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III. — Occupation, reconnaissances durant la

PREMIÈRE ANNÉE d' ADMINISTRATION.

L'occupation de Laï se fit conformément au plan approuvé par M. l'administrateur en chef Fourneau : le convoi dirigé par le chef de station Antony descendit le Chari pour remonter ensuite le Logone. Le groupe principal sous les ordres du lieutenant Faure, qui était chargé de commander le Cercle, suivit la dépression du Babo, atteignit une des branches du Haut-Logone et la descendit ensuite pour atteindre Laï ; enfin une petite reconnaissance, sous les ordres de l'administrateur Bruel, commandant la région du Chari, étudiait une partie de la frontière allemande et atteignait Laï par le Nord-Ouest.

1. — Le convoi quitta Fort-Archambault le premier et se mit en route le 23 avril 1903. 11 se composait de deux baleinières, chargées de perles, d'outils, de cartouches, de vivres pour Européens. Ces derniers étaient en très petite quantité, par suite de la pénurie extrême dans laquelle se trouvait tout le territoire.

La descente du Chari fut pénible, surtout entre Fort-Archambault et l'embouchure du Bahr-Sara, car on était à la fin de la saison sèche et l'étiage était exceptionnellement bas cette année. Aussi les bancs de sable étaient fort nombreux et les

hauts fonds fréquents. On était donc souvent obligé de haler les embarcations ou d'approfondir le chenal de quelques centimètres pour permettre le passage.

A Fort-Lamy, M. le chef de bataillon Largeau, commandant la région du Tchad, voulut bien disposer en faveur du Moyen-Logone d'une partie des vivres qu'il avait pour son personnel et remit notamment à M. Antony un peu de sucre et de café. Cette façon de faire, qui n'étonna point ceux qui connaissaient déjà le commandant Largeau, toucha profondément tout le personnel du Moyen- Logone, qui lui en garde une profonde reconnaissance.

M. l'administrateur en chef Fourneau avait arrêté avec les autorités allemandes un « modus vivendi » destiné à assurer le passage du convoi à travers le territoire allemand en conformité avec le traité de février 1894 et nous avions notamment obtenu de garder armés la dizaine d'hommes qui formait l'escorte du convoi.

Bien que l'occupation allemande n'existât pas encore en amont de Kousseri, l'accueil des populations fut partout excellent, en particulier chez les populations Kotoko, qui n'oublient pas que nous les avons délivrées de la tyrannie rhabiste.

En amont du 10^ degré de latitude, M. Antony trouva un pays désolé, ruiné par une série de calamités : les sauterelles avaient mangé la récolte l'automne précédent; les Baghirmiens, sous les ordres du Fatcha et du Barma, l'avaient ensuite razzié au printemps de fond en comble, de concert ou simultanément avec les Foulbés de Kalfou (territoire allemand) et les Marbas de la rive gauche.

Seul de tous les nombreux villages, très importants et très prospères, vus en 4900 par MM. Kieffer et Faure, Kim était debout et intact. Cela tenait sans doute à ce que son chef avait fait cause

commune avec les razzieurs. Tous les autres villages avaient été mis à sac et les populations décimées mouraient de faim. Elles ne possédaient même plus de semences et elles subsistaient tant bien que mal des produits de la pêche ou des fruits de borassus et de racines.

M. Antony arriva à Laï le 15 juin, n'ayant pu nourrir son personnel, dans la dernière partie de la route, que grâce à la viande d'hippopotame et au mil que le lieutenant Faure lui avait expédié en pirogue, peu après son arrivée à Laï.

2. - — Le lieutenant Faure se mit en route le 10 mai. Au départ de Fort-Archambault, sa colonne se composait du sergent Dumons, de 33 gardes régionaux, de 1 tirailleur, de 9 femmes, de 24 porteurs Tounias. 11 emmenait en outre 3 bœufs et 2 vaches.

Le 13, il arrivait à Daï. Le mbang (chef) Madou, suivant son habitude, s'était sauvé. Seuls, quelques rares habitants se décidèrent, dans la soirée, à apporter un peu de mil. Le lendemain, à Saada, qui dépend de Daï, le chef s'était aussi sauvé dans la brousse, mais un plus grand nombre d'indigènes étaient restés dans leurs cases.

Le 16, à Koumra, le lieutenant Faure trouva sous les grands karités du village une foule de cavaliers, d'hommes en armes, de femmes et d'enfants qui y campaient. C'étaient des Saras du Sud-Ouest, qui venaient d'évacuer leur pays devant deux grosses razzias fellatas, dont le centre d'opération était Bedjondo et qui en ce moment opéraient du côté de Péni.

Les deux seuls Baghirmiens, qui se trouvaient de passage à Koumra, essayèrent de dissuader le lieutenant de continuer sa route par le Sud-Ouest, lui disant que lui et sa petite troupe seraient massacrés par les masses fellatas. 11 ne tint aucun compte de l'avis de ces gens poltrons, comme tout bon Baghirmien, et continua sa route.

