‹ Le certificat prénuptial: Étude de droit comparé et de législationChapitre 71 sur 95 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

Au « Premier Congrès Italien des Doctoresses en Médecine » réuni à Salsomagiore du 14 au 18 octobre 1921, la motion suivante fut approuvée : « Les doctoresses italiennes en médecine, réunies pour la première fois en Assemblée Nationale, considérant toutes les souffrances physiques et morales, la décadence de la race, et le fait que les maladies vénériennes contagieuses et de caractère dégénérateur accablent la famille et la société, émettent le vœu que soit exigé obligatoirement le certificat médical pré-matrimonial des deux contractants de mariage ».

Le « Parlement médical fasciste » réuni à Rome (au Palais de Montecitorio) au mois de novembre 1922, sous la présidence de Monsieur Cirincione, prit en considération la question du certificat médical prénuptial, et approuva l’ordre du jour suivant, afin qu’il soit présenté et appuyé devant les Chambres : « Il est obligatoire que tous les officiers d'Etat Civil de toutes

les communes exigent des époux un certificat médical, sans lequel le mariage ne pourra pas être célébré ».

Le « Corps Médical Milanais », sur communication, présentée par les professeurs Pasini et Patellini, approuva, après une grande discussion, la motion suivante : « Le certificat pré-matrimonial, avec effet légal, devrait être dès maintenant compris dans les belles causes qui pourraient se réaliser dans un jour prochain.

La « Société Italienne de Dermatologie et de Syphilis » ordonna en 1925 à trois de ses membres, d'étudier la question, les arguments, et de formuler un règlement pour soumettre à la direction générale de la santé publique.

À la suite de ces campagnes, la croix-rouge italienne, à l’exemple des croix-rouge autrichienne et hollandaise, décida de créer des consultations pré-matrimoniales. Elle confia au Professeur E. Alfiéri, Directeur de la Clinique Obstétricale et Gynécologique de l’Université de Pavie, le soin d’élaborer un manifeste pour poser les principes de l’organisation à Milan. Le Professeur Alfiéri, dans son rapport, montra l’intérêt social et humanitaire du certificat pré-matrimonial. Il affirma la nécessité de faire un examen médical avant le mariage sous le sceau du secret professionnel, et avec toutes les garanties qu'offrent aujourd’hui les méthodes les plus perfectionnées d'investigation clinique et biologique.

Les principes fondamentaux de cette consultation se les suivants : $

1° « Examen oratuit sauf acceptation de dons.

2° Secret professionnel rigoureusement gardé. Anony er si on le désire, la personne examinée substituant à son nom un signe conventionnel de reconnaissance.

3° Déclaration préliminäire de se soumettre à toutes recherches nécessaires, sans exclure la possibilité de prendre des renseienements auprès des médécins qui ont soigné le malade.

4° Sans négliger ces renseignements, le diagnostic devra être rendu après emploi de moyens directs (cliniques, radiologiques, endostopiques, sérologiques, bactériologiques) s’attachant sur-

tout à déceler l'existence des maladies vénériennes, tuberculose, et de leurs conséquences.

Et ceci, à l'inverse de ce qui se fait à Vienne, où le diagnostic est donné par le médecin d’après les informations fournies

par le client et recueillies auprès des médecins traitants ;-en cas de nécessité, auprès de spécialistes désignés par le malade.

5° Un corps de médecins compétents aidera les médecins de l’Institut en cas de maladies exerçant moins fréquemment une influence nocive sur la vie conjugale, ou n'influant pas toujours sur la descendance : telles les maladies mentales ou nerveuses, les maladies ou imperfections des organes génitaux, les maladies du cœur, ou des vaisseaux, les faiblesses de constitution, et les maladies des organes digestifs, les affections gynécologiques.

6° Le diagnostic sera rendu sur un formulaire à en-tête du Comité de la Croix-Rouge italienne, chaque fois que le requérant consentira, dans l'assurance que le secret sera conservé, à décliner ses nom et qualités ; sinon le diagnostic donné verbalement sera transcrit sur un registre avec le signe de reconnaissance employé au cours des recherches. »

Etant donné le peu de temps depuis lequel fonctionnent ces consültations (1927), je n'ai pu savoir sielles avaient du succès, mais vu celui obtenu par les Consultations autrichiennes, il est à. penser que celles-ci, qui sont particulièrement perfectionnées,

‘eh obtiendront aussi, et il est à souhaiter qu'elles se développent en Italie, dans d’autres villes que Milan.

Ces consultation sont gratuites, le secret en a été assuré, et

‘tout a été prévu pour éviter les erreurs de diagnostic. Ces organisations sont profondément éducatives, et un grand pas est fait vers l'institution légale du certificat médical prénuptial, car elles en répandent l’idée dans le public.

Page 1