TU(L
Fig. 145. — Coupe transversale tlu bulbe olfactif (Schwalbe)
nd, substance médullaire dorsale, e, nv, substance médullaire ventrale du bulbe; e. restes de la cavité primitive; gr, couche des fibres supérieures; c, couche des cellules murales; gl, couche des glomérules ; no, couche des fibres inférieures.
Ramon y Cajal, Van Gehucuten et Martin, Conil, Retzius, Calleja, etc., ont étudié la structure du bulbe olfactil.
En allant de la superficie vers la profondeur, c'est-à-dire vers la cavité du bulbe chez les animaux qui ont conservé un lobe olfactif avec ventricule, on trouve trois couches concentriques fondamentales : 1° une couche de fibres superficielles, fibres olfactives nasales, fibres 'périphériques, émanées de la cellule bipolaire sensorielle de la muqueuse olfactive et terminée par des ramilles dans les glomérules olfactifs ; — 2° une couche de petites masses sphériques ou ovoïdes de 200 à 250 y. de diamètre constituées par les ramifications terminales des fibres olfactives nasales et les dendrites ramifiées en panache des cellules mitrales du bulbe olfactif, les glomérules olfactifs; — 3° une couche de cellules triangulaires géantes (30 à Î50 [/.),
Ejaith êpenciyrriaipo
Fpith. elfitclif
Fig. 1 46 . — Les voies olfactives depuis la membrane sensorielle dans les fosses nasales jusqu"à la bande, lette olfactive.
CERVEAU
cellules mitrales, qui émettent une dcndrite épaisse dont les ramifications en panache vont se terminer dans les glomérules olfactifs (toujours dans plusieurs), et dont le cylindre-axe va constituer une fibre nerveuse à myéline allant se terminer dans la couche moléculaire de l'hippocampe (Cajal, Calleja) où ses arborisations terminales se mettent en contact avec les dendriles rameux des cellules pyramidales de l'écorce de la circonvolution ammonienne ; — 4° une couche de petiles cellules, grains, et de fibres à myéline, fibres de la bandelette olfactive, fibres profondes, fibres centrales. Les grains sont des cellules dendritiques, mais dépourvues de cylindre-axe ; les fibres viennent des cellules mitrales et vont surtout constituer la racine olfactive externe qui se rend dans la couche moléculaire de la circonvolution de l'hippocampe. On y trouve aussi quelques fibres centrales terminales qui vont se ramifier autour des grains, et un faisceau de fibres grêles, qui, plus loin, reçoit les fibres des cellules pyramidales du tubercule olfactif, et traverse la partie inférieure du corps strié pour se rendre dans la commissure antérieure, dans le tubercule mamillaire et jusque dans la calotte du pédoncule cérébral (radiations olfactives profondes d'Edinger). Parmi ces fibres nerveuses il y en a qui représentent des fibres commissurales reliant l'un à l'autre les deux bulbes olfactifs en passant par la commissure antérieure. Dans la couche des glomérules, Cajal et Blancs ont décrit des cellules à axone court (cellules d'association?) qu'on peut appeler cellules péri-ylomérulaires.
La voie olfactive peut donc être considérée comme une chaîne d'au moins trois neurones.
Enfin, le lobe olfactif contient des cellules nèvrogliques, et quand il a conservé un ventricule (fœtus humain, nombre d'animaux), cette cavité est tapissée par la membrane épendymaire des ventricules du cerveau. Chez l'homme adulte, la cavité est comblée, et si, au-dessous d'elle, on rencontre les trois couches fondamentales que nous venons d'indiquer, au-dessus on ne trouve plus qu'une couche de substance blanche à peine recouverte par une nappe grise rudimentaire (fig. 145 et 146).
Au bulbe olfactif fait suite la bandelette olfactive. Celle-ci, qui est un pédoncule creux chez le fœtus humain et chez les quadrupèdes, constitué par un cylindre de substance blanche recouvert d'un autre cylindre de substance grise, le tout continu en avant avec les couches du bulbe olfactif et en arrière avec l'écorce cérébrale, n'est plus qu'un cordon de substance blanche chez l'Homme adulte. Le canal central a disparu (cavité épendymaire) et l'écorce grise ne persiste que ci et là, et notamment à la face supérieure de la racine de la bandelette (racine grise du nerf olfactif). Les fibres constituantes de ce cordon sont formées par les cylindres axes des cellules mitrales, des grains et des quelques cellules des îlots gris persistants le long de la bandelette. Toutes ces fibres aboutissent, soit aux racines du nerf olfactif, soit au tubercule olfactif.
La bandelette olfactive conduit les impressions odorantes au cerveau par l'intermédiaire des racines du nerf olfactif.
Les centres corticaux de ce système sont représentés par la circonvolution de l'hippocampe et particulièrement le crochet et la corne d'Ammon, par le lobe orbitaire et la circonvolution du corps calleux (?), Le système d'association ou commissures par l'arc marginal externe de Zuckerkandt (circonvolution godronnée y compris les tractus de Lancisi et la bandelette diagonale) et l'arc
marginal interne ou sous-calleux (portion olfactive du trigone cérébral) sans compter les commissures transverses ou interhémisphériques (portion olfactive de la commissure blanche et fornix transversus).
Enfin on a décrit des connexions postérieures, bien visibles seulement chez les Osmatiques, par un faisceau qui irait de l'espace perforé au ganglion de l'habénule en suivant le tsenia thalami (Edinger), et un autre que j'ai signalé plus haut et qui se porte au tubercule mamillaire et de là au pédoncule cérébral et à la protubérance sous le nom faisceau de la calotte (Broca, Béclard, Breschet, Trolard). De l'habénule le faisceau rétroflexe permet, enfin, la connexion avec le ganglion interpédonculaire.
L'appareil olfactif est un des plus précoces. Il est même permis de croire que o la pensée a commencé dans la série animale par l'élaboration des perceptions olfactives », car c'est avec l'appareil olfactif que l'écorce cérébrale la plus élémentaire, celle des Amphibiens et des Reptiles, est principalement en relation (Steiner, Edinger). Un territoire étendu de l'écorce des Reptiles a une structure histologique analogue à celle de la corne d'Ammon des Mammifères ; c'est elle qui reçoit les sensations olfactives. Tous les autres appareils des sens n'ont été reliés à l'écorce que postérieurement à l'établissement de ces connexions primitives de l'appareil olfactif avec le manteau des hémisphères cérébraux.
Les faits d'atrophie et d'extirpation des bulbes olfactifs (Schiff, Vulpian, Biffi, Gudden, Mathias Duval) prouvent que le nerf olfactif est bien le nerf de l'odorat, malgré les faits semblables à celui de la femme Lemens, rapporté par Cl. Bernard. Mais la fonction de ce nerf exige l'intégrité du trijumeau qui fournit aux fosses nasales leur sensibilité générale et préside à la sécrétion de leurs glandes. La dysosmie qui fait partie de l'aura de quelques épileptiques, l'hémianosmie des hystériques coïncidant avec l'hémianesthésie générale, les hallucinations olfactives, plaident en faveur d'un centre olfactif cortical que l'on peut localiser avec Ferrier dans la circonvolution de l'hippocampe. Cette localisation est confirmée par les faits de l'anatomie comparée qui montrent que le lobe temporal est d'autant plus développé chez les animaux que leur odorat est plus fin (Gratiolet), et avec les faits d'arrêt de développement de ce lobe chez les jeunes animaux auxquels on fait l'ablation du lobe olfactif (Gudden).
D. — Portion plissée du cerveau. Circonvolutions cérébrales.
Sous le nom de Circonvolutions cérébrales, on désigne des replis épais, juxtaposés et tortueux, qui recouvrent la surface du cerveau, et sont séparés les uns des autres par des sillons plus ou moins profonds.
Le développement de ces plis est extrêmement variable selon les espèces et les races, et même selon les individus d'une même famille. Cependant, on peut dire d'une façon générale avec A. Desmoulins, que leur développement est en raison directe du nombre et de la perfection des facultés intellectuelles dans les espèces comme dans les races et les individus. Toutefois la complexité du plissement cérébral n'est pas fatalement une supériorité. Le cerveau du Chien est moins plissé que celui du Mouton, et cependant l'intelligence du Chien surpasse de beaucoup celle du Mouton. C'est en se basant sur l'absence, la présence
DfBIERlU. 15
CERVEAU
et l'abonaance des circonvolutions que Richard Owen répartit les animaux en trois groupes : les Lissencêphales, qui ont le cerveau lisse, les Gyr encéphales, qui ont un cerveau plissé, et les Ârchencèphales, qui ont d'abondantes circonvolutions. Mais il ne faudrait pas faire de ce groupement un caractère de classification zoologique, car si on examine à ce sujet un certain nombre d'espèces animales, on est de suite frappé de voir que dans un même groupe telle espèce a le cerveau lisse, telle autre le cerveau plissé.
C'est ainsi que parmi les Monotrèmes l'Ornithorhynque a un cerveau lisse et l'Echidné un cerveau plissé.
Le Dionyx, parmi les Edentés, est tout à fait lissencéphale, l'L'nau est gyrencéphale (G. Pouchet). On peut remarquer de plus que les cerveaux sans plis s'observent presque toujours dans les espèces de petite taille.
Les circonvolutions sont donc formées par le plissement de l'écorce cérébrale, dont l'action est proportionnelle à la surface du cerveau; un cerveau lisse est donc, toutes choses égales d'ailleurs, inférieur à un cerveau plissé, puisqu'il a moins de surface. A intelligence égale et dans un même ordre zoologique, les animaux les plus grands doivent avoir les cerveaux les plus plissés. Ce fait se vérifie très bien dans l'ordre des Rongeurs, des Ruminants et des Primates. Ainsi, quoique les Rongeurs en général soient lissencêphales, le plus grand d'entre eux, le Cabiai, est gyrencéphale, tandis que le Chevrotain de Java, le plus petit des Ruminants, est presque lissencéphale; ainsi encore, bien que le type général des Primates soit gyrencéphale, les plus petites espèces de la famille des Cébiens sont lissencêphales.
Dareste a expliqué ce fait en disant que le cerveau renferme toujours une partie fondamentale ou automate en rapport avec des fonctions primitives. Ce cerveau là croît avec le corps pour ne pas rester en retard sur le reste; son volume augmente en même temps que la taille de l'animal. Le plissement de la surface du cerveau est en relation directe, au contraire, avec le volume du cerveau (Baillarger). Broca, d'autre part, a bien montré que ce plissement n'a pas lieu au hasard, mais qu'il est déterminé par les connexions mêmes de la partie qui s'amplifie avec les parties profondes.
Le plissement du cerveau n'est pas un phénomène primaire, puisqu'il n'existe pas chez l'embryon et qu'il ne se maniteste pas non plus dans des espèces élevées, mais de petite taille (Ouistiti, etc.); il est la conséquence de l'extension de l'écorce cérébrale et, s'il est ordonné par les connexions qui s'établissent entre le manteau et le corps de l'hémisphère, il parait déterminé par la loi géométrique du rapport des surfaces avec les volumes. A ce titre, il est influencé à un haut degré par les variations de la taille parmi les genres d'une même famille, parmi les familles d'un même ordre. On sait, en effet, que dans les corps semblables les volumes croissent comme les carrés des diamètres (1 : 8), tandis que les surfaces ne croissent que comme les carrés des diamètres (1 : 4). Un boulet de 12 n'a pas une surface triple de celle d'un boulet de 4, car la surface s'accroît deux fois moins que le volume. Pour que la surface des hémisphères cérébraux pût s'accroître autant que le volume du corps, il fallut donc qu'elle se plissât sur ellemême. Par cet artilice fut rétablie l'harmonie. En d'autres termes, un cerveau qui grandit doit se plisser sous peine de déchoir (Broca) (1). A égal volume corporel,
(1) L'épaisseur de l'écorce du cerveau, constante dans une espèce, dit G. Gelgersma, (Neurol. Cenlralb. 1890), varie avec les espèces. Les trousseaux de fibres, qui, comme autant de rayons, établissent entre les divers points de la surface, la continuité entre
CERVEAU
l'Homme est parmi les Mammifères celui qui a une surface corticale plus considérable. C'est ainsi qu'un Homme de 65 kilogr. a 30 centimètres carrés de surface corticale par kilogr. du poids du corps, tandis qu'un Lapin, par exemple, n'en a pas plus de 6.
Si les plis du cerveau suivent la direction où la résistance est au minimum, les dolichocéphales auront plus particulièrement des plis longitudinaux d'avant en arrière, les brachycéphales des plis transversaux. C'est, paraît-il, ce que L. Meyt r (1876) et Rûdinger (1877) auraient, en effet, constaté; c'est ce que ïurner a démontré chez les Cétacés (Narwall, etc.).
En résumé, le plissement du cerveau n'est pas en relation avec les vaisseaux (la direction des vaisseaux sur le cervelet, à la surface de l'insula, au niveau de beaucoup de sillons, notamment la scissure de Rolando, ne permet pas d'accepter cette opinion), comme le pensaient Roerhaave et Reichert, mais le résultat, comme l'ont admis Raer, Henle, RischofI, Hyrtl, etc., de l'agrandissement de cet organe en présence de la résistance (pas actuelle mais ancestrale) que lui présente la capsule ostéo-fibreuse qui constitue le crâne a ses débuts; au fond, sa cause est purement mécanique, et dans l'ontogénie représente une transmission héréditaire d'une disposition acquise pendant l'évolution phylogénique, ainsi que l'ont soutenu avec raison assez récemment Chiarugi et G. Valenti.
