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-dante analogue fut signalée dans deux cas par Cornil; de même Charcot, dans un cas de paraplégie par cancer de la colonne vertébrale, a trouvé une dégénérescence ascendante cantonnée dans les cordons postérieurs et dans la partie postérieure des cordons latéraux : tous ces faits sont consignés dans le remarquable mémoire de Bouchard, 1866 (1) : bien qu'il n’ait pu vérifier dans les cas examinés par lui la dégénérescence du cordon latéral, il admet qu'il existe, dans la portion postérieure de la substance blanche antérieure de la moelle, des fibres ascendantes qui mettent l'axe rachidien en rapport avec le cervelet. Depuis, l'examen des dégénérescences secondaires a permis de vérifier ces faits et de poursuivre la dégénérescence ascendante du cordon latéral, c'est-àdire le faisceau latéral ascendant, là où l'avaient placé Foville et Flechsig et jusque dans le cervelet (Westphal, Monakow (2), etc.).
Gowers (3),le premier, a attiré l'attention sur ce fait que le faisceau latéral était composé de deux systèmes d’origine différente. En étudiant les dégénérescences secondaires consécutives à un écrasement de la moelle au niveau de la région lombaire supérieure par une fracture de la colonne vertébrale, il put constater dans le cordon latéral une dégénérescence qui s'étend en avant du faisceau pyramidal croisé jusqu'au faisceau pyramidal direct : elle est le plus marquée en avant du faisceau pyramidal croisé et du faisceau cérébelleux direct, en dedans elle s’avance devant le faisceau pyramidal croisé et en dehors elle atteint la surface de la moelle, elle s'étend en pointe en avant vers le faisceau pyramidal antérieur. Le faisceau déterminé par cette dégénérescence ne pouvait être suivi au-dessus de la moelle cervicale supérieure. À la partie supérieure de la moelle cervicale, à la hauteur de la troisième paire nerveuse, là où le faisceau pyramidal atteint la surface de la moelle, il s’introduit comme un mince faisceau entre le faisceau cérébelleux et le faisceau pyramidal. Quelques
(1) BoucHARD. Des dégénérations secondaires de la moelle épinière. Archives générales de médecine, 1866.
(2) Experimenteller Beitrag zur Kenntniss des Corpus restiforme, des ausseren Acusticuskerns und deren Beziehungen zum Rückenmark. Archiv für Psychiatrie,
(8) GOWERS. 1° Diagnose der Rückenmarkskrankheïten, 1880. — 2° Bemerkungen über die antero-laterale aufsteigende Degeneration im Rückenmark. Neur. Centralblatt, 1886.
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années plus tard (1886) Gowers a décrit de nouveau ce faisceau sans apporter de détails sur sa constitution; il suppose d’abord que ses fibres viennent des racines postérieures du côté opposé en traversant la moelle par la commissure postérieure ; mais, comme dans un cas de dégénération ascendante du faisceau de Goll au cours d’une affection de la queue de cheval, il n’a pu trouver cette dégénérescence, il admet une interruption dans les cellules nerveuses de la moelle.
L'œwenthal (1) a distingué nettement deux faisceaux dans le faisceau latéral ; ses recherches ont porté sur la moelle de deux chiens qui avaient subi, l'un une lésion médullaire entre les deuxième et troisième paires cervicales (il avait survécu 12 semaines à l'opération) ; l’autre une lésion siégeant entre la cinquième et la sixième paires cervicales (il avait survécu 7 semaines) ; il confirme les résultats obtenus par Türck, Westphal, Flechsig, pour la terminaison du faisceau latéral ascendant dans le cervelet: toutefois toutes les fibres de ce faisceau ne montent pas dans le cervelet par la voie du corps restiforme: Monakow (2) avait déjà remarqué qu'un certain nombre de fibres du faisceau latéral montent directement dans la protubérance; il avait supposé que ces fibres se continuent dans la partie latérale du faisceau de Reil : mais il est peu probable que l’atrophie de la substance réticulée qu’il a poursuivie dans le bulbe entre la racine de l’hypoglosse et la coupe du trijumeau, plus haut entre le trijumeau et le noyau du facial, et même jusque dans le voisinage du tubercule quadrijumeau antérieur, à la suite de la section de la moelle cervicale au-dessous de l’entrecroisement pyramidal, réponde simplement au faisceau de Gowers.
