‹ Le centurion [microforme]Chapitre 40 sur 70 · LAZARE · texte numérisé non relu

LAZARE

Pendant que les Juifs de la Judée, appartenant à. toutes les classes, s’agitaient ainsi autour de la question messianique, et la discutaient sous ses aspects divers, Jésus était retourné en Galilée. De là, il passa dans la Pérée.

Au mois de décembre de l'an de Rome 782, il revint à Jérusalem pour la fête de la Dédicace. :11 reparut au Temple, et, répondant aux questions des Juifs, il déclara de nouveau qu'il était le. Fils de Dieu.

Pouf la seconde fois, les Juifs ramassèrent des pierres. pour le lapider; et Jésus leur dit :

«Par la puissance de mon Père, j'ai accompli devant vous beaucoup d'œuvres bonnes. Pour laquelle de Se] œuvres me lapidez-vous?»

Comprirent-ils tout ce qu'il y avait d'ironie dans cette question? Certainement, et leur haine ne fit que s'accroître. Alors, ils prirent les moyens de . se saisir de lui. Mais il s'échappa de leurs mains,

et repartit pour la Pérée.

Il y demeura jusqu'au mois de mars suivant (A. R. 783). Le journal de Camilla va nous apprendre à quelle occasion il revint à Béthanie.

{Extrait du journal de Camilla)

1 mars A. R. 783.

«J'arrive de Béthanie. Myriam et Marthe sont plongées dans une affliction profonde. Leur frère Lazare est bien malade. Les médecins ont déclaré la maladie incurable. Dans quelques jours il sera mort, assurent-ils.

Un seul espoir reste aux pauvres sœurs. Elles attendent Jésus de Nazareth, et elles sont bien sûres que s’il vient il guérira leur frère, qui est son ami le plus cher.

Elles lui ont envoyé dans la Pérée des messagers qui lui ont dit: «Seigneur, celui que vous aimez est malade». Rien de plus. Ils n'ont pas même prononcé le nom du malade. IIS l'ont désigné par le titre qui lui fait le plus d'honneur: Celui que Jésus aime! Ils n'ont rien demandé au Prophète. Il sait bien, lui, que ce message veut dire: « Venez voir Lazare, et guérissez-le. »

Mais Jésus s'est contenté de répondre: « Cette maladie n'est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.» Et il est resté là bas, dans la Pérée,

Cette réponse ne veut-elle nos li ue Lazare ne mourra pas? Et done, il 2 vcuir n temps pour le sauver. Mais il devr. : « hâter, Chiyue heure de vaine attente aggrave 11 malice, et accroît la douleur de cette fan! que ic l’rophète aime pourtant.

J'ai dit à Myriam: Bien sûr, il 19 venir. Son Cœur est trop bon pour abandos:e; ses amis dans l'affliction. — Elle m'a répondu : Oui, certes, ilest bon. Mais il est juste aussi, et j'ai tant péché! J'ai bien mérité de souffrir.

Pauvre Myriam! Elle se désespère, et son âme est brisée. Elle est tellement attachée à ce frère, qui est le chef de la famille, qui a toujours été bon pour elle, même pendant les années de ses égarements, qui l’a recueillie depuis sa conversion, et qui remplace sur terre son père et sa mère, morts depuis longtemps. S'il allait mourir, quel vide ce serait dans ce foyer domestique, et dans le cœur de ces deux sœurs!

Oh ! quelle chose triste et mystérieuse que la mort ! C'est la nuit pour le mort, mais c'est le vide, qui est pire, pour l'être cher qui survit, Lequel des deux souffre ? C'est le survivant. Celui qui part est nécessaire à celui qui reste. Il est tout pour lui.

Et ce tout va finir ! Pour combien d'années ? Pour toujours, toujours, toujours. Est-il possible que tous les liens que nous formons sur terre soient ainsi brisés sans qu'on puisse les renouer?

Quel est le nom de cette force qui détruit et dissout toutes choses ? Est-ce le hasard ? Est-ce la fatalité ? Est-elle en nous ? En portons-nous le germe dans notre être ? Ou bien, vient-elle de quelque monde inconnu ? Et si la mort n’est pas la fin de tout, quel est l'avenir ?

O prophète de Nazareth, ne viendrez-vous pas nous révéler ces mystères ?

3 mars A. R. 783.

Irréparable malheur ! On :ttendait le prophète qui devait guérir, et c’est la mort qui est venue ! Nicodème vient de m’apprendre la triste nouvelle : Lazare est mort, et depuis hier il dort son dernier sommeil dans le sépulcre de la famille à Béthanie.

Un grand nombre d'amis, m'a raconté Nicodème, ont assisté aux funérailles, avec les démonstrations ordinaires de douleur et de deuil, au bruit des lugubres mélodies des joueurs de flûte, et des lamentations des pleureuses. Pendant sept jours les parents et les amis viendront pleurer au tombeau et visiter la famille affligée.

La demeure hospitalière, naguère si calme et si heureuse, dont les portes étaient toujours ouvertes à Jésus de Nazareth, qui était sa demeure quand il

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