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préventive. Il faut pour cela changer la mentalité du peuple et agir par Les lois ». |
Puis la conférence se termina sur cette terrible constatation : « La natalité est en regression partout, mais cette regression est battue par la diminution de la mortalité infantile — sauf chez nous ». — Peut-on entendre de telles phrases sans se dire qu'il est temps, grand temps d’agir ?
Dans sa, thèse sur « Lie Certificat d'aptitude au Mariage », éditée à Paris, en 1926, le D' Georges Braudenburg nous dit que deux faits sont frappants en France : la dépopulation, et l’état défectueux des nourrissons. Puis il constate que de 1890 à 1910, il y eut sept années à excédent de décès (1), et, que la France est l’un des pays où l’on meurt le plus. N'y a-t-il pas cent quatre-vingt-un décès par dix mille habitants, tandis qu’en Allemagne il y en a cent vinget-et-un, dans les Pays-Pas quatrevinet-dix-huit (etc….).
Le Docteur Brandenburg reconnaît bien que la lutte contre la mortalité infantile a fait de grands progrès, mais ce n’est pas seulement ceux qui sont nés qu'il faut protéger, mais aussi ceux qui vont naître, qui ne sont pas encore conçus, et il demande que l’on règlemente le mariage en ne le permettant qu’à « des êtres sains de corps et d’esprit, qui donneront naissance à une génération semblable à eux-mêmes » (2).
En 1922, au Congrès d'Hygiène Sociale, tenu à Rouen, la question de la dénatalité étant à l’étude, il y fut dit que le proerès dans l'histoire se manifeste sous deux formes (matérielle et morale) qui se rencontrent rarement. En effet, à notre époque de grands progrès matériels, il semble que nous en soyons encore à l’A. B. C. en matière mentale (3). Le Congrès pouvait constater à la suite de ses études que la dénatalité provenait,
(1) « Du certificat d'aptitude au mariäge », D' Brandénburé p. 9. (2) M. Référence, p. 10. À k (3) « Aïllince d'hygiène sociale », Congrès de Rouen 1922, p. 138.
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non seulement des manœuvres abortives, mais encore de l’alcoo- \Jisme et de l’avarie (1).
N'est-il pas effrayant de constater que, non seulement la France est le pays qui compte le moins de naissances, mais aussi Le plus de morts. Que dire lorsque l’on voit qu'en 1921, l’excédent des naissances sur les décès fut en France de 117 000 tandis qu'en Allemagne, il était de 700.000, en Angleterre de 410.000, en Italie de 440000, ete. (2), et le Congrès demandait un Code de Famille (3), car notre Code, fait en faveur de l'individu, est si défectueux qu'on le croirait dirigé « contre » la famille. 1 eu
Quelles sont donc les maladies qui détiment les foyers et tuent l'enfant, soit avant terme, soit dans ses premières années, ou en font une victime, malade et infirme ? Il y a les maladies sociales : la syphilis, le blennorragie, la tuberculose, l’épilepsie, le cancer, l'alcoolisme, ete. 11 y a les maladies mentales et nerveuses, et enfin les maladies familiales.
Qu'il nous soit permis de jeter rapidement un coup d'œil sur les mortels effets de ces terribles affections, et je crois que le lecteur aura compris qu'il faut se munir d’un certificat prénuptial pour contracter mariage, et que c’est un délit de risquer les souffrances et la mort de ceux que l’on s'engage solennellement à aimer et à protéger. Que le législateur médite sur les lignes qui vont suivre, et qu'il comprenne que c’est, pour lui, un devoir de voter rapidement une loi rendant obligatoire le certificat prénuptial. Je la lui demande de toute la force &e ma conviction en la nécessité, vitale pour notre pays, d'imposer ce certificat.
Commençons cette étude par la maladie sociale aux terribles effets, hélas encore insuffisamment connus, malgré tous les livres édités sur le sujet, et la propagande entreprise avec tant d’ardeur dépuis la guerre, je veux dire
(1) « Alliance d'hygiène sociale », Congrès de Rouen 1922, p. 138. (2) M. référence, p. 147.
