‹ Le cercle du Moyen-LogoneChapitre 24 sur 30 · Kalbou. Kalbou. Kalbou · texte numérisé non relu

Kalbou. Kalbou. Kalbou

Bou ou Bouh'ou.

Boutrou.

Bou.

Bouzoli.

Bouzoli.

Bouzozio.

Bouzozio.

Bouzomouta.

Bouzomouta.

Oundoui.

Boundoli

Oundouizoubou.

Ounzio.

Ounziozobou.

Oimouta.

Oimoutazobou.

Oiso.

Oisozobou.

Oimi.

Densité de la population.

La densité de la population paraît être sensiblement plus élevée que celle de la moyenne de l'Afrique.

Les villages sont très rapprochés les uns des autres. Fréquemment, on en trouve tous les 4 ou 6 kilomètres.

Sauf les agglomérations massas, qui forment de véritables villes, tous les villages sont très dispersés, ce qui fait qu'il est fort difficile d'évaluer le nombre des cases, qui les composent surtout lorsque le mil est haut.

Voici, cependant, quelques chiffres donnés par M. Antony:

Koulom 500 cases

Méré 100 —

Tchéré 300 —

Peddi 10(1 —

Petti 2o —

Makilla 1 75 —

Makilla2 15 —

Deb 15 —

Nangtclioa 500 cases

Nangg-uerekouar. 600 —

Banne 100 —

Nergué 50 —

Makaia 30 —

Wadda 30 —

Tiba 30 —

Digiiina 25 —

Ces villages sont sur la rive gauche du Logone et le polygone, dans lequel ils se trouvent, a environ 500 kilomètres carrés.

Sur la rive droite, M. Antony signale :

Amgar 100 cases

Lamba iOO —

Ngama 150 —

Dogobara. . . . 100 —

Gamel 200 —

Boroiim 100 —

Dobordé 100 cases

Kabéré 300 —

Malal ... 400 —

Dilla 100 —

Mariou 200 —

Le lieutenant Faure donne, de son côté, les indications suivantes sur les villages traversés dans son voyage à Léré :

Ere

300 cases

Tikem.....

200 cases

Léo

Bisso

Demmo

Gourmi

Zaba

Léré

Dologué . . .

Binder

Beaucoup de villages parcourus par l'administrateur Bruel sont aussi fort importants. Nous devons signaler spécialement Dormo (2 kilomètres de long sur 1 de large), Dar, Goundi (3 kilomètres de long, sur 2 de large), Békessé, Bangoul qui, avec le village voisin de Nioumo, couvre environ 8 kilomètres carrés, Kouto, etc.

Enfin le sergent Dumons signale de très gros villages le long de la branche occidentale du Logone. Les deux plus importants sont Boumo, qui a plus de 600 cases, et Yérokol, qui en a plus de 1.000.

Voici, d'autre part, le nombre des villages qui ont été visités par des Européens :

Itinéraire Faure (Laï-Léré, aller et retour) ... 65 villages

— Antony (rive gauche du Logone).. 15 —

— — (rive droite du Logone) .. . 11 —

— Faure (Dogo-Laï) 22 —

— Bruel (Damta-Laï) 11 —

— — (Laï-Goundi par Manga)... 13 —

— — (Daï-Dar par Broto) 7 —

— — (Goundï-Bangoul) 14 —

— — (Bangoul-Békoudou) 17 —

— Dumons (branche occidentale du

Logone) 27 —

Itinéraire Maistre (Laï-Lamé) 20 villages

Lahure (sud-est de Lamé) 13 —

— deMM. Lenfant, Delevoye, d'Adhémar, Audoin au sud du 10^ degré de latitude 42 —

Total 275 villages

D'autre part, soit par les reconnaissances des gardes régionaux, soit par des renseignements ou des visites de chefs, nous avons appris l'existence de 110 villages. Nous connaissons donc, d'une façon ou d'une autre, 385 villages.

Or nous sommes loin d'être entrés en relation avec tous les villages. Les blancs de la carte sont encore vastes et on peut estimer que les villages dont nous ignorons encore les noms, sont aussi nombreux que ceux que nous connaissons.

