LE CREUSOT
château de Montrenard, du xiv^s. — A 6 kil. à l’O., au delà de la Loire, la Bénissons- Dieu , qui a une église fort remarquable, reste d'une abbaye cistercienne du xii e s., modifiée au xv e et au xvn e s. et restaurée de nos jours. Elle possède encore une pyxide du xvi e s., un reliquaire du xm e et deux du xvii® s. — 96 kil. Vougy. — 104 kil. Le Coteau (p. 221). On traverse la Loire. — 110 kil. Roanne (p. 221).
La ligne de Nevers tourne au N. -O. et traverse plus loin V étang du Creusot, un de ceux de la région qui alimentent le canal du Centre.
89 kil. Le Creusot (hùt. Rodrigue, ch. t. c. 2fr. 50, rep. 2.50 et 3), ville très prospère de 28635 hab., grâce à V*usine Schneider, la plus importante de France et l’une des premières de l’Europe, et qui comprend même des mines de houille. Sur la place qui la précède, une statue d 'Eug. Schneider (1805-1875), son ancien directeur, par Chapu. On peut visiter l’usine en s’adressant à la direction, à 9 h. et à 2 h. précises, les jours ouvrables. La vue d’ensemble de cette immense usine est déjà fort curieuse, et c’est un spectacle merveilleux le soir, avec ses fours à coke et ses hautsfourneaux en activité. Elle occupe 15500 agents et ouvriers. Les bâtiments et les dépendances y couvrent une surface de 423 hect., et elle est desservie par plus de 300 kil. de chemins de fer. La force motrice y est donnée par 1050 machines outils et engins de toute sorte et 390 machines à vapeur. Il y a 60 marteaux-pilons, y compris un marteau de 100 tonnes. La production de l’usine a été en 1886-87 de 715000 tonnes de houille, 190 000 de fonte, 160000 de fer et d’acier, 56000 de constructions diverses, ponts, bateaux, machines, etc.; plus de 100 locomotives et une quantité énorme de fers ouvrés pour tous les usages, même des canons. Il y a aussi un musée paléontologique et minéralogique. La visite se fait dans l’ordre suivant : fours à coke et hauts-fourneaux (coulée de la fonte), Grande-Forge (puddlage et laminage), aciéries, atelier de bandage (gros marteau-pilon), ateliers de construction, artillerie.
Ensuite un tunnel de plus de 1 kil., et on descend la vallée du Mesvrin. — 95 kil. Marmagne. — 101 kil. Broyé. A dr., le signal de Montjeu (643 m.), derrière lequel est le château de ce nom , à env. 1 h. de la stat. (v. p. 240). — 105 kil. Mesures.
110 kil. Etang (buffet), où l’on rejoint la ligne d’Autun (p. 241) et traverse ÏArroux. Eglise goth. moderne avec un joli clocher.
D’Etaho a Digoiü (Paray-le-Monial), env. 50 kil., ligne en construction, devant être ouverte en 1893. Principales stat. : (23 kil.) Toulon-sur-Arroux , petite ville où l’on remarque un pont du moyen âge, et (31 kil.) Queugnon (3567 hab.), qui a de grandes forges. — Dig'oin , v. p. 241.
116 kil. St-Didier. — 123 kil. Mülay. — 132 kil. Luzy, petite ville que domine à g. YOppenelle (380m.), extrémité S. des montagnes du Morvan. — On descend la vallée de l’Alène. — 147 kil. Remilly, où sont les ruines de deux châteaux du xv e s. — 155 kil. Fours.
162 kil. Cercy-la-Tour (buffet), où aboutit la ligne de Clamecy par Corbigny (p. 232), sur le canal du Nivernais (p. 227) et au confluent de l’Alène, de l’Aron et de la Canne. — 167 kil. Verneuil.
177 kil. Decize (hùt. de la Rosie), ville ancienne et industrielle
236 III. R. 39. EPINAC. De Dijon
de 4977 hab., dans une île de la Loire, à son confluent avec l'Aron et à l'embouchure du canal du Nivernais, qu’on traverse avant d’y arriver. Eglise en partie du xi e s., avec une crypte encore plus ancienne. Iiuines d’un château du moyen âge, sur la hauteur qui domine la ville. Sur la promenade, la statue Guy Coquille (1523- 1603), jurisconsulte et historten originaire de Decize. — Correspond, pour les mines de la Machine (8 kil.).
La voie suit désormais la rive dr. de la Loire. Sur la rive g. passe le canal latéral à la Loire (v. p. 123).
190 kil. Béard. — 199 kil. Imphy (2476 hab.), qui a une importante fonderie, à g. après la station. On traverse la Nièvre un peu avant Nevers et contourne au N. la ville, dominée par sa cathédrale et son palais. — 215 kil. Nevers (p. 126).
B. Par Chagny et Antun.
221 kil. Trajet en 7 h. 10 et 7 h. 25. Prix : env. 25 fr., 16 fr. 85, 11 fr. — A Autun : loi kil. ; 3 h. 30 à 6 h. 35; 11 fr. 65, 7 fr. 80, 5 fr. 10.
Jusqu'à Santenay (56 kil.), v. p. 234. On laisse à g. les lignes de Nevers par Montchanin et le Creusot et de Moulins par Parayle-Monial (It. 40). Celle d’Autun tourne à dr., dans une jolie vallée, et passe dans un petit tunnel. — 61 kil. Paris -l’ Hôpital. A g., les monts de Rome-Château (547 m.) et de Rême (516 m.), où il y a eu dans l’antiquité des retranchements comme sur le mont de Sène, à dr. (p. 234). Rochers et grottes au premier. Belles vues.
