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tion de certains détails, de grossissements successivement gradués.
J'ai pu ainsi, à l'aide de ces moyens nouveaux d'investigation, pénétrer plus avant dans les régions encore inexplorées des centres nerveux, et rapporter, comme un voyageur revenu de lointains parages, des vues directes, des reproductions fidèles de certains territoires à peine entrevus par nos devanciers.
C'est ainsi qu'en faisant l'analyse photo-microscopique des éléments nerveux, j'ai pu donner des aperçus nouveaux sur la structure intime de la cellule nerveuse, sur l'organisation de son protoplasma, et la surprendre en place, dans ses connexions avec les fibres nerveuses et avec le réticulum ambiant de la névroglie.
Au point de vue de l'exposition du groupement des différentes pièces de l'appareil cérébral, je me suis efforcé de simplifier autant que possible leur description, et surtout d'éviter l'emploi de ce vocabulaire bizarre si improprement importé dans ces derniers temps, dans la nomenclature des diverses régions centrales du cerveau.
J'ai donc esquissé d'une façon synthétique l'économie générale de la structure du cerveau, et montré les rapports intimes qui relient l'écorce cérébrale, véritable sphère de l'activité psycho-intellectuelle, avec les noyaux centraux (noyaux opto-striés) qui sont en quelque sorte les régions intermédiaires interposées entre elle et les incitations du monde extérieur. — J'ai insisté sur ce fait que j'ai déjà, il y a plus de dix ans, le premier en France, mis en lumière, à savoir que la couche optique, avec les noyaux isolés de substance grise qui la constituent, représentait un lieu de passage et de renforcement pour les incitations irradiées de la périphérie sensorielle, tandis que le corps strié, avec ses différents départements, avec ses arcades emboîtées,
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était au contraire directement en rapport avec le passage des incitations de la motricité volontaire.
Dans cette partie anatomique. j'ai particulièrement mis en saillie et utilisé an point de vue de l'interprétation physiologique, les détails de structure intime de l'écorce cérébrale dont l'existence n'avait pas encore été suffisamment mise en valeur.
C'est ainsi qu'après avoir constaté dans l'écorce cérébrale la présence de zones spéciales de petites cellules sous-jacentes à la pie-mère, et complètement différentes, au point de vue de leur configuration, des zones des grosses cellules occupant les régions profondes, j'ai été amené à voir, dans cet agencement anatomique, des rapports flagrants avec une disposition similaire existant dans la constitution de l'axe gris de la moelle épinière.
Gomme conséquence, j'ai donc été conduit à penser que si les éléments de petit volume dans la moelle épinière, comme cela est démontré expérimentalement, sont affectés aux phénomènes de la sensibiUté, -— il était naturel d'admettre les mêmes équivalences physiologiques, là où il existe des équivalences morphologiques ; et, par suite, — de considérer les régions sous-méningées de l'écorce cérébrale comme étant le territoire histologique spécial, réservé à la dissémination des impressions de la sensibilité; — les zones profondes des grosses cellules (équivalentes aux colonnes antérieures motrices de la moelle) pouvant être considérées comme les régions d'émission (centres psychomoteurs) pour les incitations de la motricité volontaire. — C'est ainsi que je suis arrivé à démontrer qu'il y avait dans la structure même de l'écorce cérébrale, parmi les milliers d'éléments qui la constituent, toute une série spéciale de cellules nerveuses, solidarisées intimement entre elles, constituant des zones parfaitement définies, anatomiquemf3at appréciables, et servant de réservoir commun à
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toutes les sensibilités diffuses de l'organisme qui viennent successivement s'amortir dans ces réseaux, et donner à cette région du sensorium commune l'ébranlement qui porte avec lui le mouvement et la vie.
Dans la seconde partie, qui comprend la mise en valeur des différents appareils cérébraux dont les détails anatomiques ont été préalablement analysés, j'ai, tout d'abord, fait l'exposé physiologique des différentes propriétés fondamentales des éléments nerveux considérés comme unités histologiques vivantes.
J'ai montré ainsi que ces propriétés, qui sont les éléments générateurs inéluctables de toutes les activités de la vie cérébrale, se réduisent, en définitive, à trois formes principales : — la sensibilité, en vertu de laquelle la cellule cérébrale entre en conflit avec le milieu ambiant ; — la phosphorescence organique, qui lui donne la propriété d'emmagasiner en elle-même, et de retenir les vibrati\ons sensorielles qui l'ont tout d'abord incitée (comme nous voyons dans le monde inorganique les corps phosphorescents conserver plus ou moins longtemps les traces des vibrations lumineuses qui les ont ébranlés) ; — l'automatisme, qui n'est autre que l'aptitude que possède la cellule nerveuse à réagir en présence du milieu ambiant, une fois qu'elle a été impressionnée par lui.