La fixité du type cérébral dans chacun des groupes de Vertébrés exclut, en effet, un chiffonnement aveugle du manteau, dans l'obligation de se plisser pour trouver place dans un espace trop étroit.
Longtemps l'abondance même des circonvolutions dans le cerveau de l'homme a été un obstacle à leur étude. Il faut arriver à Leuret pour trouver l'ébauche des lois de leur distribution. Ces lois furent développées un peu plus tard par Gratiolet, mais elles n'ont reçu toute leur précision que depuis les recherches de P. Broca, Ecker, Pansch, Bischoff, Huxley, Rudinger. Ainsi l'on a reconnu que tout était harmoniquement ordonné là, où l'on croyait naguère que tout était variabilité et dédale inextricable. Mais pour arriver à ce résultat on a procédé du simple au compliqué; on en a appelé à l'anatomie comparée et à l'anatomie du développement. Et, alors, le chaos a cessé, et les lois morphologiques du développement des circonvolutions du cerveau s'en sont assez vite dégagées. Dans chaque espèce, comme l'avait dit Leuret, le type circonvolutionnaire est invariable et le type de l'Homme est le même que celui du Singe.
Examinons à cet effet un Vertébré inférieur, un Ornithorhynque, un Rat, une Taupe, un Ouistiti : leur cerveau est lisse, aucun pli n'en dérange la surface polie et à ce point
l'écorce et les noyaux de la base et les pédoncules, occupent le noyau du solide représenté par l'hémisphère. Or, quand un solide s'accroît, ce qui est le cas du cerveau, sa surface augmente comme le carré du rayon, et son volume comme le cube du môme rayon. Si par suite la nappe corticale grise n'augmente pas continuellement, il y aura bientôt disproportion entre la surface et le volume. C'est ce qui serait arrivé si une compensation n'était survenue. Cette compensation, c'est l'augmentation de la surface et la diminution relative et proportionnelle du volume par la genèse de plis. Les circonvolutions cérébrales et cérébelleuses n'ont pas d'autre origine. Plus la surface du cerveau est grande et plus le volume est petit, plus nombreuses et plus compliquées sont les circonvolutions. C'est affaire d'espèces.
Eh bien, la grandeur de la superficie est déterminée par deux facteurs : 1° la quantité absolue de substance grise; 2° l'épaisseur de l'écorce. La première dépend du développement des facultés de l'espèce et de sa taille; plus la seconde est mince, plus nombreuses sont les circonvolutions. C'est pourquoi le cerveau des Cétacés est si riche en volutes ; c'est pourquoi le cervelet se plisse plus tôt et acquiert plus de plis que le cervean,
CERVEAU
de vue il est curieux de remarquer combien le cerveau du fœtus humain de 3 à 4 mois rappelle le cerveau lisse du Ouistiti. Elevons-nous dans la série animale, envisageons par exemple le cerveau du Castor, de l'Agouti, du Lapin, nous y voyons l'indice d'une scissure que nous appellerons bientôt la scissure de Sylvius,et l'ébauche sur la convexité du cerveau de quelque sillons à direction antéro-postérieure qui sont comme une tendance à la formation de circonvolutions longitudinales rudimentaires. Nous avons franchi la transition entre le cerveau lisse et le cerveau à plis rudimentaires. Montons un pas de plus, et envisageons le cerveau de l'Aï, du Phœscolome, et nous trouverons ces circonvolutions mieux dessinées mais encore très simples, allant de la partie antérieure à la partie postérieure des hémisphères. Montons encore, et le Coati, le Kanguroo, nous montreront un progrès incontestable, principalement par l'existence d'une scissure transversale, scissure cruciale, qui caractérise les groupes plus élevés et qui siège sur le bord supérieur de l'hémisphère. En outre, la scissure de Sylvius s'est développée; elle présente maintenant avec beaucoup plus de netteté, une branche antérieure, sillon présylvien, que nous allons retrouver sur le cerveau des Carnassiers et qui remonte vers le bord supérieur ae l'hémisphère de façon à le diviser déjà avec le sillon crucial en deux lobes, l'un antérieur, l'autre postérieur. Ce sillon présylvien est important; il représente la scissure de Rolando ainsi que l'ont établi P. Broca, Giacomini et d'autres. Avec les Carnivores, le Renard, le Chien, etc., nous voyons quatre circonvolutions arquées entourant concenlriquement la scissure de Sylvius, les circonvolutions fondamentales ou primitives de Leurel. La plus élevée empiète" sur la face interne de l'hémisphère, et se trouve séparée sur cette face dé la circonvolution du corps calleux par un sillon, sillon souspariétal, qui se continue avec le sillon crucial, sauf chez quelques espèces (Chat, Léopard, Ours), et qui est représenté chez l'Homme par cette encoche que forme sur le bord supérieur de l'hémisphère, la fin de la scissure sous-frontale en arrière du lobule paracentral. Chez les Félins, le Lion, le Chat, la Panthère, les sillons qui séparent les circonvolutions peuvent être interrompues, et déjà elles peuvent s'anastomoser entre elles. Au demeurant, le cerveau des Carnassiers est divisé en deux lobes, un antérieur ou frontal, et un postérieur ou pariétal.
Autour du sillon crucial, on voit une circonvolution en anse, le gyrus sigmoïde, qui est un pli de passage entre le lobe frontal et le lobe pariétal, et qui représente la zone psycho-motrice du cerveau de l'Homme et des Singes. En bas le lobe olfactif se détache très volumineux et se continue en arrière avec un lobe de l'hippocampe considérable et le grand lobe limbique.
En nous élevant encore davantage dans la série des animaux nous rencontrons dans le cerveau des Ongulés un type à part, qui se rapproche par certains côtés du cerveau des Carnassiers, mais s'en écarte par la variété, l'irrégularité, et souvent la richesse des circonvolutions. Avec les Cétacés, les Carnassiers amphibies, les Phoques, Dauphins, etc., on assiste à un développement plus grand encore des circonvolutions, et à l'autonomie plus grande du lobule de l'insula qui, déjà, chez le Tapir, s'était dégagé du reste de l'écorce. Jusqu'alors les circonvolutions du cerveau des animaux dont il a été question, se dirigi aient toutes d'avant en arrière ; elles traversaient le cerveau dans le sens longitudinal. C'est la disposition fondamentale commune aux Carnassiers terrestres et amphibies, aux Tapiridés, aux Ongulés. Entre ces circonvolutions plusieurs cerveaux ont des moyens d'union, des espèces de soudures, en un mot des plis d'anastomose, mais tous partiels ; aucun n'est placé en travers du cerveau de manière à couper les circonvolutions longitudinales en deux groupes, l'un antérieur, l'autre postérieur.
Dans tous ces types, il est encore assez difficile de dire quel est le sillon qui correspond à la scissure de Rolando. Les uns la voient dans le sillon crucial, les autres avec plus de raison, croyons-nous, dans le sillon présylvien. Avec le cerveau de l'Eléphant, le doute cesse, et pour la première fois apparaît, d'une façon nette, un sillon central ou sillon de Rolando, qui limite deux circonvolutions centrales que nous retrouverons chez l'Homme el les Singes.
Face externe du cerveau (photographie)
CERVEAU
Le cerveau d'un Singe non Anthropoïde, d'un Pithécien, tel que le Sapajou, le Cynocéphale, le Papion, est déjà bien différent des précédents. Les quatre scissures fondamentales, scissures de Sylvius, de Rolando, pariéto-occipitale interne et pariéto-occipitale externe, ont séparé la surface de l'hémisphère en ses départements premiers ou lobes, y compris le lobe de l'insula. Le lobe occipital présente souvent déjà deux ou trois plis; les circonvolutions du lobe pariétal procèdent des plis pariétaux des Carnassiers ; le lobe frontal très agrandi porte deux circonvolutions séparées par les sillons courbes frontal et rostral dans lesquels il est facile de découvrir l'ébauche des sillons frontaux du cerveau des Anthropoides et de l'Homme. Les Pithéciens n'ont que deux circonvolutions frontales antéro-postérieures ; la 3° ou circonvolution de Broca ne fait son apparition qu'avec les Singes Anthropoïdes.
Les circonvolutions sont séparées les unes des autres par des anfractuosités. Parmi ces anfractuosités, toutes n'ont pas la même valeur, les unes sont constantes dans les espèces et dans les individus, les autres ne le sont point. Aux anfractuosités constantes on a donné le nom de scissures, aux autres le nom de sillons.
Un groupe de circonvolutions limité de toutes parts par des scissures constituera une division principale du manteau cérébral : c'est un Lobe. Les plis d'un même lobe, limités par des sillons, constituent de leur côté une division secondaire de l'écorce à laquelle on réserve le nom de Circonvolutions. D'autre part, comme l'écorce du cerveau est partout continue à elle-même, il s'ensuit que les circonvolutions d'un même lobe communiquent entre elles, et avec les circonvolutions des lobes voisins. Les parties qui mettent en communication deux circonvolutions ont reçu le nom de plis de communication, le nom de plis de passage étant réservé aux plis qui unissent un lobe à un lobe voisin, et celui de plis d'anastomose aux plis qui relient ensemble les circonvolutions d'un même lobe. Enfin, à la surface des circonvolutions elles-mêmes sont tracés de petits sillons de moindre importance qu'on appelle des incisures.
L'étude des circonvolutions cérébrales se ramène donc à l'étude des scissures, puis des lobes, enfin des circonvolutions et des sillons.
Il y a 7 scissures : celle de Sylvius, de Rolando, la sous-frontale, la souspariétale, la pariéto-occipitale externe, la pariéto occipitale interne, et la scissure calcarine qui, quoique pas interlobaire, n'en a pas moins une grande importance, comme le prouve l'anatomie comparée. Ces scissures limitent 6 lobes : le lobe frontal, visible sur les trois faces de l'hémisphère; le lobe pariétal, que l'on voit à la face externe et interne; le lobe temporal, qui appartient aussi aux faces externe et interne; le lobe occipital, visible sur les faces externe, interne et inférieure; le lobe de l'insula, visible au fond de la scissure de Sylvius, et le lobe du corps calleux ou lobe limbique. constitué par "ce que l'on appelle ordinairement la circonvolution du corps calleux et celle du grand hippocampe.
Les scissures divisent en lobes la surface des hémisphères. Ce sont en quelque sorte des frontières naturelles. Il ne faudrait cependant pas les regarder comme constituant une ligne de séparation absolue entre les deux lobes qu'elles limitent. Au-dessous d'elles, les deux lobes communiquent comme deux territoires sont unis l'un à l'autre par le lit d'un fleuve. Les lobes ne sont que des divisions morphologiques; anatomiquement, il y a continuité de l'écorce cérébrale d'un lobe à l'autre, soit par le fond de la scissure qui n'est, comme l'a dit Brissaud, que l'envers d'une grosse circonvolution, soit par les plis de passage. Physiolo-
CERVEAU
giquement la séparation des lobes n'est pas non plus absolue, puisque nous voyons des centres moteurs analogues situés en avant et en arrière de la scissure de Rolando, sur deux lobes diflérents.
i. Scissure de Sylvius. — Cette scissure (S. S. fig. 147) qui porte le nom d'un anatomiste du XVIe siècle, est de toutes la plus importante. Elle existe seule dans plusieurs espèces, les Lémuriens notamment, et paraît la première chez le fœtus humain, longtemps avant la scissure de Rolando, vers 3 mois 1/2. Elle commence à la base du cerveau, immédiatement en dehors de la racine blanche externe du nerf olfactif, en avant de la pointe du lobe temporal, par un détroit, détroit ou entrée de la scissure, qui mène en dedans dans la vallée de Sylvivs et en dehors dans une large fente, la fosse de Sylvius qui, au-delà, se rétrécit et constitue la scissure de Sylvius proprement dite. Celle-ci contourne la pointe du lobe temporal et apparaît à la face externe de l'hémisphère où, légèrement oblique (25 à 30°) en arrière et en haut, elle s'incurve tant soit peu en S italique pour se terminer vers le tiers postérieur de l'hémisphère par une queue simple ou bifurquée, au niveau du lobule du pli courbe. Un pli courbe plus ou moins saillant, pli falciforme (fig. 143), sépare la vallée de la fosse de Sylvius. Cette dernière est fermée par les méninges qui rapprochent ses bords, sauf chez quelques cerveaux arrêtés dans leur croissance.
Au-dessus de la scissure sont les lobes frontal et pariétal ; au-dessous le lobe temporal. Sa lèvre supérieure est donc constituée en avant par une circonvolution frontale. Or, celle-ci décrit deux plis d'inflexion ou méandres, et conséquemment deux incisures continues, qui se portent vers le lobe frontal et que l'on appelle branches antérieures de la scissure, par opposition à la branche oblique à laquelle on réserve le nom de branche postérieure. Des deux branches antérieures, l'une est horizontale, précoce (3e mois) et constante, c'est la branche antérieure horizontale; l'autre est verticale, plus tardive (5e mois) et fait parfois défaut, c'est la branche verticale ou ascendante.
La branche antérieure de la scissure de Sylvius manque chez les Cébiens et les Pithéciens, la branche horizontale apparaît chez le Gibbon et le Gorille, et chez le Chimpanzé et l'Orang, on commence à voir, selon Broca, observation contestée cependant, la branche ascendante, encore rudimentaire et manquant dans la moitié des cas (1).
