‹ Le cerveau et ses fonctionsChapitre 93 sur 132 · ENCHAINEMENT DES ACTIONS VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

ENCHAINEMENT DES ACTIONS VOLONTAIRES

nouveau, l'innervation cérébelleuse, qui, à l'état de force statique, en tension permanente, est incessamment répartie dans les réseaux du corps strié.

Doublé ainsi par ce contingent d'innervation adventice, qui vient se greffer sur lui, il continue son cours centrifuge (voir 7-12-19, fig. 6) et, à l'aide des fibres antéro-latérales de l'axe (pédoncules cérébraux), il descend, sous forme de courant interrompu, et va susciter l'activité dynamique des différents noyaux moteurs de l'axe spinal qui, comme une série d'appareils toujours prêts à entrer en action, n'attendent que son arrivée pour développer leur activité latente. — A partir de ce moment, confondu avec l'activité propre des diverses régions spinales, il se projette le long des racines antérieures et devient ainsi dans ses phases ultérieures de transformation, une des causes multiples d'incitation de la contractilité musculaire.

On voit donc en résumé, d'après ce qui précède, que les processus de la motricité volontaire parcourent dans leur évolution des phases inverses à celles des processus de la sensibilité. — Tandis que ces derniers, à mesure qu'ils se rapprochent des régions centrales du sensorium^ s'épurent, se perfectionnent, Si3 spiritualisent de plus en plus par l'action métabolique des divers milieux des substances nerveuses à travers lesquels ils se propagent, —les autres au contraire, conçus à l'état d'ébranlements psychiques au moment de leur genèse, s'amplifient, se matérialisent de plus en plus à mesure qu'ils descendent des régions supérieures. Ils se compliquent de l'adjonction d'éléments adventices qui les renforcent à mesure qu'ils progressent (innervation cérébelleuse, innervation spinale) et deviennent ainsi, au dernier terme de leur évolution, une véritable synthèse d'éléments dynamiques agglomérés, qui résument en eux-mêmes, comme une trilogie, les forces vives du système à travers lesquelles ils se développent — l'activité cérébrale, — l'activité cérébelleuse, — l'activité spinale i.

Conçus sous cette formule simple, les processus de la motricité volontaire commencent par être une incitation purement psychique et deviennent insensiblement, par le jeu naturel des rouages de l'organisme, une incitation physique. — En se trans-

1. Voir l.uys. Recherches sur le système nerveux céréiro-spinal, p. i3i* (Iconographie photographique, page 71.)

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formant ainsi dans leur évolution successive ils offrent le tableau si saisissant que nous voyons se présenter incessamment sous nos yeux dans la mise en action d'une machine à vapeur. — Ne voyons-nous pas en effet dans ce cas, combien une force, minime au début, est susceptible de se transformer et de devenir, par la série des appareils qu'elle met enjeu, l'occasion d'un développement de puissance mécanique gigantesque. Au moment en effet de mettre la machine en activité, ne suffit-il pas d'une force même faible, de la simple intervention de la main du mécanicien qui soulève un levier et lâche la vapeur sur la face supérieiu-e du piston? — Cette force vive, en liberté, développe immédiatement sa puissance, qui est proportionnelle à la surface sur laquelle elle se répand; le piston s'abaisse, sa tige entraîne le balancier; la mise en branle se développe avec les volants, et le mouvement initial, si faible au début, s'amplifie et grandit sans cesse, à mesure que le volume et la puissance des appareils mécaniques mis à sa disposition deviennent plus considérables et plus puissants.

On voit ainsi, comme conclusion, après l'examen de tous ces détails de physiologie cérébrale que nous avons successivement passés en revue, combien les divers processus de l'activité du cerveau se résument, en dernière analyse, en un mouvement circulaire d'absorption et de restitution de forces. — C'est le monde extérieur, avec toutes ses sollicitations, qui entre en nous par la voie des sens, sous forme d'incitations sensorielles; et c'est le même monde extérieur qui, modifié, réfracté par son conflit intime avec les tissus vivants qu'il a traversés, sort de l'oi'ganisme et se réfléchit au dehors en manifestations variées de motricité volontaire.

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