Le surlendemain matin, il arriva à Péni. Toutes les cases étaient brûlées, les plantations foulées aux pieds et saccagées. A 11 h. 1/2 du matin, les Saras, qui avaient suivi la colonne pour réoccuper le pays sous notre protection, arrivèrent affolés en annonçant que les Fellatas attaquaient en masse un quartier du village. Une patrouille de 6 hommes fut immédiatement envoyée en reconnaissance avec quelques cavaliers saras. A 500 mètres du camp, elle se heurta aux Fellatas, auxquels elle envoya plusieurs feux de salve.

Les Fellatas (qui n'avaient pas un seul fusil et qui ignoraient notre présence) furent surpris par ces feux rapides et s'enfuirent en désordre, sans chercher à savoir si nous étions nombreux. Le lieutenant Faure se porta dans la direction de sa patrouille et vit passer à toute bride un groupe de 200 cavaliers sur lequel il n'osa tirer, ne sachant si elle était composée de Fellatas et de Saras alliés à eux ou de Saras razziés.

La patrouille continua sa poursuite, qui transforma la fuite des Fellatas en une déroute complète. Au bout de deux heures, nos hommes rentrèrent en annonçant qu'ils avaient tué une vingtaine de Fellatas et en avaient blessé un grand nombre. Ils rapportaient des prises : sagaies, sabres, boucliers, arcs, flèches, etc., et ramenaient un cheval.

De leur côté, les Saras de Péni, voyant leurs ennemis en déroute, avaient repris courage et s'étaient mis à poursuivre et à attaquer les fuyards. Ils rentrèrent à 6 heures du soir avec une vingtaine de blessés. Ils déclarèrent avoir tué beaucoup de monde à l'ennemi. On peut estimer que, dans cette échauffourée, les Fellatas perdirent environ 200 hommes. Notre petite troupe n'avait ni tués ni blessés.

Les prisonniers déclarèrent être originaires les uns de Ngaoundéré, les autres de Bouband-

jida. Toute la razzia venait donc du Kamerun.

Le 20, la colonne traversa près de Bedjondo un camp fortifié où Ton compta 850 à 900 cases, ce qui permit d'estimer que la razzia comptait de 2.500 à 3.000 personnes. Aussitôt après, on trouva le long de la dépression environ 150 cadavres de femmes et d'enfants, traînards, qui n'avaient pu suivre la colonne en déroute et qui avaient été ou tués par les Fellatas avant d'être abandonnés ou qui avaient été massacrés par les Saras.

La région traversée du 19 au 27 mai était complètement dévastée. Tous les villages étaient brûlés et le sol était jonché de débris de calebasses, de jarres et de poteries de toute sorte.

Le 20, on avait quitté la vallée du Babo proprement dit pour suivre, tantôt sur la berge même, tantôt à une courte distance, une dépression, presque entièrement asséchée, dont l'orientation était E. N. E. — 0. S. 0. Le 22, on atteignit enfin au village de Doba une des branches supérieures du Logone.

Il avait été impossible de trouver un grain de mil dans la zone dévastée que l'on venait de traverser : aussi avait-on épuisé les réserves que portaient les hommes et il fallut distribuer durant deux jours du biscuit pris sur les approvisionnements destinés aux Européens. Heureusement durant la route on avait tué quelques antilopes, et lorsqu'on arriva au Logone, on chassa les hippopotames, qui y existent en grand nombre. On fit boucaner une partie de la viande ainsi obtenue et on échangea l'autre contre du poisson. A cette époque, en effet, tous les bancs de sable de Logone sont couverts de villages de pêche, qui sont bâtis provisoirement sur le bord de l'eau.

Après un repos de deux jours à Doba, la colonne se remit en route en longeant le Logone par la rive droite. On avait échangé à Doba un

cheval de prise contre six petites pirogues, dans lesquelles on put embarquer une partie des bagages.

Aux villages de Békoudou et de Bimbara, l'accueil fut plutôt hostile, car les indigènes qui les habitent sont naturellement très ombrageux. En outre, au début, ils crurent avoir affaire à une razzia de Fellatas, ce qui peut s'expliquer par l'absence de communication entre les villages, qui vivent isolés les uns des autres, en hostilité presque permanente et aussi par le petit nombre des blancs de la colonne (deux), qu'ils ne voyaient pas toujours de loin. Aucun conflit ne se produisit cependant.

Le 29 on traversa les premiers villages Massa, et le 30 au matin le détachement au complet fit son entrée à Laï.

Dès le lendemain, on se mit à la construction du poste.

3. — ^ Le 13 mai, Fadministrateur Bruel quitta à son tour Fort-Archambault avec une escorte de 10 gardes régionaux et longea le Ghari jusqu'à Damtar.