La branche antérieure de la scissure de Sylvius peut être simplement représentée par une scissure en V ou en Y dans certains cerveaux humains peu plissés, et peut même être aussi simple que chez les Singes sur les cerveaux d'imbéciles, d'idiots et de microcéphales. Ecker a démontré du reste que la forme primitive est en Y ; puis celle-ci passe à la forme en V et finalement à la forme en U par accroissement du lobule triangulaire de F3. Quoi qu'il en soit, les deux branches antérieures de la scissure délimitent un petit lobule triangulaire que nous apprendrons bientôt à connaître sous le nom de cap de la 3« circonvolution frontale (2, fig. 148). Les bords de la scissure de Sylvius recouvrent le lobe de l'Insula de Reil que l'on ne peut voir qu'en écartant ces bords au niveau de l'excavation de Sylvius. La lèvre sylvienne fronto-pariélale qui retombe par
(1) Dans le genre Hylobates (Waldeyer) la branche antérieure de la scissure existe déjà. (Site, der Kbnigl. pr. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1891).
CERVEAU
Fig. 147. — Face inférieure du cerveau.
I, I, grande fente interhémisphérique; S, sillon olfactif; b, nerf olfactif; S', scissure de Sylvius; F', Fs, F3, circonvolutions frontales orbitaires ; T3, T4, T5, troisième, quatrième et cinquième circonvolution temporale ; 1, scissure en Y; 2,3, 4, sillons temporo-occipitaux ; 5, lobule fusiforme; 6, lobule lingual ; 0*, 05, 0°, troisième, quatrième et cinquième circonvolution occipitale.
Fig. 14S. — Face latérale externe du cerveau (côté gauche).
R, scissure de Rolando ; 0, scissure occipitale ; S, S. scissure de Sylvius; F1, première circonvolution frontale; F2, deuxième frontale ; F3, troisième frontale ou circonvolution de Broca; I, lobule operculaire; 2. lobule triangulaire; 3, lobule orbitaire de la 3» frontale ; Fa, frontale ascendante ; P=, pariétale ascendante; Ps, circonvolution pariétale supérieure ; I, I, sillon interpariétal ; m. lobule du pli courbe, a, pli courbe; T1, première temporale; T2, deuxième temporale ; T3. troisième temporale ; 01, première circonvolution occipitale; 0J, deuxième occipitale : 03, troisième occipitale.
Pig. 149. — Face latérale interne de l'hémisphère droit du cerveau.
S, scissure sous-frontale; p', scissure sous-pariétale; 0, scissure occipitale interne; Ca, scissure calcarine ; C, circonvolution du corps calleux: p, lobule ovalaire ; P, précunéus; F1, circonvolution frontale interne; 0°, sixième occipitale (cunéus) ; 0°, cinquième occipitale ; 0 * quatrième occipitale ; T5. cinquième temporale (circonvolution de l'hippocampe) ; T , quatrième temporale : T3, troisième temporale; U, crochet (uncus) de l'hippocampe; T, couche optique ; m, trou de Monro; I, trigone cérébral ; 2, lœnia du corps calleux J 3. genou du corps calleux; i, geptum lucidum; 5, commissure blanche antérieure; 6, scissure choroïdienne (fente de Biihat); 7, pilier postérieur du trigone (corps bordanl); 8, corps godronné; 9, triangle sous-calleux; 10, fascia cinerca; 11, splénium ou bourrelet du corps calleux.
CERVEAU
dessus le Jobe porte pour cette raison le nom d'opercule sylvien, opercule de Reil ou de Burdach (1, fig. 150). La scissure de Sylvius répond au bord postérieur des apophyses d Ingrassias. Elle contient les divisions de l'artère cérébrale moyenne et une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien. Au niveau de la fosse, elle loge le lobe de l'insula.
La scissure de Sylvius résulte de l'allongement et de l'inflexion brusque du gyrus sylvien primitif.
C'est par les deux branches antérieures de la scissure de Sylvius qu'on apprécie le mieux le perfectionnement du cerveau dans les rangs les plus élevés de la série des
Fig. 150. — Circonvolutions de la face externe du cerveau
F, lobe rontal; P, lobe pariétal; 0. lobe occipital; T, lobe temporal; PF. pôle frontal; PO, pôle occipital; PT, pôle temporal; S, S, scissure de Sylvius; R, R, sillon de Rolado; F1, F2, F3, l" 2e, 3«, circonvolutionn frontale; F», circonvolution frontale ascendante; 1, lobule operculaire; 2, lobule triangulaire (cap) ; 3, lobule orbitaire de la circonvolution de Broca ; 4, branche verticale et 5, branche horizontale de la scissure de Sylvius; P«, circonvolution pariétale ascendante; P1, i™ et P2, 2c circonvolution pariétale; L°, gyrus marginalis; 0', O2, O', les 3 circonvolutions occipitales externes; Tl, T2, T3, les 3 circonvolutions temporales externes.
Primates, car leur formation est due à l'allongement et au grand développement de la 3e circonvolution frontale.
C'est à tort que Meynert croit avoir retrouvé la branche ascendante de la scissure de Sylvius chez les Carnassiers, car ce qu'il a pris pour telle, siège sur le lobe pariétal rt est l'analogue de la scissure de Rolande On sait, du reste, que le lobe frontal est rudimentaire chez les Carnassiers, et il serait curieux que ces animaux possédassent ce sillon que n'ont même pas les Anthropoïdes.
Variétés. — Valenti a trouvé les branches sylviennes antérieures sous forme d'Y 25 fois sur 160; sous la forme d'un V, 71 fois, et en U, 60 fois. Une seule fois il a rencontré une sylvienne avec une seule branche antérieure, et deux fois il a vu les branches antérieures multiples et coupées. Giacomini, de son côté, a rencontré la communication : 1° de la branche antérieure et verticale de la scissure de Sylvius avec le sillon prérolandique, dans plus des deux tiers des cas (?) ; 2° de la branche oblique avec la scissure de
CERVEAU
Rolando (18 fois sur 168), ce qui serait le résultat de la persistance du sillon transverse d'Eberstaller ; avec la post-rolandique (77 fois sur 168) ; avec le sillon interpariétal (13 fois sur 168) ; avec le premier sillon temporal, tantôt au niveau de son extrémité, comme cela a lieu normalement chez certains Singes (macaque, etc.), tantôt dans son parcours (31 fois sur 168); 3° des ramifications de la branche oblique dans les circonvolutions Fa et Pa. Dans le cerveau de la Vénus hottentote de Gratiolet, dans celui de la femme Boschimane de Marshall, la branche antérieure de la scissure de Sylvius était
F", F«, grande fente interhémisphérique; F, lobe routai; P, lobe pariétal; 0, lobe occipital; R, R, sillon de Rolando; F1, F2, F3, l'c, 2e et 3« circonvolution frontale; F", frontale ascendante; P*, pariétale ascendante; P1, pariétale supérieure; P2, pariétale inférieure; OP, sillon occipito-pariétal externe.
simple et sa branché postérieure s'étendait très loin en arrière en se recourbant fortement en haut, ce qui est à la fois un caractère fœtal et simiesque.
2. Scissure de Rolando. — Découverte par Vicq-d'Azyr, cette scissure, scissure centrale (R, flg. 150 et 151;; a été appelée sillon de Rolando par Leuret, encore que Rolando n'ait décrit que les circonvolutions qui la bordent. Elle apparaît à la fin du 5e mois de la vie fœlale; très reculée chez l'Homme, elle sépare les lobes frontal et pariétal à la surface externe de l'hémisphère. Elle commence en bas, vers le milieu de la scissure de Sylvius, dont elle reste
CERVEAU
toutefois isolée par un pont, le pli de passage fronto-pariètal inférieur, puis monte obliquement en arrière pour se terminer sur le bord sagittal de l'émisphère, vers l'union du 1/3 postérieur et des 2/3 antérieurs. Elle forme avec le bord sagittal de l'hémisphère un angle de 70° en moyenne, ouvert en avant, c'est Yangle rolando-sagittal. Avant de se terminer, elle décrit d'ordinaire un crochet qui se dirige en arrière, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle empiète sur la face interne de l'hémisphère. Habituellement, elle reste séparée du bord supérieur par un pli de passage superficiel, le pli de passage fronto-pariètal supérieur. Dans son trajet, cette scissure n'est pas rectiligne, mais présente une double inflexion de façon à présenter deux genoux superposés faisant saillie en avant. Son extrémité supérieure correspond à une ligne verticale, menée par le bourrelet du
Fig. 152. — Face externe du cerveau de l'Homme. — Plis de passage.
S, scissure de Sylvius; R, scissure de Rolande-; F1, F2, F3, les 3 circonvolutions frontales; Fa, la frontale ascendante; Pa, la pariétale ascendante; Ps, circonvolution pariétale supérieure; Pi, circonvolution pariétale inférieure; T1, T2, T3, les 3 premières circonvolutions temporales; 01, O2, O3, les 3 premières circonvolutions occipitales ; 1, premier pli, et 2, deuxième pli de passage pariéto-occipital (plis de Gratiolet); 3, premier pli, et 4, deuxième pli de passage temporo occipital traversant la scissure perpendiculaire externe.
corps calleux, à 550/1000 du bord sagittal de l'hémisphère. Fermée à l'état normal, elle laisse voir, quand on l'écarté, un certain nombre de plis de passage profonds.
La situation et le degré d'obliquité de la scissure de Rolando peuvent être nettement appréciés par les chiffres suivants qui sont à peu près ceux qu ont trouvés Ch. Ferré, Giacomini, Passet, Chiarugi, Cunningham et moi-môme :
Distance de son extrémité supérieure à l'extrémité antérieure de l'hémisphère 112 millim.
— inférieure — — 72 —
D'où il résulte que le cerveau pré-rolandique occupe en haut les 53/100e de la longueur de l'hémisphère, et en bas les 43 '100e.
Plus ou moins coudée, la scissure de Rolando mesure en moyenne 118 millimètres de longueur chez l'Homme, et 113 chez la Femme.
CERVEAU
La scissure de Rolando, plus oblique chez le fœtus et le nouveau-né que chez l'adulte, se redresse plus tard. Tandis, en effet, que l'angle rolando-sagiltal est de 52» en moyenne chez le nouveau-né, cet angle atteint 65° à 70° chez l'adulte. Ce redressement de la scissure, on l'a déjà deviné, est en relation de cause à effet avec le développement
Fig. 153. — Duplicité de la scissure de Rolando.
S, S, scissure de Sylvius; F', F2, F3, les circonvolutions frontales; RR, premier sillon de Rolando; R'R', deuxième sillon de Rolando; 1, 2, 3. les 3 circonvolutions rolancliques ou centrales (au lieu de 2 comme à l'ordinaire); I, lobule du pli courbe; P, pli courbe; 0, scissure occipitale.
progressif du lobe frontal, et surtout avec le développement des deuxième et troisième circonvolutions frontales qui repoussent en arrière, à mesure qu'elles s'allongent et grandissent, le pied de la frontale ascendante et le sillon rolandique. Or, ce redressement
Fig. 151. — Absence de la scissure de Rolando.
S, S, scissure de Sylvius; F1, F2, F3, les 3 circonvolutions frontales; P" circonvolution pariétale ascendante ou ascendante innominée; P, circonvolution pariétale supérieure; p, pariétale inférieure; 0, scissure occipitale e.\ter..e (le premier pli de passage de Gratiolet est profond); T1, T2, T3, les 3 premières circonvolutions temporales; S, sillon parallèle.
de la scissure que l'on observe dans l'ontogénie de l'Homme, on le rencontre aussi, fait important, quand on étudie cette scissure dans la série des Primates. Alors que l'angle rolando-sagittal est de 62» chez le Macaque, il atteint 70" chez le Singe Papion et chez les Anthropoïdes (Orang, Chimpanzé).
CERVEAU
Selon Marshall (obs. d'un cerveau de Boschimane) et Topinard (-4 obs.), le sillon de Rolando serait plus oblique dans les races inférieures que chez l'Européen, opinion contraire à celle de Huschke.
Nous avons déjà fait pressentir que plusieurs opinions se sont produites au sujet du représentant de la scissure de Rolando chez les Mammifères inférieurs aux Primates. Les uns l'ont voulu retrouver dans le sillon crucial des Carnivores. Mais ce sillon n'étant pas constant dans ce groupe d'animaux, il n'y a pas lieu de s'arrêter à cette opinion. D'autres considèrent le sillon présylvien des Mammifères ordinaires comme l'homologue du sillon de Rolando du cerveau des Singes supérieurs et de l'Homme. Contre cette homologation on a également élevé quelques doutes sous le prétexte que la « zone motrice » ou « zone des grandes cellules pyramidales de Betz » est tout entière située
l'ig. 155. — Face externe de l'hémisphère gauche du cerveau
en arrière du sillon présylvien des Carnassiers, alors qu'elle entoure, comme on le sait, le sillon de Rolando chez les Primates.
Variétés. — Giacomini a observé la bifurcation de la scissure de Rolando 3 fois à son extrémité supérieure et 4 fois à son extrémité inférieure sur 168 hémisphères. Dans certains cas, elle s'ouvre dans la scissure de Sylvius, parce que le pli de passage frontopariétal inférieur devient profond. Plusieurs fois, on l'a trouvée interrompue sur son parcours par un pli de passage fronto-pariétal moyen (Wagner, Féré, Giacomini, Heschl, Tenchini, Legge, Zernoff, Biachkofî). Une autre anomalie, la duplicité de la scissure, a également été observée (Giacomini, Valenli, Debierre) : Giacomini a noté cette disposition 1 fois sur 168 cerveaux, et moi-môme 1 fois sur 200 cerveaux. Ce fait, il est vrai, a été contesté, sous le prétexte que l'on aurait pris le sillon post-rolandique plus complet et plus profond qu'à l'ordinaire pour une deuxième scissure de Rolando; mais j'ai en ce moment devant moi un cerveau dans lequel le doute n'est pas possible, car il présente à la fois la scissure de Rolando et le sillon post-rolandique (Voy. flg. 153).