Après avoir ainsi envisagé chacune de ces propriétés élémentaires des éléments nerveux dans leur genèse, dans leur évolution à travers l'organisme, dans leur manifestation normale et dans leur déviation pathologique, — j'arrive à montrer que c'est grâce à leur combinaison, à leur particii)ation incessante, à la totahsation de toutes leurs énergies vraiment spécifiques, que le cerveau sent, se souvient et réagit ; — et qu'en somme, véritables propriétés mères de toutes les autres , elles sont les seules forces vives qui
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sont toujours présentes, toujours sous-jacentes dans la série infinie des opérations qu'il accomplit à tout instant ; et que — sans elles, cet admirable appareil si complexe, si délicat et si simple à la fois, serait sans vie, sans mouvement, absolument comme le serait le monde sans son soleil.
Après avoir ainsi examiné les propriétés élémentaires des éléments nerveux, j'ai montré quel parti on pouvait tirer de leur concours pour l'exposition des principaux phénomènes de la physiologie cérébrale.
J'ai fait voir, de la sorte, qu'en groupant entre elles les données précédemment émises, on pouvait reconnaître que toutes les manifestations de l'activité cérébrale, — qu'il s'agît des phénomènes de la vie psychique proprement dite, — ou des opérations de la vie intellectuelle, étaient toujours susceptibles, ainsi que leurs congénères, qui ont la moelle épinière pour théâtre (phénomènes réflexes), de se décomposer en trois phases élémentaires : — qu'elles étaient toujours sollicitées au début par Tarrivée d'une impression sensorielle incidente, récente ou passée (phase d'incidence) ; — activées par la réaction propre du milieu interposé réagissant en vertu de son énergie spécifique (phase intermédiaire); et — achevées par la réaction secondaire du milieu intermédiaire réagissant et exportant au dehors l'ébranlement primordial qui lui a été communiqué (phase de réflexion).
11 résulte donc de cette manière d'envisager les phénomènes de l'activité cérébrale, que c'est toujours un fait d'ordre vital qui est au début de tout processus en évolution; c'est toujours la sensibilité qui est le premier agent moteur; c'est elle qui devient l'origine de tout mouvement et qui, propagée à travers les appareils sensitivo-moteurs de l'écorce, se transforme insensiblement comme une force en évolution, et finit par se dégager de l'organisme sous la force d'un acte de motricité.
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En résumé je me suis efforcé dans ces recherches, qui n'ont d'autres visées que de faire pénétrer les données de la physiologie contemporaine dans le domaine impénétré jusqu'ici de la psychologie spéculative, de montrer que les actes les plus complexes de l'activité psycho-intellectuelle se résolvaient tous, en définitive, par l'analyse en véritables processus réguliers de l'activité nerveuse ; — qu'ils obéissaient à des lois d'évolution régulière ; — qu'ils étaient susceptibles, comme tous leurs congénères de l'organisme, d'être interrompus ou troublés dans leurs maniiestations par des dislocations survenues dans l'intimité du substratum organique qui les supporte ; et qu'en un mot — • il y avait dès maintenant une véritable physiologie du cerveau, aussi légitimement assise, aussi légitimement constituée que celle du cœur, du poumon et du système musculaire.
Gomme conséquence de ce qui vient d'être dit, il va de soi que cet ordre d'études si nouvelles et si attractives doit appartenir en propre au médecin physiologiste, et au médecin physiologiste seul. — C'est à lui qu'il est donné désormais de revendiquer comme son patrimoine propre ce domaine spécial de la science de l'homme où, pendant tant de siècles, la philosophie spéculative a si longuement et si stérilement péroré. — C'est à lui qu'il appartiendra de le féconder par son travail incessant, et de lui faire rendre ce que tout labeur intelligemment dirigé doit donner : — des fruits légitimes, des conséquences pratiques utilisables pour l'humanité souffrante. L'histoire delà science médicale n'est-elle pas là avec ses enseignements quotidiens pour nous faire voir, combien les acquisitions utiles qu'elle a faites ont été toujours fatalement subordonnées à des notions plus claires, plus précises sur l'anatomie des organes qu'elle a mission de soigner? — et, en transportant les mêmes aspirations au sujet qui nous préoccupe, ne sommes-nous pas par cela même autorisés à espérer dans