‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 34 sur 72 · LE C · texte numérisé non relu

LE C

À la suite d’une hémiextirpation du cervelet, en dehors de toute lésion des noyaux de Deiters et de Bechterew, ces noyaux sont traversés du côté de la lésion par de longues lignes de corps granuleux qui représentent des fibres dégénérées ; ils sont remplis par un semis de corps granuleux très abondants qui indiquent suffisamment Je grand nombre de fibres qui prennent leur origine dans le cervelet pour se terminer dans ces masses de substance grise. Ces fibres suivent un trajet identique aux fibres cérébelleuses descendantes, maïs au-dessous d'elles, dansun plan moinsélevé du bulbe (Nd, fig. 41). Quelques-unes de ces fibres traversent aussi le noyau triangulaire de l’acoustique où elles se terminent partiellement, d’autres s'entrecroisent dans le raphé médian de la protubérance (en très l petit nombre), d’autres descendent ensuite dans la substance réticulée médiane en avant du faisceau longitudinal postérieur, plus rarement dans l’intérieur de ce faisceau. Les fibres qui aboutissent aux noyaux ke de Deiters et de Bechterew se terminent à des étages différents et pour cela suivent les faisceaux cérébello-vestitulaires.

La plus grande partie se termine dans l'extrémité supérieure du noyau de Deiters, au moment même où elles l'abordent après avoir contourné le quatrième ventricule, en contribuant à former les fibres semi-circulaires internes.

Toutes les fibres de ces faisceaux, qui dégénèrent du côté de la lésion, n’ont pourtant pas une pareille origine; nous verrons plus loin, qu'à l'émergence du pédoncule cérébelleux supérieur hors du cervelet, ce pédoncule, des deux côtés, dans le cas d'hémiextirpation complète, est limité en arrière par une zone de dégénérescence formant une concavité regardant en avant, une sorte de faisceau en crochet (Russell) (fig. 41 et 46). Après examen d'une série de coupes, il est facile de voir que ces deux zones de dégénérescences se continuent sur la ligne médiane et dans le cervelet avec un entrecroisement de fibres dégénérées.

Du côté opposé à la lésion, par ce fait que le pédoncule cérébelleux supérieur ne contient aucune fibre dégénérée, le trajet ultérieur

du faisceau en crochet est très facile à suivre. Après avoir contourné le pédoncule cérébelleux supérieur, s'être placé sur son bord externe et au-dessus du eorps restiforme, il se coude pour descendre dans la protubérance, dans l’angle formé par la racine descendante du trijumeau et le corps restiforme, et contribuer ainsi à former le segment interne du corps restiforme, c'est-à-dire les faisceaux cérébello-vestibulaires (fig. 42 et 43). De ces faisceaux se détachent quelques fibres qui traversent le noyau triangulaire de l’acoustique où elles se terminent partiellement, d’autres traversent la substance réticulée et, après ou sans entrecroisement, se placent dans la substance réticulée médiane un peu en avant du faisceau longitudinal postérieur ; ces dernières fibres descendent à la même place dans le bulbe, et enfin dans le faisceau fondamental antérieur de la moelle; c'est pourquoi, en décrivant la dégénérescence du faisceau cérébelleux descendant consécutive à une hémiextirpation du cervelet, nous avons fait remarquer que ses fibres ne suivaient pas toutes: la même voie. Les unes | suivent le faisceau cérébelleux descendant et prennent leur origine dans la moitié correspondante du cervelet; les autres prennent leur origine dans l'hémisphère opposé et aboutissent à la moelle par l’intermédiaire du faisceau en crochet. C’est donc uniquement par la voie du faisceau en crochet que se fait la dégénérescence de la moelle du côté opposé à la lésion; ces fibres’ ne dépassent pas en bas la région dorsale moyenne. La plus grände partie des fibres du faisceau en crochet qui descendent dans les faisceaux cérébello-vestibulaires se terminent dans les noyaux de Deiters. Au-dessous du faisceau en crochet et avant que le pédoneule cérébelleux supérieur ne soit constitué, un grand nombre de fibres traversent ou entourent le noyau dentelé du côté opposé à la lésion, et, contournant le plancher du quatrième ventricule, vont aboutir aux noyaux de Bechterew et de Deiters ; elles appartiennent aux fibres semi-circulaires internes, de même que le faisceau en crochet appartient aux fibres semi- circulaires externes : ces fibres sont très nombreuses ; quelques rares fibres se terminent dans le noyau dentelé, ri bordant le corps restiforme en arrière se terminent dans le flocculus du côté sain. L'entrecroisement des deux faisceaux en crochet se fait dans le vermis antéro-supérieur, au-dessus des noyaux du toit. L'existence d’un aussi grand nombre de fibres dégénérées du côté opposé à la lésion, nous

permet d'affirmer que les dégénérescences observées du côté de la lésion dans le Système cérébello-vestibulaire sont de deux ordres, c'est-à dire directes ou dues à la lésion de fibres qui prennent naissance du côté détruit, et indirectes où dues à la section des fibres qui prennent naissance du côté sain.