CERVEAU
Giacominia encore signalé l'interruption de la circonvolution frontale ascendante par communication de la scissure de Rolando avec le premier sillon frontal (47 fois sur 168 hémisphères) ou le prérolandique (17 fois sur 168 hémisphères), et l'interruption de la pariétale ascendante par communication de la scissure de Rolando avec le sillon postrolandique (17 fois sur 168 hémisphères). J'ai vu l'absence de la scissure de Rolando. (Fig. 154).
Dans cette anomalie on pourrait encore dire que le sillon de Rolando est interrompu par l'insertion de la lre et de la 2"" circonvolutiun frontale sur la pariétale ascendante, et dès lors la frontale ascendante n'existerait pas. Dans ce cerveau il y a de plus une coupure de T1.
3. Scissure pariéto-occipitale externe. — La scissure pariéto- occipitale, occipitale ou perpendiculaire externe (Oc, fig. 150), découverte par Gratiolet, est réduite chez l'homme à une encoche marquée sur le bord supérieur de l'hémisphère, de telle sorte que chez nous toute démarcation apparente entre les lobes pariétal et occipital cesse à la face externe de l'hémisphère. Mais appelons à notre aide l'anatomie comparée, et celle-ci nous montrera chez les Singes inférieurs (Pithéciens) une scissure occipitale externe nette et bien délimitée, au fond de laquelle courent deux plis de passage profonds pariéto-occipitaux. Que ces plis deviennent à la fois épais, superficiels et flexueux, et la scissure sera masquée au point que l'œil ne saura plus la découvrir. C'est précisément ce qui est arrivé dans le cerveau de l'Homme, aux circonvolutions exubérantes, et à cause même de ces exubérantes circonvolutions, sauf dans quelques cerveaux exceptionnels où, ces plis redevenus peu développés et profonds, la scissure occipito-pariétale externe reprend sa netteté simienne.
Par suite de l'ouverture de la scissure occipitale chez les Pithédiens, le lo^e occipital à sa partie supérieure la surplombe en une saillie, opercule occipitale ou de Gratiolet, dont l'accentuation constitue un caractère d'infériorité, que l'on a pu observer chez certains sujets de l'espèce humaine.
Variétés. — Giacomini a rencontré : 1° 92 lois sur 168 hémisphères le pli de passage supérieur profond, d'où la communication de la scissure avec le sillon interpariétal et la présence d'un opercule ; 2" .11 a vu ce pli double ; 3° Il a observé le deuxième pli de passage profond dans 20 hémisphères sur 366, d'où la communication de la scissure avec le sillon parallèle (ST1). Les deux plis de passage sont généralement profonds chez les Microcéphales. Ce cas type était chez Manolino étudié par Giacomini. Mais les hommes les mieux doués peuvent présenter ces particularités.
4. Scissure pariéto-occipitale interne. — La scissure occipitale ou perpendiculaire interne (qui n'est pas perpendiculaire chez l'homme, mais oblique) est une scissure profonde, interrompue, qui coupe la face interne de l'hémisphère en se portant obliquement en bas et en avant et sépare le lobe pariétal du lobe occipital à la face interne de I hérnisphère. — Elle a été découverte par Malacarne en 17b0, et bien décrite par Burdach en 1822. En écartant ses bords, on voit qu'elle est traversée par deux plis de passage profonds, un supérieur ou pariéto-occipital interne, un inférieur ou cunéo-limbique.
Variétés. — Giacomini a vu cette scissure communiquer avec la scissure à l'hippocampe 67 fois sur 168 cerveaux ; il l'a vue envoyer des branches uans le lobule quadri-
CERVEAU
latère(2fois\ le cunéus (H fois) ; il a noté qu'elle était interrompue par un pli de passage supérieur et interne, 4 fois sur 168, et par un pli inférieur et interne 1 fois sur 168, comme cela a lieu chez les Cynocéphales, et par suite de la saillie de plis ordinairement profonds et cachés (cas ordinaire qui donne lieu aux interruptions, les communications, au contraire, résultant de circonvolutions ordinairement superficielles qui deviennent accidentellement profondes).
Les scissures occipito-pariétales interne et externe peuvent être considérées comme une seule et même scissure annulaire, dont les deux branches sont respectivement situées à la face externe et à la face interne de l'hémisphère, isolant ainsi le bloc occipital du reste du cerveau.
5. Scissure sous-frontale. — La scissure sous-frontale ou sillon callosomarginal cTHuxley et des classiques, siège sur la face interne de l'hémisphère. Elle commence un peu en avant du bec du corps calleux et, après un court Irajet d'arrière en avant, elle contourne le genou du corps calleux pour se porter en arrière. Arrivée vers le tiers postérieur du cerveau, elle se relève en décrivant une courbe pour finir sur le bord de l'hémisphère où elle s'imprime sous la forme d'une encoche, visible sur la face externe en arrière de l'extrémité supérieure du sillon de Rolando, duquel elle reste séparée par le pli de passage fronto-pariétal supérieur. Cette scissure sépare le lobe frontal à la face interne de l'hémisphère du lobe du corps calleux ou limbique et se trouve interrompue d'ordinaire par un, deux et même trois plis de passage fronto-limbiques, désignés sous les noms de fronto -limbique antérieur siégeant vers le genou du corps calleux, fronto-limbique moyen et fronto-limbique postérieur. Ces trois plis sont ordinairement profonds; ils ne deviennent superficiels que dans le 1/4 des cas enviBon et les 2 derniers alternent l'un avec l'autre comme volume et ne sont simultanément superficiels que 2 fois % (Eberstaller). La sous-frontale représente chez les Primates l'arc supérieur de la scissure limbique des autres Mammifères.
Variétés. — La scissure sous-frontale est interrompue par un pli 24 à 28 fois % d'après les recherches de Giacomini et Zernolï, et par 2 pris 4 fois sur 100. — Elle communique assez souvent avec la sous-pariétale, et dans ces circonstances le lobe pariétal interne parait mal autonomisé. Cette communication se fait par un petit sillon assez peu profond, cela 26 fois % d'après Giacomini, et 37 fois °/0 selon Zernofif.
6. Scissure sous-pariétale. — Cette scissure (P', fig. 149), réduite à une petite anfractuosité horizontale, se voit à la face interne de l'hémisphère et sépare le lobe limbique du lobe pariétal dans sa portion que l'on appelle le lobule quadrilatère.
Mais chez les Mammifères inférieurs, cette scissure est très nette et beaucoup plus considérable ; sans le secours de l'anatomie comparée, on méconnaîtrait donc l'importance morphologique de cette scissure en apparence insignifiante. Ceci tient à ce que chez l'Homme le lobe pariétal a perdu beaucoup de son importance ; il se fusionne en avant et en arrière avec le lobe limbique par deux plis de passage pariéto-limbiques antérieure! postérieur.
Pendant que la scissure sous-frontale des Primates grandit et se développe, comme le lobe frontal dont elle est solidaire, la scissure sous-pariétale prédominante comme le lobe pariétal des Mammifères inférieurs, régresse et devient de plus en plus restreinte.
CERVEAU
Les scissures sous-frontale et sous-pnriétale de l'Homme représentent l'arc supérieur de la grande scissure limbique des Mammifères inférieurs, d'où l'on conçoit que ces deux scissures soient tantôt continues (Cheval, Tapir, Éléphant), tantôt isolées (Pachydermes, Ruminants, Carnassiers, Primates).
On a considéré l'encoche de la scissure sous-frontopariétale comme représentant dans le cerveau des Primates, le sillon crucial des Mammifères ordinaires. Dans certains cas, 1 fois sur 188 cerveaux dans les observations de Giacomini, la sous-pariétale communique avec l'occipitale interne.
7. Scissure calcarine. — Cette scissure, scissure du petit hippocampe (Ca, fig. 149), baptisée par erreur, par Gratiolet, du nom de scissure des hippocampes, est une scissure horizontale, légèrement arquée, qui court entre les lobes limbique et pariétal en haut, et les lobes temporal et occipital en bas. Cette scissure s'enfonce dans la cavité delà corne occipitale du ventricule latéral et y donne naissance à cette saillie appelée petit hippocampe, ergot de Morand ou calcar avis, d'où son nom de scissure calcarine. Sur elle vient se jeter vers sa partie moyenne la scissure perpendiculaire interne et de la sorte est constituée ce que l'on a appelé vicieusement la scissure en Y (0 + Ca, tig, 149).
La scissure calcarine est séparée de la fente de Bichat par un pli de passage, pli de passage temporo-limbique, qui résulte de l'union de la circonvolution du corps calleux (lobe limbique) avec la circonvolution de l'hippocampe en arrière du bourrelet du corps calleux. Ce pli est si mince chez quelques Cébiens et les Pithéciens que Gratiolet l'a méconnu et a cru que la scissure calcarine traversait la fente de Bichat pour se continuer avec la rainure du grand hippocampe, d'où le nom de scissure des hippocampes qu'il lui avait donné.
Tous les anatomistes n'accordent pas à la scissure calcarine la valeur d'une scissure. Les classiques ne la considèrent point comme telle, et Giacomini s'est élevé contre cette assimilation, sous le prétexte que la scissure calcarine n'isole pas un lobe d'un autre mais qu'elle est située dans l'épaisseur du lobe occipital, et aussi parce qu'elle peut exister alors que le petit hippocampe fait défaut (cerveaux normaux du reste), ou qu'à la fois manquent et la cavité ancyroïde et le petit hippocampe (5 cerveaux de Microcéphales). Mais je répondrai à ces objections en disant que la scissure calcarine est bien une scissure primaire, une véritable scissure, de par l'embryologie et l'anatomie comparée. Elle isole du lobe occipital le cunéus qui, n'était sa petitesse, mériterait d'être élevé au rang de lobe. En effet, cette scissure est constante dans les Mammifères, encore que ceux-ci, à part les Hominiens et les Anthropoïdes, n'aient point d'ergot de Morand. Broca lui avait donné, dans ces espèces, le nom de sillon calcarvn. Nous verrons, d'autre part, que l'Embryogénie nous oblige à en faire une scissure primaire.
Variétés. — La séparation de la scissure calcarine de la scissure occipitale a été observée 1 fois sur lDO sujets ordinaires, 1 fois sur 12 nègres et 7 fois sur 112 criminels.
Par les scissures se trouvent ainsi délimités les cinq grands lobes du cerveau : le lobe frontal, en avant des scissures de Sylvius et de Rolando; le lobe pariétal, entre la scissure de Rolando et la scissure occipitale; le lobe temporal, au-dessous de la scissure de Sylvius ; le lobe occipital, en arrière de la scissure du même nom ; - le lobe limbique, situé entre le corps calleux et la circonvolution frontale interne. — Nous connaissons les frontières de ces lobes, voyons maintenant la constitution de chacun d'eux.
CERVEAU
Avant de commencer l'étude des lobes et de leurs circonvolutions, je dois dire que je décrirai les circonvolutions du cerveau, non pas d'après un cerveau quelconque ou la moyenne d'un certain nombre de cerveaux, mais d'après un type en quelque sorte idéal qui rappelle seulement le cerveau fondamental. De la sorte seront élagués les détails accessoires, et toutes les variétés pourront venir se grouper autour de ce type qui représente une sorte de cervtau schématique.
Lobe frontal. — Le lobe frontal occupe à lui seul près de la moitié antérieure du cerveau. Il apparaît sur les trois faces, externe, interne et inférieure de l'hémisphère et occupe la face externe jusqu'aux scissures de Rolando et de Sylvius, la face interne dans la partie qui s'étend au-dessus delà scissure sousfrontale.
A la face inférieure, il porte le nom de lobe orbi taire et se prolonge jusqu'à la vallée de Sylvius. Ce lobe comprend 4 circonvolutions et 5 sillons. De ces circonvolutions, une est transversale et borde en avant la scissure de Rolando, c'est la frontale ascendante ; 3 sont longitudinales et se continuent par leur pied avec la première, ce sont les frontales longitudinales.
Le lobe frontal comprend les 43 centièmes du poids total du cerveau, les 21 centièmes du poids du manteau, les 40 centièmes de la surface totale de l'écorce. Le cerveau de l'Homme se caractérise donc par la prédominance frontale. Le cerveau frontal est plus grand chez l'Homme que chez la Femme d'une façon absolue, parce que le cerveau de l'Homme l'emporte en poids et en surface sur celui de la Femme, mais rapporté à la surface totale du cerveau, on voit que le lobe frontal occupe dans le cerveau de la Femme une place égale à celle qu'il occupe dans le cerveau de l'Homme.
Légèrement déprimé à sa face orbitaire chez l'Homme, le lobe frontal se creuse davantage chez le Singe, au point que son extrémité prend la forme connue sous le nom
de bec ethmoïdal ou orbitaire.
