Schiff, Archives de physiologie
lieu des réseaux de l'écorce cérébrale, que se passe-t-il alors et quels sont les phénomènes nouveaux qui se déroulent ?
Ici, l'analogie seule nous permet de penser que les cellules sensitives cérébrales se comportent comme celles de la moelle, et qu'en présence des incitations physiologiques qui leur sont propres, elles réagissent d'une façon similaire. Il est donc permis de supposer qu'au moment où la cellule cérébrale reçoit l'imprégnation de l'ébranlement extérieur, elle s'érige en quelque sorte, développe sa sensibilité propre, et dégage les énergies spécifiques qu'elle renferme.
C'est ainsi que l'ébranlement qui est communiqué et qui se manifeste par un développement de chaleur dans certaines régions de l'écorce (expériences de SchifF), se propage dans les réseaux circon voisins, et en vertu des lois du mouvement ondulatoire, développe de proche en proche les activités latentes de nouveaux groupes de cellules satellites, devenant à leur tour des foyers nouveaux d'activité pour les cellules de voisinage avec lesquels elles sont si intimement anastomosées.
C'est de cette sorte qu'on peut concevoir — comment, à la suite d'un simple ébranlement sensoriel, toutes les agglomérations d'éléments nerveux dont se compose Técorce cérébrale peuvent isolément et successivement être intéressées, — comment le mouvement se communique de proche en proche (5-10-15, flg. 6), comment la sensibilité propre des éléments nerveux devient partie prenante du phénomène, — comment ainsi la vie s'éveille dans des régions primitivement silencieuses, et — comment enfin, d'une façon parallèle, l'incitation incidente, après avoir mis en branle différentes zones de la substance corticale , arrive à se transformer en incitation centrifuge, réfléchie, et à s'exporter au dehors sous forme de manifestation motrice (6-11-16, fig. 6).
On voit donc, en suivant d'une façon parallèle les phénomènes de l'activité cérébrale que nous venons d'exposer, et en les interprétant en langage usuel, qu'il est permis de dire que les incitations sensorielles irradiées de la périphérie arrivent dans les régions de l'activité psychique, et que là, après être entrées en conflit avec les éléments qui la constituent, elles se transforment en impressions persistantes, en idées appropriées à leur provenance, — qu elles mettent en jeu la sensibilité, l'émotivito propres de ces mêmes régions, — qu'elles s'associent, s'anasto-