En route, au village Ndamm de Kouno, il rencontra par hasard le chef baghirmien Katourli, qui allait rejoindre le sultan Gaourang au Dékakiré. 11 avait avec lui un convoi d'environ 12 à 1.500 esclaves, dont 600 appartenant en propre au sultan (déclaration de Katourli) pris dans les razzias faites parles Baghirmiens au sud de Goundi depuis Lautomne 1902. Presque tous étaient des femmes et des enfants de quatre à huit ans. Ils mouraient de faim et surtout de soif, car, en cette saison, aucun cours d'eau ne sillonne le pays entre Palem et Kouno, et les quelques puits qui existent dans les villages ne peuvent suffire à donner de Feau à 15 ou 1.800 personnes. Ce trajet n'est qu'un faible tronçon de la longue route d'exil, qui pour les uns va jusqu'en Egypte,

en Arabie ou même en Perse : aussi combien meurent de fatigue, de soif ou de faim avant d'arriver à destination?

A Damtar, le lendemain 20 mai, un courrier apportait la nouvelle que le commandant Largeau avait été assez habile pour obtenir de notre vassal Gaourang la suppression des razzias et de la traite. Le convoi de Katourli était donc le dernier qui traversait le Chari.

Après avoir séjourné du 20 au 26 mai à Damtar pour en déterminer la latitude, Tadministrateur Bruel passa par Dik, Our, Gourgara-Bangri et arriva le 29 mai à Gourgara-Plimouta. Tous les villages traversés sont juste sur la frontière. Continuant ensuite sa route à travers le pays Somraï, il arrivait à Laï le 6 juin, après avoir délivré à loune et Doumogue 40 esclaves que des Baghirmiens emmenaient sur la rive droite du Chari.

De Laï, tous ces captifs furent renvoyés dans leurs villages respectifs, sous escorte.

4. — Le 15 juin, le commandant de région, croyant sa présence à Fort- Archambault indispensable, se remit en route et après avoir traversé Dormo, Kariatou, Manga, Dar, Koli, Palem, arriva à Goundi le 19 juin. En route, il avait mis en liberté 56 esclaves, qui comme les premiers furent envoyés sous escorte dans leurs villages d'origine, sauf 12 enfants de quatre à six ans, qui furent dirigés sur le village de liberté de Fort- Archambault, aucun renseignement n'ayant pu être recueilli sur leur origine

Un courrier lui ayant appris que son retour à Fort-Archambault ne s'imposait pas, l'administrateur Bruel continua sa route par Matkaga et Ngoman. 11 rejoignit à Koumra l'itinéraire suivi un mois avant par le lieutenant Faure et le parcourut à son tour jusqu'au village de Békessé. De là, il gagna Bangoul et poussa 6 kilomètres au Sud pour voir la dépression du Babo, qui était

complètement à sec. Inclinant ensuite à FOuest, il traversa Bedjondo, recoupa l'itinéraire Faure près de Dogo, atteignit Beïara au Nord, puis marchant plein Ouest, il arriva au Logone à Békoudou. Après avoir longé la rive droite de ce fleuve et suivi l'itinéraire Faure, il rentra à Laï le 3 juillet.

Depuis que Ton avait quitté les pays soumis aux Baghirmiens, il avait été difficile de recruter des porteurs pour aller d'un village à un autre. En quelques points : Bangoul, Gamel, Dobordé, les gardes régionaux envoyés à la demande des chefs de village pour les aider à recruter les hommes qui ne voulaient pas leur obéir, furent attaqués et durent tirer quelques coups de fusil pour se dégager. Au village de Dobordé, l'engagement fut même un peu vif : 54 cartouches furent brûlées et 12 Mbaï tués ou blessés.

Ce recrutement de porteurs, difficile le matin en pays Mbaï, devenait très facile au contraire à midi lorsqu'il fallait relayer les porteurs. Malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu trouver l'explication de cette différence d'attitude à notre égard.

5. — Conformément aux instructions de M. l'administrateur en chef, le lieutenant Faure quitta Laï le l^'" juillet, avec un détachement d'une trentaine d'hommes pour reconnaître la communication signalée par le capitaine Lœfler, comme reliant le Logone à la Bénoué.

Il descendit d'abord le Logone jusqu'à Ere, oii il fut obligé de repousser à coups de fusil des cavaliers Marbas, qui, ignorant notre présence, venaient razzier le village; puis, quittant lefleuve, il traversa le pays Marba. Entre les villages de Déro et de Dogdio, il fut forcé de s'ouvrir un passage les armes à la main. Dès que les habitants d'un village avaient quelques hommes de touchés, ils venaient demander la paix, mais cela

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n'empêchait nullement ceux du village voisin d'attaquer de nouveau la colonne. Surpris de notre venue, les indigènes nous prenaient sans doute pour des razzieurs et, ne nous voyant ni lances, ni flèches, ils nous croyaient mal armés, ce qui les incitait à nous attaquer. Dans le pays, on ignorait en effet complètement ce que c'était qu'un fusil et, ne connaissant point sa puissance destructive, on le croyait inoffensif. Le même fait s'est produit au début de notre occupation du Haut-Oubangui et du Haut-Chari.ll a été cause de nombreuses attaques de petites colonnes, qui, vu leur faiblesse numérique, n'intimidaient point les indigènes.