1° Circonvolution frontale ascendante ou frontale transverse. — La circonvolution frontale ascendante ou prérolandique, centrale antérieure, 4e frontale (Fa fig. 155) borde le sillon de Rolando en avant; elle communique en haut et en bas avec la circonvolution pariétale ascendante par deux plis de passage que nous avons déjà mentionnés, plis de passage fronto-pariétaux inférieur et supérieur, et, parvenue à la face interne de l'hémisphère, elle constitue la majeure partie d'un lobule que l'on appelle le lobule para-central, lobule quadrilatère, lobule ocalaire (p, fig. 149), lui-même nettement limité en avant par une incisure dite incisure pré-ovalaire et appartenant à la scissure sous-frontale. En avant, elle est limitée par un sillon plus ou moins accusé, sillon prérolandique, sulcus prœcentralis (H, lig. 150), qui s'étend parallèlement au sillon de Rolando du pied de la 1" à la 3" froniale longitudinale, et que l'on pourrait confondre avec la scissure centrale. Mais l'absence de circonvolution transverse en avant de ce sillon et son interruption par un ou deux plis de passage superliciels le feront toujours facilement distinguer de la scissure centrale ou rolandique.
La circonvolution frontale ascendante est lixe chez les Primates et se développe de bonne heure chez l'homme.
CERVEAU
2° Circonvolutions frontales longitudinales. — Du bord antérieur de la frontale ascendante partent trois circonvolutions à peu près horizontales, appelées de haut en bas première ou supérieure, deuxième ou moyenne et troisième ou inférieure. Leur insertion à la frontale ascendante porte le nom de pied.
La première frontale ou frontale supérieure (F1) est la plus longue et la plus large des frontales (F1, fig. 106).
Elle forme le bord sagittal et appartient à la fois aux faces externe, interne et inférieure du lobe frontal. Insérée sur la frontale ascendante, elle se porte d'arrière en avant en longeant le bord supérieur, jusqu'à la pointe de l'hémisphère; là elle contourne cette pointe en se rétrécissant, parvient sur la face orbitaire du lobe et se continue avec le gyrus reclus ou première circonvolution orbitaire qui borde en dedans le sillon olfactif (F1, fig. 108), répond à la fosse
Fig. 156. — Portion sous-calleuse de la partie interne du lobe frontal
ethmoïdale et constitue, lorsqu'il est exceptionnellement, développé (Microcéphale humain, Singes inférieurs), le bec ethmoïdal.
Cette grande circonvolution, dont le pied naît parfois par deux ou trois racines, est ordinairement subdivisée dans les races blanches, et quelquefois dans toute sa longueur, par une incisure anléro-postérieure simble ou coupée. Lorsque cette incisure est longue et profonde, la circonvolution paraît comme dédoublée, et l'on a sous les yeux le type exceptionnel (variété) de quatre frontales longitudinales. Dans son tiers antérieur, elle est traversée par deux ou trois incisures transversales.
Dans les races inférieures, chez les imbéciles et les idiots, elle est le plus souvent simple. A la face interne de l'hémisphère, elle surmonte la scissure sousfrontale et constitue ce que l'on appelé la circonvolution frontale interne supérieure (F1, fig. 105). Celle-ci se rattache en arrière au lobule paracentral par une racine et rejoint en avant la circonvolution du corps calleux par un pli, pli de passage fronto-limbique inférieur. Elle porte, au-dessous du genou du corps
Dbbierbî. —
CERVEAU
calleux, presque toujours un sillon remarquable par sa constance, le sillon susorbitaire (sillon rostral d'Eberstaller) et quelquefois un second sillon longitudinal excentrique à la scissure sous-frontale, le grand sillon métopique de Brissaud. Le sillon sus-orbitaire détermine deux étages que l'on peut appeler lobule métopique (fig. 156). 11 peut encore y avoir un sillon sus-orbitaire accessoire.
Les limites inférieures de la première frontale sont formées par le premier sillon frontal (SF1), ordinairement indépendant, mais quelquefois abouché dans le sillon prérolandique Mais il faut retenir que la première frontale est toujours unie avec le lobe limbique à la face interne de l'hémisphère et avec la deuxième frontale à la face externe par des plis d'anastomose superficiels et profonds qui traversent le sillon qui le sépare de ces parties.
La deuxième frontale ou frontale moyenne (F2), insérée sur la frontale ascendante par un pied, tantôt plus ou moins nettement double, qui coupe en deux le sillon prérolandique, est généralement plus large que la première (F2, fig. 148),
Fig. 157. — Vue d'en avant des circonvolutions frontales dans l'intérieur du crâne a, première, b, deuxième et c, troisième circonvolutions frontales
qu'elle longe et avec laquelle elle se réfléchit sur la face inférieure du lobe frontal pour s'y terminer vers l'espace perforé latéral en constituant à peu près tout ce que l'on appelle le lobule orbilaire (F\ lig. 108). La partie de cette circonvolution qui court, sur la face externe de l'hémisphère est taillée de plusieurs incisures, assez souvent dédoublée en partie ou en totalité en deux plis parallèles.
Ce dédoublement de la frontale moyenne conduit, dès lors, à ce que l'on a appelé le lobe frontal à quatre étages ; autrement dit, il existe quatre circonvolutions, frontales longitudinales. Certains auteurs, Benedikt, Hanot, Bouchard (de Bordeaux) ont voulu voir dans ce type à quatre frontales l'un des caractères du cerveau des criminels, et d'autres, en plus, un retour vers la forme du cerveau des Carnassiers. Mais, on peut dire avec Richter, Giacomini, etc., que ce caractère est sans valeur et que le type à quatre frontales existe sur un grand nombre de cerveaux normaux, et que, d'autre part, s'il a un caractère réversif, ce ne peut être vers les Carnassiers — ce qui serait contredit par la morphologie du plissement de l'écorce cérébrale dans la série des Mammifères — mais bien vers le type simien inférieur, dans lequel la deuxième frontale est normalement constituée par deux circonvolutions séparées (Hervé).
CERVEAU
La seconde frontale est séparée des frontales supérieure et inférieure par le sillon frontal supérieur (SF1) et le sillon frontal inférieur (SF2). Ce dernier s'étend du sillon prérolandique dans lequel il se jette perpendiculairement à la pointe du lobe frontal ; il est toujours coupé par un ou deux plis d'anastomose (Voy. fîg. 150).
Au niveau du lobule orbitaire, c'est-à-dire dans son trajet à la face inférieure du lobe frontal, la circonvolution est séparée en dedans de la première frontale par la continuation à la face inférieure du cerveau du sillon frontal supérieur qui porte ici le nom de sillon orbitaire interne ou olfactif parce qu'il loge la bandelette olfactive (S, fig. 147); en debors elle est séparée de la Iroisième frontale par la continuation du sillon fronLal inférieur que l'on appelle à ce niveau sillon orbitaire externe (Voy. lig. 147). Entre ces deux sillons orbitaires, la masse quadrilatère de la deuxième frontale est entaillée par une incisure isolée complexe que l'on a appelée incisure en H (F2, fig. 147), à cause de sa forme la plus fréquente (60 %). Cette incisure, d'apparition précoce chez l'Homme, est iixe chez les Primates, chez lesquels la branche transversale de l'H limite, en avant, le centre olfactif antérieur ou orbitaire (Broca). Toutefois cette incisure est fréquemment déformée et présente plusieurs variétés que l'on a appelées, d'après leur disposition, incisure en K, incisure en X, incisure ètoilée, etc.
Le long du bord sourcilier le lobe frontal est parcouru le plus ordinairement (80 °/°) par un sillon transversal, sillon froulo marginal de Wernicke, sillon orbitaire externe de Benedikt, orbito- frontal de Giacomini, composé de trois tronçons répondant aux trois circonvolutions frontales. Parfois ce sillon est complet et dans son intérieur viennent s'ouvrir les deux sillons frontaux (2 "/»)• C'est alors que les trois circonvolutions frontales paraissent interrompues dans leur parcours au niveau du pôle frontal et que les circonvolutions de la face externe du lobe frontal ne pjraissent pas se continuer directement avec celles de la face inférieure de ce lobe. Le sillon orbito-frontal a été regardé à tort par Benedikt comme l'homologue du présylvien des animaux, sous le prétexte que les grandes cellules pyramidales de Betz qui entourent la scissure de Rolando (zone motrice) sont groupées derrière le sillon présylvien (zone du gyrus sigmoïde). Il limite en avant la troisième circonvolution frontale chez les Hylobates; par sa prolongation à la face externe de l'hémisphère dans ce groupe, ce sillon est caractéristique du cerveau des Anthropoides (Waldeyer).
La troisième frontale, frontale inférieure ou circonvolution de Broca (F'), porte le nom de Broca parce que Broca y a découvert le siège du langage articulé. On peut ajouter que, d'après les recherches de cet éminent anatomiste, ce rôle serait dévolu treize fois sur quatorze à la circonvolution du côté gauche, une fois à celle du côté droit, proportion curieuse si l'on se rappelle que c'est à peu près celle des droitiers et des gauchers dans la race blanche.
Étudiée d'une façon spéciale, depuis Broca, par Rcjdinger et Hervé, la troisième circonvolution frontale est limitée en haut par le sillon frontal inférieur déjà écrit, et en bas par la scissure de Sylvius.
A ce niveau", celle-ci émet ses deux branches antérieures, l'une horizontale, l'autre ascendante. Insérée sur le pied de la frontale ascendante, et parfois par un pli séparé, au pli de passage fronto-pariélal inférieur, celte circonvolution, fortement infléchie et comme lassée sur elle-même (Voy. ûg. ISO, et F', fig. 148), se porte en avant en décrivant deux anses ou méandres successifs autour des deux
CERVEAU
branches antérieures de la scissure de Sylvius, et êri formant au-dessus de l'insula de Reil une partie de l'opercule de Burdach.
Les deux méandres embrassant les deux branches antérieures de là sylvienne ont assez justement fait comparer sa forme à celle d'un M majuscule, qui serait placé à cheval sur les deux branches sylviennes antérieures. On peut donc lui décrire trois portions; celle qui se trouve située en arrière de la branche ascendante, c'est à-dire entre celle-ci et le sillon précentral ou prérolandique, porte le nom de pli operculaire,pied de la circonvolution de Broca et est le siège du langage articulé (fig. 148, 150 et 155); celle qui se trouve en avant du sillon ascendant, autrement dit entre les deux branches antérieures, s'appelle pli triangulaire ou cap (2, fig. 148); enfin à la portion placée en avant de la branche horizontale de la sylvienne est réservé le nom de pli orbitaire ou sourcilier (3, fig. 148).
La 3e frontale n'apparaît à la face inférieure du lobe frontal que sur les confins de la partie externe du lobule orbitaire qu'elle contribue à former (F3, fig. 108). Là elle est bordée en dedans par le sillon orbitaire externe et en dessous elle confine à la dernière circonvolution temporale avec laquelle elle est unie par le repli ou bord falciforrne qui limite la vallée de la scissure de Sylvius. Cette circonvolution est toujours unie à la 2e frontale par quelques anastomoses, trois dans le plus grand nombre des cas, plus rarement quatre. — Il n'est pas très rare non plus de rencontrer deux caps, surtout à gauche, ce qui suppose trois branches sylviennes antérieures.
En résumé, après avoir contourné la pointe de l'hémisphère, les trois circonvolutions frontales longitudinales se réunissent en convergeant vers un centre commun, qu'HERVÉ a appelé pôle frontal, situé en avant de l'espace perforé latéral, — au point appelé par Broca le carrefour de l'hémisphère.
Si donc, l'on peut dire avec Féré que les trois frontales s'anastomosent largement à la pointe du lobe frontal, on ne saurait soutenir avec Pansch que la 3e frontale se perd dans la 2° au niveau de la pointe du lobe.
La circonvolution de Broca présente des variations que nous résumons d'après G. Hervé.
1° Le type cérébral primitif des Primates est un type à deux étages frontaux.
2° La circonvolution de Broca n'apparaît qu'avec les Anthropoïdes, en même temps que la branche horizontale antérieure de la scissure de Sylvius, — et se forme par dédoublement de la 2e frontale primitive — d'où la 3e frontale constitue dès lors chez les Primates supérieurs une 4e frontale.
3° Le développement de la 3e circonvolution chez le fœtus reproduit le développement dans la série et n'acquiert que progressivement sa complexité.
4° Presque toujours chez les microcéphales, les imbéciles, les idiots, les sourds-muets, souvent dans les races humaines inférieures, cette circonvolution est rudimentaire ou arrêtée dans son développement, ce qui constitue un caractère réversif.
5° Chez les intellectuels, au contraire, sa complexité morphologique semble marcher de pair avec le degré même de la puissance de la faculté du langage articulé (Rûdinger, Hervé). Elle était très développée dans le cerveau de Gambetta. Mais il est juste de remarquer avec Féré que la coïncidence d'une troisième frontale très compliquée, en W par exemple, avec des talents oratoires très développés, n'a pas la valeur qu'on lui a attribuée, au point de vue de la localisation de Broca, car l'exagération de la fonction d'articulation des mots est évidemment insuffisante pour caractériser l'orateur. En effet, avant un appareil phonateur admirablement réglé, il faut des imagos à l'orateur, sinon ses lèvres, sa langue et son larynx auraient en vain une haute puissance de coordination des mouvements pour l'articulation des sons.
CERVEAU
Variétés des circonvolutions du lobe frontal. — Le sillon frontal supérieur (SF1), est interrompu en son milieu par un, deux ou trois plis d'anastomose entre F1 et F2, 173 fois sur 336 hémisphères, dans les observations de Giacomini.
