RÉSULTATS PERSONNELS
La méthode que nous avons employée dans l'étude des dégénérescences secondaires est la méthode de Marchi. Dans un cas la méthode de Pal à été utilisée. L'emploi de grandes quantités de liquide pour l'immersion des fragments du névraxe dans la solution osmio-bichromique nous a permis d'obtenir presque constamment des imprégnations parfaites de larges fragments, tels que la protubérance avec le reste du cervelet, l’isthme de l'encéphale, des coupes transversales et verticales d’un hémisphère de cerveau de chien. Le névraxe a toujours été examiné en coupes sériées ; le nombre des coupes montées variait suivant l’importance de la région, avec un minimum d’une coupe sur cinq; dans certaines régions cinquante ou soixante coupes consécutives ont été montées et examinées; c’est ainsi que nous avons pu nous assurer de l'existence de fibres prenant leur origine dans le cervelet et descendant dans la moelle (faisceau cérébelleux descendant).
Douze névraxes de chiens ou chats ont été examinés ; lacomparaison des résultats suivant l'étendue et le siège de la lésion nous a fourni des renseignements très intéressants sur la constitution et les relations du cervelet. |
L'examen par coupes sériées et rapprochées est nécessaire; d’une part pour établir le trajet exact d'un faisceau ou de fibres, et d'autre part pour topographier les lésions de voisinage qui ont entraîné à leur tour des dégénérescences secondaires, absolument indépendantes de la lésion cérébelleuse : c'est pour ne pas avoir pris assez rigoureusement cette précaution, que nous avons été induits nous-même en erreur sur quelques détails, au début de nos recherches.
Les lésions accessoires ou de voisinage les plus fréquentes sont celles du noyau de Burdach et du corps réstiforme, des stries et des
noyaux acoustiques, du noyau de Deiters, du tubercule quadrijumeau postérieur.
L'étude des rapports anatomiques du cervelet ne doit pas se limiter à déterminer d’une façon précise les organes auxquels il envoie des fibres nerveuses. Le cervelet est, comme il a été dit plus haut, constitué de deux espèces d'organes, l'écorce et les noyaux centraux ; si on l’envisage à un point de vue plus élevé, d'après son développement dans la série animale, la division morphologique de l'écorce correspond elle-même à la juxtaposition de trois organes : le vermis et les deux hémisphères. Notre but est donc de chercher : 1° les rapports du cervelet avec la moelle, le bulbe, la protubérance et l’encéphale ;
2° Les rapports de l'écorce (du vermis et des hémisphères) avec les noyaux centraux du cervelet ;
3° L'origine des fibres efférentes : écorce ou noyaux centraux, Si c’est l'écorce : vermis ou hémisphères.
Nous complèterons cette étude par les renseignements que nous stone pr fire de l'examen des dégénérescences secondaires chez
ns successivement les rapports du cervelet avec : 1° la
bulbe, 3° le tronc encéphalique, 4° la protubérance,
7 rescences secondaires aux lésions de voisinage : pour
cela, à l’aide de coupes empruntées à un cas d’hémiextirpation du cerve-
let chez un chien ayant survécu trois semaines, nous suivrons les fibres
dégénérées : après la description de chaque faisceau, et en nous basant
sur l'étude de dégénérescences consécutives à des lésions différentes, nous fixerons autant que possible l’origine exacte de ce faisceau.
Nous devons prévenir que, dans ce cas, il y a eu deux petites lésions de voisinage, l'une portant sur le tubercule quadrijumeau postérieur du côté opéré, Pautre en dedans et en avant du noyau de Burdach du même côté.
La première lésion explique la dégénérescence du bras du tubercule quadrijumeau postérieur, du ruban de Reil latéral et de la commissure de Meynert (Fontainartige Kreuzung).
La deuxième lésion explique la dégénérescence du ruban de Reïil médian.
La dégénérescence de la zone X sur la figure 53 n’est pas davantage la conséquence de la lésion cérébelleuse. Elle n’a pas été retrouvée dans les dégénérescences secondaires à des destructions analogues du cervelet.
Nous avons tenu à reproduire les coupes de ce cas plutôt que d’un autre, pour montrer à quelles erreurs d'interprétation peuvent ‘conduire les lésions de voisinage. Il existe précisément une dégénérescence du ruban de Reil
UTP RUES 1
médian et du ruban de Reil latéral, que certains auteurs ont signalée à la suite de la destruction ou de lésions du cervelet, et qui en est pourtant indépendante. L'hémisphère gauche est l'hémisphère extirpé.