A Tikem, le lieutenant Faure atteignit la dépression qu'il longea par la rive gauche jusqu'à iO kilomètres à l'ouest de Maounao. Là, il traversa la rivière et fut conduit par ses guides, malgré lui, à Binder, ville fellata de 10.000 âmes environ. Le nom de Léré en effet paraissant inconnu dans le pays, le lieutenant déclara qu'il voulait aller à la grande ville, qui est près du Mayo- Kabi. Les gens de Maounao, qui sont Foulbés, aimèrent mieux le mener chez leurs compatriotes que chez les Moundangs de Léré, dont ils craignaient sans doute les représailles.

N'ayant pas encore assemblé son itinéraire et s'en rapportant à la carte Lœfler, le lieutenant se crut en territoire allemand : aussi s'empressa-t-il d'écrire aux autorités de Garoua pour s'excuser d'être entré en armes, malgré lui, au Kamerun. A son retour à Laï, il s'aperçut que Binder était, d'après son itinéraire, à 7 kilomètres au sud du 10^ degré de latitude, c'est-à-dire de la frontière. Le capitaine Lœfler l'avait placée au contraire 10 kilomètres au nord de ce parallèle. Ultérieurement les observations astronomiques faites par l'enseigne de vaisseau Delevoye de la Mission Niger-Bénoué-Tchad ont montré que le lieutenant

Faure avait raison. La latitude de Binder est 9°57'58".

L'accueil fait par les Fellatas de Binder fut excellent.

Continuant sa route dès le lendemain, la reconnaissance, après avoir traversé un pays assez tourmenté, atteignit Léré, gros centre moundang d'environ 10.000 habitants. Pendant le court séjour qu'il y fit, le lieutenant Faure vit rentrer le chef de Léré, Goutroumé, qui revenait de Garoua, où il avait été convoqué par le chef de poste allemand auquel il aurait fourni en quatre fois 32 bœufs, 10 chevaux, 100 moutons. Les chefs de Guégou, Dzalémé, Lamé, Doué avaient été aussi invités à se rendre à Garoua. Les deux premiers avaient obéi, les autres avaient refusé d'entrer en relation avec les Allemands. Le village de Biparé (Bifara) avait été brûlé par les Allemands et le chef emmené à Garoua. Il fut rendu au capitaine Lenfant lors de son passage.

Le lieutenant Faure écrivit aux autorités allemandes pour protester contre ces ingérences dans un pays reconnu de façon formelle à la France par le traité du 4 février 1894 et envoya des émissaires prévenir tous les chefs qu'ils étaient sujets français et relevaient de Laï.

Pressé de rentrer, le lieutenant Faure renonça à pousser jusqu'à Biparé et revint en longeant la dépression sur la rive droite jusqu'à 20 kilomètres de Maounao, à travers un pays chaotique, coupé de torrents écumants, où il n'y avait ni sentier ni village. Il vit une chute très haute, véritable cataracte, qui s'entendait de fort loin, par où tombe le Mayo-Kabi. 11 la baptisa « Chute Gauthiot ».

Le manque de vivres força la colonne à traverser le Mayo-Kabi dans la région des rapides, qui sont immédiatement en aval de la chute Gauthiot, pour rejoindre le village connu de Gourmaï, d'où, en longeant de très près la dépression, on gagna

Tikem. Là, on passa sur la rive droite et, à travers les monts Daoua, on poussa jusqu'àFianga, où le lac Toubouri a son extrémité sud aux basses eaux.

Ne pouvant pas quitter sa colonne et étant dans l'impossibilité de l'embarquer tout entière dans des pirogues, le lieutenant Faiire avait dû se contenter de faire remonter une pirogue de Léré jusqu'à une heure à Test de Tréné, puis de Gourmai à Tikem. Là, il s'embarqua dans une pirogue et gagna par eau Fianga, d'où il repartit pour atteindre de nuit un point situé à une heure en aval de Demmo. Là, les indigènes lui dirent que la saison des hautes eaux n'était pas encore assez avancée pour permettre d'atteindre le Logone par voie fluviale.

Ne voulant pas pénétrer en territoire allemand, puisque l'étude hydrographique n'était pas possible, le lieutenant Faure gagna le Logone, où il arriva au village de Kolo (10 kilomètres en aval de Djimane) après avoir traversé un pays peuplé jusqu'à lemtoka, puis une région dévastée par les razzias des Fellatasde Kalfouet des Baghirmiens.

Le 29 juillet, la colonne était de retour à Laï, harassée de fatigue, mais au complet.