Le sillon frontal inférieur (SF2) est traversé par un pli d'anastomose antérieur entre F2 et F3, 51 fois sur 160, et par un pli postérieur 22 fois sur 160 (Giacomini). Les deux sillons frontaux sont réunis par un sillon transversal 180 fois sur 598 hémisphères d'après les observations réunies de Giacomini, Chiarugi, Valenti et celles de mon élève Vanhersecke (1). Le sillon frontal supérieur est séparé du prérolandique 10 fois sur 160 hémisphères (Valenti). Les trois circonvolutions frontales peuvent naître par des racines profondes, d'autres fois par des racines doubles. F1 a une racine profonde 14 fois sur 158, et une double racine 76 fois sur 158; — F2 a une racine profonde 38 fois sur 158, et une double racine 31 fois sur 158; — F3 a une racine profonde 42 fois sur 158, et une double racine 3 fois sur 116 (Vanhersecke). — F1 est coupé par un sillon transversal 5 fois sur 42 (Chiarugi), — F2 par un sillon analogue 80 fois sur 160 (Giacomini), et F3 est entamé par un sillon semblable 29 fois sur 42 (Chiarugi). Les étages frontaux peuvent être réduits ou augmentés. Il n'y a que deux étages 6 fois sur 560 hémisphères (Giacomini- Valenti) par suite de la fusion de F2 et F3 ; il y a quatre étages incomplets par division longitudinale : a) de F1, 9 fois sur 168 cerveaux, b) de F2, 7 fois sur 336 hémisphères, et quatre étages complets, c'est-à-dire quatre circonvolutions frontales avec autant de racines spéciales, 18 fois sur 558 hémisphères (Giacomini, Chiarugi, Vanhersecke). Giacomini a rencontré le lobe frontal à quatre circonvolutions longitudinales 4 fois sur 54 criminels (une seule fois quatre étages complets), Benedikt 27 fois sur 87 et Hanot 4 fois sur 11 cerveaux de criminels.
Le sillon frontal inférieur peut manquer 2 fois sur 160, ce qui est un caractère simien; le sillon prérolandique forme un véritable sillon précentral 95 fois sur 558 hémisphères. La continuité du sillon orbito-frontal (orbitaire externe de Benedikt), a lieu de 18 à 20 fois sur 100 (Giacomini, Zernoff, Chiarugi) et plus (Vanhersecke). — F3 porte une incisure en Y (branche antérieure de la sylvienne) 25 fois sur 160, en V 71 fois, en U 60 fois, très compliquée 2 fois sur 160, et une seule incisure (branche antérieure de la sylvienne simple) également 2 fois.
Le lobe frontal peut présenter des caractères simiens. De cet ordre sont la simplicité de F1 (comme chez la Vénus hottentote de Cuvier, l'idiot de Gratiolet et celui de Giacomini) et la simplicité de F3 par suite de l'unicité de la branche antérieure de la sylvienne ; l'existence du sillon d'Eberslaller, et la présence du bec ethmoïdal comme on l'a plusieurs fois observé sur les pauvres d'esprit. Il peut, au contraire, montrer des carac. tères à tendance élevée, comme l'unicité des racines de F1 et F2, l'existence d'un sillon transversal dans F2, un sillon précentral unique, la complexité de toutes les circonvolutions frontales.
Le lobe orbitaire présente une incisure en K 29 fois sur 116, en H 69 fois sur 116, en X ou étoilé 14 fois sur 116.
Pour terminer je dois dire que l'examen des circonvolutions frontales à la suite d'anciennes amputations des membres ou d'ectromélie ne m'a fourni que des résultats négatifs, ce qui ne fait que confirmer du reste les observations antérieures de Charcot, Férô et Mayor, Giacomini.
Lobe pariétal. — Le lobe pariétal circonscrit par les scissures de Rolando, de Sylvius, sous-pariétale et occipitale, par conséquent visible à la fois à la face externe et à la face interne de l'hémisphère, comprend trois circonvolutions : une ascendante appelée pariétale ascendante ou post-rolandique (Pn), et deux longitudinales connues sous les noms de première circonvolution pariétale (P1)
(I) Vanhersecke, La morphologie des circonvolutions cérébrales (Thèse de Lille, 1891).
CERVEAU
ou pariétale supérieure (lobule pariétal supérieur), et de deuxième circonvolution pariétale (P2) ou pariétale inférieure (lobule pariétal inférieur).
Le lobe pariétal correspond à l'os pariétal de la voûte du crâne, mais ce dernier dépasse en tous sens le département cérébral de nom correspondant. La bosse pariétale répond au centre de la circonvolution pariétale inférieure.
Ce lobe pèse les 36 centièmes du poids total de l'hémisphère et sa superficie en égale les 20 centièmes.
La pariétale ascendante ou post-rolandique borde en arrière la scissure de Rolando (Pa, fig. 148). Son extrémité supérieure est unie à celle de la frontale ascendante par un pli de passage qui ferme en haut le sillon de Rolando, et pareillement son extrémité inférieure est unie à l'extrémité similaire de la frontale ascendante par un autre pli de passage qui ferme le sillon en bas. De telle sorte qu'on pourrait dire que les deux circonvolutions rolandiques ou centrales forment une sorle d'anneau très allongé ou de boutonnière dont l'ouverture serait représentée par la scissure de Rolando. Le pied de cette circonvolution contribue à la fois à border la scissure de Sylvius et à la constitution de l'opercule de Burdach qui cache et voile l'insula. 11 y a parallélisme exact entre les deux circonvolutions rolandiques, et, comme à la frontale ascendante, on peut décrire trois portions à la pariétale ascendante : une supérieure, convexe en avant, et répondant au genou supérieur dé la scissure; une moyenne-concave en avant, où s'enfonce le pied de la 2" frontale; une inférieure, convexe en avant et répondant au genou inférieur de la scissure. En arrière, 1» pariétale ascendante est limitée par le sillon post-rolandique. A la face interne de l'hémisphère, elle contribue pour une petite part à former le lobule paracenlral que contourne la scissure sous-frontale et que partage une petite incisure centrale (p, fig. 149). Mais ce lobule, il faut le retenir, est presque entièrement formé par la tête de la frontale ascendante.
La pariétale supérieure (P1, fig. 148), fait en arrière de la scissure de Rolando le pendant à la frontale supér ieure. Comme cette dernière, elle s'insère par son pied sur la pariétale ascendante; comme elle, elle longe le bord sagittal et empiète sur ses deux faces. A la face interne, elle forme un amas mamelonué de plis : le lobule quadrilatère, prsecuneus (P, fig. 149), limité en avant par la scissure sous-frontale (SSF), en arrière par la scissure occipitale (0). En bas, ce lobule est séparé du lobe limbique par la scissure sous-pariétale (SSP), et communique avec ce lobe par les deux plis de passage pariéto-limbiques. (Voy. fig. 148.) A la face externe de l'hémisphère, elle a une forme générale triangulaire, et se termine en arrière par une queue arquée qui traverse la partie supérieure de la scissure occipitale externe et vient s'unir à la 1" circonvolution occipitale par le premier pli de passage pariéto-occipital, qui vient interrompre et masquer la scissure.
La pariétale inférieure naît par un pied, parfois deux de la pariétale ascendante; de là, elle remonte un peu le long de la pariétale ascendante et contourne la fin de la branche postérieure ou oblique de la scissure de Sylvius, où elle forme ce que l'on appelle le lobule du pli courbe, gyrus marginalis (P2, fig. 150), et là «'anastomose par son bord inférieur avec l'extrémité postérieure de la temporale supérieure à l'aide d'un pli, 1er pli de passage pariéto-lemporal. (Voy. fig. 152). Puis, elle continue son chemin en arrière en décrivant un long méandre tourmenté qui se met à cheval sur la queue du premier sillon temporal,
CERVEAU
la scissure parallèle fies classiques, et forme là ce que l'on connaît sous le nom de pli courbe, gyrus angularis (P% fig. 150 et 155). Par son extrémité postérieure, le pli courbe se continue à la fois avec la 2e temporale, deuxième pli de passage pnrièto- temporal, et avec la 2° occipitale, deuxième pli de passage parièto occipital (Voy. fig. 148 et 155) de Gratiolet, pli superficiel qui masque aussi la scissure occipitale. Ces deux circonvolutions représentent les deux groupes circonvolutionnaires pariétaux des Carnassiers; la supérieure correspond au groupe sagittal, la seconde au groupe sylvien. Elles résultent donc de la fusion des 4 circonvolutions primitives des Mammifères ordinaires en deux lobules. Entre elles on voit un sillon de conformation diverse, le sillon intra-pariétal de Turner (fig. 152etl55).Le plus généralement, il représente un sillon courbe à concavité inférieure qui commence en avant près du pied de la pariétale ascendante, monte entre cette circonvolution et le lobule du pli courbe en formant ce que l'on a appelé le sillon posl-roland'uiue, puis s'infléchit et se porte en arrière entre le lobule pariétal supérieur et le lobule pariétal inférieur pour aller se jeter dans le lobe occipital où il se perd, soit dans un sillon transverse, sillon occipital transverse, soit en se confondant avec le 1" sil'on occipital. Fréquemment, dans la moitié des cas peut-être, il est interrompu en arrière par un ou même deux plis d'anastomose, plis de passage transversaux de Gromier, qui unissent les deux circonvolutions pariétales.
Il résulte de cette particularité que la partie initiale de la scissure peut être complètement interrompue par suite de l'existence d'un pli d'anastomose superficiel ; isolée du reste, cette partie du sillon interpariétal constitue un sillon parallèle à la scissure de Rolando, sillon post-rolandigue, limité en arrière par une troisième circonvolution centrale (RR', fig. 153). De même, la partie postérieure de ce sillon, isolée aussi du reste dans certains cas, prend une forme en X ou en K ; c'est à ce sillon que Wiluer. a donné le nom de fissure paroccipitale. Dans sa partie courbe, il fournit presque constamment un rameau ascendant qui se porte vers la scissure pariéto-occipitale, le sillon pariétal transcerse de Brissaud, et, en outre, un rameau descendant, sillon intermédiaire de Jensen, qui sépare le premier pli de passage pariéto-temporal du pli courbe.
Le sillon intra-pariétal représente le sillon pariétal en V renversé des Singes inférieurs, et si, chez l'Homme, la circonvolution pariétale inférieure ne se réduit plus il une seule circonvolution arquée ("pli couche), comme chez ces derniers animaux, tuais forme un véritahle lohule représenté en hloc par deux anses, c'est parce que l'anse primitive, s'allongeant, a dû s'incurver davantage pour trouver place.
Variétés du lohe pariétal. — Le sillon interpariétal est interrompu par un pli d'anastomose 154 fois sur 526 hémisphères (Giacomini, Vanhersecke), par deux [dis 17 fois sur 336 hémisphères (Giacomini). Le sillon post rolandique est indépendant et. complet de 15 à 22 fois pour 100; il communique avec l'interpariétal de M a !il fois pour 100 et manque de 23 à ">2 fois pour 100 (Giacomini, ZernofT, Vanhersecke). D'après les recherches de Cunningham, le sillon post-rolandique est : a) divisé en deux partiels, séparées toutes deux du sillon interpariétal, \ fois sur 62 hémisphères; /') il est complet et séparé du sillon intexpariétal 10 fois sur C>2-, n il est complet et communique avec le sillon interpariélal X> fois sur 02 ; d) le sillon interpariétal communique avec la branche inférieure du post-rolandique et la partie supérieure de ce dernier reste indépendante 10 fois suc 02: ej le sillon interpariétal, enfin, communique avec l'extrémité
CERVEAU
inférieure du rameau supérieur du posl-rolandique, et le rameau inférieur du postrolandique en reste séparé 2 fois sur 62 fois. La pariétale ascendante est divisée en deux tronçons par la pénétration du sillon interpariétal dans la scissure de Rolando (5 %) ; elle peut être en grande partie dédoublée dans sa longueur (Calori, etc.).
D'autre part, le sillon interpariétal s'étend sans interruption jusque dans le lobe occipital 55 fois sur 180 hémisphères (Giacomini), communique avec la scissure de Sylvius 32 fois sur 158 hémisphères, et avec le sillon parallèle (ST1), par suite d'un deuxième pli de passage profond, 110 fois sur 558 hémisphères (Giacomini, Chiarugi, Vanhersecke).
Très réduite chez les Cynocéphales, la circonvolution pariétale supérieure forme déjà chez l'Orang et le Chimpanzé un lobule presque aussi important que chez l'Homme. Un sillon longitudinal plus ou moins prononcé peut, dans certains cas, dédoubler les circonvolutions pariétales (P1 + P2) en quatre circonvolutions pariétales. D'après Rùdinger, un lobe pariétal à grand développement transversal et à fort pli de passage pariélo-occipital supérieur est le propre d'un cerveau supérieur [lur Anat. der Affenspalte und der lnlerparietalfurche, 1889).
Lobe temporal, — Le lobe temporal de l'Homme et des Singes qui procède du groupe sylvien des Mammifères ordinaires, est placé au-dessous du lobe pariétal et séparé de lui par la scissure de Sylvius. Il apparaît sur les faces externe et inférieure de l'hémisphère et se prolonge vers le hile de ce dernier jusqu'à la fente de Bichat. En arrière, ses limites sont peu précises, car ses circonvolutions s'unissent directement ou par des plis de passage avec les circonvolutions des lobes voisins, mais son origine même doit le faire séparer de ces lobes. Il est formé de cinq circonvolutions longitudinales qui sont séparées par quatre sillons et qui partent toutes d'un centre commun indivis situé à la pointe du lobe, appelé par Broca pôle temporal.
Il repose dans la fosse temporo sphénoïdale de la base du crâne. Sa superficie égale le 20" environ de la superficie totale des hémisphères et son poids représente, d'après Bischoff, le 13' du poids total du cerveau.