I. — Rapports du cervelet avec la moelle. — LE FAISCEAU CÉRÉ- BELLEUX DESCENDANT. — Il existe une dégénérescence secondaire dans le cordon antéro-latéral de la moelle et du même côté que la lésion.
Cette dégénérescence, très accusée dans la moelle cervicale supérieure où elle constitue un véritable faisceau (fig. 36, 37), a la forme dun croissant obliquement dirigé d’arrière en avant ei de dehors en dedans, affleurant par son extrémité antérieure à la périphérie.
Fig, 36. — Coupe passant au niveau de la première racine cervicale.
Fed. Faisceau cérébelleux descendant (côté de la lésion).
En arrière, elle ne dépasse pas une ligne transversale menée par l'angle externe des deux cornes antérieures. Il existe encore quelques fibres dégénérées dans le faisceau fondamental antérieur qui s'étendent en avant jusqu’au faisceau précédemment décrit.
Sur des coupes de la région cervicale moyenne et de la région cervicale inférieure (fig. 38), les fibres sont de moins en moins tassées, elles se rapprochent davantage de la périphérie. Au fur et à mesure qu’elles descendent, elles diminuent de nombre (fig. 39), mais elles peuvent être suivies très nettement dans la région lombaire (fig. 40), même assez bas.
HS
En examinant les coupes à un plus fort grossissement, on peut
FIG. 37. — Le faisceau cérébelleux descendant (Fed.) à la région cervicale supé- ? = rieure. | # s’assurer que ces fibres se terminent dans la corne antérieure corres-
PQ, 38... 2 Ze Jaisceau cérébelleux descendant (Fed) à la région cervicale Pate inférieure.
LA
pondante autour des cellules ganglionnaires : en effet, sur quelques ! \ a Là 4 LA LA Î coupes, on peut suivre les fibres dégénérées traversant le cordon
D NE à | f
antéro-latéral jusqu'à la corne antérieure : autour des cellules ganglionnaires, il existe un assez grand nombre de corps granuleux.
Cette zone de dégénérescence correspond à la zone antéro-laté-
FIG. 39. — Le faisceau cérébelleux descendant à la région dorsale moye:
au
rale de Marchi; jamais, quelque profonde et étendue que « : lésion du cervelet, nous n'avons pu constater la zone latérale de:
AT Ed
FIG, 40. — Ze faisceau cérébelleux descendant à la région lombaire.
nérescence décrite par le même auteur et qui est située en avant du faisceau pyramidal que Ferrier et Turner ont signalée après une lésion du filet latéral (ruban de Reil latéral et son noyau).
! Du côté opposé à la lésion, on constate aussi l'existence de quelques
Fi@, 41. — Coupe du bulbe Passant par le corps trapézoïde et le
s olives supérieures.
Le faisceau cérébelleux descendant (Ztd), après avoir traversé le noyaw de
Deiters, se dirige en avant Gans la substance réticulée latérale (Srt)
Crst. Corps restiforme. — Ctr. Corps trapéroïde. — 74. Faisceaux cérébelleux descendant. — Fer. Faisceau en crochet. — loc. Flocculus. — Ep. Faisceau longitudinal postérieur. — M4. Noyau de Deiters. — 41. Noyau dentelé. — Os. Olive supérieure. — Pes. Pédoncule cérébelleux supérieur. — Py. Pyramide. — Am. Ruban de Reil médian — Sr. Substance réticulée latérale. — Srm. Substance réticulée médiane. — Ys. Racine descendante du trijumeau. — VI. Moteur oculaire externe. — VII. Facial. VIIIV. Vestibulaire, —
Le noyau de Bechterew est en arrière du noyau de Deiters, entre le corps restiforme et le quatrième ventricule.
fibres dégénérées dans le faisceau fondamental antérieur, elles s’arrêtent dans la région dorsale.
Origine. — L'origine des ces fibres se voit très nettement quand on examine les coupes du bulbe passant par l'extrémité supérieure des noyaux de Deiters et de Bechterew. (Le noyau de Bechterew est situé entre le quatrième ventricule et le corps restiforme, en
arrière et en dehors du noyau de Deiters, dont il est considéré comme une dépendance par la plupart des auteurs.)
Ce noyau est traversé par un grand nombre de fibres dégénérées non ‘groupées en faisceau : elles le traversent sur toute sa largeur et se dirigent ensuite vers la substance réticulée de la protubérance, pas-
sant les unes au-dessus, d’autres au-dessous, d'autres entre les fibres .
du nerf facial : elles suivent alors deux directions : le plus grand nombre se porte en avant dans la partie latérale de la substance réticulée, untrès petit nombre se dirige en arrière (fig. 41). Én résumé, les fibres occupent une bande de la substance réticulée, située entre
l'olive supérieure en avant et l'anse du facial en arrière, elles sont
surtout nombreuses en avant, en très petit nombre au contraire en arrière.