Il en résulterait que le Moyen-Logone, au nord du 8" degré de latitude, compterait de 7 à 800 villages ou villes.

Si l'on veut bien tenir compte que parmi ces agglomérations nous connaissons des centres de plusieurs milliers d'habitants, comme Laï, Binndéré-Foulbé, Léré, Lamé, Palla, Dohé, Goundi, Bangoul, Békessé, Gaogaï, Yérokol, etc., on peut admettre que le nombre d'habitants par village est en moyenne de 500. La population probable du cercle serait donc de 350 à 400.000 habitants.

Ce chiffre ne paraît nullement exagéré, si l'on songe que le commandant Lenfant estime que les chefs de Léré et de Binndéré-Foulbé commandent chacun à environ 40.000 personnes.

cl. — La traite.

Avant que nous ayons occupé le pays, iL était annuellement le but de razzias fellatas et ba^ghirmiennes.

D'autre part, les tribus soumises au sultan du

Baghirmi devaient payer l'impôt en captifs et le commerce de ces derniers se faisait d'une façon continue tant à destination du Ouaddaï et du Baghirmi que du Bornou, de FAdamaoua et des pays Haoussas.

Pendant la saison sèche 1902-1903, les razzias baghirmiennes paraissent avoir eu une ampleur inaccoutumée. Tout le monde sentait que nous n'avions pas l'intention de tolérer indéfiniment les razzias et la traite : aussi tous voulaient profiter de ces derniers jours de tolérance.

Le Fatcha avait établi son quartier général à l'ouest de Djimane, chez les Marbas, qui s'allièrent à lui. Il razzia les deux rives du Logone et le pays jusqu'à deux ou trois jours de marche vers l'Ouest, dans toute la partie qui s'étend au sud du lO*" degré de latitude.

Pendant ce temps, le Barma opérait à hauteur de Laï et razziait Nangtchoa, Noungtiéré, Dallé, Birin, Bane, etc.

Comme on l'a vu plus haut, Laï et les grosses agglomérations massas, qui sont sur le fleuve, ne furent point épargnées. On les saigna à blanc.

Le Barma et le Fatcha ramenèrent au Baghirmi au moins 3.000 ou 3.500 esclaves et 1.100 chevaux. Le convoi de l'un d'eux traversa le Chari près de Mandjafl'a et les gens qui le virent l'évaluèrent à 2.000 personnes. Le Fatcha prit aussi beaucoup de bétail chez les Dorés des environs de Toba.

Pendant ce temps, le chef baghirmien Katourli opérait entre le Chari et le Logone, avec l'aide des Toummaks de l'alifa Goumbougou et divers autres alliés. Il passa par Koumra, Kamba, Bangoul, Doubénaga, Baïdo, Bedjondo, Koumer, Dokolo, Maïdou, Birbo, Nandagui, Paragué, etc., visitant ainsi tout le nord du pays Mbaï et un coin de celui des Saras et des Gouleïs.

II envoya ses prises en trois convois (peut-être même cinq, d'après certains renseignements) et

c'est le dernier d'entre eux, fort de 1.500 esclaves au moins (c'était, paraît-il, le plus nombreux), que l'administrateur Bruel rencontra à Kouno le 19 mai.

D'après le sultan Gaourang, les razzias se faisaient annuellement entre le Chari et le Logone et le centre d'opération était toujours Goundi. Sur la rive gauche du Logone, on opérait seulement tous les deux ou trois ans, lorsque l'état du Baghirmi permettait d'envoyer de grosses forces au dehors.

Un certain nombre de tribus soumises au Baahirmi devaient tous les ans un nombre déterminé d'esclaves au sultan. Laï devait fournir chaque année 200 esclaves, les Niellims, les Toummaks, les Somraïs, les Ndamms, les Gouleïs, chacun 100 captifs, d'autres groupes plus faibles 30. Au total, les tribus soumises devaient au sultan environ 1.000 captifs par an.

C'était en partie pour se les procurer que chaque village ou chaque tribu faisait la guerre à ses voisins.