(3) M. référence, p. 148.
Queer La Syphilis
Dans sa thèse intitulée « Organisation de la lutte contre la syphilis ». « Ce que la France a fait pour enrayer la propagation de cette maladie », thèse présidée par M. le Professeur Jeanselme, le Docteur Alberto Martinez nous dit :
« La syphilis est une maladie sociale
« 1°) pour les séquelles qu’elle laisse sut les individus ;
« 2°) pour l'influence qu’elle a sur leur descendance » (1).
Je vais reprendre chacun de ces deux points et essayer de démontrer leur véracité 3
1° Quelles sont les suites que la syphilis laisse sur les individus ? Tôt ou tard, le syphilitique paie sa dette. Le chiffre des morts, chez les syphilitiques, est près du double de celui des décès chez les mdividus normaux.
Le Professeur Jeanselme, dans son livre « La Syphilis : son aspect pathologique et social », édité en 1925, nous dit que la syphilis est un poison du système nerveux. Dans la syphilis du cerveau, dix-neuf pour cent suecombent, cinquante-neuf pour cent gardent une infirmité permanente, vingt-deux pour cent seulement recouvrent l'intégrité de leurs facultés intellectuelles et de leurs mouvements. « Un grand nombre de ceux dont la moelle à été touchée par la syphilis restent des éclopés et des paralytiques » (2).
D'après une statistique du Docteur Fournier, le célèbre syphilieraphe, onze cent trente-huit lésions peuvent se terminer par la mort sur quatre mille quatre cent cas de syphilis tertiaire.
Les décès causés directement par la syphilis représentent six pour cent de la mortalité totale, trente pour cent de tous les sujets qui ont eu la syphilis en meurent, et, par suite de cette ma-
(1) « Organisation de la lutte contre la syphilis », Thèse du D' Alberto Martinez, Introduction, p. 18. À
(2) « La syphilis : son aspect pathologique et social », du P' Jeanselme, p. 303.
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ladie, la durée de la vie humaine est abrégée de quatre ans, conelut le Docteur Blaschko (de Berlin) (1).
La syphilis prédispose à la tuberculose, au cancer, « Dans les hôpitaux non spécialisés, quarante pour cent des malades en traitement pour des affections chroniques doivent la maladie dont ils souffrent à la syphilis » (2).
« La paralysie générale, qui produit le quart de la population des asiles, est toujours d’origine syphilitique » (3). Les deux tiers des aliénés, au moins, sont syphilitiques.
Et peut-on se rendre compte des obsessions, des angoisses, des drames que la syphilis sème au cœur des Individus, nous dit le D' Louis Bory, Chef de clinique à la Faculté de Médecine de Paris, Médecin à l'Hôpital Saint-Louis, dans son livre : « La syphilis au point de vue physique et psychologique » (1923) (4).
La syphilis est une maladie physique qui porte, à l’esprit et au cœur, une cruelle atteinte. Souvent cela finit par le suicide. Il y à là un gros défaut de notre éducation. On ne sait pas encore assez que la syphilis se soigne, que la vie n’est pas finie parce que l’on est syphilitique, et qu’un peu de patience et de soins permettraient à l’homme, malgré son mal, de se fonder un foyer et de vivre normalement. Nous aurons l’occasion de retoucher à ce point par la suite. Nous mentionnons seulement ici un des terribles méfaits de la syphilis, je veux dire, l’angoisse, l’obsession qu’elle fait naître et qui tue.
« La fréquence des affections cardiaques, et surtout aortiques, dues à la syphilis acquise apparaît aujourd’hui reconnue de tous les cardiologues », nous dit le Docteur Leredde dans son intéressant livre : « La syphilis héréditaire et la famille syphilitique + (1925) (9).
- (1) M. référence, p. 305.
(2) M, référence, p. 310:
(3) M. référence.
(4) « La syplilis au point de vue physique et psychologique », du D' Bory, mp. 163 et suiv.
(5) « La syphilis héréditaire et la famille syphilitique », du ni Leredde, p. 242,