‹ Le cerveau et la moelle épinièreChapitre 27 sur 60 · C. — Rhinencéphale. — Trajets olfactifs · texte numérisé non relu

C. — Rhinencéphale. — Trajets olfactifs

Vallée de Stlvius. — Carhefour olfactif. — Espace perforé latéral. — Bandelette olfactive et bulbe olfactif.

Vallée de Sylvius. — Espace perforé latéral. — La vallée de Sylvius répond au confluent latéral et constitue une surface quadrilatère limitée en avant par la base du lobe orbitaire, en arrière par le pôle du lobe temporal et la bandelette optique, en dedans -par le chiasma et en dehors par une saillie en sourcil qui la sépare de la scissure de Sylvius et que P. Broca a appelée le pli falciforme.

Si l'on détruit l'arachnoïde qui passe comme un pont sur cette vallée et si on enlève ensuite la pie-mère qui la tapisse, on met à jour une surface quadrilatère blanchâtre, irrégulière et criblée de trous vasculaires; c'est la substance perforée antérieure de Vicq-d'Azyr, le quadrilatère perforé de Foville, Vespace perforé latéral ou antérieur, qui se fusionne par sa partie profonde avec l'extrémité antérieure du corps strié. Cet aspect perforé est le résultat

CERVEAU

Fig. 140. — Face externe du cerveau du Renard Lobe olfactif

L, lobe olfactif; H, lobe de l'hippocampe; I, scissure limbique; p, sillon présylvien (rolandique); F, lobe frontal; C, sillon crucial de Leuret; 4-+, gyrus sigmoïde; S, scissure de Sylvius ; I, II, III, IV, les 4 circonvolutions pariétales.

de l'arrachement des artérioles et des veinules qui pénètrent le cerveau pour se rendre dans le corps strié.

De cet espace se dégage une bandelette d'un blanc-grisâtre qui suit le sillon orbitaire interne ou olfactif du lobe orbitaire du cerveau :

c'est la bandelette olfactive (1, fig- 130).

Cette bandelette est prismatique et triangulaire pour s'adapter à la forme du sillon olfactif où elle se loge ; elle est renflée en massue à son extrémité antérieure, et ce renflement d'un aspect gris rosé porte le nom de bulbe olfactif (fig. 143) et repose dans la gouttière ethmoïdale du crâne. Par sa face inférieure il donne naissance à 15 ou 20 filets nerveux, les nerfs olfactifs. L'espace perforé latéral mérite donc bien,

en raison de ses relations avec les racines du nerf olfactif, le nom de carrefour olfactif. Il est traversé en diagonale par une bandelette blanche qu'on met à jour

en raclant un peu la substance grise qui recouvre la substance perforée; c'est la bandelette diagonale de Broca, que Vicq-d'Azyr, Arnold et Foville considéraient comme la continuation du pédoncule du corps calleux, mais qu'il me parait plus juste de prendre avec

BRISSAUD et ZUCKERKANDL,

comme la continuation du pied du septum lucidum. Cette bandelette, particulièrement développée chez les animaux Osmatiques, va se perdre dans la partie antérieure de la circonvolution de l'hippo campe.

Calleja a montré que la région du tubercule olfactif est formée par une portion d'écorce cérébrale avortée dans laquelle on reconnaît cependant encore les trois couches caractéristiques du manteau. Les cellules pyramidales y sont groupées en îlots et leurs cylindres-axes vont se rendre dans la substance blanche et se continuent avec les fibres plexiformes du corps strié.

Fig. 141.

Face interne de l'hémisphère droit du Chien montrant le lobe limbique

O.lobe olfactif; C, lobe du corps calleux; H, lobe de l'hippocampe; SF, scissure sous-frontale; FL, pli de passage fronto-limbique ; Scr, sillon crucial; SP, scissure sous-pariétale; RL, pli de passage rétro-limbique profond ; F, lobe frontal; P. lobe parétal.

CERVEAU

Bandelette olfactive. — La bandelette olfactive naît du bord postérieur du lobe orbitaire et du carrefour, au milieu, d'un renflement, le tubercule olfactif ou pyramide de Sœmmering, et par trois racines : par une racine moyenne (racine grise) qui se perd dans le tubercule olfactif, c'est-à-dire dans l'écorce de la base du lobe orbitaire et dans la substance grise de l'espace perforé, et par deux racines latérales qui divergent pour constituer la racine blanche interne et la racine blanche externe (fig. 142).

