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BESANÇON

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à Dijon. BESANÇON. 111. R. 4L 247

Poste, Grande-Rue, 100, à côté du palais Granvelle. — Télégraphe, dans le palais même. — Bains de la Houillère, v. p. 251.

Besançon (250 m.) est une ville très ancienne de 56055 hab., l'anc. capitale de la Franche-Comté ' et aujourd’hui le chef-lieu du départ, du Doubs, en grande partie dans une presqu'île entourée par la rivière de ce nom, avec une citadelle au S.-E., sur une hauteur au milieu de l’isthme (368 m.), et des forts détachés sur les hauteurs environnantes, ce qui en fait une place forte de l re cl. C'est aussi le chef-lieu du command. du vn e corps d'armée, le siège d'un archevêché, d’une académie universitaire , d’une école d’artillerie, etc. Besançon est un centre industriel très important, surtout pour l’horlogerie, qui occupe env. un cinquième de sa population et fournit plus des quatre cinquièmes des montres vendues en France ou env. 450000 par an, représentant une valeur de plus de 20 millions de francs. Son commerce est également considérable, par suite de sa situation près de la Suisse, à la rencontre de plusieurs chemins de fer et sur le canal du Rhône au Rhin. Ce canal se confond ici avec le Doubs, sauf dans un tunnel de 380 m. sous la citadelle, épargnant à la navigation un détour de 4 à 5 kil.

Besançon, Vesontio ou Bisontium, était la capitale des Séquanes lorsque César y vainquit, l’an 58 av. J.-C., Arioviste, roi des Suèves. Ce fut une cité florissante sous les Romains, grâce a son importance comme position stratégique, et elle fut la métropole de la Grande- Séquanaise. Plusieurs fois ravagée durant les invasions des barbares, elle appartint ensuite aux Bourguignons, puis aux Francs, fut successivement réunie aux royaumes de Bourgogne et d’Arles et à l’empire germanique, érigée en ville libre au nt e s. par Frédéric I e r, Barberousse, qui y tint plusieurs diètes, cédée à l’Espagne par le traité de Westphalie (1648), prise, perdue et reprise par les Français au xvn e s., et elle appartient à la France depuis le traité de Nimègue (1678). Elle fut assiégée inutilement durant quatre mois par les Autrichiens en 1814. En 1870-71, elle servit de base aux opérations de l’armée de Bourbaki contre celle de Werder assiégeant Belfort, mais elle ne fut pas attaquée. Besançon a vu naître le cardinal Granvelle, le maréchal Moncey, le général Pajol, Ch. Nodier, Victor Hugo , ete.

On se rend de la grande gare en ville en faisant un assez long détour à g., par où passent les omnibus, ou à dr. par le faubourg de Battant. Dans le premier cas, on arrive par la rue St-Pierre à la place St-Pierre (pl. C2), que longe la Grande-Rue, et dans le second, au delà du faubourg, au pont d’où part la Grande -Rue (p. 250).

L 'e'glise St-Pierre (pl. C2), qui a donné son nom à la place, est un édifice peu remarquable du xvm e s. , renfermant dans le transept, à dr. une Pietà en marbre par Luc Breton, à g. une Vierge avec l'enfant Jésus par Clésinger, deux artistes de Besançon.

L’/iôfeZ de ville (pl. C 3) en face, avec sa façade à bossages toute noircie par le temps, est du xvi e s. — Derrière se trouve le palais de justice, aussi du xvi e s., avec une jolie façade.

Le palais Granvelle (pl. D 3), qu’on rencontre plus haut à dr. de la Grande -Rue, a été construit de 1534 à 1540 par le cardinal de ce nom, le fameux chancelier de Charles -Quint, qui était de Besançon et qui en fut archevêque à la fin de ses jours (m. 1586).

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Il est le siège des sociétés savantes de la ville, et il renferme provisoirement les collections de dessins Gigoux et Grenier, ainsi que les dessins encadrés de l’anc. collection, visibles comme le musée (p. 249). On traversera la cour de ce palais, qui est entourée d’arcades comme un cloître, et où l'on doit ériger la statue du cardinal de Granvelle , par Jean Petit, de Besançon. De l’autre côté se trouve la promenade Granvelle, où se donnent des concerts.

Un peu au delà du palais Granvelle, à g., 1 ’e'glise St - Maurice (pl. D2), construite par les jésuites en 1712-1714. Elle a de belles boiseries et un riche autel tout doré, avec une grande gloire en bois sculpté représentant l’Assomption.

A quelques pas dans la rue à g. de cette église est la bibliothèque (pl.D2), qui possède env. 130000 vol. et compte parmi ses 1850 manuscrits 80 vol. in -fol. des papiers d’Etat de Granvelle. Elle a aussi un médaillier, composé de plus de 10000 pièces, et diverses autres curiosités. La biblioth. est ouverte tous les jours de 1 h. à 5 h. en été et de midi à 4 h. en hiver.

La porte de Mars ou porte Noire (pl.D2-3), vers l’extrémité de la rue, est le principal monument antique qui subsiste à Besançon. C’est, dit-on, un arc de triomphe érigé par Marc-Aurèle en 167, comme témoignage de ses victoires sur les Germains. Elle se compose d’une seule arcade et mesure env. 10 m. de haut sur 5 m. 60 de large. Son principal ornement consiste en huit colonnes disposées en deux étages. Elle est fort dégradée, et une partie qui tombait en ruine a même dû être refaite en 1820.

A côté se trouve le square archéologique (pl. D2), sur l’emplacement où l’on a découvert des ruines qui sont probablement celles du théâtre antique. Des colonnes entières ou en fragments et d’autres débris ont été réunis aux deux extrémités du square, où se voient aussi des restes du » podium» ou soubassement intérieur. Notre plan indique encore d’autres endroits où l’on a retrouvé des vestiges de monuments antiques , non entièrement déblayés.

