DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES
mosent de mille manières les unes avec les autres, grâce au réticulum organique à travers lequel elles évoluent, — qu'elles s'amplifient et se transforment à travers les différentes zones de cellules qui les tamisent, — et qu'enfin elles sont exportées et réfléchies au dehors sous forme de manifestations motrices volontaires, expressions plus ou moins indirectes d'un phénomène primordial de la sensibilité.
Maintenant, en nous appuyant sur la structure anatomiquo de la substance corticale, comprise comme nous l'avons indiqué précédemment, est-il possible d'en déduire des données qui nous permettent d'apprécier le rôle dynamique des différentes zones de cellules qu'elle renferme ?
Nous avons établi, déjà, que les éléments qui la constituent ont des caractères morphologiques bien tranchés, que les zones des petites cellules occupent les régions sous-méningées, et que les zones des grosses cellules occupent les régions profondes ; or dans la constitution intirne de la moelle épinière nous trouvons des aspects similaires au point de vue de la répartition des éléments nerveux ; nous savons de plus que les régions des petites cellules sont le siège des phénomènes sensitifs, et celles des grosses cellules le point de départ des phénomènes de la motricité. Les lois de l'analogie nous permettent donc de supposer que les mômes équivalences morphologiques impliquent des équivalences physiologiques, et que dans la succession des activités multiples de la substance corticale, il est vraisemblable d'admettre, — que les régions sous-méningées occupées par les petites cellules, sont plus particulièrement des régions affectées à la réception des impressions sensitives, tandis que les couches profondes, occupées par les grosses cellules, semblent être plus particulièrement des centres d'émission affectés aux phénomènes de la motricité.
Ceci posé, on arrive à cette conclusion : — qu'il se trouve dans les réseaux de la substance corticale, dans les plexus formés par les petites cellules une sphère de dissémination et de réception spéciale pour les impressions sensitives qui viennent toutes s'y amortir et mettre enjeu leur sensibilité propre; et — que ces zones qui sont anatomiquement démontrables et qui représentent les régions postérieures sensitives de la moelle épinière reçoivent et anastomosent entre elles, dans leur trame intime, toutes les sensibilités partielles de l'organisme. Elles for-
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ment ainsi cette région mère, cette région princeps de l'écorce cérébrale, qui constitue le véritable sensorium commune qui est, par cela même, le réservoir commun dans lequel tous les ébranlements qui ont mis en émoi nos fibres sensitives viennent tour à tour converger et s'éteindre (fig. 1-B et fig. 6, 5-10-15).
C'est donc ainsi qu'est constituée cette région qui reçoit dans ses réseaux sensibles le contingent de toutes les incitations sensitives tant du monde extérieur que de la vie végétative de l'organisme, et qui, mise en émoi, sensibilisée a son tour, réagit de mille manières en dispersant dans toutes les directions les incitations vibratoires qui ont développé l'énergie de ses éléments. C'est grâce à elle que les phénomènes de la sensibilité se transforment peu à peu, et que l'incitation sensitive, irradiée de réseaux de cellules en réseaux de cellules, finit, comme une force en évolution qui se transforme sans cesse, par donner insensiblement naissance à un phénomène de motricité.
C'est ainsi qu'on arrive à admettre, qu'au point de vue physiologique , l'acte moteur volontaire qui émane du cerveau , n'est toujours que la répercussion plus ou moins éloignée d'une impression primordiale sensitive (6-11-16, fig. 6).
Ajoutons cependant, que s'il est vrai de dire que l'acte de la motricité volontaire n'est toujours, d'une manière générale, que Texpression indirecte du sensorium en émoi, néanmoins, — par cela même qu'il évolue à travers les réseaux de la substance corticale, qu'il met à contribution ses différentes zones, ce n'est pas un phénomène simple, purement réflexe, comme ceux qui se passent dans les réseaux similaires de l'axe spinal, — c'est un phénomène complexe, synthétique, qui résume en lui-même les différents éléments dont l'ensemble constitue la personnalité humaine; — aussi peut-on dire que si l'acte de la volonté n'est qu'un phénomène de sensibilité transformée, c'est néanmoins la sensibilité doublée, multipliée par toutes les activités cérébrales en émoi , la personnalité humaine sentante et vibrante en un mot, qui entre en jeu sous une forme somatique et qui se révèle au dehors par une série de manifestations réfléchies et coordonnées.