‹ Le centurion [microforme]Chapitre 36 sur 70 · A A AU NE · texte numérisé non relu

A A AU NE

crénelés et des portiques. Alors une procession de prêtres, de lévites et de fidèles se formait, descendait la pente de l'Ophel jusqu'à la fontaine de Siloé, et remontait en chantant des hymnes, avec une aiguivre d'or remplie d'eau vive, qui était répandue par le pontife officiant sur l'autel des holocaustes,

Puis, il y avait lecture de la Loi, et prédication. De temps en temps, la prédication était interrompue par diverses cérémonies, dont il serait trop long de faire la description. Qu'il suffise de dire qu’elles formaient toutes ensemble une sorte de mémorial des faveurs de Jéhovah.

L'eau apportée de Siloé rappelait la source jaillie d’un rocher, au désert, à la parole de Moïse. L'illumination du temple était faite en mémoire de la colonne de feu qui éclairait la marche d'Israël vers la Terre Promise, et le Messie qu'on attendait devait être la vraie colonne de feu qui dissiperait les ténèbres de l'humanité, et la guiderait à travers le désert de cette vie vers la Terre des Vivants.

Tout le jour, et même la nuit, l'autel des holocaustes fumait. Le feu devait y être constamment entretenu, et l’on y offrait de continuels sacrifices.

On y égorgeait de jeunes taureaux, des agneaux, des chèvres, des pigeons et des tourterelles. Les prêtres faisaient l’offrande à Jéhovah du sang des victimes, qu'ils répandaient tout autour sur l'autel. Puis les corps des animaux étaient découpés en

morceaux, dont une partie était placée sur le feu et consumée.

On y faisait aussi des oblations de farine, arrosée d'huile, et une poignée était jetée sur le feu avec de l'encens.

Le reste de cette fleur de farine, et les restes des victimes appartenaient aux prêtres.

Telle était cette grande fête que les Juifs célébraient chaque année à Jérusalem, au milieu du mois de Thisri, qui comprenait une partie de septembre et une partie d'octobre.

Mais, en l'an de Rome 782, la fête prit des proportions plus grandioses, et agita plus profondément tout le peuple d'Israël. Car les temps messianiques semblaient venus, et un grand prophète accomplissait des merveilles dans toute l'étendue de l'ancien royaume. On pouvait douter encore qu'il fût le Messie attendu ; mais on ne pouvait plus nier qu'il accomplissait des prodiges, comme on n'en avait pas vu depuis les temps d'Elieetd'Elisée,

Sa parole était tellement éloquente que ceux qui l'avaient entendu disaient : jamais homme n'a parlé comme lui ! Les foules le suivaient et l'admiraient. Mais il portait ombrage aux princes des prêtres et aux scribes, qui manifestaient ouvertement leur hostilité.

Viendrait-il à Jérusalem, et se ferait-il entendre dans le Temple pendant cette fête des Tabernacles qui commençait ? La foule des pèlerins plus nombreuse que jamais l’attendait et le désirait.

Mais les pharisiens l'avaient fc.:t épier en Galilée ; ils avaient cherché des motifs d'accusation de toutes sortes contre lui. Ils préparaient de nouveaux pièges auxquels, croyaient-ils, il ne saurait pas échapper: et leurs agents de police étaient chargés de l'arrêter pendant la fête, s'il osait se montrer.

—Mais il n'osera pas venir, disaient-ils. Là-bas, en Galilée, il est dans son élément, parmi des gens sans instruction qui ne savent rien des Ecritures. Il leur raconte des'paraboles et des récits aussi simples qu'eux-mèmes, et ces braves gens l'admirent. Mais ici, dans le Temple, à côté de la Rotonde où siège le Sanhédrin, en présence d’un auditoire où se trouveraient mélés à la foule 1es maîtres de la science religieuse, et les plus illustres docteurs en

Israël, il perdrait de son assurance, et il n'oserait plus afficher ses prétentions messianiques.

Le centurion, Camilla et Claudia Procla étaient de ceux qui croyaient que le prophète de Galilée viendrait, et chaque jour ils se rendaient au Temple pour le voir et l'entendre ; mais trois jours étaient déjà passés, et Jésus de Nazareth n'avait pas paru.

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