6. — Voulant voir si la leçon infligée aux gens de Dobordé avait porté ses fruits et si la politique pacifique suivie depuis notre installation à Laï commençait à être comprise par les indigènes, le commandant de région envoya le chef de station Antony avec 15 gardes régionaux visiter la rive droite du Logone jusqu'à hauteur du 9® degré de latitude nord et reconnaître le massif montagneux qu'on voit au sud deKariatou et qui domine le Logone, près de Bekoudou.

La reconnaissance resta absente du 17 au 22 juillet. A Dobordé, l'accueil fut excellent; les populations voisines nous promirent de nous obéir et de nous payer l'impôt. Mais à Bimbara et

Békoudou les Mbaï firent le vide et au village de Marlou ils prirent une attitude franchement hostile. M. Antony fut obligé de faire exécuter quelquesfeuxde salve pour se dégager. Les Mbaï eurent 8 tués, 5 blessés et on leur prit quelques prisonniers dont le chefBordié. Dans la suite, ils furent rendus au village lorsque celui-ci eut payé une amende de 10 chevaux. La rentrée eut lieu sans incident.

7. — Les habitants du village fortifié de Manaï, situé à 20 kilomètres au sud-est de Laï, ayant tué ou pris plusieurs hommes de Laï depuis notre arrivée et ayant sagayé le 20 juillet une sœur de Tmar, le chef de Laï (son corps criblé de blessures nous fut apporté au poste), le tout malgré les nombreux avertissements que nous n'avions cessé de leur donner depuis notre installation, le commandant de région décida de faire opérer contre eux. Il devenait en effet indispensable d'arrêter ces brigandages à main armée, qui avant notre arrivée étaient une véritable coutume et de montrer en même temps aux villages fidèles que notre protection n'était pas un vain mot.

' Le 27 juillet, le sergent Dumons partit avec un détachement d'une trentaine de gardes régionaux et une cinquantaine de cavaliers auxiliaires de Laï.

Le soir même, il était de retour avec une trentaine de prisonniers. Nos feux de salve avaient tué une dizaine d'hommes. Quelques jours après, le village fit sa soumission.

8. — Le 30 juillet, le chef de station Antony partait en reconnaissance sur la rive gauche du Logone. 11 traversa de nombreux villages, coupa deux fois le Tandjilé, atteignit le village de Koulom à 45 kilomètres à l'ouest de Laï et revint en recoupant deux fois l'itinéraire Maistre.

Il était de retour le 2 août, sans avoir eu d'autres incidents en cours de route que quelques

libérations d'esclaves. Mais il avait trouvé de grosses difficultés pour traverser un pays déjà aux trois quarts inondé. Aussi rapportait-il de sa tournée les germes de la bilieuse hématurique, qui devait bientôt nécessiter son transport à Fort-Lamy auprès du docteur.

9. — Le 8 août, le commandant de région partait de Laï pour rallier Fort-Archambaalt. Il passa par Mébégué, Darbé, Broto, Kimré, Dar, Palem, Goundi,où il délivrait 12 captifs. EnefTet, malgré tous nos avertissements et toutes les mesures prises pour arrêter le commerce des esclaves, les Baghirmiens, les Bornouans, les Toummaks continuaient à qui mieux mieux à pratiquer ce commerce lucratif et qui se fait depuis un temps immémorial.

10. — Le 15 août, M. Antony étant entré en convalescence, le lieutenant Faure quittait Laï en baleinière pour remonter le Logone et tâcher d'atteindre par eau le Bahr-Sara en utilisant la dépression qu'il avait reconnue en mai.

A trois quarts d'heure en amont de Doba, il trouva le point où le Logone bifurque, une branche descendant vers Laï, pendant qu'une autre coule vers le Nord-Est et va sans doute rejoindre le Babo entre Békessé et Péni. Malheureusement la baleinière ne put continuer sa route, car elle rencontra immédiatement un seuil couvert d'herbes, sur lequel il y avait à peine 25 centimètres d'eau.

Le 24 août, le lieutenant Faure était rentré à Laï. Il avait constaté qu'à Poulou une rivière fort importante débouchait de l'Ouest. Elle lui parut être la branche mère du Logone.

Les gens de Békoudou ayant blessé deux de nos hommes, qui étaient allés acheter des vivres dans leur village, un détachement fut envoyé de Laï pour les châtier. Il attaqua le village le 26, le chef fut tué ainsi que 21 hommes. Nous fîmes

17 prisonniers, qui par la suite furent rendus après le payement d'une amende.

11. — Le 10 septembre, une pirogue fut envoyée de Laï pour essayer d'atteindre Fort- Archambault par la branche qui bifurque en amont de Doba.

Depuis le 20 août, le Logone avait monté à La de 75 centimètres et devait continuer à croître de 80 centimètres jusqu'au 30 septembre. Il paraissait donc que la dépression pouvait être praticable. Tout au moins le moment d'essayer d'y passer paraissait bien choisi. Malheureusement le départ de M. Antony avait réduit le personnel blanc du cercle à 2 Européens. Il fallait donc se contenter d'envoyer seulement des gardes régio naux.