La racine blanche externe (grosse racine) se porte obliquement vers l'origine de la scissure de Sylvius et va se perdre dans la partie la plus antérieure de la circonvolution de l'hippocampe, soit à découvert, soit recouverte par un peu de substance grise de l'espace perforé. La racine blanche interne se dirige vers le pédoncule du corps calleux, pour aller, non pas se fusionner avec lui, mais se

perdre dans la portion sous -calleuse de la circonvolution de l'ourlet ou circonvolution du corps calleux (lobe paralimbique), et aller se continuer avec les tractus de Lancisi qui appartiennent au vrai lobe 1 imbique (Bole, Le lobe limbique du cerveau des Mammifères- Thèse de Lille, 1893).

Les fibres de la racine blanche interne seraient de deux ordres : les unes, fibres en anses, réuniraient les bulbes olfactifs des deux côtés en passant par la commissure blanche antérieure ; les autres, fibres entrecroisées, traverseraient également la commissure blanche en s'entrecroisant sur la ligne médiane, et de là se porteraient dans le lobe temporal. Ce sont ces dernières fibres qui constitueraient le chiasma olfactif admis par Meynert. Du même coup on comprendrait les faits d'anosmie unilatérale et croisée, qui surviennent à la suite d'une lésion unilatérale d'un hémisphère. Mais après les recherches de Gudden et Ganser, il est peut-être difficile de continuer à croire à ce chiasma olfactif, parce que, à la suite de la destruction d'un bulbe olfactif, si la partie olfactive ou antérieure de la commissure s'atrophie des deux cotés, la portion temporale de cette commissure reste intacte. Les fibres du bulbe d'un côté ne se porteraient donc pas au lobe temporal du côté opposé.

Chez beaucoup de Vertébrés, y compris les Mammifères, cette partie de la face inférieure du cerveau qui correspond aux racines et à la bandelette olfactives et au bulbe olfactif, se dispose en un lobe, lobe olfactif (Rhinencéphale de Turner), qui s'avance en avant et porte une cavité dans son épaisseur. La cavité des lobes olfactifs communique avec la cavité des ventricules latéraux. Ces lobes, bien visibles jusqu'au 5e mois chez le fœtus humain, disparaissent plus tard. Le

CEKVEAU

rhinencéphale (lobe lirnbique de P. Broca) est toujours séparé de l'écorce environnante (manteau circonvoluté) par un sillon, le sillon lirnbique.

Chez les animaux à odorat très développé, animaux Osmatiques de Broca, comme les Carnassiers, le lobe olfactif, lobe piriforme, limité par la scissure lirnbique, est volumineux. Sa racine externe qui est une véritable circonvolution (circonvolution olfactive externe) se jette sur la circonvolution de l'hippocampe; sa racine interne (circonvolution olfactive interne) se continue avec le lobe lirnbique (portion formant le

bulbe olfactif, bandelette et racines olfactives, bandelette diagonale

gyrus fornicatus). Chez les animaux à odorat peu développé, animaux Anosmatiques de Broca, comme les Cétacés, la circonvolution de l'hippocampe est beaucoup moins développée et il en est de même de la corne d'Ammon qui n'en est qu'une^ dépendance. Chez le Dauphin, cette corne est tout à fait rudimentaire; chez les Primates, les centres olfactifs sont en voie de régression.

Chez les Macrosmatiques, la corne d'Ammon et le fornix *ont beaucoup plus développés que chez les Primates. La corne d'Ammon (par le corps bordant) s'unit au lobe olfactif par l'intermédiaire du fornix (arc marginal interne ou sous-calleux) et la fascia dentata par l'intermédiaire de l'arc marginal externe ou supracallosus qui, eux aussi, sont très développés. Chez le Dauphin, il n'y a ni rhinencéphale, ni lobe lirnbique, ni fimbria, ni espace quadrilatère olfactif; la corne d'Ammon et l'arc marginal externe (circonvolution godronnée et gyrus supracallosus) sont rudimentaires. Ces atrophies dénotent clairement quels sont les organes olfactifs centraux.

CERVEAU

Structure du bulbe et de la bandelette olfactifs. — Le lobe olfactif (bulbe olfactif de l'Anatomie humaine) a la structure d'une véritable circonvolution

Fig. 144. — i Les trajets olfactifs. — Chiasma olfactif

t, bulbe olfactif; 2, bandelette olfactive; 3, racine blanche interne; 4, fibres commissurales inlerbulbaires ; 5, 5', fibres croisées (hypothétiques) ; (S, 6, fibres directes; 7, tractus de Lancisi ; 8, bec du corps calleux; 9. commissure blanche antérieure ; 10, chiasma olfactif; E, E, écorce du lobe temporal du cerveau (circonvolution de l'hippocampe).

cérébrale. Ce qui ne nous surprendra pas si nous nous rappelons que le lobe olfactif se présente, au début, comme une évagination du ventricule latéral.

CERVEAU

Owjannikow, Walter, Lockard Clarkf, Broca, Golgi, et, plus récemment,

Page 1