La cathédrale, St-Jean (pl. E 3) , à l’extrémité de la Grande- Rue et de la ville, au S.-E., au pied de la citadelle, est le plus curieux édifice de Besançon. Elle manque en partie de dégagement et elle n’a qu’un portail latéral, sur la Grande-Rue, mais elle a deux absides. Sa fondation remonte au iv® s., cependant la plus grande partie de la construction actuelle date des xi e -xm e s., sauf l’abside de l’E., rebâtie au xvm e s. Elle présente donc un singulier mélange de divers styles. La nef a des arcades et des fenêtres romanes , ces dernières précédées de belles galeries gothiques. La grande abside, à l’O., avec de mauvais vitraux modernes, est aussi romane.

Cette église est assez riche en œuvres (l’art, surtout en tableaux, dont les principaux sont: près de l’orgue, la Vierge, l’enfant Jésus et des saints, de Fra Bartolommeo , avec le portrait de Jean Carondelet, archevêque de Païenne, le donateur; à g. de l’entrée, la Mort de Saphire, par Seb. del Piombo ou le Tintoret, au-dessus du tombeau de Ferry Carondelet , (m. 1528),

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archidiacre du chapitre, frère de Jean, qui fit faire ce monument à Bruges; au fond de la petite abside, une Résurrection de J.-C. par Carie Vanloo , et^quatre scènes de la Passion, œuvres remarquables de Notoire , sur les côtés de la même abside. A l’entrée se voient aussi, à dr., la statue du cardinal de Rohan (m. 1833), par Clésinger père; à g., celle du cardinal Mathieu (m.1875), par Bourgeois. Dans un local spécial, à dr. de la petite abside (porte au-dessous d’un cadran), se trouve une belle horloge astronomique , œuvre moderne de Vérité, de Beauvais (1860): elle compte 72 cadrans. Dans la nef est une chaire goth. en pierre , du xvi e s. Les antiquaires devront voir, au fond de la grande abside, un marbre rond décoré de sculptures, l’anc. table d’un autel, peut-être du vi® s.

h' archevêché', à côté de la cathédrale, possède aussi des œuvres d’art remarquables: scène de l’histoire de Venise par Paul Véronèse, Portement de croix par Cigoli, 2 paysages par Claude Lorrain, 4 marines par Jos. Vernet, 2 portraits par H. Rigaud, le dessin de l’Enlèvement des Sabines par Poussin, une mitre du xv e s., la croix processionnelle du cardinal de Granvelle, en argent, du xvi e s., etc.

La citadelle (pl.EF3), qui occupe l’emplacement d’un ocastrum» romain, à l’E. de la cathédrale, a été construite au xvn e s., en grande partie sur les plans de Vauban. Les hauteurs voisines la dominent en partie, mais elles sont aussi fortifiées. On a de belles vues du versant du plateau rocheux qu’occupe la citadelle (368 m.) , de chaque côté duquel coule le Doubs , et des hauteurs environnantes, mais l’entrée des forts est interdite au public.

A l’extrémité de la ville du côté du pont de Battant se trouve la place de l’Abondance, avec la halle (pl. B 2), bâtiment sans valeur architectonique, mais dont le premier étage est occupé par le musée.

Le musée de Besançon est important pour la peinture (plus de 500 num.), et il comprend en outre une collection considérable d’antiquités. Il est public les jeudi et dim. de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les étrangers. En bas et dans l’escalier se voient des débris de monuments romains.

ï re salle. De g. à dr. : 76, d’après Oignant , Chasteté de Joseph ; 247, Oigoux, de Besançon, Pvgmalion et Galatliée; 451 et, plus loin, 4S0, Snyders , Fleurs et fruits; 398, d’après Raphail, Ste Famille au palmier-, 343, Massimo, Loth et ses filles ; 353, P. tan Mol , Vénus implorant Jupiter pour son fils Enée; 8, J. d'Arthois, Entrée d’une forêt; 328, Leprince , la Place Louis XV (Concorde), à Paris ; 428, d’après Rubens, Jésus montant au calvaire; 53, 54, Brueghel de Velours et van Balen (figures), Ste Famille, Apparition de Jésus à la Madeleine ; *368, Bern. tan Orley, Notre-Dame des Sept - Douleurs , magnifique triptyque d’un oratoire du palais Granvelle, longtemps attribué à Durer; 490, d’après P. Véronèse , Assuérua congédiant la reine Vasthi; 410, Ribot, Charbonnière; 409, Ribera , portr. d’homme; 13, Baron , de Besançon , les Noces de Gamaehe ; 437, Ary Scheffer, portr. du gén. Baudrand, de Besançon (m. 1848); 105, Courbet , portr. de l’artiste; 280, le Ouide , Lucrèce; — 473, C. Vanloo, Thésée vainqueur du taureau; 246 Oigoux, Mort de Léonard de Vinci ; — 233, Français, le Miroir de Seey (Doubs), paysage ; 481, Adr. van de Velde, Taureau agacé par un chien ; 356, 355, Ant. Moro, portraits ; 422, Salv. Rosa, l’Annonce aux bergers ; 425, Rottenhammer , Jésus crucifié entre les deux larrons ; 438, Arnold Scheffer, Procession des Ligueurs de Paris (1589); 12, Barker, le Retour de la chasse; 394, Proeaccini, Cellier d’une grande maison; 460, T enter s le Jeune, Tentation de St Antoine; *57, Bronzino, Déposition de la croix, supérieure à la répétition qui est aux Offices de Florence; 240, Oaetano, portr. du cardinal de Granvelle; 291, d’après Holbein le J., Erasme lisant; 461,

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