Surent-ils faire le nécessaire? Se trompèrent-ils de route? Crurent-ils qu'ils devaient s'engager seulement dans une branche aussi importante que celle qu'ils venaient de remonter? Nous l'ignorons.

En tout cas, ils rentrèrent à Laï en déclarant n'avoir pu passer.

L'expérience n'est pas concluante ; elle est à recommencer, mais il faut qu'un blanc dirige la reconnaissance.

12. — L'état de M. Antony, loin de s'améliorer, s'étant aggravé, le lieutenant Faure décida de le descendre à l'infirmerie de Fort-Lamy. Il le prit avec lui en baleinière et quitta Lai le 31 août. Grâce au courant rapide en cette saison de hautes eaux, la descente fut brève. Le 5 septembre, la baleinière accostait à Fort-Lamy. Il est vrai que l'on avait navigué dix-huit heures par jour.

Après quarante-huit heures de repos, le lieutenant Faure repartit avec l'intention de rejoindre le Toubouri par eau. Le 14 septembre, il arrivait à hauteur de la communication. Après avoir traversé une assez large zone de plaine herbeuse

et inondée, il atteignit un canal libre d'herbes avec un courant rapide (5 kilomètres à l'heure environ) et eut un instant d'espoir. Mais, hélas ! la direction générale continua à rester Nord- Ouest. Ce canal, que les indigènes appellent Mayo- Yeï, fut descendu pendant une quarantaine de kilomètres. Il paraît n'être qu'un bras du Logone.

Jusqu'au 30 septembre, le lieutenant Faure s'acharna à reconnaître tous les bras, tous les canaux qu'il rencontra sur la rive gauche. Partout les herbes, les roselières arrêtèrent l'embarcation. Malgré des efforts surhumains, on ne progressait qu'avec une lenteur désespérante : 2 ou 3 kilomètres pour douze ou quinze heures de marche. Le 30 septembre, à bout de forces, tout l'équipage étant tombé malade, il fallut renoncer à la lutte. Le 2 octobre au soir, la baleinière était de retour à Laï.

Le 13 septembre, un détachement de 13 gardes régionaux et 9 auxiliaires de Laï sous les ordres du sergent Sidi Samba avait été envoyé à Tikem pour y attendre l'arrivée de la baleinière et servir d'escorte au lieutenant Faure.

13. — Le 3 octobre, le sergent Dumons, accompagné d'un détachement de i2 réguliers et de 12 auxiliaires, se mettait enroule pour lever l'impôt en pays moundang. Au passage, il devait prendre avec lui le détachement de Sidi Samba, qui attendait toujours à Tikem.

Il passa par Kolo, Ouaye et le 8 octobre, à Tikem, il recevait du capitaine Lenfant le billet suivant :

Binder-Foulbé, 6 octobre.

Mon cher camarade,

J'apprends à l'instant qu'un officier est à Tikem. Je pars demain pour Mbourao avec mon chaland démonté et pense y arriver le soir. Si vous pouvez me

prêter appui, soit pour m'aider à recueillir les charges que les porteurs auront jetées au bord de la route, soit pour me trouver des hommes du pays qui haleront mon chaland jusqu'aux lacs, je vous en serai très obligé. Dans le cas où vous pourriez venir à ma rencontre, cela me ferait plaisir. Mon personnel est insuffisant pour recruter les gens dont j'ai besoin. Nous avons fait au-dessus de nos forces. Je pense arriver à temps pour passer même à vide dans le Logone.

Mes meilleurs sentiments.

Signé : Lenfant.

Prière de me répondre par courrier rapide via Mbourao-Binder-Foulbé rive droite Mayo-Kabi.

P.-S. — Le capitaine Lenfant vous prie de bien vouloir le rejoindre avec 300 porteurs à Mbourao ou à Binder.Il n'est pas encore arrivé à Mbourao.

'^ianè : Lahure.

Aussitôt le sergent Duraons, qui savait que la mission Lenfant avait été attendue et que des ordres avaient été donnés pour qu'on l'aidât de toute manière si elle arrivait, se rendit de suite à Mbourao avec 414 porteurs qu'il recruta dans le pays et se mit à la disposition du capitaine Lenfant.

C'est en grande partie grâce à son concours, à l'aide des indigènes qu'il recruta que le chaland put passer du Toubouri dans le Logone. En effet, de Sébé à Dongoèli, sur une dizaine de kilomètres, on dut creuser à la main un chenal sur les nombreux seuils qui séparent le chapelet de mares que l'on rencontra avant de trouver le canal Dongoèli-Logone, qui, lui, est à rives franches et a de la profondeur.

Sur ces seuils il n'y avait souvent que 5 à 10 centimètres d'eau. Il fallait donc les écreter et haler ensuite le chaland dans le chenal ainsi creusé.