Enfin les grands dignitaires baghirmiens avaient des fiefs oii ils pouvaient se faire livrer des captifs. C'est ainsi que les vingt-trois captifs délivrés à Doumogue avaient été donnés par divers chefs aux envoyés de Garmane, esclave de confiance de Gaourang.

Nombre de petites caravanes de ce genre circulaient à toute époque de l'année. 11 est bien difficile d'évaluer leur total annuel, mais on peut assurer qu'il était considérable, car les Baghirmiens sont aussi habiles que les Arabes à « faire suer le burnous ».

A côté de ces prélèvements officiels ou officieux, la traite individuelle se faisait sur une vaste échelle. Tout le monde y prenait part, même les femmes.

Des pays Haoussas, du Bornou, on venait jusqu'à Goundi et Daï acheter des esclaves. On

payait avec du mil, du fer, du cuivre, des perles, des étoffes, etc. Les marchands faisaient d'abord du colportage, se procuraient des bénéfices en vendant leurs marchandises, perles, étoffes, cuivre, etc., dans les régions où le fer abondait, oii bien dans les pays oii la récolte de mil était bonne et allaient revendre ce fer ou ce mil à 400 ou 200 kilomètres de là dans des régions où Ton en manquait. Ils achetaient quelques esclaves pour porter leurs marchandises et au moment où ils se décidaient à rentrer chez eux, ils troquaient tout ce qu'ils possédaient contre des esclaves, qui sont une richesse qui marche et qui augmente de valeur à mesure que Ton s'éloigne des pays fétichistes.

Ce commerce est si ancré dans les mœurs indigènes qu'il n'est pas rare de voir un chef vendre de ses administrés, parfois même des gens de sa propre famille.

La traite des esclaves sera donc difficile à supprimer et il faudra beaucoup de temps pour y arriver.

Dépuis longtemps, Flégel, Mizon, Lôfler, avaient signalé les razzias entreprises à l'Est de l'Adamaoua par les Foulbés qui y habitent. Mais nous ne pensions pas qu'elles s'avançaient si loin. En 1903, le lieutenant Faure a mis en déroute à Péni une bande de razzieurs qui avaient l'intention de pousser jusqu'à Daï, peut-être même jusqu'au Bahr-Sara. Comme les razzias ouaddaïennes traversaient autrefois le Chari pour descendre entre le Gribinguietle Bahr-Sara jusque par 7** 30', on voit que la jonction se faisait presque entre les razzieurs du Nord-Est et du Sud-Ouest. Il est à noter que, même après plusieurs années d'occupation, nous avons vu, un an après le combat de Péni, une forte razzia ouaddaïenne ravager le pays entre le lac Iro et Fort-Archambault et s'arrêter à 30 kilomètres de ce poste. Au même mo-

ment, le capitaine Faure détruisait à Bipia (35 kilomètres de Laï) une très forte razzia de 4.000 personnes, qui venait de Ngaoundéré même.

Au Nord, ce sont les Fellatasde Binndéré-Foulbé et de Kalfou qui razzient le pays.

Toutes ces razzias fellatas sont annuelles et les indigènes du Moyen-Logone les assimilent à un fléau périodique auquel il faut s'attendre comme à la sécheresse, aux sauterelles, à la variole, etc.

Elles quittent en général le Kamerun en février ou mars et opèrent dans la région du Logone en avril et mai. Celles du Boubandjida empruntent la vallée de la Chinna, celles de Ngaoundéré suivent le Lim et la Mambéré. Elles sont fort nombreuses et opèrent par masse. Les Foulbés disposent d'un très petit nombre de fusils ; ils sont surtout armés d'arcs et de flèches. Leur force principale consiste en cavalerie, qui est bien montée et qui est nombreuse. Elle est armée de sabres, de lances et de boucliers.

Grâce à ce mauvais armement, elles sont peu dangereuses pour nous. On a vu avec quelle facilité elles ont été dispersées par nos petits détachements à Péni et à Bipia.

Ces razzias sont peu mobiles, car les Foulbés ont avec eux leurs femmes, leurs enfants, des troupeaux de bœufs, des masses de bagages, et comme d'autre part elles sont très nombreuses, elles sont forcées de suivre les cours d'eau permanents ou les dépressions dans lesquelles il suffit de creuser des puits de quelques mètres pour trouver de l'eau.