Lœwenthal a constaté que, au niveau du bulbe, les fibres du faisceau latéral ascendant suivent deux voies différentes : les unes, les plus nombreuses, fibres dorsales, contournent la racine descendante du trijumeau pour entrer dans le corps restiforme et de là monter vers le cervelet; elles se terminent dans le vermis ; les autres, fibres ventrales, situées en arrière et en dehors des pyramides et des olives, occupent une position de plus en plus excentrique à
(1) LŒWENTHAL. Dégénérations secondaires ascendantes dans le bulbe rachidien, dans le pont et dans l'étage supérieur de l’isthme. Revue médicale de la Suisse romande, n° 9, 1885.
(2) MONAKOW. Arch, f. Psych., Bd. XIV.
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mesure que l'on examine des coupes plus élevées. Au-dessous des tubercules quadrijumeaux postérieurs, ces fibres se continuent avec les fibres externes, puis dorsales qui entourent le pédoncule cérébelleux supérieur et se placent à sa partie interne, elles se terminent aussi dans le vermis.
L'existence de deux systèmes de fibres dans le faisceau latéral ascendant a été vérifiée ensuite par Auerbach (1), Mott (2), Tooth (3); Mott a fait du faisceau ventral le prolongement supérieur du faisceau décrit par Gowers, et du faisceau dorsal le prolongement du faisceau décrit par Flechsig : désormais le faisceau ventral recevra la . dénomination de faisceau de Gowers, dénomination qui n’est pas absolument justifiée, comme nous le verrons plus loin; le faisceau dorsal garde le nom de faisceau cérébelleux direct de Flechsig.
a) Faisceau cérébelleux direct de Flechsig. — Le faisceau cérébelleux direct prend son origine dans la moelle épinière entre la première lombaire et la douzième dorsale, il apparaît avec les colonnes de Clarke dont les cellules lui abandonnent leurs prolongements cylindraxiles. Comme la colonne de Clarke s’étend dans la moelle depuis la première lombaire jusqu’à la première dorsale, sa principale origine se trouve donc dans la région dorsale de la moelle : peut-être la région cervicale lui fournit-elle quelques cylindraxes issus des cellules situées dans le voisinage du col de la corne postérieure ; Stilling avait décrit, en effet, dans la région cervicale et même dans la région lombaire, à l’insertion de la corne postérieure, quelques cellules isolées, de même aspect que les cellules de la colonne de Clarke.
Les colonnes de Clarke reçoivent des fibres des racines postérieures qui forment un fin réseau au milieu duquel sont logées les cellules ; les fibres qui se terminent dans la colonne de Clarke au niveau de la première racine lombaire sont des fibres radiculaires qui pénètrent beaucoup plus bas dans la moelle (racines lombosacrées). Mott (4) a démontré, en effet, qu'après section de la sixième
(1) AUERBACH. Zur anatomieder aufs teigenden Degeneration.. Anat. Anzeiger, 1890.
(2) MotT. Ascending Degenerations resulting from lesions of the spinal cord in monkeys. Brain, 1892,
(8) Toorx. Gulstonian lectures. Degenerations of the spinal cord, 1890.
(4) MoTr. Die Zufuhrenden Kleinhirnsbahnen des Rukensmarks bei dem Affen. Monattschrift für Psychiatrie und Neurologie von Wernicke et Zichen, février 1897,
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racine post-dorsale chez le singe (ce qui correspond chez l’homme à la première racine sacrée), il y avait une dégénérescence dans la colonne de Clarke, au niveau de la région lombaire supérieure.
