III. De Poitiers & Angoulême
113 kil. Trajet en 1 h. 36 à 4 h. 15. Prix: 12 fr. 85, 8 fr. 60, 5 fr. 60.
Au départ, à g., les restes de fortifications. On passe par un petit tunnel dans la vallée assez accidentée du Clain, qu’on traverse 3 fois.
337 kil. (de Paris). St-Bcnoît, où se détachent les lignes du Blanc et Limoges (R. 13 et 14) et de la Rochelle et Rochefort (R. 9). Tranchée dans le roc et pont sur le Clain, qui coule ensuite à g.
340 kil. IAguge', qui a une vieille abbaye de bénédictins fondée par St Martin. Plus loin, à dr., le château de Bernay , du xv e s. — ■346 kil. lteuil. Tunnel de 429 m., après lequel on longe encore le Clain. — 352 kil. Vivonne. — 361 kil. Anche'- Youlon. — 366 kil. Couhe'-Verac. La localité est à 6 kil. à l'O. (omn.). — On retraverse le Clain. 375 kil. Epanvilliers. — 384 kil. St-Saviol.
Embranch. de 17 kil. sur Charroux, par Civray (7 kil.), ville de 2553 hab. et chef-lieu d’arr. de la Vienne, sur la Charente, avec une e'glise romane qui a une façade fort curieuse. — Charroux a quelques restes d’une abbaye importante du moyen âge. — L’embranch. doit être prolongé jusqu'à I.ussac (47 kil.; p. 83), par V 1 tle- Jourdain (23 kil.), bourgade de la vallée de la Vienne.
398 kil. Ruffec (buffet), à g., ville 3527 hab. et chef-lieu d’arr. de la Charente, qui a une église romane à façade remarquable. Ruffec est renommé pour ses pâtés truffés. Ligne de Niort, v. p. 42.
Puis un tunnel. — 408 kil. Moussac. On traverse ensuite la Charente. — 416 kil. Luxe'. — 426 kil. St-Amand-de-Boixe, localité à 2 kil. V, au S.-O. (omn.), qui a une église curieuse des styles Toman et gothique. — 432 kil. Vars. — En arrivant à Angoulême, belle vue de cette ville et de ses principaux monuments, à dr. : clocher de St-Martial, beffroi de l’hôtel de ville et cathédrale, avec sa tour carrée, etc. — 445 kil. Angoxdeine (buffet).
ANGOÜLÊME.
De Pari»
Angoulême. — Gaiies: gare d' Orléans ou de la ligne de Bordeaux et gare de l'Etat (bufl'et) ou des lignes de Limoges et Saintes (K. 16), en i'aee l'une de l'autre, dans le bas de la ville, ^de chaque côté de l'avenue Gambetta. — Hôtels: du Palais, place du Mûrier, au centre de la ville, bon; de France , place des Halles -Centrales ; Grand- Hôtel, avenue Gambetta, 54-56, neuf. — Cafés : place du Mûrier et place des Halles-Centrales.
Anguulèmt est une ville de 36690hab., l’anc. capitale de VAngoumois, auj. le chef-lieu du départ, de la Charente et le siège d’un évêché. Elle occupe comme Poitiers une hauteur entourée de deux cours d'eau, la Charente et Y Anguienne. mais elle est un peu mieux bâtie et elle est entourée de promenades d’où l’on a de fort beaux points de vue. Angouléme est célèbre par ses papeteries.
Elle existait aussi déjà sous les Romains, qui la nommaient Encolisma. Elle fit partie de l'Aquitaine , puis devint la capitale d'un comté qui fut livré aux Anglais par le traité de Brétignv, en 1360. Mais elle se révolta en 1373 contre ses nouveaux possesseurs, et en récompense de sa fidélité ii la couronne, le comté d’Angouléme, transformé plus tard en duché, fut l'apanage de l'un des fils de France. Cette ville a été plusieurs fois prise et saccagée dans les guerres de religion, notamment par Coligny.
On monte des gares en ville par l’avenue Gambetta. A g. se voient le séminaire et Ye'glise St- Martial, belle construction moderne du style roman, avec un clocher sur la façade, par Paul Abadie. En tournant du côté opposé ou à dr. de l’avenue dans la rue dite Hampe d'Aguesseau, on a une belle vue de la vallée de la Charente. Cette rue mène aux Halles Centrales, construction neuve qui a remplacé les prisons, l’ancien Châtelet. — ltemparts, v. p. 33.