La première temporale (T1), assez étroite, flexueuse, longe la scissure de Sylvius dont elle forme la lèvre inférieure (T1, fig. 148, 150, 155) et s'unit à la pariétale inférieure par un pli de passage que nous connaissons déjà (1er pli de passage pariéto-temporal).
La deuxième temporale (T2) est parallèle à la première (T2, fig. 148) ; en arrière elle se continue par deux plis de passage à la fois avec la circonvolution pariétale inférieure, pli temporo-par létal (ou 2e pli de passage pariéto-temporal), et avec la seconde circonvolution occipitale, premier pli temporo-occipital.
La troisième temporale (T3) occupe le bord externe de l'hémisphère (T3, fig. 148 et 150); en arrière, elle s'unit à la deuxième et à la quatrième temporales par des plis d'anastomose, et se jette ou tout entière dans la troisième occipitale, deuxième pli de passage temporo-occipital, ou mi-partie dans celle-ci et mipartie dans le gyrus prœoccipitalis. Ces Irois circonvolutions temporales sont les seules que l'on voit à la face externe de l'hémisphère.
Entre la première temporale et la seconde court un sillon remarquable par sa régularité, sa profondeur, son apparition précoce chez l'Homme, son importance dans la série animale et son trajet parallèle à celui de la scissure de Sylvius (fig. 155) : c'est le premier sillon temporal que Gratiolet avait élevé à la dignité d'une scissure sous le nom descisswe parallèle (ST).
La quatrième temporale (T4), qu'on voit sur la face inférieure de l'hémisphère est coupée par des incisures multiples ; elle est bien isolée en avant de la
CERVEAU
cinquième temporale, mais fréquemment unie à la troisième par des plis anastomotiques qui traversent le troisième sillon temporal (ST3).
La cinquième temporale (T5) est la plus remarquable des circonvolutions du lobe temporal. C'est la circonvolution du grand hippocampe, gyrua uncinatus (H, fig. 147 et T5, fig. 149). Située entre la quatrième circonvolution temporale en dehors et la fente de Bichat en dedans, cette circonvolution borde le seuil de l'hémisphère. Sa partie antérieure, lisse et renflée, se termine en crochet, c'est Vuncus ou lobule de l'hippocampe (U, fig. 149), et se continue en arrière avec le corps bordant et le corps godronné; son extrémité postérieure, effilée, pénètre dans le lobe occipital, au-dessous de la scissure calcarine. Elle s'anastomose d'ordinaire avec la quatrième temporale par un pli qui traverse la partie moyenne du quatrième sillon temporal, et au-dessous du bourrelet du corps calleux, communique avec le lobe limbique ou circonvolution du corps calleux par le pli de passage temporo-limbique. Le crochet de l'hippocampe n'existe que chez les Primates et les Cétacés. C'est un témoin de la rétraction de la corne d'Ammon chez les Anosmatiques.
Le quatrième sillon temporal (ST4) est ordinairement d'un seul jet; il est remarquable par sa précocité (6e mois), sa profondeur et sa constance. En arrière il se continue avec le quatrième sillon occipital. En avant, il est continué par Vincisure limbique (sillon préuncique). Sa portion antérieure se projette dans le ventricule et y détermine Yêminence collatérale.
Quant au cinquième sillon temporal (ST5, sillon du grand hippocampe (Voyez Corne d'Ammon), en s'enfonçant dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral, il détermine la formation d'un gros bourrelet que l'on appelle le grand hippocampe ou corne d'Ammon. Ce sillon, vestige de la partie supérieure de la scissure ammoniquedu fœtus, fait suite au sinus du corps calleux.
Le lobe temporal communique donc : 1" avec le lobe frontal par le pli falciforme; 2° avec le lobe du corps calleux par le pli temporo-limbique; 3° avec le lobe pariétal par le pli rétro-sylvien et le pli courbe qui sont superficiels, et le temporo-pariétal qui appartient au lobe de l'insula.
Variétés du lobe temporal — Le premier sillon temporal (ST,) est interrompu par un pli d'anastomose entre T1 et T2 cinquante-cinq fois, et par deux plis onze fois sur 366 hémisphères ; deux fois sur 3G6 il fait défaut (Giacomini). Le sillon parallèle s'ouvre dans la sylvienne par une rigole creusée sur T1, ou bien par son extrémité postérieure dans le sillon interpariétal ou encore dans le sillon occipital transverse. ST' peut faire défaut dans sa portion antérieure (un tiers des cas) ; il peut rejoindre l'incisure limbique (rare) ou s'ouvrir dans ST3 par une rigole creusée sur le trajet de T3. Chez beaucoup de nègres et d'idiots (P. Broca), et même dans pas mal de cerveaux de sujets ordinaires, le pli temporo-limbique devient profond, ce qui rappelle la disposition du sillon de l'hippocampe (ST5) chez les Singes. Dans ces circonstances, le lobe limbique, qui comprend â la fois la circonvolution du corps calleux et la circonvolution do l'hippocampe est à nouveau limité de toules parts par le sillon de l'hippocampe qui n'est autre chose que le vestige dans l'espèce humaine de la grande scissure limbique des animaux osmatiques. Dans certains cas, le sillon de l'hippocampe se prolonge jusqu'à la pointe du lobe temporal et vient achever l'isolement du lobe limbique.
En dedans de la circonvolution de l'hippocampe, on trouve une circonvolution avortée, la circonvolution godronnéee (fascia dentata) qui s'épaissit au niveau du
CERVEAU
corps calleux {fasciola cinerea), puis monte sur la face supérieure de ce corps qu'elle parcourt dans toute son étendue sous la forme d'un voile gris (induseum griseum). Ce voile s'épaissit sur la ligne médiane où il constitue les tractus médians de Lancisi, et sur les côtés où il forme les tœniœ tectse. Ces deux sortes de tractus s'épaississent en contournant le genou du corps calleux, donne naissance à la circonvolution géniculèe de Zuckerhandl, et s'unissent ensuite aux pédoncules du septum lucidum pour aller se continuer avec la bandelette diagonale de Broca ou bandelette du carrefour olfactif- La circonvolution godronnée commence au niveau du crochet de l'hippocampe par la bandelette de Giacomini (voy. Corps godronné) ; elle est en rapport en dedans dans sa portion temporale avec le coros bordant dont elle est séparée par un petit sillon, sillon fîmbrio godronnr. En dehors elle répond à la circonvolution de l'hippocampe; dans son ensemble elle est cachée dans le sillon ammonique.
Lobe occipital. — Le lobe occipital n'existe que chez les Primates, et encore chez l'Homme il est assez mal autonomisé. Il est formé de six circonvolutions séparées par cinq sillons qui partent d'un centre situé à l'extrémité postérieure de l'hémisphère appelé pôle occipital et ont une direction générale longitudinale. Sur la face externe il est séparé par la scissure occipitale externe du lobe pariétal avec lequel il communique par les plis de passage pariéto-occipitaux ; à la face interne il est séparé du lobe pariétal par la scissure occipitale interne, et du lobe du corps calleux par la queue de la scissure en Y ou première portion de la scissure calcarine, mais il communique avec ces lobes, par les plis de passage profonds cunéo-parictal et cunéo-limbique. A la face inférieure ou cérébelleuse de l'hémisphère enfin, il se continue sans ligne de démarcation avec les circonvolutions du lobe temporal. Les trois premières circonvolutions occipitales visibles à la face externe de l'hémisphère ont. été réunies par Broca sous le nom de lobule sus-occipital, les deux suivantes, qui occupent la face inférieure, ont reçu du même auteur le nom de lobule sous-occipital, et la dernière, que l'on voit à la face interne, porte le nom de lobule occipital interne, lobule triangulaire, cunèus (O6, fi g. 149).
Le lobe occipital repond par sa convexité à la fosse occipitale supérieure du crâne et par sa base il repose sur la tente du cervelet. Son pôle correspond à l'inion et peut présenter la trace de l'origine du sinus latéral. Il pèse environ les 10 centièmes du poids total de l'hémisphère et sa superficie peut être évaluée aux 17 centièmes de la surface des hémisphères.
La première circonvolution occipitale (O1) est la plus élevée de la face convexe (0', lig. 148 et 150); elle se continue avec la circonvolution pariétale supérieure par le premier pli de passage. La deuxième occipitale (O2) se joint à la circonvolution pariétale inférieure par le second pli de passage de Gratiolct, mais envoie en même temps d'ordinaire une bifurcation à la seconde circonvolution temporale (O2, fig. 150 et 151). La troisième, occipitale (O3) occupe le bord externe du lobe et prolonge la troisième temporale, mais assez souvent aussi elle est unie à la deuxième temporale par une bifurcation (0\ fig. 148 et 150). Les quatrième et. cinquième occipitales (O* et O5) occupent la face inférieure du lobe et sont respectivement la continuation des quatrième et cinquième temporales. La quatrième, en s'unissant à la quatrième temporale, forme avec elle une masse renflée à laquelle on a donné le nom de lobule fusiforme ou cir-
CERVEAU
convolution tnnporo-occipitale inférieure et externe (5, fig. 147); la cinquième occipitale, étalée sous la scissure calcarine, constitue avec la cinquième temporale le lobule lingual ou circonvolution temporo-occipitale inférieure et interne (6, tig. 147). Entre ces deux dernières circonvolutions, la quatrième et cinquième occipitales, court le quatrième sillon occipital qui se continue avec le quatrième sillon temporal. Entre O1 et O2 court le premier sillon occipital qui dans la moitié des cas se jette dans le sillon interpariétal.
La sixième occipitale enfin (0°), en forme de triangle à base tournée en arrière, d'où son nom de lobule cunéiforme, coin ou cunéus, siège à la face interne du lobe (O6, fig. 149); elle est bordée en haut par la scissure occipitale interne qui la sépare du lobule quadrilatère (precuneus) appartenant au lobe pariétal, et. en bas par la scissure calcarine. Par sa pointe elle est unie au lobe limbique par un pli de passage profond, le pli cunéo limbique.
Variétés du lobe occipital. — Lisse sur le Cynocéphale, chez le Macaque et la Guenon, où il contraste si fort avec le reste de l'écorce cérébrale qu'il a l'air de coiffer le cerveau en arriére, d'où le nom de calotte que lui a donné Graliolet, il commence à se plisser chez quelques Scmnopithéques, puis se plisse davantage chez le Gibbon et atteint presque le degré du plissement qu'il a chez l'Homme avec l'Orang et le Chimpanzé. Les deux plis de passage inférieurs ou temporo-oceipitaux sont déjà bien visibles chez les Anthropoïdes, mais les deux plis de passage supérieurs ou pariéto occipitaux restant plus profonds et non apparents encore à l'extérieur, il en résulte que la scissure occipitale externe reste plus ouverte qu'elle ne l'est chez l'Homme. Mais que les plis de passage de Gratiolel deviennent profonds, et la scissure occipitale s'ouvre à nouveau et redevient aussi évidente que chez les Singes inférieurs. C'est ce que l'on a observé nombre de fois, non seulement chez les faibles d'esprit, les idiots, les nègres, mais môme chez les hommes fort intelligents, Asseline notamment.
Benedikt, Brown, Tenchini, Willigk, Mingazzini, ont observé 5 fois sur 112 criminels un vrai opercule occipital. Lombroso a considéré dès lors l'existence de la calotte du cerveau dans l'espèce humaine comme un les caractères du cerveau des assassins, mais si je m'en rapporte à mes propres recherches qui ont porté sur plus de 200 cerveaux, c'est presque la proportion (4 à o°/0) que l'on trouve chez les sujets ordinaires. — Dans 12 microcéphales on a noté quatre fois l'existence de cette particularité. Dans près de la moitié des sujets, on constate la présence d'un sillon occipital transverse dans lequel vient s'ouvrir le plus souvent le sillon interpariôtal pour constituer le sillon en T. Un autre sillon transversal, placé à la limite des lobes occipital et pariéto-temporal, peut être représenté de haut en bas par l'encoche île la scissure occipitale, les plis de passage de Gratiolet, un sillon occipital antérieur, un sillon préoccipital et l'incisure préoccipitale croisée sur le bord externe de l'hémisphère.
Lobe du corps calleux. — Le lobe du corps calleux (C, fig. 149), appelé classiquement circonvolution du corps calleux, circonvolution calloso-marijinale , circonvolution crétée, circonvolution de l'ourlet ((H/rus fornicatus), est le vestige chez les Primates du grand lobe limbique des Mammifères ordinaires.
La plupart des Vertébrés, les Mammifères osmatiques surtout, chez lesquels l'organe de l'odorat est très développé et possède les caractères d'un sens majeur, ont à la surface du cerveau un vaste lobe affecté à l'olfaction, le lobe olfactif.
Ce centre olfactif forme à la face interne de l'hémisphère un cercle complet (('.., II. fig. 158) appelé grand lobe limbique (rlunencéplialon de Turner), parce qu'il borde le seuil (limen) de l'hémisphère. Considérablement réduit chez les Mammifères anosma-
tiques, et en particulier chez l'Homme, dont le sens" dominant n'est plus l'odorat, le lobe limbique décrit cependant encore un circuit presque complet autour du corps calleux, ce qui a fait appeler la circonvolution du corps calleux circonvolution annulaire ou de l'ourlet. Ce n'est, en effet, qu'en avant, au niveau de l'espace perforé antérieur (vallée de Sylvius), que celte circonvolution parait franchement interrompue. Elle persiste donc sous la forme d'une anse ouverte en avant, qui embrasse le corps calleux. Mais, si à son arc supérieur l'usage a conservé le nom de circonvolution du corps calleux, son arc inférieur a pris le nom de cinquième circonvolution temporale ou circonvolution de l'hippocampe.
