’Orléans.
Jusqu’à Vierzon (200 kil.), v. R. 10. On traverse un peu plus loin l’Yèvre, le canal du Berry et un tunnel, après lequel on quitte la ligne de Limoges et longe le canal sur la gauche.
210 kil. Foeey. — 215 kil. Me'hun-sur-Yëvre, ville de6572hab., avec des restes du château où Charles VII se laissa mourir le faim en 1461, de crainte d’être empoisonné par son fils, plus tard Louis XI. On y remarque aussi une église romano-gothique. — 223 kil. Marmagne. — A dr. , la ligne de Montluçon (R. 21); on retraverse le canal du Berry et l’Yèvre. — 232 kil. Bourges, à dr. (bon buffet).
Bourges. — Hôtels: de la Houle -d' Or, place Gordaine (pl. a,C2 » ch. dep. 3fr., rep. 3 et4); deFrance (pl. b, B 2), place Planchât, même genre, mais près d’un café-concert bruyant ; Jacques-Cœur (pl. c, B 3), rue des Arènes, 35. — Cafés: Grand-Café , rue Moyenne, 14; C. des Beaux-Aris , près de l’école de ce nom (p. 135). — Voitures de place: course, 1 fr. 50; l re h., 2 fr. 50; h. suiv. , 2 fr. 25. — Poste et téléoeaphe (pl.B3j, place Berry.
Bourges est une ville prospère de 45342 hab., l’anc. capitale du Berry et auj. le chef- lieu du départ, du Cher et du command. du vn e corps d’armée, le siège d’un archevêché, etc. Elle est bâtie au confluent de l’ lèvre et de l 'Auron et entourée de prairies. 11 y a un grand arsenal, avec une fonderie de canons.
Cette ville est VAvaricum des Romains, la capitale des Bituriges, qui opposa une résistance héroïque à Jules César, comme il le raconte luimeme dans ses Commentaires. Après avoir été toutefois prise et saccagée par lui, l’an 52 av. J. -C., elle devint la métropole de l'Aquitaine l re . Elle fut ensuite successivement prise par Euric, roi des Visigoths; par Clovis, par Pépin le Bref et par les Normands. Puis elle obéit à des seigneurs particuliers, elle passa à la couronne, et elle devint même la capitale du royaume, sous Charles VII, jusqu’à la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc, en 1429. Elle resta encore importante comme capitale du duché de Berry, fut le siège d’une université, où étudiçrent entre autres Théodore de Bèze , Amyot et Calvin , et dont le jurisconsulte Cujas fut professeur. Beaucoup de ses habitants ayant embrassé la Réforme, Bourges souffrit considérablement des guerres de religion. De terribles incendies et la peste l’ont ravagée également plusieurs fois. Louis XI y naquit en 1423 , et c’est aussi la patrie de Jacques Cœur, argentier de Charles Vil (p. 136); de Bourdaloue, illustre prédicateur du xvn e s., etc.
L’avenue de la Gare, qui traverse l’Yèvre, nous mène directement vers le centre de la ville. Elle passe, à g., près de Notre-Dame (pl. B 2), église du style goth. flamboyant, avec une tour de la renaissance. On en remarquera les bénitiers. La rue des Toiles et la rue Mirebeau, qui partent de la place Notre-Dame, ont encore de vieilles maisons intéressantes. Elles font partie de l’une de deux séries de rues circulaires qui marquent toujours les limities de l’ancienne ville. La rue des Toiles aboutit à la place Planchât, près du musée (p. 137). La petite rue du Commerce, à g., la relie à la place Cujas, où est V Ecole des Beaux-Arts (pl. B 2), belle construction neuve du style de la renaissance. A peu de distance à dr. est
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l’hôtel Jacques-Coeur (p. 136). Nous continuons par la rue Moyenne, une des principales de la vieille ville, qui passe, à g., près de la cathédrale.
La “cathédrale ou St-Etienne (pl. D3), est le principal édifice de Bourges et l’une des plus belles églises de France. Elle date du xxn e et du xiv e s., mais elle n’a été achevée qu’au xvi e s.
La *façade, bien que manquant d’unité, est d’un effet imposant et excessivement riche comme décoration. Elle a 55 m. de largeur et elle est percée de cinq portails, qui correspondent à autant de nefs. On remarque surtout parmi les sculptures celles du portail du milieu, dont le tympan représente le ‘jugement dernier. Ce portail principal et ceux de dr. sont du xm e s. ; ceux de g. sont seulement du xvi e . Au centre de la façade est une magnifique rosace de 9 m. de diamètre, surmontant deux grandes fenêtres à trois meneaux. Enfin sur les côtés s’élèvent deux tours. Celle de dr. ou du S., la tour Sourde , du xiv e s., mais inachevée, est haute de 58 m. et flanquée d’une construction qui détruit l’harmonie de la façade. La tour du N. ou tour de Beurre, qui est plus remarquable, atteint 65 m. Elle a été construite au xvi e s. , comme celle du même nom à Rouen, en partie avec les sommes payées par les fidèles pour obtenir la permission d’user de beurre en carême. L’église est sans cela fort simple à l’extérieur; elle n’a pas de transept, mais elle a cependant deux portails latéraux, d’une église plus ancienne, d’un style roman très riche, des xi e -xn e s.
L'intérieur n’est pas moins imposant que la façade. Tout l'édifice mesure 113 m. de longueur sur 40 de largueur, 37 m. de hauteur sous voilte dans la grande nef, 21 m. et 12 m. dans les autres. Les fenêtres et le triforium de la première paraissent toutefois écrasés, comparés à la hauteur des piliers. Des chapelles latérales ont été ajoutées au xv e et au xvi e s. Le chœur est construit au-dessus d’une crypte pour laquelle on a utilisé les fossés de l’enceinte romaine-, elle sert aux sépultures des archevêques. Le pourtour est double. Les cinq chapelles du chevet, fort petites, sont bâties en encorbellement sur des piliers. Les connaisseurs remarqueront surtout les *vitraux de cette cathédrale . en grande partie du xm e s. et peut-être les plus beaux qui existent en France, notamment ceux de l’abside et de la façade. Us comptent, dit-on, jusqu'à 1610 figures. Nous mentionnerons ensuite comme œuvres d’art: dans la 2 e chap. à dr. de la nef, une Adoration des bergers, tableau de Jean Boucher, de Bourges (1563-1633); dans la chap. suivante, des tapisseries des Gobelins d’après les cartons de Raphaël, la Guérison du boiteux et la Mort d’Ananie; au chœur, la clôture, œuvre moderne dans le style du xui e s.: à la chap. de la Vierge, les statues peintes du duc Jean de Berry (m. 1416) et de sa première femme (v. au musée); dans la chap. St-Ursin. à g. du chœur, 3 belles statues tombales en marbre des xvi e et xvn e s., auparavant dans la crypte, celles du chancelier de l'Aubespine, de sa femme et de leur fils (avec un livre), le marquis de Châteauneuf (m. 1653), qui fut garde des sceaux sous Louis Xlll.
A dr. ou au S. de la cathédrale est le jardin de U Archevêché (pl. D 4), qui est une belle promenade publique. On y voit les bustes en bronze du prédicateur Bourdaloue (1633-1704) et du physicien Sigaud de Lafond (1730-1810), de Bourges, et deux vases modernes aussi en bronze. L’archevêché hii-même, qui datait surtout du xvn e s. ;