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II. — Pédoncule cérébelleux moyen

Le pédoncule cérébelleux moyen est une des principales voies afférentes du cervelet, et même la plus considérable. Nous n'avons réalisé aucune expérience sur lui, mais ayant constaté qu'après de grandes destructions de l'écorce cérébelleuse, il ne contient qu'un petit nombre de fibres dégénérées, nous avons pu en conclure que la majorité des fibres prennent leur origine dans la substance grise du pont et principalement du côté opposé, puisqu'elle s’atrophie du côté opposé à la lésion cérébelleuse. (Cramer, Amaldi. Voir l’observation précédente.) Après section du pédoncule cérébelleux moyen, sur le singe, Ferrier et Turner ont noté une diminution des fibres superficielles du pont et de la substance grise du côté opposé. — Les fibres du pédoncule cérébelleux moyen se terminent surtout dans l’écorce des hémisphères cérébelleux; elles n’entrent pas en rapport avec le noyau dentelé. D’après les recherches de Bechterew (1) sur des enfants nouveau-nés: âgés de quelques semaines, il y aurait à distinguer deux segments dans le pédoncule cérébelleux moyen : 1° Un segment supérieur, dépourvu de myéline : occupant dans le pédoncule cérébelleux supérieur une situation plus latérale, il se termine dans la partie postérieure et inférieure de l'écorce des hémisphères, et n’envoie aucune fibre dans le vermis ; 2° Un segment inférieur myélinisé, situé médialement et dirigé d’ar-

(1) BECHTEREW. Zur Anatomie des Schenkels des Kleinhirns, insbesondere des Brükenarms. Newr. Centralblatt, 1885.

rière en avant, surtout visible dans les coupes de la moitié inférieure du pont : il serait en rapport avec la partie Supérieure de l'écorce des hémisphères et avec l'écorce du vermis.

Le segment Supérieur ou système cérébral entre en rapport avec le pédoncule cérébral, par l'intermédiaire de la substance grise du pont. D’après Bechtere W, le cervelet et le cerveau entreraient en relation par trois voies différentes : pédoncule cérébelleux supérieur, pédoncule cérébelleux moyen, pédoncule cérébelleux inférieur (par l'olive inférieure et le faisceau central de la calotte),.

Le système spinal entre surtout En rapport avec les deux moitiés du pont et particulièrement avec la substance grise de la région inférieure du pont, mais en tout cas pas d’une façon exclusive avec la moitié opposée, Des fibres abandonnent la substance grise du pont à ce niveau, et suivant le raphé s'engagent dans la calotte protubérantielle; elles ont pour principal aboutissant le nucléus reticularis tegmenti pontis décrit par Flechsig et Bechterew, situé de chaque côté du raphé en arrière du ruban de Reil médian. De ce noyau partiraient des fibres qui seraient suivies à la périphérie du faisceau fondamental antérieur et du ‘faisceau latéral de la moelle : c'est ainsi que serait justifiée la dénomination de Système spinal du pédoncule cérébelleux moyen. Mingazzini pense qu’une distinction entre la portion cérébrale et la portion spinale du pont, dans le sens admis par Bechterew, est impossible et que les faits qu'il a mis en relief doivent être interprétés différemment ; d’après lui, les fibres s’entrecroisant se recouvrent de myéline beaucoup plus tard, mais la cause physiologique lui échappe; il n’admet ni l'hypothèse de Bechterew, ni celle de Meynert sur les rapports croisés du pédoncule cérébral et du pédoncule cérébelleux moyen (Meynert avait imaginé une double voie d'association entre le cervelet et le cerveau par l'intermédiaire du pédoncule cérébelleux moyen; l’une, d'origine cérébelleuse, suit le Stratum superficiale ; l’autre, d'origine cérébrale, le stratum profundum). Mingazzini (1) rappelle à ce sujet que Gudden, ayant enlevé à des lapins nouveau-nés un hémisphère cérébral tout entier, ne trouva longtemps après l'opération aucune différence entre les deux hémisphères cérébelleux, et que si dans certains cas une lésion cen-

(1) Recherches complémentaires sur le trajet du pedunculus medius cerebelli, Journal international d'anatomie et de Physiologie, 1891, t, VIII.

trale ancienne a causé une atrophie croisée du cervelet, dans d'autres cas elle est restée sans effet. L'argument n'est pas d’une valeur absolue, car le pédoncule cérébelleux de même que la protubérance et le pédoncule cérébral sont relativement peu développés chez le lapin, tandis que ces trois parties sont très développées chez l’homme, et il semble bien qu’il y ait un rapport constant dans leur développement relatif.

