‹ Le cercle, ou, La Soirée à la modeChapitre 6 sur 57 · NOTICE VII · texte numérisé non relu

NOTICE VII

Le dialogue, composé d'attaques, de ripostes et de reparties, a encore assez de verve aujourd'hui, et la pièce, si elle est vivement jouée, peut toujours faire quelque plaisir à la scène.

D'ailleurs on pourrait croire que de notre tenips elle a été lue et relue, et même étudiée avec quelque soin et quelque intérêt, par un de nos plus brillants écrivains dramatiques, l'un de ceux qui précisément manient avec le plus de dextérité et d'à-propos la raillerie et la critique des mœurs du jour au théâtre. M. Edouard Pailleron est l'auteur de cette merveilleuse et triomphante comédie : Le Monde ou l'on s'ennuie ï, qui donnera à son tour, dans cent ans et

mian de Rosoy, dit Durosoy, qui n'avait alors que dix-neuf ans. Damon, dans la scène vi, pour ne laisser aucun doute sur la réalité du personnage, cite textuellement sa première publication : Mes dix-neuf ans, ouvrage de mon cœur. Royaliste fervent et actif, il est mort sur l'échafaud en i 792. — • Enfin, la comtesse Fanny de Beauharnais (Araminte), dame poète qui tenait salon littéraire et qui était la tante de la future impératrice Joséphine. C'est sur elle que le poète Le Brun a fait courir les petits vers si connus :

Églé, belle et poète, a deux petits travers : Elle fait son visage, et ne fait pas ses vers.

Elle est morte en 181 3, à l'âge de soixante-quinze ans.

I. Représentée pour la première fois à la Comédie- Française, le 2!) avril 1881.

vm NOTICE

plus, matière à découvertes et à rapprochements ingénieux aux écrivains de la dernière partie du XX^ siècle^ lesquels voudront trouver, eux aussi, dans cette œuvre satirique des personnalités qu après tout l'auteur n'a peut-être pas songé à y mettre en aussi grand nombre qu'on l'a bien voulu supposer. Or, on voit dans le Cercle le personnage d'un poète, Damon, qui se présente chez Araminte chargé du manuscrit d'une lourde tragédie en cinq actes qu'il prétend lire dans son salon. Il commence même plusieurs fois sa leC" ture, toujours interrompue par l arrivée de quelque nouveau visiteur qui provoque un nouveau bavardage, si bien que le malheureux poète ne peut parvenir à lire, — jusqu'à la chute du rideau, — qu'un seul vers de sa pièce, le premier !

Du centre des déserts de l'inculte Arménie...

C'est le fameux « beau vers « du Monde ou l'on s'ennuie. Le deuxième acte de la pièce si fine et si amusante de Pailleron rappelle en beaucoup de points Vacte même de Poinsinet où les ridicules de l'époque s'étalent, à qui mieux mieux, comme ils se retrouvent à dose à peu près égale, avec la différence des temps, dans la pièce d'aujourd'hui. Le poète

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