‹ Le cerisier fleuriChapitre 36 sur 64 · CHANSONNETTES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

CHANSONNETTES ALLEMANDES

Des lumières et des fraîcheurs Dans les prés verts dansent et glissent. C'est avril. Les petites fleurs Joyeusement s épanouissent.

Mon âme, que le gai printemps Effleure aussi du bout des ailes, Sous les cieux bleus et palpitants Voudrait s'épanouir comme elles.

Dans mon cœur, comme un pinson, Chante, chante une chanson

Mignonne ; Prends ton vol, ô ma chanson, Et de buisson en buisson

Résonne !

Vole au bocage où t'attend Dans l'ombre un peuple éclatant

De roses.

Vers elles va-t'en, va-t'en !

Va ! tu dois leur dire tant

De choses !

Chansonnettes allemandes. 93

Ma bien-aimée a des yeux bleus, Si bleus, si doux et si candides Qu'on croirait voir deux coins des cieux Réfléchis au fond d'eaux limpides.

Ma bien-aimée a des yeux bleus, Si bleus, si doux et si candides Que mon pauvre cœur amoureux S'est noyé dans leurs eaux perfides.

Entends-tu ce que près d'ici Chante un oiseau de sa voix tendre ?

Hélas ! tu l'entends bien aussi, Mais tu ne veux pas me comprendre.

Chansonnettes allemandes. 95

Ne me dis pas que tu m'aimes, Embrasse-moi seulement, Puis, va-t'en! Mes lèvres blêmes Savent que ta bouche ment.

Ne me dis pas que tu m'aimes, Embrasse-moi seulement !

Cherchons les baisers suprêmes Où l'on expire en aimant.

Quand se quittent deux amants, Accablés par leurs tourments, Ils se tiennent par la main Pleurant, soupirant sans fin.

Nous, nous n'avons pas pleuré, Nous n'avons pas soupiré; Les larmes et les regrets Ne nous sont venus qu'après.

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