‹ Le cerisier fleuriChapitre 39 sur 64 · A UN POÈTE OUTRAGÉ · texte numérisé non relu

A UN POÈTE OUTRAGÉ

Ne t'irrite pas !

Ne sois point surpris!

Croise-toi les bras, Regarde et souris !

La vie est si brève Et si peu bénigne !

Sur l'azur du rêve Nage comme un cygne ;

Sois le frère errant Des blancs nénufars, Le chantre enivrant De leurs cœurs épars,

Et laisse, en la sombre Profondeur des ondes, Grouiller sous ton ombre Les larves immondes !

MA UVAISE HUMEUR

Les dieux sont gais ; ils dansent, chantent, rient Dans le ciel lumineux Et boivent l'ambroisie en se moquant de ceux Qui sur terre les prient.

Les dieux sont beaux; ils gardent la jeunesse, La grâce et la splendeur, Mais ils nous ont donné la douleur, la laideur Et la lourde vieillesse.

Les dieux sont forts ; c'est eux qui nous font naître Et qui nous font pécher Afin de nous punir et de nous empêcher De nous passer du prêtre.

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