‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 17 sur 72 · I. — Pédomenle cérébelleux inférieur · texte numérisé non relu

I. — Pédomenle cérébelleux inférieur

Le pédoncule cérébelleux inférieur conduit au cervelet des fibres qui prennent leur origine dans la moelle et le bulbe. On lui distingue deux portions fondamentales :

1° Le segment externe ou corps restiforme proprement dit. 2° Le segment interne du pédoncule cérébelleux inférieur appelé encore segment interne du corps restiforme.

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LI. — Le corps restiforme est surtout constitué par des fibres afférentes qui sont de deux ordres : des fibres médullaires, des fibres bulbaires.

À. — Figres MépurLaires. — Les fibres médullaires suivent dans la moelle des voies différentes; elles sont au nombre de trois : a) Le faisceau cérébelleux direct.

b) Le faisceau de Gowers (2).

c) Les cordons postérieurs (faisceaux de Goll et de Burdach).

Le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers réunis constituent le faisceau latéral ascendant : ce faisceau fut primitivement considéré comme un système uniqué; ce n'est que récemment (Loewenthal) qu'il fut divisé en deux portions, l’une ventrale ou antérieure qui, après le travail de Gowers (1880-1886), prit le nom de faisceau de Gowers; l’autre postérieure ou dorsale qui a gardé le nom de faisceau cérébelleux direct de Flechsig, bien qu'il ait été décrit pour la première fois par Foville, en se basant sur la même méthode de myélinisation.

Foville (2) avait remarqué, en effet, sur la moelle des nouveaunés, qu'en dehors du faisceau pyramidal croisé, pas encore myélinisé à cette époque, et par conséquent à la périphérie et dans le segment postérieur du cordon latéral, il existait un faisceau de fibres déjà myélinisées : il put poursuivre le trajet de ce faisceau à travers le bulbe et la protubérance jusque dans le cervelet : Fle chsig (3)

(1) Nous étudions ici le faisceau de Gowers, bien qu’il ne contribue pas à former le corps restiforme, mais il trouve sa place parmi les fibres médullaires afférentes ; il à été d’ailleurs confondu au début avec le faisceau cérébelleux direct.

(2) « Tout le faisceau latéral de la moelle allongée ne se porte pas au cerveau ; le prolongement de cette partie du faisceau latéral de la moelle, que nous avons signalé comme accessoire du faisceau principal, se retrouve dans la moelle allongée et se porte dans le cervelet, accolé à la partie inférieure du corps restiforme, Ce petit faisceau est très facile à voir chez les nouveau-nés : il ge distingue de la portion du faisceau latéral qui se porte au cerveau par un intervalle de substance grise demi-transparente pendant les premiers mois de la vie extra-utérine. Il n’est pas visible seulement dans le bulbe rachidien. C’est là qu’il faut le considérer avec le plus d’attention pour bien saisir son prolongement dans l’intérieur du cervelet. On peut le voir ensuite régner sans interruption jusque vers la fin du renflement lombaire de la moelle épinière, toujours séparé de l'élément cérébral de ce faisceau latéral par un intermédiaire de substance grise, »

(FOvILLE. Traité d'anat. et de phys. du système nerveux cérébro-spinal. Paris, 1844.)

(3) FLECHSIG. Die Leitungsbahnen im Gehirn u. Rückenmarck des Menschen aüf

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a pu préciser quelques détails relatifs à l'origine de ce faisceau qui se trouve dans les cellules ganglionnaires de la colonne de Clarke du même côté. Comme d'autre part les colonnes de Clarke recevraient des fibres des racines postérieures, non des membres, mais du tronc, le faisceau cérébelleux direct conduirait surtout des excitations venues du tronc. Suivant l'individu, ce faisceau s’étalerait plus où moins à la périphérie de la moelle ; à la hauteur de la moelle cervicale, il atteindrait en avant jusqu'aux racines antérieures les plus externes. (Flechsig n’avait pas distingué de segment antérieur et de segment postérieur dans ce faisceau qu'il désignait du reste sous le nom de faisceau cérébelleux latéral : Kleinhirnseitenstrangbahn.) Il le faisait terminer dans l'écorce du lobe médian, tout près de la commissure antérieure, Il se myélinise en même temps que les premières fibres du cervelet, c’est-à-dire vers le 7° mois de la vie intra-utérine.

L'embryologie a donc démontré l'existence d’un faisceau ascendant de la moelle vers le cervelet. La confirmation de ce fait a été donnée par l'étude des dégénérescences expérimentales; nous lui devons encore la distinction de deux faisceaux dans le faisceau latéral.

En effet, Türck (1), étudiant les dégénérescences ascendantes de la moelle, a pu constater que ces dégénérescences étaient localisées dans les cordons postérieurs et les cordons latéraux ; mais cet auteur, n'ayant à sa disposition d'autre méthode que la recherche des corps granuleux par la résection de petits fragments de moelle, n’a pu déterminer exactement la topographie de la dégénérescence du faisceau cérébelleux ; ainsi pour Türck, dans les dégénérescences ascendantes, les corps granuleux occupaient dans le cordon latéral le même siège que dans les dégénérescences descendantes, plus près pourtant de la périphérie; ils diminuaient de nombre à mesure qu'on remontait vers le bulbe, mais ils se continuaient encore dans le corps restiforme du même côté en arrière de l’olive, et purent être retrouvés à l'inser= tion du corps restiforme sur le cervelet. Une dégénérescence ascen-

Grund Entrichelungsgeschichtlicher Untersuchungen dargestellt. Leipzig, 1876. — Plan des Menscehlichen Gehirns. Leipzig, 1883.

(1) Turok. 1° Uber secündare Erkrankung einzelner Ruckenmarkstrange und ihrer Forsetzungen zum Gehirne. Cnptes rendus de la section de mathématiques et sciences natwrelles de l' Ac. des sciences de Vienne, mars 1851, juin 1853. — 2° Beo-

bachtungen über das Leituugsfermosgen des menschlichen Ruckenmarks. Tbid., mai 1855.

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