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Fjgure 6, page 43, et figure 5, page

positions corrélatives. Tandis, en effet, que les couches optiques représentent, avec leurs différents noyaux, les régions de passage des impressions sensorielles, la substance grise des corps striés avec ses éléments multiples, représente le lieu d'étape et de renforcement des incitations motrices irradiées de l'écorce corticale.

On peut donc dire que dans le cerveau, en vertu des mêmes répétitions anatomiques, les régions où s'opèrent les phénomènes de la sensibilité et celles où s'élaborent les incitations de la motricité, sont réciproquement dans les mêmes rapports topographiques qu'elles affectent dans les différents départements de la moelle épinière proprement dite.

x\u point de vue de la configuration extérieure, la masse du corps strié se présente sous forme d'un amas gris rougeâtre de consistance mollasse * situé en avant des couches optiques et s'étendant, en s'amincissant d'avant en arrière, jusque vers leurs régions postérieures.

Il suit de là que la masse des corps striés présente une apparence ovoïde, piriforme, à grosse extrémité dirigée en avant, à extrémité effilée dirigée en arrière, et que la couche optique, dans ses régions antéro-latérales, est cerclée d'un réseau de substance grise ayant son maximum d'épaisseur en avant.

Il découle en outre, comme conséquence de cette disposition anatomique, que les fibres blanches convergentes qui vont se pelotonner sur la couche optique rencontrent toutes, avant d'arriver à destination , une épaisseur plus ou moins considérable du corps strié qu'elles traversent de part en part sous des incidences et des directions variées (fig. 5). Les convergentes antérieures, en particulier, qui vont vers les régions correspondantes de chaque couche optique, plongent d'avant en arrière dans la masse même du corps strié et la divisent en deux segments, un segment extra et un segment intra-ventriculaire 2.

1. Cette consistance mollasse de la substance grise des corps striés d'une part, et d'autre part le développement excessif des capillaires qui circulent dans sa masse, expliquent la friabilité extrême de ce tissu, et la facilité avec laquelle il se laisse dilacérer, par le fait des fluxions congestives qui rendent ses vaisseaux turgides. C'est ainsi qu'on peut se rendre compte de la plus grande fréquence des paralysies unilatérales de la motricité par rapport à celles de la sensibilité.

2. Ce sont ces fibres composées de fascicules isolés et stratifiés régu-

38 L'A^^ATOMIE DU CERVEAU

La coloration de la substance grise du corps strié est sensiblement homogène, soit qu'on la considère dans l'un ou l'autre de ses départements : elle est mollasse, rougeâtre et constituée par des éléments anatomiques spéciaux; elle est, de plus, parcourue par un nombre infini de filaments blanchâtres, serpentins, qui représentent l'épanouissement terminal des fibres motrices antéro-latérales de la moelle épinière.

Dans les régions interne et inférieure cependant, là où est le confluent de tous les fascicules antéro-latéraux de l'axe spinal qui débouchent dans le corps strié, on rencontre une région bien nettement circonscrite d'une consistance plus ferme, d'une coloration jaunâtre et qui, par sa striation spéciale, se fait aisément reconnaître i.

Cette circonscription particulière de substance jaunâtre que j'ai plus spécialement désignée sous le nom de noyau jaune du corps strié, joue un rôle important comme centre d'irradiation des fibres nerveuses dans ses rapports avec les expansions ultimes des pédoncules cérébelleux.

La structure du corps strié offre à considérer :

1° L'étude de la substance grise envisagée au point de vue histologique et des caractères de ses éléments;

2° Celle des éléments nerveux de provenances variées qui entrent en relation avec ses éléments propres.

1° La substance grise du corps strié est constituée histologiquement par un nombre infini de grandes cellules nerveuses, polygonales, à prolongements multiples et dont le volume est, en général, à peu près le même que celui des grosses cellules de l'écorce cérébrale. Ces cellules, considérées en elles-mêmes, présentent des caractères communs à toutes les autres cellules; elles sont pourvues des apparences d'un noyau et d'un nucléole, et présentent des prolongements sous forme de ramescences qui s'effilent rapidement et constituent, avec les cellules du voisinage, un réticulum très-dense et très-délicat.

En outre des grosses cellules que nous venons de signaler,

jièrement les unes au-dessus des autres, et dont la continuité peut être vérifiée nettement à l'aide de la dissection sur des coupes antéro-postérieures du cerveau, qui sont dénommées, si m proprement, sous le nom de capsule interne. (Voyez Iconographie photographique, pi. XLV.)

