II
NANTES
Château.
Salut Public y delegua, pour réprimer le soulèvement, un homme qui fut le féroce Carrier. Ce monstre, qui n'avait reçu que des ordres de répression sévère . fit exterminer sans jugement tous ceux qu'on avait incarcérés, et trouvant que la hache du bourreau, les fusillades en masse étaient des moyens trop peu expéditifs, il inventa les noyade*, à l’aide de bateaux à soupapes: 6 à 9000 personnes, sinon davantage, périrent par ses ordres dans cette seule ville en moins de quatre mois, jusqu'au jour où une dénonciation courageuse le Ht rappeler et envoyer à son tour à l'échafaud.
Nantes est aujourd’hui une belle ville moderne , mais où l’insuffisance des grandes artères rend l’orientation un peu difficile pour l’étranger. Les nombreux ponts qui traversent les différents bras du fleuve et l’Erdre, son port et les belles maisons du xviii® s. qui bordent les quais, lui donnent une physionomie particulière. Elle est toutefois relativement assez pauvre en monuments.
Le chemin de fer d’Orléans se prolonge le long des quais de la rive dr. de la Loire vers la Basse-Bretagne. A peu de distance de la gare se trouve, à dr., la ■place Duchesse- Anne (pi. F3), où commencent les promenades du cours St-Pierre et du cours St-André, dont il sera reparlé p. 60.
Le château (pl. F 3), qui vient ensuite, est un monument imposant, de fondation très ancienne, mais qui date surtout de la fin du xv e s. 11 a servi longtemps de prison, et l'on y a, entre autres, enfermé le cardinal de Itetz (1654), le surintendant Fouquet (1661) et la duchesse de Berry (1832), avant son transfert à Blaye (p. 114). Il avait sept tours; il n’en a plus que six, l’une d’elles, qui servait de poudrière, ayant sauté en 1800. L’intérieur, qu’on peut visiter en s’adressant au poste de garde, est encore plus intéressant que l'extérieur, surtout le grand logis, bâtiment de la renaissance qui a été restauré. On y voit aussi des salles d’armes et un grand puits, dont on remarque la fermeture.
Derrière, au n°3 de la rue Iiaute-du-Château , ae trouve la maison où la duchesse de Berrv. mère du comte de Chambord, fut arrêtée en 1832, après avoir essayé de soulever la Vendée. 11 est assez difficile de visiter la chambre où on la trouva, dans une cachette dissimulée par une plaque de cheminée.
Nous continuons de suivre les quais , en passant à l’extrémité de la rue de Strasbourg (p. 60) , et nous traversons l'Erdre canalisée, à son embouchure dans la Loire. Plus loin, place du Commerce, est la Bourse (pl. D 3), édifice datant de 1792-1812. A g-, la petite île Feydeau ; puis la gare de la Bourse (pl. D 3), déjà mentionnée, et le qtiai de la Fosse, le long du port, où l’on pourra se promener à loisir après avoir visité l’intérieur de la ville. On y remarque particulièrement les maisons num. 5 et 17. C’est, dit-on. dans la première, la maison des Tourelles , que fut signé l’édit de Nantes (v. ci-dessus).
La rue J. -J. Rousseau, qui part du quai entre la Bourse et sa station , nous conduit maintenant à la place Graslin (pl. D 3) , qui est comme le centre de la ville. Là s’élève le Grand-The'àtre , construit en 1788. mais plusieurs fois restauré depuis. 11 a une colon-
St- Nicolas. NANTES. £ R. 4. 57
nade corinthienne et dans le haut 8 statues de Muses. La salle a depuis 1881 un beau plafond par Hipp. Berteaux.
Près de cette place, presque en face du théâtre, s’étend le cours de la République ou Cambronne (pl. CD 3), promenade décorée depuis 1848 d’une statue de Cambronne , en bronze, par Jean Debay, de Nantes. Le général Cambronne (1770-1842) était des environs de Nantes. Sur le piédestal se lit la réponse qu’il est censé avoir faite à Waterloo : « La garde meurt et ne se rend pas » ; car elle fut encore, dit-on, plus énergique.