L’*hôtel de ville, où mènent une belle rue neuve partant des halles et les vieilles rues à la suite de l'avenue Gambetta, est un édifice fort remarquable, en grande partie moderne (1858-1866), dû également à Abadie. Il est dans le style du xm e s. et il occupe l’emplacement du château des comtes d’Angoulême, dont il subsiste deux tours à g., l’une du xiv e et l’autre duxv e s. La cour mérite d’être vue; on arrive par là, à dr., à la place où est le théâtre (v. ci-dessous). Il y a un petit muse'e de peinture et d’ archéologie , public les dim. et fêtes et le jeudi de midi à 4 h. et toujours visible pour les étrangers. — Dans un petit jardin à g. de l’hôtel de ville, la statue de Marguerite de Valois ou d’Angoulême, sœur de François I er et reine de Navarre (m. 1549), marbre par Badiou de la Tronchère (1871). Au fond de ce jardin, un monument commémoratif de 1870-71, par R. Verlet.
Sur la place à dr. de l’hôtel de ville, la statue du Dr Jean Rouillaud (1796-1867), bronze aussi par R. Verlet. Sur la place du Mûrier, à peu de distance en deçà à dr. , le palais de justice* Sur une place oblongue derrière la statue du Dr Bouillaud , à g. y le the'âtre, belle construction élevée de 1866 à 1872 par A. Soudée. Cette place aboutit aux remparts, d’où l'on a de beaux coups d’œil sur la vallée de l’Anguienne.
La *cathédrale, St-Pierre, qui s’élève près de là, à dr., est une des églises romano-byzantines les plus curieuses de France, tenant de Notre-Dame de Poitiers (p. 29) et de St-Front de Périgueux (p. 98).
à Bordeaux. ANGOULÈME. I. R. 1. 33
Elle appartient dans son ensemble auxn e s., mais elle a été restaurée à fond et même en partie reconstruite de 1866 à 1875, par Abadie. Elle comprend une nef sans bas côtés, surmontée de trois coupoles; un transept avec une coupole formant lanterne au centre , une tour au croisillon N. (v. ci-dessous), les restes d’une tour correspondante au croisillonS. et une abside à quatre chapelles. — La.*façade, qui rappelle en grand celle de Notre-Dame de Poitiers, est aussi la partie la plus curieuse de cette église. Elle se compose de quatre étages d’arcades, outre le pignon, et ces quatre étages sont divisés de bas en haut, par des colonnes, en cinq travées. L’étage du bas n’a que cinq arcades, celle du milieu plus grande que les autres et percée d’une porte, la seule de la façade. Au-dessus de cette porte est une grande fenêtre et plus haut, entre les symboles des évangélistes, le Christ présidant au jugement dernier, auquel se rapportent la plupart des nombreuses sculptures de la façade: au-dessous du Christ, et sur les côtés, des anges sonnant de la trompette, des morts sortant du tombeau, des bienheureux ayant déjà l’auréole et des démons avec des réprouvés, des docteurs de l’Eglise, les apôtres, des figures symboliques de la Foi (St Georges), l’Espérance et la Charité (St Martin), etc., plus de très belles sculptures ornementales.
La *tour superbe à l’extrémité du croisillon N., haute de 59 m., est la seconde curiosité de cette église. On a dû la démolir lors de la restauration, mais on l’a reconstruite telle quelle et, autant que possible, avec les mêmes matériaux. Elle esta six étages carrés, superposés en retraite et dont quatre présentent des baies ouvertes. La tour correspondante au S., dont il ne reste plus que la base, a été détruite par les calvinistes eu 1568 ; elle avait une flèche gothique. — A l’inferieur, on remarque particulièrement les coupoles de la nef, dont les arcades sont légèrement ogivales , et la lanterne de la croisée, percée de douze fenêtres.
Le corps de bâtiments à g. de la cathédrale est M évêché, de fondation aussi ancienne que l’église et restauré également par Abadie.
En continuant de suivre les remparts au delà de la cathédrale, on arrive au Jardin Vert, belle promenade sur le versant de la colline. Pour bien jouir de la vue, passer dans le haut, par la promenade de Beaulieu. Elle longe les vastes bâtiments du lycée et domine la vallée de la Charente. On peut retourner de ce côté, par le bord de la colline, jusqu’à la place des Halles-Centrales (p. 32).
D’Angoulême à Limoges et à Saintes, v. R. 15; à Thiviers, p. 95.
d’Angoulbmb a Rouillac: 3T kil. , ligne d’intérêt local partant de la gare de l’Etat, à peu près sans intérêt pour le touriste. — Rouillac est un ehef-lieu de canton de 2085 hab., qui a des distilleries d’eaux-de-rie.