‹ Le cerveau d'Anatole FranceChapitre 3 sur 4 · HÉMISPHÈRE DROIT · texte numérisé non relu

HÉMISPHÈRE DROIT

Les scissures. — Scissurede Syhius très creusée et large, est plusobliquée en haut que celle du côté gauche, et sa terminaison distale, non divisée, se relève nettement verticalement. Sa branche ascendante est longue de 3 cm., très accusée et rectiligne ; par contre, sa branche horizontale, qui se détache de la précédente, est courte, ne dépassant pas 12 mm., et est peu profonde.

L'insulade Reil, d'une belle régularité, présente comme au côté opposé, deux lobes, l'un antérieur avec quatre circonvolutions dont la seconde est la plus volumineuse, et l'autre postérieure, avec deux minces et longues circonvolutions.

Scissure de Rolando, onduleuse, forme un double S plus régulier et moins anguleux qu'au côté gauche. Elle déborde en haut sur la face interne de l'hémisphère, elle n'est séparée en bas de la scissure de Sylvius que par un très mince pli de passage. Sa profondeur maxima est de 3i mm. (la moyenne étant de 24 mm.).

Scissure perpendiculaire externe présente les mêmes particularités qu'au côté opposé ; elle occupe toute la hauteur de la face externe et n'est interrompue que par les circonvolutions bordantes du sillon pariétooccipital.

Scissure perpendiculaire interne, très creuse, bien reciiligne, délimitée avec la scissure calcarine, également rcciiligne, un cunéus régulièrement triangulaire.

Scissure calloso-mar^inale, remarquable par sa longueur, sa profondeur, la régularité de sa double courbe en S. Elle commence au niveau du bec du corps calleux. contourne le genou, et sans être interrompue par des plis de passage, se recourbe à son extrémité dislale. échancrant largement la face supérieure de riiémisphère. Au moment où elle se recourbe, elle donne un sillon latéral qui va rejoindre la scissure perpendiculaire interne, limitant nettement en bas le lobe quadrilatère.

Lobe frontal. — Face externe. — Ce lobe présente un aspect tout spécial par suite, dune part, de l'existence d'un sillon très profond qui double le sillon prérolandique, et d'autre part, du peu de développement de la branche sylvienne horizontale.

Le sillon prérolandique est exactement parallèle à la scissure de Sylvius, il est interrompu à l'union de ses deux tiers supérieurs avec son tiers inférieur, par un mince pli de passage. La portion située au-dessus de ce pli est profonde et large, et sur elle vient s'ouvrir le sillon frontal supérieur, lequel est bien creusé, rectiligne, mais n'atteint pas l'extrémité antérieure de l'hémisphère. La portion située au-dessous du pli est étroite et peu profonde.

Le sillon parallèle au sillon prérolandique est aussi largeet profond que celui-ci; il se jette en bas dans la scissure de Sylvius. C'est sur lui que s'ouvre le second sillon frontal ou frontal inférieur, lequel est sinueux et est bifurqué en sillons recouvreurs irréguliers.

La circonvolution prérolandique, mince en haut, s'élargit à sa partie moyenne et s'amincit de nouveau en bas.

Entre le sillon prérolandique et le sillon parallèle, existe une seconde circonvolution très bien limitée, unie à son milieu par un pli de passage avec Pa.

Fi est unie par une seule racine supérieure avec Fa. Des sillons longitudinaux la dédoublent en plusieurs points de son parcours.

V 1 a une seule racine supérieure qui l'unit avec la circonvolution supplémentaire que nous venons de décrire. Elle est nettement dédou-

blée en deux circonvolutions secondaires par des sillons irréguliers.

