‹ Le cerisier fleuriChapitre 35 sur 64 · CHANSONNETTE ANTIQUE · texte numérisé non relu

CHANSONNETTE ANTIQUE

Moelleusement couché Sous un chêne penché, Soulevant ma coupe d'ivoire En l'honneur des dieux je veux rire et boire,

L'Amour adolescent, L'aile au vent, et troussant Sa robe d'un cordon de soie, Viendra me servir, tout rose de joie.

go Le Cerisier fleuri.

Le temps ailé s'enfuit Comme un char dans la nuit ; Et quand nos os gisent sous terre Nous ne sommes plus qu'un peu de poussière.

A quoi bon parfumer Les tombes et semer Sur le sol mou du cimetière D'inutiles fleurs dont nul n'a que faire?

Couronne-moi plutôt D'ache, de mélilot Et de roses pendant ma vie ; Et va, jeune Amour, quérir mon amie!

Je veux goûter l'oubli, L'oubli du noir souci, Avant que, blême, je me mêle Aux danses des morts fleuris d'asphodèle

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