Marguliès (1) a constaté également que la section des racines caudales et de la cinquième lombaire entraînait une dégénérescence de la colonne de Clarke dans sa moitié interne. Ceci semble démontrer que les racines postérieures n’aboutissent à la colonne de Clarke . qu'après avoir suivi un trajet ascendant dans le cordon postérieur. Le rapport des colonnes de Clarke et des racines postérieures est encore démontré par la disparition du réseau intercellulaire dans le tabes et les affections de la queue de cheval. On ne connaît pas d’autres terminaisons certaines dans la colonne de Clarke : elle recoit presque exclusivement des fibres des racines postérieures du même côté.
Les cellules qui forment les colonnes de Clarke sont des cellules volumineuses à grand axe dirigé verticalement, possédant denombreux prolongements protoplasmiques [Cajal (2),Lenhossek (3), Van Gehuchten (4)]. Elles s’atrophient consécutivement à des lésions cérébelleuses de longue durée et disparaissent même complètement. Leurs prolongements cylindraxiles constituent le faisceau cérébelleux direct; cette origine est très nette chez des fœtus à terme ou des nouveau-nés dont le faisceau pyramidal n’est pas encore développé (fig.6); on peut suivre des fibres myélinisées qui abandonnent la colonne de Clarke, passent au-devant d’elle puis se recourbent, en dehors et en arrière vers la périphérie du cordon latéral (Kôlliker, Gerlach) ; comme l’a fait remarquer Flechsig, c’est surtout au niveau de la première lombaire et de la douzième dorsale que ces fibres sont le plus nombreuses et qu'il estle plus facile de suivre leur trajet; aussi, chez un fœtus à terme, le faisceau cérébelleux direct se détache à la périphérie de la moelle, en dehors du faisceau pyramidal croisé, dès la région dorsale inférieure.
(1) MARGULIES. Experimentelle Untersuchungen über den Aufbau der Hinterstrange beim Affen. Monatschrift für Psychiatrie und Neurologie von Wernicke et Ziehen. Heft. 4, 1897.
(2) CAJAL. Les nouvelles idées sur la structure du système nerveux chez l'homme et les vertébrés. Trad. par AZOULAY. Paris, 1894.
(3) LENHOSSEK. Der einere Baù des Nervensystems im Lichte neuster Forsehungen, 1893. Traduit en français dâns le Journal des connaissances médicales, par CHRÉTIEN, 1893:
(4) VAN GEHUCOHTEN, Anatomie du système nerveux de l'homme, 1897,
L.| x ° # » 0 D'après quelques auteurs, le faisceau cérébelleux ne serait pas la seule voie efférente des colonnes de Clarke : c'est ainsi que Bechterew décrit trois systèmes de fibres nées des cellules des colonnes de
Clarke :
1° Le premier système représente le faisceau cérébelleux direct.
F1G. 6.— Coupe de la moelle d'un fœtus âgé de 8 mors et demi. — Région dorsale inférieure. — (Coloration par la méthode de Pal.) Le faisceau pyramidal croisé et direct, qui n’est pas encore myélinisé, se détache en blanc. — Les fibres qui prennent leur origine dans la colonne de Clarke se dirigent en dehors vers la périphérie et constituent le faisceau cérébelleux direct.
Ce. Colonne de Clarke. — ÿf4. Fibres sortant de la colonne de Clarke et se dirigeant vers la périphérie pour constituer le faisceau cérébelleux direct, — Pye. Faisceau pyramidal croisé. — Pyd. Faisceau pyramidal direct.
2° Fibres allant à la partie postérieure et interne des cordons posté- |
rieurs.
3° Fibres se rendant dans la corne antérieure du côté opposé, après !
avoir passé par la commissure antérieure ; ces fibres se terminent
dans la corne antérieure du côté opposé; quelques-unes, qui ne s’entrecroisent pas, se terminent dans la corne antérieure du même côté