D'ailleurs Monakow (1) a constaté, après l’ablation de la plus grande partie de l'hémisphère cérébral droit chez un chien nouveauné, l’atrophie directe de la substance grise du pont et l’atrophie croisée du pédoncule cérébelleux moyen et du cervelet: Monakow interprète dans ce cas l’atrophie du pédoncule cérébelleux moyen comme étant la conséquence, d’une part, de l’atrophie de la calotte, et d'autre part de l'atrophie de la substance grise du pont. D'après Mingazzini (2) l'expérience de Monakow ne prouverait pas l'existence d'un rapport double entre le cerveau et le cervelet, et l’atrophie du noyau rouge, du thalamus et du pédoncule cérébelleux supérieur, signalée dans l'observation de Monakow, serait, àelleseule, capable d'entraîner l'atrophie de l'écorce cérébelleuse, du péconcule cérébelleux moyen et de la substance grise du pont. |

Pour nous le pédoncule cérébelleux moyen prend sa principale origine dans la substance grise du pont, du côté opposé à l’hémisphère cérébelleux auquel il se rend, mais il contient aussi des fibres dont l’origine se trouve dans la substance grise du pont du même côté. Il transmet à un hémisphère cérébelleux les impressions cérébrales fournies par l'hémisphère cérébral du côté opposé ; il faut admettre pour cela que les fibres pyramidales qui se terminent autour des cellules de la substance grise du pont ne s’entrecroisent pas ou du moins que la plus grande partie ne s'entrecroise pas.

S'il s'atrophie consécutivement à une lésion cérébelleuse, c'est en partie parce que quelques-unes de ses fibres qui prennent origine dans la corticalité cérébelleuse dégénèrent, et surtout parce que le pédoncule cérébelleux moyen étant une voie courte doit subir très rapide-

(1) MoNAKOW. Experimentelle und pathologischanatomische Untersuchungen über die Hanbenregion, den Sehhügel und die Regio subthalamica. Archiv. fur Psychiatrie, 1895.

(2) MINGAZZINI. Ueber die gekreuzte cerebrocerebellare Babhn. Neur. Centralb., 1895.

ment la dégénérescence rétrograde. Nous avons exposé précédemment que dans un cas de destruction d’une moitié du cervelet il existait, après une survie de trois mois, une diminution du nombre des cellules dans la substance grise du pont du côté opposé. Il est possible et même probable que le pédoncule cérébelleux moyen contient chez l'homme des fibres qui prennent leur origine ou se terminent dans le vermis : nous avons pu constater en effet sur Les coupes sériées de la protubérance et du cervelet d’un fœtus de huit mois et demi, colorées par la méthode de Pal, que quelques fibres myélinisées se continuent avec la substance grise du pont, d’une part, et d’autre part se dirigent vers le vermis. Seule l’écorce du vermis contient des fibres à myéline à cette époque; il est donc vraisemblable qu'elles aboutissent au vermis.

Si une lésion d’un hémisphère cérébral entraîne une atrophie croisée du cervelet, elle peut s'expliquer de deux manières: 1° par l’atrophie des fibres pyramidales et de la substance grise du pont du même côté que la lésion, du pédoncule cérébelleux moyen et de l'écorce cérébelleuse du côté opposé; c'est pourquoi on observe dans un certain nombre de cas de lésions cérébrales anciennes, non seulement une réduction de volume de l'hémisphère cérébelleux croisé, mais aussi un rétrécissement de ses lames et de ses lamelles; 2° par l’atrophie du thalamus et du noyau rouge du même côté, du pédoncule cérébelleux supérieur et du noyau dentelé du côté opposé.

Le pédoncule cérébelleux supérieur étant presque uniquement composé de fibres efférentes, son étude trouvera sa place aux systèmes efférents du cervelet,

= in Dean

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