Quand on examine des coupes pratiquées dans des plans plus élevés, au-dessus du noyau de Deiters, iln'y a aucune dégénérescence dans la zone latérale de la substance réticulée. Cette zone est dégénérée au contraire dans toutes les coupes du bulbe passant au-des-
sous du noyau de Deiters ; à la limite inférieure du bulbe, les fibres
dégénérées se continuent avec la zone de dégénérescence décrite précédemment dans la moelle.
Primitivement situées dans une partie de la substance réticulée, limitée en avant par l'olive supérieure et en arrière par le genou du facial, à mesure qu’elles descendent, les fibres dégénérées se tassent de plus en plus en avant et en arrière, de façon à former deux groupes bien distincts : un groupe antérieur et un groupe postérieur.
Le groupe antérieur est situé dorsalement à l’olive supérieure, puis au noyau du facial, sur le bord interne duquel il tend à s’étaler (fig. 42); sur des coupes de plus en plus inférieures, il se trouve situé plus bas
-sur le bord antéro-externe de l'olive inférieure (fig. 43). Le groupe
postérieur est situé en avant d’abord du genou facial, puis du noyau triangulaire de l’acoustique. |
ci d
FIG. 42,— Coupe du butve au-dessus des olives. — Dégénérescence du | belleux descendant, du Corps restiforme, des faisceaux cérébello-ve
J'aiscean céré- | Stibulaires.
Crst. Corps restiforme. — Ftda. Portion antérieure du faisceau cérébell dant, — Etdp. Portion postérieure du faisceau cérébelleux descendant Faisceaux, cérébello-vestibulaires. — Flp. Faisceau longi
ANVII. Noyau du facial. — Py. Pyramide. — Æm.: Ruban de Reil médian. ve Racine descendante du trijumeau.
FIG. 43. — Coupe du buibe Passant par les olives et le noyau externe du. Jaisceau de Burdach. Terminaison des Jibres dégénérées du Corps restiforme dans le noyau du cordon latéral et dans le ROYAU externe du faisceau de Burdach. Ace. Fibres arciformes externes. — gi. Fibres arciformes internes, — (st. Corps restiforme, — ed. Faisceau cérébelleux descendant. —- 7%. Faisceaux cérébello-vestibulaires. — F4, Faisceau solitaire. — 7/p. Faisceau longitudinal postérieur. — 79. Couche interolivaire, — Zes. Lésion accessoire ayant coupé quelques fibres arciformes internes. — eB. Noyau externe du faisceau de Burdach. — AJ, Noyau
du cordon latéral, — G. Olive inférieure, — Py. Pyramide, — Ys. Racine descendante de trijumeau.
Dans les coupes du bulbe passant par les olives, le groupe antérieur est compris entre l'olive inférieure en dedans et le noyau du cordon latéral du bulbe en dehors (fig. 44); le groupe postérieur est en avant du noyau de l'hypoglosse, se rapprochant de plus en plus de la ligne médiane ; aussi, dans les coupes passant par l'étage inférieur du bulbe, ces fibres sont toutes contenues dans la substance
FiG@. 44. — Coupe du bulbe passant par l'extrémité inférieure des olives et le noyau externe du faisceau de Burdach. )
Fed. Faisceau cérébelleux descendant, — ip. Faisceau longitudinal postérieur. — 0. Couche interolivaire. — NeB. Limite du noyau externe et du noyau interne du faisceau de Burdach. — 47. Noyau du cordon latéral. — Où. Olive infé-
rieure. — Py. Pyramide, — Vs. Racine descendante du trijumeau, — XII. Hypoglosse.
réticulée médiane et dorsalement (futur faisceau fondamental antérieur de la moelle).
Lorsque les olives ont disparu, le groupe antérieur, qui n’est plus retenu par elles, s'étale de plus en plus en dedans dans le faisceau antéro-latéral, et se confond par son extrémité antérieure avec le groupe postérieur situé dans le faisceau fondamental antérieur ; la zone de dégénérescence occupe désormais la même position que dans la moelle cervicale supérieure, et les fibres malades surtout serrées en avant et en dehors constituent le petit faisceau en croissant (fig. 45).
Presque toutes les fibres dégénérées de la moelle suivent cette voie : nous disons presque toutes; quelques-unes, en effet, suivent
des ef AR NE SES 2e à
une voie différente, soit du même côté que la lésion, soit du côté opposé,
-leur description trouvera sa place plus loin.