Russell prétend que la dégénérescence du faisceau en crochet ne s observe que du côté opposé à la lésion, ce qui nous semble inexplicable si l'hémiextirpation a été complète ; ce fait ne peut avoir lieu que si la moitié inférieure d'un hémisphère a été enlevée; l'entrecroisement des deux faisceaux dans le vermis ayant été ainsi respecté, il s’en suit que les fibres venues du côté sain ne seront nullement atteintes ; seules, les fibres qui prennent leur origine du côté de la lésion seront dégénérées. e

Nous devons rechercher maintenant quelle est la partie du cervelet d'où proviennent les fibres destinées aux noyaux de Deiters et de Bechterew, aux faisceaux cérébello-vertibulaires.

Ces fibres ne dégénèrent pas après une lésion simple de l'écorce d'un hémisphère, ni d’un côté ni de l’autre : ceci suffit, par compas raison avec le cas précédent, pour nous permettre d'affirmer par exclusion qu'elles prennent naissance dans le noyau dentelé. Il est difficile de savoir s’il en vient du vermis. Pourtant dans un cas où nous avons été assez heurenx de léser presque isolément un seul noyau du toit (l’entrecroisement des faisceaux en crochet a été à peine touché), il existait une dégénérescence très nette de fibres facilement poursuivies jusque dans les noyaux de Deiters et de Bechterew. La dégénérescence était plus marquée du même côté que la lésion, mais la lésion avait forcément un peu intéressé la commissure des noyaux du toit. On peut néanmoins admettre que le noyau du toit, comme le noyau dentelé doit entrer dans la formation du système cérébello-vestibulaire.

Enfin l'examen des fibres qui traversent les noyaux de Deiters et de Bechterew démontre, comme il a été dit plus haut, que toutes ces fibres ne dégénèrent pas à la suite d'une hémiextirpation, et que par Conséquent un assez grand nombre représente une voie qui s'étend de ces noyaux au noyau dentelé ou à l'écorce cérébelleuse.

Ce que nous voulons surtout faire ressortir ici, ce sont les liens intimes qui existent entre les noyaux gris centraux d'une part, et les

noyaux de Deiters et de Bechterew des deux côtés, d'autre part. Les fibres qui s'étendent de ces noyaux aux noyaux de Deiters et de Bechterew du même côté sont plus nombreuses. Nous avons vu précédemment que le faisceau cérébelleux descendant prenait aussi son origine dans le noyau dentelé; jusqu'ici ce sont presque exclusivement les grandes voies efférentes du cervelet que nous ayons décrites. L'origine du pédoncule cérébelleux supérieur dans le noyau dentelé va nous démontrer que ce noyau est un intermédiaire forcé pour les fibres cérébelleuses efférentes. Le pédoncule cérébelleux supérieur représente la voie cérébrale efférente, de même que les fibres précédemment décrites représentent les voies bulbo-spinales efférentes.

IV. — Rapports du cervelet avec le tronc encéphalique. — PÉDONCULE CÉRÉBELLEUX SUPÉRIEUR. — Après une destruction unilatérale complète du cervelet, le pédoncule cérébelleux supérieur du côté détruit dégénère presque totalement. Celui du côté sain ne dégénère pas, mais immédiatement en arrière de lui, sur le bord dorsal, il existe quelques fibres dégénérées qui ont disparu complètement avant l’entrecroisement dans la calotte et qui, pour cette raison, nous semblent devoir être distraites du pédoncule cérébelleux supérieur. Ces fibres très rares sont contenues dans un fascicule du pédoncule cérébelleux supérieur, de forme circulaire (Voir fig. 53 à droite, en arrière du pédoncule cérébelleux supérieur sain). © <

Les deux pédoncules cérébelleux supérieurs sont en outre, à leur émergence hors du cervelet, bordés en arrière par un faisceau curviligne qui décrit une courbe à concavité antérieure, c'est le faisceau en crochet déjà signalé.

Nous avons donc à étudier successivement :

1° Le pédoncule cérébelleux supérieur.

2° Le faisceau rétro-pédonculaire.

3° Le faisceau en crochet.

1° LE PÉDONCULE CÉRÉBELLEUX SUPÉRIEUR. — Îl dégénère seulement

du côté lésé et presque en totalité (Pcs, fig. 46). Au milieu des fibres

malades, il existe encore un petit nombre de fibres saines. À mesure.

que ce pédoncule suit son ascension dans la protubérance, puis dans

l'isthme de l’encéphale, ses fibres se rapprochent de plus en plus.

de la ligne médiane, dans la calotte. L’entrecroisement sur la ligne

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