A UN POÈTE OUTRAGÉ
Ne t'irrite pas !
Ne sois point surpris!
Croise-toi les bras, Regarde et souris !
La vie est si brève Et si peu bénigne !
Sur l'azur du rêve Nage comme un cygne ;
Sois le frère errant Des blancs nénufars, Le chantre enivrant De leurs cœurs épars,
Et laisse, en la sombre Profondeur des ondes, Grouiller sous ton ombre Les larves immondes !
MA UVAISE HUMEUR
Les dieux sont gais ; ils dansent, chantent, rient Dans le ciel lumineux Et boivent l'ambroisie en se moquant de ceux Qui sur terre les prient.
Les dieux sont beaux; ils gardent la jeunesse, La grâce et la splendeur, Mais ils nous ont donné la douleur, la laideur Et la lourde vieillesse.
Les dieux sont forts ; c'est eux qui nous font naître Et qui nous font pécher Afin de nous punir et de nous empêcher De nous passer du prêtre.