C'est pour ces diverses raisons que les razzias installent un grand camp palissade, comme à Bedjondo et Bipia, qui leur sert de centre et d'oii partent des bandes de cavaliers, appuyés de quelques fantassins, qui opèrent les coups de main.

Les Mbaïs de Koutou nous ont déclaré avoir

reçu quatre fois la visite des Fellatas, depuis quelques années ; ceux de Gamel disent les avoir vus cinq fois et, sauf les deux dernières années, ils seraient venus chaque année jusque tout près de Kariatou.

Ces quelques renseignements montrent l'étendue du mal auquel ce malheureux pays était en proie. 11 n'est pas téméraire d'admettre qu'année moyenne 10.000 personnes disparaissaient du Moyen-Logone du fait de ces razzias et de la traite. Il faut, en effet, ajouter aux esclaves exportés les gens tués pendant les razzias ou les guerres que l'on se faisait de village à village pour se procurer des esclaves, ainsi que ceux qui mouraient de fatigue, de faim et de soif sur les longues routes de l'exil.

La majorité des captifs est composée d'enfants en has âge (quatre à huit ans), de vieilles femmes et de nourrices, qui n'ont pu se sauver comme les adultes à cause de leurs enfants à la mamelle (tous les gens valides se sauvent dans la brousse ou se font massacrer en se défendant. Si par hasard on fait des prisonniers adultes, on les tue en général, car on sait qu'ils feront l'impossible pour se sauver) et tout ce moade est incapable de supporter de grosses fatigues. Or souvent il faut faire de longues étapes sans trouver d'eau, car on est dans un pays oii elle est rare en saison sèche, et où, aucun service d'intendance n'étant organisé, il est difficile d'assurer le boire et le manger aux 2 ou 3.000 personnes qui composent une razzia.

Malgré cela, le Moyen-Logone est, comme on l'a vu plus haut, loin d'être un désert. Cela prouve que les races qui l'habitent ont une vitalité merveilleuse et l'on peut espérer que, jouissant enfin de la paix que nous leur apportons, les indigènes ne tarderont pas à voir leur nombre doubler.

Ces peuplades, qui supportent difficilement des fléaux comme les razzias et la traite, apprécieront bientôt à son juste prix (car, à l'heure actuelle, elles ne comprennent pas encore très bien ce que nous voulons et se demandent si nous continuerons à tenir nos promesses de les protéger) le cadeau de joyeux avènement que nous leur avons apporté en occupant le pays.

Depuis que M. le chef de bataillon Largeau a été assez habile pour obtenir du sultan Gaourang la suppression des razzias baghirmiennes et l'interdiction de la traite, nous sommes armés contre ses sujets puisqu'il nous a chargé de faire exécuter ses volontés.

C'est ce qui nous a permis de faire quelques exemples destinés à arrêter la traite. Un certain nombre de Baghirmiens surpris en flagrant délit ont été envoyés comme prisonniers pour travailler pendant six mois à la route de Fort-Sibut à Fort-Crampel. Il faut espérer que ces mesures porteront leurs fruits.

Mais, il ne faut pas se faire d'illusions, en dépit de tous nos efforts le commerce clandestin subsistera encore longtemps (malgré notre long palabre et les recommandations pressantes que nous fîmes le 19 juin à Falifa Goumbougou et à tous les gens de Goundi, Toummaks, Baghirmiens et Bornouans,nous trouvâmes à Goundi le 14 août quatorze esclaves — beaucoup d'autres purent être cachés dans le mil, qui était haut — et par la suite, nous apprîmes que le commerce des esclaves continuait chez l'alifa, mais se faisait moins ouvertement).

Mais n'est-ce pas déjà beaucoup que d'avoir entrepris la lutte, que d'avoir restreint et circonscrit le mal? Plus tard, on l'extirpera complètement.

Dans la conclusion, nous indiquerons les mesures qu'il faut prendre pour arrêter les razzias

fellatas. Un premier pas a été fait dans ce sens en occupant Léré.

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