Plus loin, un viaduc, avant Nolay, que l’on contourne à g. A dr., des rochers assez curieux.
66 kil. Nolay (hôt. Ste- Marie) , ville 2404 hab., dans une belle vallée, couverte de vignes, patrie de Lazare Carnot, membre du Directoire. On lui a érigé en 1882 une statue en bronze, par Roulleau, devant sa maison, à un carrefour non loin de la gare.
A 4 kil. à l’E., la Hochepot, village dominé par les ruines imposantes d’un château du xm e s. , dont un des seigneurs fut Philippe Pot, grand sénéchal de Bourgogne.
Puis un viaduc courbe et un tunnel de plus de 1200 m.
79 kil. Epinac (hôtel des Mines), localité de 4061 hab. Mines de houille considérables. Le puits Hottinguer, à la gare, atteint 1200 m. de profondeur. L’extraction s’y fait à l’aide d’une machine pneumatique. Les produits sont expédiés au Pont-d'Ouche, sur le canal de Bourgogne, par une ligne ferrée de 26 kil. (v. p.213). Verrerie à bouteilles. Lignes des Laumes et de Dijon, v. p. 213 et 204.
Ensuite, à dr., les ruines du château d’Epinac, du xiv e s.
86 kil. St-Léger-Sully. St-Léger (St-L.-du-Bois) a des mines de schistes bitumineux, Sully, i / t h. en deçà, à dr., un magnifique château du xvi® s., au maréchal de Mac-Mahon. On y voit aussi les restes d’un autre château. — 93 kil. Dracy-St-Loup, où l’on rejoint la ligne d’Auxerre par Avallon (p. 228). Puis, à g., la flèche de la cathédrale d’Autun; à dr., le prétendu temple de Janus (p. 239).
à Nevers. AUTUN. III. R. 39. 237
101 kil. Autun. — Hôtels: St-Louis & de la Poste (pi. a,C2), rue de l’Arbalète; de la Tête- Noire (pl. b, C2), rue de l’Arquebuse; de la Cloche (pl. c, C3), rue de Carouge.
Cafés au Champ-de-Mars. — Bujfet à la gare.
Poste & télégraphe (pl.D2), rue Changarnier.
Autun est une ville industrielle de 15187 hab. , un chef- lieu d’arr. de Saône-et-Loire et le siège d’un évêché. Elle occupe un joli site, sur le penchant d’une colline, dans le haut de laquelle s’élève la cathédrale, et les hauteurs boisées au S. achèvent de lui donner un aspect pittoresque.
C'est VAugustodunum des Romains, qui remplaça Bibracte, capitale des Kduens (v. p.240), fut une ville très florissante sous l’empire et eut des e'coles célèbres. St Symphorien y fut martyrisé en 179. Elle compta encore plus tard parmi ses évêques St Léger (m. 678), qui la sauva en se livrant au maire du palais Ebroïn, son adversaire, et eut les yeux crevés, puis la tête tranchée par ordre de ce dernier. Ravagée par les Bagaudes, les Barbares, les Sarrasins, les Normands, les Anglais, etc., la ville a perdu son ancienne importance. Elle emplit aujourd’hui à peine la moitié de son enceinte primitive, qui avait près de 6 kil. de développement et env. 200 hect. de superficie.
La gare (pl. B 3) est au N.- O. de la ville. L’avenue de la Gare, à g. , à la sortie, nous conduit au Champ-de-Mars (pl. C 3), principale place de la ville, où se tient, dans la première quinzaine de septembre, à l’occasion de la St- Ladre ou St -Lazare, une grande foire qui rend alors le séjour d’Autun désagréable aux étrangers.
A g. s'élèvent le théâtre, belle construction récente, et I’hôtel de ville, dont le rez-de-chaussée sert de halle et qui renferme un petit musée (v. p. 238).
A dr., au fond de la place, le collège (pl. C3), construit par les jésuites en 1709, que dirigèrent plus tard des prêtres de l’Oratoire et où étudièrent Lazare Carnot, Joseph Bonaparte et Napoléon. La belle grille qui le précède date de 1772. L'église Notre-Dame, à g., n’est qu’en partie due aux jésuites ; l’intérieur à été décoré après leur expulsion (1763). Il y a au collège un musée d’histoire naturelle de création récente, qui occupe 4 salles du 3 e étage.
Montant de là à g., par les rues St-Saulge, Chauchien (appuyer plus loin à dr.) et des Bancs, nous arrivons à
La cathédrale, St -Lazare (pl.DE3). C’est l’anc. chapelle d’un château des ducs de Bourgogne, fondée en 1060, mais surtout des xii® et xv e s. La partie la plus ancienne est le grand portail. C’est un porche à trois nefs, voûté en plein cintre, avec arcades latérales en ogive et une salle au-dessus, et que flanquent deux tours en partie refaites de nos jours. Le *tympan représente le jugement dernier. Il y a aussi un portail latéral du style roman, à dr., et une belle flèche en pierre sur le transept, également refaite, vers 1470. Cette flèche forme lanterne à l’intérieur. L’église est aussi à trois nefs, avec un transept très court et sans déambulatoire. Les colonnes sont remplacées par des pilastres cannelés, aux curieux chapiteaux. Sur les côtés sont des chapelles des xv e et xvi e s. On remarque les vitraux de la 4 e de g. et de la 7 e de dr. Le chœur a de beaux vitraux modernes et l’abside une riche décoration de marbres polychromes,