1. Voyez Iconographie photographique, pi. XXXI, XXXII, X, XI, XLIII et XLIV.

on rencontre aussi des éléments de plus petit volume, surtout dans la région des noyaux jaunes où ils sont excessivemoit abondants; leurs caractères histologiques rappellent d'une façon plus ou moins accentuée les éléments similaires que l'on rencontre dans les zones profondes de la substance grise des circonvolutions du cervelet. Ces petits éléments, dont le noyau est volumineux, dont la coloration jaunâtre permet de les distinguer des corpuscules ambiants de la névroglié, présentent un chevelu radiculaire extrêmement ténu qui se perd dans le réticulum constitué par les grandes cellules du corps strié. Il paraît donc admissible que ces petites cellules qui représentent en quelque sorte histologiquement l'élément cérébelleux, entrent plus ou moins directement en combinaison avec les radiations des grandes cellules qui représentent l'élément cérébral.

En outre de ces deux éléments principaux, on trouve encore à signaler dans la constitution du corps strié les corpuscules de la névroglié, dérivant plus ou moins directement des gaines capillaires, et un nombre considérable de vaisseaux qui pénètrent dii'ectement de bas en haut dans son intérieur sous forme de filaments plus ou moins rectilignes. (Espace perforé de Vicq d'Azyr.)

2° Les éléments divers qui entrent dans la constitution anatomique du corps strié se divisent en deux groupes spéciaux : 1° les uns peuvent être considérés comme un système de fibres afférentes au corps strié, 2° les autres comme un système de fibres eîférentes.

1° Le premier groupe comprend : a, d'une part, l'ensemble des fibres cérébrales irradiées des différentes régions de l'écorce et allant se perdre dans sa substance (fibres cortico-striées) ;

b, d'autre part, les expansions ultimes des pédoncules cérébelleux supérieurs qui viennent se perdre dans sa masse, et qui représentent l'apport spécifique de l'élément cérébelleux dans la constitution des phénomènes de la motricité.

a (figure VI, 6-11-16). Les éléments du premier groupe, qu'en raison de leur origine et de leur terminaison j'ai proposé d'appeler fibres cortico-striées, appartiennent à cet ensemble de fibres convergentes qui, irradiées de tous les points de la périphérie corticale, et probablement des régions psycho-motrices si nettement déterminées dans ces derniers temps, se dirigent en commun vers les noyaux centraux. Seulement, cet ordre de

fibres spéciales, une fois arrivé au pourtour de la couche optique, au lieu d'y pénétrer comme les congénères, ne fait que s'y accoler. Arrivées sur la frontière des couches optiques et des corps striés, ces fibres se réfléchissent immédiatement de bas en haut sous forme de lignes spiroïdes et vont se distribuer isolément dans les différents territoires de cellules du corps strié qui leur sont spécialement affectés.

Ces fibres cortico-striées, sorties des profondeurs de la couche corticale avec les fibres sensitives, cheminent donc pendant un certain temps dans le cerveau, juxtaposées avec ces dernières, ainsi que cela se voit du reste dans les troncs nerveux périphériques, lesquels sont à la fois composés de fibres sensitives et de fibres motrices accolées sous une même enveloppe. Bientôt, arrivées en présence de leurs centres respectifs d'attraction, elles obéissent chacune à leurs affinités natives et se répartissent les unes dans les centres de la couche optique, les autres dans les différentes régions de la substance grise du corps strié.

Ces fibres représentent donc, à proprement parler, les traits d'union naturels entre les régions de la substance corticale d'où émergent les différentes incitations volontaires (centres psycho-moteurs), et les différents territoires de cellules du corps strié où elles se renforcent. Au point de vue des analogies anatomiques, elles représentent l'ensemble des racines antérieures dans leurs rapports avec les éléments gris de la moelle épinière.

Leur origine précise dans les différentes régions de la périphérie corticale, pour chacune d'elles en particulier, est encore un problème à résoudre (6-11-16, fig. VI). Il en est de même pour leur distribution centrale dans les différents territoires des cellules du corps strié (2-12 et 17, fig. VI). Aujourd'hui elles ne sont connues et anatomiquement démontrables que dans une portion intermédiaire de leur parcours, au moment où elles se réfléchissent sous forme de fibres serpentines ï, et cependant leur existence, en tant que conducteurs centrifuges des incitations motrices irradiées des zones excitables de l'écorce cérébrale, est très-nettement démontrée. C'est là un des points les plus intéressants que la physiologie expérimentale a, dans ces derniers temps, mis en lumière.

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