Telle qu’elle a été décrite, cette dégénérescence n'est pas identique comme topographie avec celle décrite par Marchi consécutivement aux lésions du cervelet, puisque d’après cet auteur le pédoncule
cérébelleux moyen, le faisceau longitudinal postérieur et le ruban de Reil seraient les intermédiaires entre le cervelet et la moelle, Biedl et Basilevsky ont signalé, au contraire, une topographie de la dégénérescence semblable à celle que nous avons décrite plus haut, mais
FIG. 45. — Coupe du bulbe passant au niveau de l'entrecroisement pyramidal.
DPy. Décussation des pyramides. — #44. Faisceau -cérébelleux descendant. — Fa. Faisceau fondamental antérieur. — ne. Funiculus cuneatus, — Fng. Funi- Culus gracilis. — NZ. Noyau du faisceau de Burdach. — NG, Noyau du faisceau de Goll. — N7. Noyau du cordon latéral. — Py. Pyramide.
après section du pédoncule cérébelleux inférieur. Dans les expériences de Biedl, les organes voisins ont été intéressés (principalement les noyaux de l’acoustique et les stries acoustiques), la dégénérescence secondaire du corps trapézoïde en est le plus fort témoignage. Or, pour entraîner la conviction de l'existence d'un faisceau cérébelleux descendant, il faut que le cervelet seul ait été intéressé, sans aucune participation des organes de voisinage et surtout des noyaux de la huitième paire et des stries acoustiques. C’est le grand écueil à éviter, Ferrier et Turner, Risien Russell pensent même que la! dégénérescence de la moelle observée après les lésions du cervelet
est due à ce que le noyau de Deiters a été intéressé par la lésion; si
fx
le noyau de Deiters n’a pas été intéressé par la lésion, il n'y a pas de dégénérescence dans la moelle. |
Nous ne pouvons partager l'opinion de Ferrier et Turner et l’affirmation de ces auteurs est absolue ; ni celle de Russell (celui-ci admet l'existence de quelques fibres dégénérées dans la moelle cervicale). En effet, en dehors de toute lésion extra-cérébelleuse, la moelle dégénère consécutivement à certaines lésions du cervelet, mais pas à toutes.
L'extirpation d'une moitié du cervelet, nous l'avons vu, entraine la dégénérescence dela moelle ; mais on peut objecter queles organes limites, sans être extirpés, peuvent être pourtant lésés ou comprimés, et les organes limites sont ici le noyau de Bechterew, le noyau de Deiters, les stries acoustiques. Nous pouvons affirmer que dans le cas auquel nous avons fait allusion, les stries acoustiques n'ont pas été lésées : elles ont pu être suivies sur tout leur trajet jusqu'au ruban de Reil latéral et elles ne contenaient pas de corps granuleux : dans le noyau de Bechterew et le noyau de Deiters, les cellules existaient encore, et il n'y avait pas de dégénérescence secondaire très accusée dans le faisceau longitudinal postérieur : cette dégénérescence est au contraire manifeste latéral lorsqu'il existe une lésion de ces noyaux.
L’ablation d’un lobe latéral et du vermis ne détermine de dégéné-
rescence médullaire que du côté du lobe enlevé.
L’'ablation d'un lobe, du vermis, et de la moitié interne : l’autre lobe détermine une dégénérescence bilatérale de la moelle, plus accusée naturellement du côté où le lobe a été totalement enlevé : ce cas est très favorable pour suivre dans toute leur étendue les fibres dégénérées depuis leur émergence du cervelet jusqu’à la partie latérale de la substance réticulée : de plus, la limite de la lésion est loin du noyau de Deiters, du noyau de Bechterew et des stries acoustiques.
L’ablation partielle ou même presque totale de l'écorce d’un hémisphère ne détermine aucune dégénérescence dans la moelle, On peut conclure par conséquent et par exclusion que les fibres cérébelleuses descendantes n'ayant leur origine ni dans le vermis, ni dans l'écorce
des hémisphères, doivent prendre naissance dans Le noyau dentelé…
Let à ou corps rhomboïde; les lésions du noyau du toit n ‘entratnent pas de “dégénérescence dans la moelle.