La rue à dr. à l’extrémité du cours aboutit à la rue Voltaire (pl. C 3). Là se trouve, à dr., 1 ’e'cole des Sciences, qui a de l’autre côté, place de la Monnaie, une belle façade dans le style classique, avec un fronton sculpté. Cet édifice, qui date de 1821 , a d’abord servi d’hôtel des monnaies, puis de palais de justice. Outre les salles des cours, il y a un important muséum d’histoire naturelle (pl. C 3), public les dim. et fêtes, les mardi et les jeudi de midi à 4 h., sauf en septembre.
On entre au muséum par la place de la Monnaie. — Au rei-de-chauuée , une vaste galerie et une grande salle sont consacrées à la géologie (riche collection), la minéralogie et la paléontologie. 11 y a des étiquettes. — Au 1 er étage , la zoologie. Dans une vitrine à g. de l’entrée, entre une momie et le squelette d'une momie, la peau tannée d’un soldat tué par les Vendéens en 1793. Avant de mourir, il dit à ses camarades : «J’ai fait peur pendant ma vie aux brigands, les royalistes, je veux leur faire peur encore après ma mort; promettez-moi de vous faire un tambour de ma peau* : son désir ne fut réalisé qu’à moitié. Riche collection de poissons. Dans des galeries hautes, les oiseaux, les insectes, les coraux, les madrépores, les crustacés, etc. Dans des salles latérales, un riche herbier, des échantillons de bois, etc.
La rue Voltaire nous conduirait plus loin, à l’O. , vers Notre- Dame (p. 61); à l’E., elle ramène à la place Graslin, et nous prenons à dr., près du théâtre, la rue Crébillon. A dr., au premier carrefour, le passage Pommebaye , beau passage fort animé, à trois étages, communiquant entre eux par des escaliers, les rues qu’il relie n’étant pas au même niveau. Il est orné de statuettes par J. Debay et de médaillons par Grootaers, de Nantes. Il aboutit de l’autre côté à la rue de la Fosse, non loin de la Bourse.
La rue Crébillon nous mène ensuite à la place Royale (pl. DE 3), aussi très fréquentée. Elle est décorée d’une *fontaine monumentale moderne, en granit, par Driollet, avec une statue en marbre blanc et treize statues et statuettes en bronze, par Ducommun et Grootaers. La statue en marbre debout au sommet est celle de laVille de Nantes; les autres, dans la vasque, représentent la Loire, assise sur un trône; la Sèvre, l’Erdre, le Cher et le Loir, ses principaux affluents, et des génies assis sur des dauphins.
Dans le voisinage s’élève St-Nicolas (pl. E3), belle église moderne du style goth. du xm e s., à 5 nefs, construite parLassus, avec un magnifique clocher de 85 m. de hauteur. On remarque à l’intérieur le triforium, au-dessous duquel règne une jolie frise de feuillage; le maître autel en marbre blanc, avec des bas-reliefs et un tabernacle terminé par une haute pyramide; la grille dorée du chœur, les tableaux des chap. du transept , par Elie Delaunay; les vitraux, dans
NANTES
Musée de peint.
le style de l’église, et l’autel de la chap. de la Vierge. Dans la nef de dr., le monument de Mgr Fournier (m. 1877), ancien évêque de Nantes, qui a fait construire l’église, avec sa statue couchée, des basreliefs en bronze et des statuettes par B. de la Vingtrie, et des peintures murales par Delaunay. Cette église a une très belle sonnerie.
Derrière St -Nicolas se trouve, dans une ancienne halle restaurée , le *musée de peinture (pl. E 3), ouvert tous les jours de midi à 4 h. Il compte plus de 1000 tableaux, qui ne sont toutefois pas tous exposés, faute de place. — On doit construire un nouveau local.