F?) a une morphologie particulière grâce à l'incisure profonde que forme la branche sylvienne ascendante et à la brièveté de la branche sylvienne horizontale. Son pied, régulier et étroit, est uni à la région prérolandique par une racine profonde qui barre le fond du sillon accessoire décrit plus haut. Son cap est large et mousse avec des branches épaisses, ridées, aux ondulations massives. Sa tête bien limitée en avant par un sillon qui la pénètre profondément commence par un petit crochet, se recourbe, se continue par un pli mince horizontal qui s'allonge jusqu'à l'extrémité antérieure de l'encéphale. Entre F3 et Fa il n'existe pas de plis de passage, et les deux circonvolutions sont nettement séparées l'une de l'autre par un sillon profond qui affecte la forme d'un W.

Face interne, comme du côté opposé : Un sillon très creux, parallèle à la scissure calloso-marginale, divise cette face en deux circonvolutions, l'une et l'autre très ondulées : l'une marginale, elle-même dédoublée à sa partie initial.', si bien qu'au-dessous du corps calleux on note quatre plis parallèles régulièrement superposés; l'autre postérieure et plus étroite. L'une et l'autre sont unies au niveau du bec par de minces plis de passage à la circonvolution du corps calleux.

Face inférieure. — Un sillon olfactif très régulier délimite une circonvolution olfactive très étroite. Le sillon optique forme un H assez régulier et très accusé, qui divise cette face en ses circonvolutions régulières. On remarque de nombreux sillons secondaires et des rides qui compliquent l'aspect de cette face (voir fig. 4 et 5).

Lobe pariétal. — Le sillon postrolandique et le sillon interpariétal, l'un et l'autre bien creusés et formant un V, délimitent nettement les circonvolutions de ce lobe. Le sillon postrolandique est interrompu à son tiers supérieur par un pli de passage; le sillon interpariétal se prolonge dans le lobe occipital.

Pa, mince en haute, s'élargit en son milieu et se divise dans son tiers inférieur en deux branches grâce à un sillon sylvien latéral, l'une qui rejoint Fa, l'autre qui se continue au moyen d'une courbe en U avec P2.

Pi, très large, est divisée par un long sillon bifurqué en deux circon-

voluiions secondaires. La scissure calloso-marginale l'échancre de façon profonde en son milieu.

Pa est également dédoublée grâce à la prolongation en haut du sillon temporal supérieur qui la pénètre. Elle commence en avant par une tète mince qui continue la branche inféro-postérieure de Pa. Saillante et comme sculptée entre le sillon postrolandique et la portion distale recourbée de la scissure de Sylvius, elle se porte en haut et se divise bientôt en deux circonvolutions secondaires, Tune supérieure, qui par un long pli courbe se continue avec T2 , l'autre inférieure qui s'unit à Ti .

Lobe temporal. — Présente les mêmes particularités que le côté opposé. Il est distinctement séparé sur sa face externe du lobe occipital par la scissure perpendiculaire externe.

Le sillon temporal supérieur est ici d'une régularité parfaite sans interruption par des plis de passage ; il est parallèle à la scissure de Sylvius, se recourbe à son extrémité distale et se prolonge en haut en s'avançant dans le lobe pariétal qu'il divise. 11 émet un sillon postérieur qui croise la scissure perpendiculaire externe et se prolonge dans le lobe occipital La profondeur du sillon temporal supérieur atteint en certains points 33 mm.

Le sillon temporal inférieur, plus irrégulier et moins accusé, se porte en dedans vers son extrémité distale, et ne pénètre pas le lobe occipital.

Les 3" et 4" sillons temporaux, peu profonds mais bien tracés, sont assez exactement parallèles entre eux. Dans les llexuosités qu'ils dessinent à la face inférieure de l'hémisphère, ils émettent de nombreuses incisures latérales courtes. Ils se prolongent jusqu'au lobe postérieur du cerveau, divisant nettement le lobe occipital.

La première circonvolution temporale, étroite, bien modelée entre le sillon temporal supérieur et la scissure sylvienne, borde cette dernière. Elle est coupée par de petits sillons transversaux, et dédoublée par eux en son tiers antérieur. Elle se prolonge en haut en s'unissant à P2.

