VI NOTICE
déposer, en quelque sorte au vol, leurs caquetages et leurs médisances^ un colonel qui fait de la tapisserie; un médecin léger, insouciant et gouailleur ; un abbé galant, qui chante « la romance à Madanie )> ; un ancien militaire devenu faux philanthrope ; un bel esprit qui cherche à placer une tragédie que personne ne veut entendre; un conseiller au parlement amoureux, etc.. ; on y parle superficiellement des choses du jour, des nouvelles dignes d'occuper les conversations futiles des salons; on y plaisante et on y défend tour à tour le genre de l'opéra-comique, encore mal défini et en voie de transformation ; on y exalte Mérope, tragédie de Voltaire^, etc.. Les spectateurs de l'époque pouvaient mettre presque un nom sur chacun des personnages en scène, qui, paraît-il, n^étaient pas trop chargés, et représentaient assez fidèlement la société légère et oisive du temps ^.
1 . Récemment remise à la scène et représentée pour la première fois le 20 février 1743.
2. Les principales personnes que Poinsinet a eues en vue dans sa pièce sont, dit-on, les suivantes : — Le docteur Lorry (le médecin), qui soigna plus tard Louis XV dans sa dernière maladie, et qui est mort en 1783, à l'âge de cinquante-sept ans. — L'abbé de La Croix (l'abbé galant qui chante les couplets de la scène vm), musicien-amateur qui n'était guère connu que dans les salons. — Le poète Par-