Commissure blanche antérieure
La commissure blanche antérieure (CM A, fig. 210) est à la base du cerveau ce qu'est le corps calleux à la voûte. C'est un cordon blanc, de 6 à 8 centimètres de longueur, de 4 à 5 millimètres de diamètre, ramassé et cylindrique en son milieu, élargi à ses extrémités, étendu transversalement d'un hémisphère à l'autre. Sa partie moyenne, seule visible sans préparation, quand on a ouvert le ventricule moyen, fait saillie dans ce ventricule, elle répond en arrière à l'angle de séparation des piliers antérieurs du trigone et limite avec eux une dépression triangulaire, la dépression vulvaire ou vulve, fossette triangulaire de Scbwalbe, point au niveau duquel les anciens anatoniistes, par erreur, établissaient une communication entre le troisième ventricule et le ventricule de la cloison (fig. 211). — En se portant en dehors, elle décrit une courbe en fer à cheval, qui suit un trajet à peu près parallèle à
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la bandelette optique. Dans ce trajet, elle est enfouie dans la base de l'hémisphère et reste séparée de la bandelette optique par la substance perforée antérieure et par l'anse pérloneulaire de Gratiolet. Elle traverse d'abord la tèle du noyau caudé vers sa partie inférieure, au-dessus de l'espace perforé, puis elle passe de chaque côté sous le noyau lenticulaire du corps strié, concourt à former la partie postéro-inférieure de la capsule externe, et s'étend en rayonnant en éventail jusqu'à la pointe du lobe sphénoïdal où elle se termine en des points correspondant aux extrémités des cornes antérieures du corps calleux, c'est-à dire en dehors du noyau amygdalien. En passant sous le noyau lenticulaire, elle détermine une empreinte en demi-gouttière à laquelle Gratiolet a donné le nom de canal de la commissure antérieure. — Les fibres de la commissure blanche antérieure vont se terminer dans les circonvolutions temporales (Arnold, Luys, Ganser, Wernicke). — La commissure blanche joue donc par rapport aux circonvolutions temporales des deux hémisphères le rôle que joue le corps calleux par rapport aux circonvolutions de la partie supérieure des mêmes hémisphères. Foville pensait qu'elle reliait entre elles les circonvolutions de l'hyppocampe ; Popoff et Flechsig la considèrent comme la commissure des lobules fusiforme et linguiforme. Meynert aussi l'étend jusqu'au lobe occipital.
Outre ces fibres commissurales hémisphériques, la commissure antérieure contient des fibres olfactives.
Ces libres olfactives groupées en avant des fibres intertemporales (arc olfactif) réunissent l'un à l'autre les deux lobes olfactifs (bulbes olfactifs chez l'Homme). On a admis, sans l'avoir encore démontré, qu'il y a parmi elles des fibres entrecroisées, se rendant d'un lobe olfactif au lobe temporal du côté opposé, et constituant un véritable chiasma olfactif analogue au chîasma optique. Cette décussation partielle des fibres olfactives dans la commissure explique les faits d'anosmie unilatérale et croisée, qui surviennent en conséquence d'une lésion unilatérale siégeant dans l'hémisphère cérébral du côté opposé. Mais Ganzer et Gudden, après l'extirpation d'un bulbe olfactif ayant observé la dégénération complète de toute la commissure blanche, dans sa partie olfactive, et non pas en partie, et l'absence de dégénération dans le lobe temporal du côté opposé, relèguent l'idée de la décussation olfactive à l'état de simple présomption.
Chez l'Homme, la commissure antérieure varie beaucoup de volume selon les sujets; chez lui comme chez les animaux anosmatiques, elle est surtout une commissure interhémisphérique qui unit les deux lobules linguiformes des hémisphères (Popoff).
Au contraire, chez les Osmatiques, c'est surtout une commissure olfactive. Aussi la commissure antérieure est-elle particulièrement volumineuse chez ces derniers animaux, et crott-elle en puissance chez les Mammifères avec la puissance des lobes olfactifs (Desmoulin, Leuret et Gratiolet). Chez les animaux à corps calleux rudimentaire (Marsupiaux) elle réunit toutes les régions corticales des dt'ux hémisphères, à l'exception de la corne d'Ammon et de la fascia dentata qui sont unies par l'intermédiaire du corps calleux rudimentaire ou mieux par la lyre (J. Symington), The cérébral commissures in the Marsupialia and Monolrema (Read of the British Assoc. Edinburgh, 1892).
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