| TU ” sr ir)" MAMA PE LE RSA: V2: L'ART AI PU AU PU ue, AURET Ni One de de cd cut
Mais il est juste de dire anssi que la dégénérescence est beaucoup plus accusée, si les stries acoustiques ou les noyaux de Deiters et de Bechterew ont été intéressés par la section. Dans deux cas où les stries acoustiques étaient nettement. dégénérées par suite de la lésion des noyaux de la racine cochléaire ou par section directe de ces stries, nous avons pu consiater, en les suivant sur toutes les. coupes situées au-dessus de leur lésion, que ces #4 fibres se rendent pour la plupart au ruban de Reil latéral du côté opposé, ce qui est un fait connu depuis les recherches de Held, 2 de Bum, Baginsky, Monakow, et qu'en outre quelques fibres viennent s’accoler au faisceau cérébelleux descendant dans la même 4 . Zone de la substance réticulée, constituant probablement une voie acoustique réflexe. Dans ces cas le faisceau cérébelleux descendant était plus dégénéré. Dans deux cas, les noyaux de Bechterew et de Deiters ont été intéressés : cette double lésion a entraîné une dégénéà rescence beaucoup plus marquée dans la moelle que celle qu'on observe après la destruction simple d'une moitié du cervelet. Ces Doyaux donnent en effet naissance à des fibres qui vont en assez grand | nombre au faisceau longitudinal postérieur du même côté et à celui du côté opposé (1). Celles du même côté descendent et se contiruent au-dessous du bulbe dans le faisceau fondamental antérieur de la moelle. Celles du côté opposé montent dans la protubérance et vont se terminer dans le noyau de la troisième paire. Nous reviendrons du reste plus loin sur cette disposition anatomique très particulière. Ces noyaux fournissent aussi très vraisemblablement des fibres qui descendent dans la moelle après avoir suivi la voie de la substance réticulée latérale et du faisceau cérébelleux descendant. Ce qui paraît certain, c’est que ces noyaux fournissent des fibres à la moelle et même en assez grand nombre.
L'opinion de Ferrieret Turner est donc Juste pour ce qui concerne l'existence de fibres nerveuses prenant leur origine dans le noyau de Deiters et descendant dans la moelle ; l'existente de pareïlles fibres, comme le font remarquer ces auteurs, affrait été déjà soupçonnée par von Monakow qui a constaté une atrophie des cellules
(1) A. THOMAS. Contribution ‘à l’étude expérimentale des déviations conjuguées des yeux et des rapports anatomi ques des noyaux de la troisième et de Ja sixième paires. Suc, de biologie, 14 mars 1896.
du noyau de Deiters, après une hémisection de la moelle dans la région cervicale supérieure chez un chat nouveau-né. Mais, pour Monakow, le noyau de Deiters serait en relation avec les cordons postérieurs, il en fait un noyau du funiculus cuneatus. L'opinion de Ferrier et Turner nous semble au contraire en opposition avec les faits pour ce qui concerne l'existence de fibres cérébelleuses descendantes : etil semble difficile de s'expliquer comment elle a pu échapper à de tels observateurs. Nous ferons remarquer toutefois qu'ils ont surtout employé pour l'étude des dégénérescences la méthode de Pal-Weigert, qui donne des résultats moins précis que la méthode de Marchi ; de plus, lorsque la lésion a déjà plusieurs mois de durée, que la dégénérescence n’atteint pas un gros faisceau, les fibres saines, à mesure que les corps granuleux sont résorbés, se rapprochent les unes des autres et comblent les vides, la dégénérescence devient alors à peine appréciable. La méthode est donc par elle-même très imparfaite et même insuffisante. Dans un cas d'hémiextirpation du cervelet chez un chien ayant survécu trois mois et demi à l'opération (les noyaux de Deiters et de Bechterew n'avaient pas été intéressés par la lésion) la méthode de Pal a été employée pour l'examen du névraxe : la moelle cervicale supérieure examinée à un très faible grossissement ne présentait pas de différence nette entre les deux côtés; mais, à un plus fort grossissement, il était aisé de constater que le cordon antérolatéral du côté de la lésion contenait, dans la zone du faisceau cérébelleux descendant, moins de fibres saines 'que celui du côté opposé : l'examen de la moelle cervicale inférieure, du bulbe et de la protubérance, même à un fort grossissement, n'a pas donné de résultat positif, probablement parce que les fibres cérébelleuses ÿ sont plus disséminées. Nous avons exposé précédemment que la moelle ne dégénérait que si le noyau dentelé avait été lui-même intéressé par la lésion ; si ce noyau n’est lésé que partiellement, cette dégénérescence sera peu marquée, et la méthode de Pal sera incapable de la révéler.
La méthode de Marchi n’est elle-même très favorable à la démonstration des dégénérescences que si ces dégénérescences sont récentes ; elle devient insuffisante pour des dégénér.escences de plusieurs mois et inutile au delà; puisqu'elle est une métiiode positive rendant évidente la présence de corps granuleux. Elle donnera donc des résultats