Ce grand lobe diffère du reste du manteau par sa précocité, par son absence de plissement chez les Gyrencôphales, par son atrophie lorsque le grand développement
Fig. Iô8. — Face latérale interne de l'hémisphère droit du cerveau
S, scissure sous-frontale; p\ scissure sous-pariétale; 0, scissure occipitale interne; Ca, scissure calcarine; C, circonvolution du corps calleux - p. lobule ovalaire; P, précunéus ; F1, circonvolution frontale interne; 06, sixième occipitale ^cunéus) ; 05, cinquième occipita'e; 04, quatrième occipitale; T5, cinquième temporale (circonvolution de l'hippocampe); T4, quatrième temporale; V3, troisième temporale; U, crochet (uncus) de l'hippocampe; T, couche optique; m, trou de Monro ; i, trigone cérébral ; 2, tœnia du corps calleux; 3, genou du corps calleux; 4, seplum lucidum; 5, commissure blanche antérieure; 6, scissure choroïdienne (fente de Bichat) ; 7, pilier postérieur du trigone (corps bordant) ; 8, corps godronné ; 9, triangle sous-calleux; 10, fascia cinerea ; 11, splénium ou bourrelet du corps calleux.
des circonvolutions antérieures donne, chez les Primates, la prééminence au lobe frontal (Broca).
Quoi qu'il en soit, la circonvolution dite du corps calleux a la valeur d'un lobe et nous la décrirons comme telle. Elle prend naissance au-dessous du genou du corps calleux, dans toute région appelée carrefour de l'hémisphère par Broca (fig. 156), par une pointe qui l'unit à F1, se porte de là en avant, puis en haut et en arrière en suivant la convexité du corps calleux jusqu'au bord inférieur du bourrelet, où elle se termine en se continuant sur le bord de la fente de Bichat avec la circonvolution de l'hippocampe par un pli étroit, le pli de passage temporo-limbique qui peut devenir profond (68 fois sur 168 cerveaux, selon Giacomlni). Son bord concave est séparé du corps calleux par une rainure linéaire, le sinus du corps calleux; son bord convexe est séparé du lobe frontal par la scissure sous-frontale, du lobe pariétal (lobule quadrilatère) par la scissure sous-pariétale, qui est le vestige de la scissure sous-pariétale des Mammifères ordinaires.
C'est donc par erreur que Rolando a réuni cette circonvolution avec le lobule quadrilatère sous le nom de circonvolution crétée (par analogie avec une crête de coq). Au niveau du genou du corps calleux elle est unie au lobe frontal par un pli qui franchit la scissure sous-frontale, le pli de passage fronto-limbique, et à peu près au milieu du corps calleux par un autre pli, le pli de passage fronlolimbique pré-ovalaire (Voy. fig. 158); plus loin les plis de passage paricto-limbiques antérieur et postérieur l'unissent au lobe pariétal (lobule quadrilatère, precunéus), et au niveau de la rencontre de la scissure occipitale et calcarine, un pli de passage profond (superficiel chez les Singes), pli cunéo-limbique, l'unit au lobe occipital (cunéus).
Le lobe du corps calleux représente donc seul chez les Primates le grand lobe limbique des Mammifères moins élevés. Mais, en réalité, on doit lui adjoindre ou plutôt lui
Fig. 159. — Vue de l'insula après écartement des lèvres de la scissure de Sylvius.
S, scissure de Sylvius; R, scissure de Rolando; F* et P», circonvolutions rolandiques ; T*, première circonvolution temporale; i, 2, 3, plis profonds temporaux pariétaux; 1, "1, insula postérieure; 3, 4, 5, 6, insula antérieure.
restituer la circonvolution de l'hippocampe et les origines olfactives. En elïet, chez les Mammifères à odorat bien développé, les Osmaliques de Broca, le grand lobe limbique se compose des lobes olfactifs, de l'hippocampe et du corps calleux. Chez les Primates et les Cétacés, c'est-à-dire chez les Auosinaliqiies, ce lobe s'atrophie parallèlement à l'amoindrissement des fonctions olfactives. Le lobe olfactif se réduit à la bandelette et au bulbe olfactifs, le lobe de l'hippocampe s'atrophie et n'est plus représenté que par une petite circonvolution qui se fusionne avec le lobe temporal, et le lobe du corps calleux lui-même n'est plus considéré que comme une simple circonvolution. Parallèlement, la grande ceinture limbique parait comme etlondrée en plusieurs points et discontinue.
Le lobe limbique fait, chez les Mammifères inférieurs aux Primates (Chien, Cheval, Mouton, etc.), un coude sous le bourrelet du corps calleux qui contribue à former les circonvolutions sous - calleuses, en vestige encore dans certains cerveaux de l'espèce humaine (Voy. Corps godronné).
Nous verrons un peu plus tard toutefois (voy. Corps godronné) que le lobe limbique d'après P. Broca n'est, en réalité, qu'un lobe para-limbique.
Le lobe olfactif, atrophié dans l'espèce humaine (voy. page 218) est un véritable lobe chez les Osmatiques (Carnassiers, Ruminants, Solipédes, etc.). Chez ces derniers, il
CERVEAU
occupe la partie la plus antérieure de la cavité crânienne. Développé aux dépens de la vésicule des hémisphères dont il n'est qu'une sorte d'évagination, il contient encore chez nombre de Mammifères (Cheval) une cavité centrale, le ventricule olfactif, qui communique avec la cavité du venlricule latéral par un canal étroit. Ce lobe est rattaché à l'hémisphère, par deux racines ou circonvolutions, une externe qui se continue avec la circonvolution de l'hippocampe, une interne qui se continue avec la circonvolution du corps calleux.
Variétés du lobe du corps calleux. — Le pli temporo-limbique peut être profond ; dès lors la scissure en Y paraît s'ouvrir dans le sillon de l'hippocampe comme chez beaucoup de Singes. La circonvolution du corps calleux peut être coupée par un pli faisant communiquer le sillon du corps calleux avec la scissure sous-frontale (très rare) et la scissure sous-frontale rejoindre la scissure occipitale-interne à travers la scissure sous-pariétale (disposition rappelant celle des Quadrupèdes). La plus importante des moditications de la circonvolution du corps calleux est sa subdivision en deux circonvolutions, par suite de l'existence d'un sillon plus ou moins profond et plus ou moins complet qui court le long de son étendue. Ce sillon, sillon intra-limbtque, que j'ai observé dans la proportion d'environ 5 %, est comme une sorte de tendance évolutive vers la formation d'une deuxième circonvolution frontale interne dans l'espèce humaine.
C'est à celte conclusion du moins qu'est arrivé Manouvrier. (Bull, de la Société d'Anthrop. de Paris, 1892), — mais je regrette de ne pouvoir partager l'opinion de mon savant collègue de l'Ecole d'Anthropologie de Paris. J'ai dit pourquoi ailleurs (voy. Thèse de Bole, p. 67, Lille, 1893). Chez les Cétacés à fanons, ce pli est dédoublé au point de constituer trois circonvolutions au lobe du corps calleux.
Lobe de l'Insula. — Le lobe de l'Insula, insula de Reil, lobule du corps slrié, occupe le fond de la fosse de Sylvius, dont il faut écarter les bords pour l'apercevoir (1 à 6, lig. 159). Deux portions de la marge de la scissure contribuent surtout à le cacher, et portent pour cette raison le nom d'opercule, opercule de Reil ou de Burdach. Ces deux portions qui surplombent en forme de saillie et recouvrent l'insula appartiennent, l'une au pied des deux circonvolutions rolandiques (opercule supérieur), l'autre à la lre circonvolution temporale (opercule inférieur). Le cap de la 3e frontale vient aussi s'ajouter aux saillies précédentes et constitue un opercule accessoire (opercule orbitaire).
L'insula a la forme d'une coquille de mollusque bivalve, c'est-à-dire qu'elle a l'aspect d'un triangle bombé et comme recouvert de vagues disposées en évenlail; son sommet regarde l'entrée de la scissure de Sylvius et sa base correspond au lobe fronto-pariélal. De ses trois bords, l'antérieur ou frontal est séparé du lobe du même nom par une rigole, rigole frontale ou antérieure ; le supérieur du lobe fronto-pariétal par une autre rigole, rigole fronto-par létale ou supérieure, et l'inférieur du lobe temporal par une rigole semblable, rigole temporale ou inférieure. Ce sont là les sillons marginaux de Schnopffagen, le sillon circulaire de Reil.
L'insula peut être partagée, à l'exemple d'EBEHSTALLER, en deux parties par suite d'un sillon qui le traverse de sa base à son sommet, grand sillon central, l'une antérieure, insula antérieure, reliée au lobe frontal, l'autre postérieure, insula postérieure, rattachée au lobe temporo pariétal (Voy. fig. 159).
L'insula antérieure (3, 4, 5, 6, fig. 159) présente trois circonvolutions confluentes au pôle de l'insula séparées par deux sillons. La plus postérieure
CERVEAU
(gyrus tertius cTEberstaller), appelée par Cunningham (1) gyrus centralis anterior relie l'insula à Fa; les deux autres (gyrus primus et secondus) le rattachent à F3.
L'insula postérieure (1, 2,, fig. 159) est séparée en deux circonvolutions par un sillon qui la parcourt en suivant sa longueur. La première est appelée gyrus centralis posterior par Cunningham. Ces deux circonvolutions se fusionnent en bas, et vont se rendre non dans l'extrémité du lobe temporal, comme le disent Eberstaller, Hefftler et Guldberg, etc., mais en réalité au grand lobe limbique (Cunningham). En haut elles se jettent sur Fa et la circonvolution pariétale inférieure.
Il résulte de cette description qu'il y a analogie et concordance entre les plis et sillons de Reil et les plis et sillons de Rolando. L'insula antérieure correspond à un pli temporo frontal, l'insula postérieure à un pli tempo pariétal.
En arrière, l'insula postérieure est limitée par la rigole postéro-inférieure au-delà de laquelle (région rétro - insulaire) on voit un contrefort jeté entre Tl et Ps, le pli de passage temporo - pariétal profond de Hroca, circonvolution temporale transverse de Heschl, composé d'un ou de deux plis (1, 2,3, fig. 159).
A l'entrée de la scissure de Sylvius {région pré-insulaire ou seuil de l'insula), le pôle de l'insula est bordé par un pont arrondi et curviligne qui s'étend de la première temporale à la racine de la 3° frontale, c'est-à-dire par une jetée entre le lobe frontal et le lobe temporal : c'est le pli falciforme de Broca.
La face profonde du lobe de l'insula repose sur le noyau lenticulaire du corps strié ; sa surface superficielle est recouverte d'une couche de substance grise qui se continue de toutes parts avec l'écorce des trois lobes circon voisins.
L'occultation du lobe de l'insula chez l'Homme n'indique pas qu'il soit on régression dans l'espèce humaine. Loin de là, car c'est le contraire qui est vrai. — L'insula de l'Homme est en etïet plus considérable, plus plissée que celle des Singes. A part les Anthropoïdes, ces animaux l'ont ordinairement petite, lisse ei plus ou moins découverte. Celle de l'Orang et du Gorille a trois plis, celle du Chimpanzé quatre et dans l'insula de l'Homme on peut rencontrer plus de cinq plis. Chez les Hylobates un silloa sépare l'insula en un lobule frontal ou antérieur, et en un lobule lemporo-pariétal ou postérieur (Waldeyer).
Si donc chez nous, l'insula s'est enfoncée et est devenue une sorte de lobe central, c'est en raison du grand développement des circonvolutions de la surface de l'hémisphère, et en particulier des trois grands lobes qui l'environnent. Ces lobes croissent à la rencontre les uns des autres, finissent par passer au-dessus du lobe de l'insula et par le recouvrir (vers la naissance).
Celte extension de tout le manteau a entraîné l'enveloppement du lobe de l'insula autour duquel l'écorce semble avoir gravité dans son agrandissement comme autour d'un pôle, l'insula restant solidement attachée au corps strié.
Jusqu'au milieu du cinquième mois, la surface de l'insula est lisse. Toutefois, la division en partie frontale et en partie temporo-pariétale est depuis longtemps établie déjà. Successivement apparaissent les sillons, en commençant par le sillon central. Du septième au huitième mois, l'insula a achevé sa forme extérieure, mais celle du côté droit est en avance sur la gauche, et les deux côtés sont relativement en retard chez le fœtus 9 (Cunningham), ainsi que cela se passe, du reste, pour toutes les circonvolutions
(1) J. Cunningham, The Sylvian fissure and the island ol lîeil on Ihe Primate brain (Jouru. of. Anat., Vol. XXV, pp. 280 et 338, 1891).
(Rûdinger). La longueur de l'hémisphère étant ramenée à 100, la longueur de l'insula est 29 chez l'Européen, 28 chez le Nègre, 20 chez l'Anthropoïde. Elle est moins développée chez la Femme que chez l'Homme.
Relativement à son origine anceslrale, l'insula dérive du lobule sous-sylvien (écorce qui recouvre le noyau lenticulaire du corps strié) dis animaux osmatiques ; l'insula antérieure provient du pli temporo-lrontal de ce lobule, tandis que l'insula postérieure dérive du pli temporo-pariélal, déjà ébauché chez le Tapir et le Cheval.