I re salle. Au-dessus de l’escalier, 959, Ziegler, Daniel dans la fosse aux lions. Puis, de dr. à g. par rapport à l’entrée : 758, Giraud, Enrôlements au xvm e s.; 747, Ch. Fortin, Intérieur breton; 612, Sautai, 8t Bonaventure auquel on apporte le chapeau de cardinal; 692, Courbet, les Cribleuses de blé; 890, Eug. Roger, le Corps de Charles le Téméraire reconnu après la bataille de Nancy; 702, Daubigny , les Bords de la Seine; 766, Hainon, l’Escamoteur; 929, taulmouche , la Leçon de lecture; 750. Fromentin, Chasse à la gazelle en Algérie ; 893, Th. Rousseau, paysage; 694 bis, L. Couturier, Marche forcée dans le Sud-Oranais ; 812 (derrière), Lenepveu, la Vierge au calvaire; 892, Phil. Rousseau , la Recherche de l’absolu; 755, Gêrôme , la Plaine de Thèbes ; 952, Vollon, Intérieur de cuisine; 802 bis, le Blant, Mort du général d’Elbée; 956 bis, Wagrez, Persée. En outre des sculptures ; 1, Aizelin, l’Enfant au sablier; 24 bis, Dieudonné, J.-C. au jardin des Oliviers, marbres ; 41 bis, Jacquemart, Arabe sur un chameau, brome.
II e salle: 154, Salv. Rosa, paysage; 440, Uatsys (?) , St Jérôme; 41, d'après P. Véronèse, les Noces de Cana, vieille copie; 883, Rigaud, portr. d’homme; 695, Ant. Coypel, Didon apercevant dans le temple Ene'e et Achate; 83, Botticelli, la Vierge; 38, P. Véronèse, portr. de Marg. de Bourbon, duchesse de Nevers; 233, école de vénitienne du xr* s.. Mariage mystique de Ste Catherine; *19, le Guerchin, Phocion refusant les présents d’Alexandre; 389, Denner (?), Ste Famille; 406, Franck le Vieux, Jésus en croix; 127, le Bassan, l’Annonce aux bergers; 439, Maryn, U'n banquier et sa femme, reproduction, avec variantes, d’un tableau de Matsys qu on voit au Louvre: il y en a aussi à Valenciennes, à Dresde et à Madrid.
III e salle: 525, 526 (autre côté de la porte). Sim. de Vos , portraits; 140, le Guide, St Jean-Baptiste; 689, Michel Corneille, le Dimanche des Rameaux; 48, le Canale, Place Navone, à Rome; 350, Bloemaert , Madeleine repentante; 852, Oudry. Chasse au loup; 941, Valentin, Souper d’Emmaüs; 843 bis. Moreau de Tours, Une stigmatisée au moyen âge; 359 (derrière). Bouts, Un moulin à eau; 400, /Vinci, l’Enfant prodigue; 2, l'Albane, Baptême de J.-C.; 859, Pater, Partie de plaisir; 851, Oudry, Scène rustique; 110, Maratta, St Philippe de Néri; 468, Porbus le J., Maurice, prince d'Orange; 408, Franck le V. , Elévation de la croix; 649, Bin, Démence d’Hercule; 203, *202, le Pérugin, Isaïe et Jérémie; 28, P. de Cortone , Josué arrêtant la soleil; 355, Boeyermans, les Vœux de St Louis de Gonzague; 47, le Canale, Vue de Venise; 247, école italienne du xri* s., Vierge; 5, le Caravage, portr. de l’artiste. Au milieu, à g., 360, Brakemburgh, Kermesse.
