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TROISIÈME PARTIE

Après avoir jusqu'ici envisagé les éléments de l'activité cérébrale à l'état d'individualités, et comme des forces simples à l'état statique, nous allons dans cette troisième partie de notre travail, les envisager au point de vue dynamique, comme des forces vives en mouvement , combinées les unes avec les autres, opérant des réactions réciproques et concourant aux divers modes de l'activité mentale.

Un fait général domine l'organisation intime de l'écorce cérébrale (voir page 12). — Ce fait, c'est l'ordre admirable, la hiérarchie régulière qui est établie dans le groupement et la répartition méthodique de tous les éléments de cette substance corticale. — Dans toutes ses régions, les zones de cellules sont stratifiées les unes au-dessous des autres en couches plus ou moins épaisses; elles sont strictement solidarisées les unes avec les autres, soit dans le sens de l'épaisseur, soit dans le sens de l'étendue transversale de cette même substance; et de plus, les régions des petites cellules occupent partout les zones sous-méningées superficielles, tandis que les régions des grosses cellules sont localisées dans les régions profondes et communiquent avec les précédentes par une série de chaî-

nons intermédiaires , de stratifications de cellules qui servent de transition entre ces deux régions isolées. — Cette simple disposition, qui est la formule anatomique sous laquelle se résume l'économie de la constitution de l'écorce cérébrale, si nous la comparons à celle qui règle les rapports réciproques des cellules nerveuses de la moelle épinière, frappe immédiatement l'esprit, au point de vue des caractères analogiques qui s'expriment en quelque sorte d'eux-mêmes; — et l'on ne peut s'empêcher de reconnaître que s'il y a de part et d'autre des équivalences au point de vue anatomique, c'est-à-dire des régions de petites et des régions de grosses cellules indirectement anastomosées les unes avec les autres, il doit y avoir également des équivalences physiologiques au point de vue de la mise en activité de ces éléments similaires.

Or, comme l'expérience prouve que les courants nerveux se dirigent à travers la moelle des petites vers les grosses cellules, et que ces dernières ne se mettent jamais en action spontanément, mais bien par l'effet d'une incitation excito-motrice incidente qu'elles ne font que réfléchir, — ou ne peut s'empêcher d'admettre, au nom de l'analogie la plus légitime, que les actions nerveuses doivent évoluer d'une façon similaire à travers les éléments stratifiés des zones de l'écorce cérébrale. — Il est donc permis de penser que les régions des petites cellules de l'écorce représentent dans le cerveau les régions grises postérieures de a moelle, et qu'elles sont comme elles, le terrain de la dissémination des impressions sensitives, apte à les retenir, à les emmagasiner, pour les propager ensuite aux zones sous -j acentes.

On est donc amené à dire, en raison des analogies analomiques si nettes qui existent entre ces deux sphères de l'activité nerveuse, la moelle et le cerveau, que les différentes zones de la corticale représentent dans tout leur ensemble comme une série d'appareils sensitivo-moteurs conçus sur le même plan que les appareils similaires de l'axe spinal, — que les activités nerveuses se développent à travers sa trame comme à travers celle de la substance grise spinale, et que, de part et d'autre, les processus qui évoluent sont toujours, — sauf les différences du milieu, — sauf les qualités différentes des éléments mis en jeu, — sauf l'ampleur et la complexité des différentes phases dont ils se composent, — des processus simi-

laires, réductibles aux mêmes phénomènes primordiaux; — c'est toujours un phénomène de sensibilité qui commande le mouvement, qui suscite l'activité de la cellule motrice, et l'acte moteur en lui-même, — qu'il s'agisse de la moelle, qu'il s'agisse du cerveau, n'est toujours au point de vue de la signification dynamique, qu'un phénomène secondaire et subordonné, que l'effet en retour d'un ébranlement sensitif en période de transformation.

Ceci posé, les phénomènes de l'activité cérébrale envisagés au point de vue de leur développement successif, se réduisent donc tous sous une forme abrégée, pour le cerveau comme pour la moelle, en une série de processus, d'opérations physiologiques régulièrement enchaînées, dérivant toutes les unes des autres, se compliquant dans leurs phases diverses, mais ayant toujours un fonds commun d'opérations élémentaires.

C'est toujours un phénomène de sensibilité, une impression sensorielle antérieure, actuelle ou passée, qui marque le point de départ et qui devient, sous une forme plus ou moins sensible, la stimulation mère qui commande le mouvement; — c'est, en un mot, toujours le sensorium en émoi, l'émotion de la personnalité qui, dans la série infinie des opérations cérébrales, exprime la période d'éréthisme dans lequel il a été placé.

De là trois phases naturelles sous lesquelles nous allons successivement envisager le mode d'évolution des différents processus de l'activité cérébrale :

1" Une phase d'incidence, qui correspond au momen'. où les impressions extérieures arrivent dans les réseaux du sensorium 6t y sont perçues (phénomène de l'attention — genèse de la notion de la personnalité — perception consciente).

2o Une phase intermédiaire pendant laquelle les éléments de la corticale intéressés entrent en période de participation active avec l'impression extérieure transformée et devenue incitation psycho-intellectuelle. (Dissémination des impressions sensorielles dans la sphère psycho-intellectuelle — évolution et transformation de ces mêmes impressions — opérations du jugement, etc.)

3° Une phase de réflexion qui correspond au moment où l'incitation primordiale s'étant propagée à travers les réseaux

de l'écorce, sort au dehors et exprime, en réactions motrices volontaires, les modes divers du sensorium préalablement ébranlé. (Genèse et évolution des manifestations de la motricité volontaire).

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