Ta très ondulée, plusieurs fois interrompue par des sillons secondaires, est parallèle à la précédente et se termine, nettement limitée dans sa portion ascendante entre la scissure perpendiculaire et le sillon temporal supérieur, en se continuant avec la branche supérieure de P2.

Fir,. 5. — Face externe du cerveau (hémisplière droit) montrant la profondeur des scissures et des sillons.

FiG. 6. — Face interne du cerveau (hémisplière droit).

T3 et T4 larges, unies vers leur milieu par un pli de passage, ridées par de petits sillons, se prolongent dans le lobe occipital.

La circonvolution de l'hippocampe, très large et lisse en avant, borde franchement la fente de Bichat. L'uncus est mince et a la forme d'un bec crochu. En arrière l'hippocampe se dédouble grâce à un sillon profond en deux circonvolutions secondaires : l'une externe qui se prolonge en 3'' circonvolution occipitale inférieure, l'autre interne qui borde en dedans l'hémisphère et est limitée en haut par la scissure calcarine.

La région temporo-occipitale de l'hémisphère droit est divisée de façon bien plus régulière que la même région de l'hémisphère gauche. Les circonvolutions apparaissent bien plus distinctes et mieux séparées par de longs sillons parallèles.

Le lobe paracentral est dédoublé dans son tiers moyen par un sillon longitudinal profond. Son bord supérieur est ondulé.

Le lobe quadrilatère est bien limité par les deux scissures calloso-marginale et perpendiculaire interne, et par le sillon réunissant ces deux scissures. Un sillon en Y la divise en deux portions à peu près égales, antérieure et postérieure.

La circonvolution du corps calleux commence exactement au niveau du bec, s'unissant à ce point par deux minces plis avec chacune des deux divisions de la circonvolution frontale interne. Très étroite et lisse dans sa portion initiale sous-calleuse, elle s'élargit au niveau du genou, puis se dédouble sur une partie de son trajet; dans sa portion distale elle est coupée par des plis transversaux peu profonds, devient onduleuse, et va par une portion allongée se continuer avec l'hippocampe (voir fîg. 6).

Lobe occipital. — Présente les mêmes détails qu'au côté opposé. Sa face externe bien délimitée en avant par la scissure perpendiculaire externe, est unie au lobe pariétal par les deux plis qui bordent le sillon interpariétal. Ce sillon, ainsi que le sillon temporal supérieur dont une branche pénètre le lobe occipital, divise celui-ci en trois étages dont l'ordonnance est détruite par de nombreux sillons secondaires irréguliers. A la face inférieure les sillons et les circonvolutions du lobe temporal se continuent dans le lobe occipital, lequel par suite de la bifurcation de T5, se trouve divisé en quatre circonvolutions parallèles.

Lecunéus est remarquable par un sillon courbe à concavité antérieure cl à incisurcs latérales muliipks qui le divisent en deux portions, l'une antcro-postérieure, l'autre inféro-postérieuresus-calcarine.

Tout ce lobe occipital est finement découpé par les sillons que nous venons de signaler en des plis nombreux, déliés et ondulés.

Des deux cotés du cerveau nous avons remarqué la délicatesse des éléments des circonvolutions limbiques (nerfs de Lancisi, corps godronnés, fimbria, fascia dentelu. fascia cirenea, bandelette de Giacomini) dont on peut suivre facilement le trajet compliqué.

A la base du cerveau nous devons signaler les particularités suivantes :

I" Le corps calleux est peu épais, les piliers du trigone sont minces; le scptum lucidum est de faible hauteur ;

2" La glande pinéale avait un développement remarquable ;

3* Les ventricules latéraux du cerveau étaient de faible dimension ;

4° Le ventricule moyen était traversé par une large commissure grise;

5" Les fibres commissurales postérieures du chiasma optique (fibres de Gudden) formaient en arrière de ce chiasma un faisceau nettement indépendant des fibres optiques, et presque isolé.

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