LA FÊTE DES TABERNACLES
On se fait difficilement une idée de ces grandes solennités religieuses qui réunissaient à Jérusalem des foules immenses, et qui créaient une impression profonde sur les fidèles croyants de Jéhovah. Les deux plus grandes fêtes de l'année étaient la Pâque, fête du printemps, et celle des Tabernacles, fête de l'automne. La première rappelait la sortie d'Egypte, et la seconde, le voyage de 40 ans à travers le désert.
Les Tabernacles n'étaient pas des tentes en toile. Suivant les prescriptions du Lévitique, ils devaient être en feuillage, construits avec des branches de palmier, d’olivier sauvage, de myrte, et d’autres arbres touffus. De fortes et longues branches plantées dans le sol sur deux lignes parallèles, et
se rejoignant au sommet, solidement attachées, et recouvertes de rameaux, de feuilles et même de gazon : telle était leur forme ordinaire.
Les grands tabernacles étaient divisés en trois parties par des rideaux. Celle du fond était réservée aux femmes; celle du milieu aux hommes, membres de la famille; et les serviteurs occupaient l'antichambre.
A la porte de la tente, dans un triangle formé par trois pierres, brülait un feu qui servait à la cuisson des aliments, et autour duquel on se réunissait le soir, pour causer, pour raconter des légendes, ou pour lire les vieux récits des Ecritures.
Les pèlerins venus de la même ville, ou du même village, se groupaient ensemble, et leurs tentes étaient rangées en cercle, sur les hauteurs. Au centre se trouvait celle du chef de la caravane, ordinairement plus grande que les autres. Tant pour les sacrifices à offrir, que pour la nourriture des pèlerins, chaque caravane avait son troupeau de moutons, de veaux, et même de bœufs, dont quelques bergers prenaient soin.
Dès avant la fête, les caravanes arrivaient de toutes les directions, des villes de la Judée, de la Gaiilée, de la Pérée, des bords de la mer et du Liban. C'étaitune invasion pacifique et joyeuse, qui s'emparait de tous les environs de Jérusalem, et surtout des hauteurs. Car la grande allégresse des pèlerins était d’apercevoir du haut de leurs campements les vastes portiques et la coupole de leur
Temple tant aimé ; c'était de voir monter en tourbillons au-dessus des murailles la fumée des sacrifices, ;’éievant jour et nuit de l'autel des Holocaustes ; c'était d'entendre les fanfares éclatantes des trompettes sacrées appelant le peuple aux cérémonies.
Jérusalem se trouvait ainsi enveloppée par toute une immense ville de tentes de feuillage groupées sur les hauteurs du mont des Oliviers, de Bézétha, et du Scopus, dans la partie supérieure de la vallée de Josaphat, sur les pentes de l'Ophel et sur les cimes du mont Sion.
Dans l'enceinte même de la cité, tous les enfants d'Israël étaient tenus par le Lévitique de célébrer la fête, en habitant pendant sept jours des tabernacles de feuillage. Ils les contruisaient sur les terrasses de leurs maisons, dans les cours, sur les places publiques, et surtout à la porte de l'Eau et à la porte d'Ephraim.
Cette grande fête, à laquelle prenaient part plus d'un million de Juifs, avait été instituée en mémoire des années que les Israélites avaient passées sous la tente, dans le désert arabique, après leur sortie d'Egypte. Pendant huit jours le Temple était encombré de pèlerins, et les plus solennelles cérémonies religieuses y rappelaient les merveilles accomplies par Jéhovah en faveur de son peuple.
Chaque matin, vingt et une sonneries de trompettes retentissaient au sommet des terrassements