IV e salle: 784, Lafosse , Vénus demandant des armes à Vulcain; 587, Murillo, la Vierge; 914, Sigalon, Athalie faisant massacrer les princes de la race de David; 602, Velâzquez, portr. d’un jeune prince; 783, de Lafosse, Déification d’Enée; 585, Il errera le V., Deux moines; 758, Giraud, les Enrôlements volontaires au xvm e s. ; 629, Jean André, Ste Catherine de Sienne; 472, Quellyn, Intérieur; 691, Corot, paysage; 88, Giordano, St Dominique s’élevant au-dessus des passions humaines; 957, Watteau, Arlequin, Pantalon, Pierrot etColombine; 183. Solimena, la Vierge, l’enfant Jésus et des saints; 100, Séb. del lHombo , Jésus portant sa croix; 781, Joyant, Ste-Marie-de-la-Santé, à Venise; 790, Lancret, Dame dans une voiture traînée par des chiens; 91, 90. Guardi, Assemblées de nobles Vénitiens au palais ducal; 705, Debay, Lucrèce sur la place deCollatie; 469, Porbus le 7., portr. de femme; 789, Lancret, Bal costumé; *588, Murillo,
NANTES
Musée de peint.
le Joueur de vielle. — Au milieu: à dr. de l'entrée, 541, école allem. du XVI e s., la Demande en mariage; 800, J. -P. Laurent, le Pape Formose et Etienne Vil; 367. 368, Brueghel de Velours , paysages; 369, Brueghel le V Effet de neige; 393, Durer , St Christophe; oûà, Siranevelt , paysage; 384, Oonz. Coques, Scène d'intérieur; *340, *339. Altdorfer, Uepas chez Simon, Conversion de St Mathieu; *241, école ital. du XV/” s., l’Annonciation.
V e salle : 380, Ph. de Champaigne, Suger, abbé de St-Denis ; 162, Rosselli, Judith; 130, le Bassan, Moïse frappant le rocher; 693, Courtois, dit le Bourguignon , Champ de bataille; 481, Rubens , Triomphe d’un guerrier; 98, Lor. Loito, la Femme adultère; 16, le Oiorgion, portr. d’un Vénitien; 124, Panint, Ruines; 148, le Tintoret, Dédicace du Temple , esquisse; 86, attrib. au Ghirlandajo, la Vierge, l'enfant Jésus et St Jean, 916, Stella , l’Assomption; 596, Ribera , Jésus au milieu des docteurs; *198, André del Sarto, la Charité, peut-être la première épreuve du sujet, que l’artiste répéta trois fois; 132, Léandre Bassan (?), Nativité de la Vierge; *385, de Crayer, Education de la Vierge; 136, le Calabrèse, Jésus guérissant l’aveugle; 589, Murillo , l’Annonce aux bergers; 429, Honthorst , Adoration des bergers; 46 bis, attribué à P. Véronèse, Mariage mystique de St Catherine.
VI e salle: 726, Destouches , l’Attente de bal masqué; 881, Rémond, le Pont de la Crévola, au Simplon; 776, Ingres, portr. de femme; 664, Bras cassai, Taureau (d'autres plus loin; le musée possède 12 tableaux de l’artiste); 918, Steuben, la Esmeralda: 948, Hor. Vernet, les Morts vont vite; 756, Gérôme, le Prisonnier; 913, Schnetz, Funérailles d’une jeune martyre ; 700, Curzon, la Jeune mère : *473, Rembrandt, portr. de ça femme (?) ; 6Ï1, Baudry, Charlotte Corday; 654, Cl. Boulanger, la Procession des ardents; 640, Baudry, Madeleine pénitente; 704, Debay, Episode de 1793 à Nantes; 706, Delacroix, le Caïd arabe; 725, Destouches, le Départ pour la ville; 532, Phil. Wouwerman, le Départ des cavaliers; 764, Gros, Combat de Nazareth, esquisse; 912, Ary Scheffer, l’Enfant charitable, d’après Goethe. Au milieu: 14, de Bay, Mercure et Argus; 31, Etex, Héro, bronzes.
