SCÈNE XII
ISMÈNE, ARAMINTE, CIDALISE, jouant; LISIDOR, tantôt derrière le fauteuil d'Araminte, tantôt se promenant ; LE MARQUIS, qui se place à la droite d'Ismène. La table est à la gauche du théâtre.
Le Marquis, dans la coulisse.
Oui, oui, j'arrangerai tout cela. Je verrai, j'irai, je parlerai.
CiDALISE.
C'est le marquis.
ISMÈNE
C'est lui-même.
LiSIDOR.
Je vais donc voir ce dangereux rival.
(Le Marquis entre.)
CiDALISE.
L'étourdi! Pourquoi venir si tard? Voilà notre partie arrangée. Nous aurions fait un reversi.
6o LE CERCLE
Le Marquis.
Ma foi, Mesdames, on arrive quand on peut. Il est pourtant réel que, pour tarder moins, je n'ai pas dormi quatre heures. Aussi suis -je anéanti... {A Lisidor :) Monsieur, je vous salue. Mais vous êtes bien seules. Mesdames! Oh! voilà qui est décidé : je termine dès demain ma satire contre les bals. En honneur, c'est un attentat contre la vie des citoyens.
Araminte.
Pourquoi les suivre tous? pourquoi déranger sa ban té ?
Le Marquis.
Comment voulez-vous qu'on fasse? Faut-il se résoudre à passer pour un anachorète, un ridicule, un sage? Vraiment, la santé se délabre; il y a près de dix ans que je ne puis accoutumer la mienne à se soumettre à mes fantaisies. Mais., après tout, si l'on avait une santé, pourrait-on soutenir une campagne, vivre à la cour, s'amuser à Paris?
ISMÈNE
Il a raison... Allons, voyons pourtant; ce sera en pique, le roi de trèfle.
Le Marquis.
A propos, dites-moi donc; je viens de rencontrer le bel esprit Damon : il m'a paru d'une hu-