Abandonnée à elle-même, avec son faible personnel noir, qui était démoralisé et indiscipliné, la mission n'aurait vraisemblablement pas pu passer par eau et elle aurait dû ou démonter le chaland à nouveau ou attendre la saison des hautes eaux suivante. Dans le premier cas, il lui aurait été bien difficile de trouver des porteurs; dans le second, le voyage aurait échoué puisqu'en 1904 le capitaine d'Adhémar et renseigne de vaisseau Audoin, qui ont séjourné du 3 août au 12 octobre dans le pays pour étudier la communication, et plus tard le lieutenant-colonel Gouraud ont constaté que, la crue ayant été faible, la communication n'avait pas existé.

Le 29 octobre, le sergent Dumons se séparait de la mission Lenfant, qui, pour descendre sur Fort-Lamy, n'avait plus qu'à se laisser aller au fil de l'eau, et, le 3 novembre, il était de retour à Laï.

Le 26 septembre, M. l'administrateur en chef Fourneau avait reçu à Fort-Archambault une lettre personnelle du capitaine Lenfant (datée du 24 mai) lui annonçant son départ. Le télégramme officiel prévenant de la formation de la mission et donnant ordre de lui faciliter le passage ne parvint à Fort-Archambault que dans le courant d'octobre, par le courrier suivant.

Nous fûmes d'autant plus étonné de cette nouvelle que, d'après des renseignements reçus dans le courant de juin, nous avions cru que la mission Lenfant avait été abandonnée, au moins pour cette année.

Dès le 26 septembre, par courrier rapide, on prévint le commandant du cercle du Moyen-Logone de l'arrivée imminente de la mission et on lui confirma les ordres qui lui avaient été donnés au commencement de juin, de l'aider de toutes manières, même en lui prêtant du personnel noir.

Aussitôt prévenu, le lieutenant Faure envoya par des chemins différents trois petits détachements pour porter au sergent Dumons l'ordre de se mettre à la disposition du capitaine Lenfant et pour porter un courrier à ce dernier. Mais ignorant leur présence à l'est de Mbourao, les patrouilles reçurent Tordre de gagner Léré.

Après avoir erré entre Palla et Lamé, elles se rejoignirent à Dohè, où elles furent attaquées et durent se défendre sur un piton de 8 heures du matin à midi. Dans cette affaire, les patrouilles eurent deux blessés. A la suite de cet engagement, n'ayant aucune nouvelle des Européens qu'elles cherchaient, elles se décidèrent à rentrer à Laï.

14. — Le 6 janvier 1904, le sergent Dumons fut envoyé en baleinière pour reconnaître la branche occidentale du Logone, dont le lieutenant Faure avait reconnu le delta en août. Le sergent devait en même temps se renseigner sur les razzias fellatas et tâcher de savoir si elles étaient toujours dans le pays ou si elles allaient bientôt y revenir.

Après avoir reçu le meilleur accueil des nombreux villages qui bordent la rivière et dont certains, comme Yérokol, ont un millier de cases, le sergent Dumons atteignit Gaogaï, qui est à environ 145 kilomètres au sud de Laï et à 40 kilomètres à l'ouest.

La reconnaissance ne trouva que des traces du passage des razzias fellatas datant de l'année précédente. Le manque d'interprète connaissant les dialectes Mbaï de cette région empêcha de recueillir beaucoup de renseignements et il fut difficile d'expliquer aux populations que nous étions disposés à les protéger, même manu militari, contre les razzias, si elles acceptaient de nous payer l'impôt.

Le 23 janvier, le sergent Dumons rentrait à Laï, ayant acquis la certitude que cette branche occi-

dentale du Logone est de beaucoup la plus importante et qu'elle est praticable dans tout son cours inférieur pour des baleinières, même pendant les premiers mois de la saison sèche, ce qui permet de croire qu'aux hautes eaux il serait possible d'atteindre la frontière allemande.

15. — Voulant mettre fin au commerce d'esclaves qui continuait à se faire en grand à Kim, le capitaine Faure fit tenter plusieurs coups de main par des gardes régionaux, puis par le sergent Dumons; mais aucun n'ayant réussi, il alla occuper en personne Kim, pendant quelques jours en mars, pour tâcher de prendre le chef Maladjiga, qui était l'entrepositaire des marchands baghirmiens (c'est ce qui explique, comme on l'a lu plus haut, que son village n'avait pas été pillé et détruit l'année précédente en même temps que les autres). Le capitaine délivra quelques esclaves, mais ne put se faire livrer le chef.

16. — Le 18 avril, le capitaine Faure, ayant appris indirectement par des indigènes qu'une grosse razzia fellata était à proximité de Laï, se mit en route avec 42 gardes régionaux et 33 auxiliaires de Lai armés en partie de fusils à piston.

