Voyez Luys, Iconographie des centres nerveux^ planche
blanches cérébrales irradiées des circonvolutions ne vont pas toutes se perdre dans les petits centres de la couche optique et qu'un certain nombre d'entre elles, poursuivant la direction primitive, s'allongent jusqu'aux réseaux de la substance grise centrale, — on peut légitimement reconnaître dans cette disposition anatomique, les voies naturelles de la propagation des actions nerveuses émanées de la périphérie corticale, pour se faire jour jusqu'aux réseaux de la substance grise centrale ; et réciproquement, en interprétant les choses en sens inverse, on peut reconnaître, dans cette catégorie de fibres nerveuses, les moyens directs de communication entre les sphères où s'opèrent les phénomènes de la vie végétative et les régions de la substance corticale qui sont le théâtre de l'activité psychointellectuelle.
En résumé , les couches optiques en particulier sont les pivots anatomiques naturels qui commandent l'organisation et le groupement des fibres cérébrales. Au point de vue physiologique, les couches optiques sont des régions intermédiaires interposées entre les incitations purement spinales et les activités de la vie psychique.
Par leurs noyaux isolés et indépendants, elles servent de point de condensation à chaque ordre d'impressions sensorielles qui trouvent dans leurs réseaux de cellules un lieu de passage et un champ de transformation. C'est là que celles-ci sont tout ■d'abord condensées, mises en dépôt, et travaillées par l'action métabolique propre des éléments qu'elles ébranlent sur leur passage. C'est de là, comme d'une avant-dernière étape, qu'après avoir émergé de ganglion en ganglion à travers les conducteurs centripètes qui les transportent, elles sont dardées dans les différentes régions de la périphérie corticale sous une forme nouvelle, et spiritualisées en quelque sorte, pour servir de matériaux incitateurs à l'activité des cellules de la substance corticale (14-9-4, fig. 6.)
Ce sont donc les seules et uniques portes ouvertes par lesquelles passent toutes les incitations du dehors destinées à servir de loabulum vitœ h ces mêmes cellules corticales, et les seuls moyens de communication par lesquels les régions de l'activité psychique entrent en conflit avec le monde extérieur i.
1. On comprend, d'après ces connexions intimes qui relient les réseaux de la couche optique à ceux de la couche corticale et qui font que ces
D'un autre côté, l'examen direct des rapports des centres de la couciiu optique avec les différentes régions de la périphérie corticale nous permet de constater encore les particularités suivantes :
Il suffit de jeter les yeux sur des coupes horizontales du cerveau pour reconnaître que chacun de ces centres est plus particulièrement en connexion avec certaines régions de cette même substance corticale. C'est ainsi, par exemple, que l'on voit manifestement que le centre moyen, à l'aide des fibres blanches qui en émergent, semble faire rayonner les impressions qu'il condense vers les régions antéro-latérales du cerveau ^ et que le centre postérieur se comporte de la même façon pour les régions des cornes postcrioiu-es ; tandis que le centre médian, à l'aide des fibrilles divergentes qui viennent s'implanter dans la masse, paraît opérer son irradiation indistinctement dans toutes les directions de la substance corticale. Le centre antérieur, moins nettement relié à la substance corticale, semble néanmoins avoir son aire de distribution spéciale dans la substance grise de l'hippocampe. Cette circonvolution, en effet, dans les espèces animales dont les ap^iareils olfactifs sont très-développés, présente un développement parallèlement considérable.
Ces données anatomiques, que tout le monde peut constater de visu, permettent donc de jeter un jour tout nouveau sur cette question si longtemps controversée des localisations cérébrales , et d'admettre ainsi directement , qu'il y a dans les différentes régions de la substance corticale des circonscriptions isolées et affectées d'une façon indépendante, à la réception de telle ou telle catégorie d'impressions sensorielles. On est amené ainsi logiquement à comprendre comment le développement périphérique de tel ou tel appareil sensoriel est destiné à avoir dans les régions centrales un appareil récepteur, en quelque sorte proportionnel , et comment la richesse en éléments nerveux de telle ou telle région de la substance corticale elle-même,
derniers, au point de vue de leur mise en activité, sont complètement tributaires des matériaux qui leur sont transmis, quel rôle prépondérant l'activité morbide des réseaux de la couche optique peut avoir dans l'évolution des divers processus hallucinatoires. (Voyez, comme détails complémentaires sur l'importance des irritations des couches optiques dans le développement des hallucinations, la Thèse inaugurale du docteur Ritti. — Paris, 1874.)
1, Voyez mon Iconographie photographique des centres nerveux, planche» IV, V, VI.
le degré de la sensibilité propre, de l'énergie spécifique de chacun d'eux, pourra, à un moment donné, jouer un rôle prépondérant dans l'ensemble des facultés mentales, et déterminer ainsi le tempérament de l'activité spécifique de telle ou telle organisation.
C'est par cette voie qu'on arrive à reconnaître que le secret de certaines aptitudes, de telle ou telle prédisposition native, dérive naturellement de la prédominance de tel ou tel groupe d'impressions sensorielles qui trouvent dans les régions de l'activité psychique où elles sont particulièrement élaborées, un terrain tout préparé qui les amplifie, les perfectionne suivant la richesse et le degré de vitalité des éléments qui sont mis à leur disposition.
Enfin, les réseaux de la substance grise centrale, qui sont pareillement reliés aux différentes régions de la substance corticale, nous montrent que les incitations irradiées de la profondeur de la vie viscérale remontent, avec le réticulum orgaque qui les supporte (les expériences de SchifTen font foi), jusque dans l'intérieur du cerveau i, et qu'elles se trouvent aussi importées dans les différentes régions du réseau de la corticale et associées aux phénomènes intimes de l'activité psychique.
C'est donc à ce double point de vue que l'on est amené à considérer les masses de substance grise, décrites ordinairement sous le nom de couches optiques, comme les régions essentiellement centrales, qui sont le nœud de tout l'ensemble du système cérébral.
C'est par leurs réseaux que passent les ébranlements de toutes sortes, aussi bien ceux qui sont irradiés du monde extérieur que ceux qui émergent de la vie végétative. C'est là, au milieu de leurs cellules, dans Tintimité de leur activité propre, que ces ébranlements se diffusent, qu'ils subissent un temps d'arrêt préparatoire ; et c'est de là que, sous une forme nouvelle, plus animalisés déjà, et rendus en quelque sorte plus assimilables, ils sont dardés dans toutes les directions, et livrés en pâture à l'activité des réseaux de la substance corticale, qui ne vivent et ne travaillent que sous le coup de leur incitation stimulatrice.
1. Les expériences de Schiff le portent à admettre que les nerfs vascuiaires du foie et de l'estomac parcourent le bulbe pour se terminer plus haut. « Une partie d'entre eux, dit-il, paraît se rendre dans la couche optique. » {Compte rendu de l'Académie des sciences, 15 septembre 1862.)