VII e salle, petits tableaux d’importance secondaire: 522, van Vliet, tête d'homme; 770, Hesse, Concert vénitien; 576, inconnu, Frédéric II, pastel; 919, Steuben, Une odalisque; 947. H. Vernet, Abraham, Agar et Ismaël; 740, Bipp. Flandrin, la Reverie; 425, van der Helst, portrait; 761, Greuze , portrait* 713, 711, 712, Delaroche, études pour l’hémicycle de l’Ecole des Beaux-Arts, à Paris (autres en deçà et plus loin); 732, Dubufe, portr. de la duchesse de Feltre (cette salle renferme la collection du maréchal Clarke, duc de Feltre); 884, Léop. Robert, l’Ermite du mont Epomeo; 762, Greuze, portrait; 168, Sassoferrato, tète de Vierge; 709, Delaroche, Enfance de Pic de la Mirandole; 922, Subleyras, l’Ermite; 886, 885, Léop. Robert , les Petits pêcheurs , les Baigneuses; 741, Bipp. Flandrin, Jeune tille, étude; 778, Jacquand, Un cardinal venant chercher Ribera; 742, Paul Flandrin, portr. de l’artiste et de sou frère (avec un album); 779, Jacquand, Marie de Médieis dans l’atelier de Rubens; 719, Delaroche, Un apôtre; 920, steuben. Une liseuse; 768, Hesse, Jeune fille portant des fruits; 736, Fabre, portr. du duc de Feltre; 769, Hesse, Moissonneuse; 815, le Poiltevin, marine ; 393,Dietrich, Un moine ; 848, Nattier, la Camargo. Au milieu, Duret, modèle du St Michel de la fontaine de ce nom, à Paris.
Cabiket dd fosd : Ducommun du ioc(«(de Nantes), Cléopâtre, marbre.
A une certaine distance au N.-O., derrière le musée ou à l'extrémité de la rue Lafayette, se trouve le palais de justice (pl.I>2), grand et beau monument qui date de 1845-1853. On en remarque surtout la façade, qui a au centre une colonnade surmontée d’une arcade, avec un beau groupe par Suc, de Nantes, la Justice protégeant l’Innocence contre le Crime.
Nous revenons maintenant à l’église St-Nicolas et nous descendons vers l’Erdre, que nous traversons, pour prendre sur l’autre rive la Basse-Grande-Rue. A quelques pas à dr. est Y église Ste- Croix (pl. E3), du xvn e et du xix e s. Sur sa tour a été placé l’ancien
NANTES
Cathédrale.
beffroi de la ville, en plomb, avec des génies sonnant de la trompe. La rue de la Baclerie, à g., et la rue de la .Tuiverie, qui y fait suite, ont de vieilles maisons intéressantes. De ce côté ou par la Grande- Rue. on croise la belle rue de Strasbourg (pl, F 2-3), de création moderne, qui traverse en ligne droite toute la partie E. de la ville.
La cathédrale , St-Pierre (pl. F 3), se trouve un peu plus haut. Cette église, qu’on a entrepris de reconstruire pour la seconde fois au xv e s., était restée inachevée, avec un petit chœur duxn e s., mais les travaux ont été repris dans ces derniers temps et vont être terminés (1892). La façade, qui a deux tours, est assez remarquable, et les portails sont richement décorés de sculptures.
La nef, avec deux collateraux, x ,rt >duU un très bel effet. On en remarque surtout le triforium. Sous l'orgue sont des hauts - relief t et des statues du xv e s., mais restaurés de nos jours; ils représentent des scènes de la vie des premiers patriarches, des évêques et un due de Bretagne.