Aucune reconnaissance dirigée par un Européen n'avait parcouru le sud-ouest de Laï : aussi était-il fort difficile d'identifier les noms donnés par les indigènes et de calculer les distances. Il en résulta que, bien que le camp retranché des Fellatas ne fût qu'à 35 kilomètres à vol d'oiseau de Laï, il fallut faire une série de marches et de contre-marches très longues durant deux jours et une nuit pour l'atteindre.

Enfin le 20 avril, à 10 heures du matin, notre petite colonne arriva en vue du campement de Bipia. Ce dernier avait la forme d'un carré de 500 mètres de côté environ et était palissade avec des troncs d'arbre de 20 centimètres de diamètre.

Heureusement, du haut de la pente par où débouchait la colonne, on commandait le camp dont on voyait très bien tout l'intérieur et l'on apercevait la foule des Fellatas en train de faire leurs ablutions, d'abreuver leurs chevaux ou de laver leur linge dans une mare située à quelques centaines de mètres du camp.

La surprise était complète. On put donc approcher à 50 mètres du camp sans tirer, faire quelques feux de salve et donner Tassant.

Notre vaillante petite colonne, appuyée par 200 auxiliaires Mbaï des villages voisins, fut enlevée vigoureusement par le capitaine Faure, qui était seul Européen.

La résistance fut faible, le camp fut envahi avant que l'ennemi ait eu le temps de se reconnaître et la poursuite commença dans plusieurs directions au moyen de patrouilles de 4 hommes. Elle se termina au bout de deux heures.

Les Foulbés eurent 300 tués. Nous leur prîmes 60 blessés, 172 chevaux et un butin considérable : selles, couvertures, boubous, ustensiles de cuisine, verroteries, sagaies, flèches, arcs, etc. Mais faute de moyens de transport, nous fûmes obligés d'abandonner une partie du butin aux indigènes du pays.

Nos pertes ne furent que de 4 auxiliaires blessés.

Les prisonniers nous apprirent que la razzia, qui avait comme chef Baria et comme sous-chefs Bardé et Bangui, venait de Ngaoundéré même. Elle était arrivée depuis peu dans le pays et comprenait environ 3.000 personnes.

Malheureusement, nous ne pûmes prendre le troupeau de bœufs, car il était parti le matin au pâturage du côté de l'Ouest. Aux premiers coups de fusil, les bergers l'emmenèrent en hâte et notre petit personnel, harassé de fatigue, ne put le rejoindre.

Nous rendîmes aux villages pillés plus de la moitié des chevaux et les 180 captifs délivrés furent reconduits sous escorte dans leurs villages respectifs.

A son retour à Laï, le capitaine Faure, bien que démuni de la moitié de son personnel, à la suite de la demande que le commandant de région lui avait adressée et dont il sera parlé plus loin, envoya des patrouilles pour se faire rendre les prisonniers foulbés faits à la suite du combat du 20 avril par les villages, les captifs repris et les chevaux capturés.

Une forte patrouille rentra un jour avec 432 prisonniers et 45 chevaux. Beaucoup de villages rendirent leurs prises de bonne volonté, d'autres pour se venger avaient massacré les femmes et les enfants foulbés qu'ils avaient pris.

Le nombre total des esclaves que nous reprîmes aux Fellatas ou qui nous furent rendus par les villages fut de 680. Tous furent reconduits chez eux sous escorte.

A la suite de ce succès, 25 chefs de villages situés à sept ou huit jours de Laï, sur la branche occidentale du Logone, envoyèrent dire au capitaine Faure qu'ils ne voulaient plus avoir d'autres chefs que les Français, puisqu'ils voyaient que nous tenions les promesses que leur avait faites le sergent Dumons et que nous les protégions contre les Fellatas.

16. — A la suite des événements du Salamat, le commandant de la région du Chari demanda par courrier urgent au commandant de cercle du Moyen-Logone de venir en personne au secours de Fort-Archambault avec la moitié de son personnel.

Le courrier, parti de Fort-Archambault le 20 avril, arriva à Laï le 24. Le capitaine Faure, rentré de Bipia trois heures avant, était fatigué et malade. Il constitua un détachement de 25 hom-

— aimes et l'expédia de suite à Laï sous les ordres de l'adjudant Tixier. Dès son arrivée à Fort-Archambault, le 3 mai, le détachement fut incorporé dans la colonne du lieutenant Dujour, qui partit le 5 mai pour le Salamat.

Au combat de Temba (Est du lac Iro), le 13 mai, les gardes régionaux de Laï prirent une part très brillante et l'adjudant Tixier eut son pantalon traversé par une balle. Le détachement assista à l'affaire de Karé et revint ensuite à Fort-Archambault avec le reste de la colonne par le delta de TAouk.

Sa présence n'étant plus indispensable dans le cercle du Bahr-Sara Inférieur, le détachement rentra à Laï en relevant une route nouvelle entre Goundi et Manga et traversa ainsi le village de Dono.

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