Miltous. — Les Miltous, qui sont de pro
ches parents des Ndamms, habitent au nord de ces derniers. Quelques-uns de leurs villages sont très voisins du 10^ de latitude, mais leurs principaux centres sont en territoire allemand.
42. Niellims. — Les Niellims, qui semblent apparentés aux Bouas dont ils sont ennemis, occupent le massif montagneux où Bretonnet a été tué le 17 juillet 1899, après s'être héroïquement défendu contre Rabah. Une fraction importante des Niellims avec leur chef principal est venue s'installer à 1 kilomètre au nord de Fort-Archambault.
Autrefois les Niellims habitaient la rive droite du Chari et leurs esclaves seuls avec quelques meskins occupaient les montagnes de la rive gauche. Mais, attaqué par Rabah, Kaddi, le père du chef Gayc, aurait été obligé de se réfugier avec tout son monde sur la montagne et y aurait résisté à Rabah (cela se passait cinq ans avant le passage de Maistre à Palem). Le conquérant noir aurait continué par Daï, traversé le Bahr-Sara et serait rentré au Kouti. Il sérail revenu deux ans après en passant par le Salamat, où il se serait battu avec les Ouaddaïens, aurait attaqué Korbol, puis les Ndamms et ensuite les Somraïs ; ce serait après qu'il aurait envahi le Baghirmi.
Avant ces attaques de Rabah, Kaddi avait soumis toute la rive gauche du Chari entre le pays Miltou et le pays Télé.
Les Niellims sont peu nombreux et ont des instincts pillards. Ils font de bons soldats, sont braves, disciplinés. Quelques-uns se sont engagés dans la garde régionale et ont été envoyés à Brazzaville. Lors des opérations du Salamat en 1904, les Niellims nous ont fourni des auxiliaires à pied et à cheval, qui nous ont été fort utiles.
Leur chef Gaye (qui est mort fm 1904) était très autoritaire et rien ne se faisait sans ordre de sa part. Il faut ajouter qu'avant notre installation
dans le pays, il n'hésitait pas à faire mettre à mort les récalcitrants.
\3.Gaberis. — Les principaux villages gaberis sont : Dormo, les deux Kariatou, Darbé, Kimré, Broto, qui comptent chacun plusieurs centaines de cases.
Près de Laï, on voit les ruines de quatre ou cinq villages fortifiés (carrés ou rectangles de 150 à 200 mètres de côté, avec parapet en terre de 1 m. 30 de haut et grand fossé de 10 à 15 mètres de large. On ne peut y pénétrer que par trois ou quatre portes très étroites, que l'on bouche facilement avec des épines).
Tous ces villages ont été détruits en 1899 par Boubakar, lieutenant de Rabah, qui n'a pas osé attaquer Laï ou n'en a pas eu le temps, obligé qu'il a été de rejoindre son chef pour essayer de nous arrêter à Kouno.
Les Gaberis sont, comme leurs voisins les Toummaks, les Gouleïs, les Saras, les Mbaïs, de grands agriculteurs. Leurs cases sont en paille.
Tout le pays gaberi est administré par des fonctionnaires baghirmiens qui pressurent plus ou moins les populations et qui avant notre venue s'occupaient surtout de faire la traite de compte à demi avec les chefs du pays.
14. Toummaks. — Les Toummaks, et non Toummoks, comme l'écrit Nachtigal, forment un petit groupe obéissant à l'alifa Goumbougou, qui réside à Goundi.
Leurs principaux villages sont : Koli, Palem, Goundi, Thothom, Norom.
Ils ont soumis une partie de leurs voisins, chez lesquels ils faisaient, d'accord avec les Baghirmiens, de nombreuses et fructueuses razzias.
Goundi était un marché d'esclaves fort renommé, où Ton venait de fort loin (du Bornou, des pays Haoussas, du Baghirmi, du Ouaddaï, etc.).