Les principales curiosités de l’intérieur sont toutefois les tombeaux du transept. Dans le bras droit est le «tombeau de Fbançois II, dernier duc de Bretagne, et de sa femme Marguerite de Foix, ouvrage très riche, dans le style de la renaissance, exécuté en 1507 par Michel Colomb. C’est un cénotaphe en marbre noir et marbre blanc, avec les statues couchées des défunts, des statues de la Justice, la Sagesse, la Prudence et la Force, aux angles, et deux rangs de seize niches contenant des statuettes des apôtres, de saints et de pleureuses. La Justice, & dr., a les traits d'Anne de Bretagne, fille des défunts, qui leur fit ériger ce monument ; la Sagesse, à g., a deux visages, celui d’une jeune femme et celui d’un vieillard. — Le pendant, de l'autre côté du transept, est le «tombeau de Lamoricière, originaire de Nantes (1806-1865). Ce superbe monument moderne est l’œuvre de l’architecte Boitte et du sculpteur Paul Dubois. Le général est représenté par une statue en marbre blanc, couchée sous un baldaquin; aux angles sont les statues en bronze de l’Histoire, de la Charité, du Courage militaire et de la Foi, et dans les intervalles des bas-reliefs.
A l’extrémité de la rue Royale, qui aboutit au N.-O. à la place St-Pierre, se voit la préfecture (pl. F 2), édifice peu remarquable du xvm® s. En prenant à dr. de la rue Royale, nous arrivons à la place Louis XVI (pl. F 3). Au milieu s’élève une colonne de 28 m. de haut, surmontée d’une statue de Louis XVI , par Molchnet. Cette place est entre le cours St-André et le cours St-Pierre, promenade créée en 1726 et décorée d’autres statues médiocres par Molchnet. Le cours St-André s’étend à g. jusqu’à l’Erdre, tandis que le cours St-Pierre descend à dr., en passant derrière le nouveau chœur de la cathédrale, vers la place Duchesse-Anne et le quai de la Loire, près du château (p. 56). De l’autre côté de la place Louis XVI est la rue St-Clément, où l’on pourra visiter St-Clément (pl. G 2-3), belle église neuve dans le style goth. du xm e s. Le couvent de la Visitation (pl. G 2), un peu plus loin à g., a dans sa chapelle des peintures remarquables par Elie Delaunay.
Une ancienne église sans valeur architectonique, à g. du cours St-André, renferme le musée d’abchéologie (pl. F G 3), public les dim. et jeudi de midi à 4 h.
Il comprend des fragments d’architecture et de sculpture de l’antiquité et surtout du moyen âge, des inscriptions, une statue et deux bustes antiques de la collection Campana, un plan-relief de Nantes avec ses anc. fortifications, des antiquités égyptiennes, des faïences, etc. Dans
CLISSON. I. R. 5. 6i
les vitrines du milieu, des bijoux et des médailles, des vases antiques, des armes gauloises, etc.
La rue du Lycée, à dr. du muse'e, mène au Jardin des Plantes (pl. 6 3-4), qui a une partie très remarquable comme promenade publique, avec lacs, cascades, rochers, grottes, etc. Il a de beaux bosquets et des allées de magnolias. On y entre aussi du boulev. Sébastopol, du côté du chemin de fer. Il y a concert le dimanche.
Dans la promenade qu’on fera sur le quai de la Fosse , le long du port, on pourra encore visiter Notre- Dame-de- Bon-Port (pl.BC3), église construite de 1846 à 1858, en forme de croix grecque et surmontée d’un grand dôme. Elle est richement décorée de sculptures et de peintures : Cène par Picou, frise du tambour par le Hénaff, Annonciation par Chalot, dans la chap. de la Vierge; de belles copies de tableaux, Descente de croix, Assomption, etc. Sous le dôme, une belle chaire; dans la chap. de la Vierge, le monument d’un ancien curé de l’église.
La rue de l’Hermitage, à dr. du quai d’Aiguillon (pl. A 4), monte à une petite avenue où aboutit atissi un escalier qui part du quai et se termine au pied d’une statue de SteAnne, en fonte, par Am. Ménard. On a de là une belle vue. L’avenue mène à Ste-Anne, petite église moderne dans le style du xv e s. , assez richement décorée. Cette église est un pèlerinage.
De Nantes au Mans (Paris), à Brest , à Si-Nazatre (Pornichet, le Croisie), à Chdteaubriant (Vitré; Rennes), etc., v. le Nord de la France, par Bædeker; à Paimbœuf et à Pornic, R. 6.