‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 38 sur 72 · ET · texte numérisé non relu

ET

tion de la lame médullaire interne. Monakow (1) a introduit des divisions et subdivisions dans la distribution des noyaux du thalamus,

{ F1G.51. — Coupe vertico-transversale aw niveau du tiers moyen de la couche optique.

Radiations du pédoncule cérébelleux supérieur dans le thalamus.

Cip. Capsule interne postérieure. — Zme. Lame médullaire externe. — Zmi. Lame médullaire interne, — Ve. Noyau externe du thalamus. — , Noyau interne du thalamus, — NZ. Noyau lenticulaire, — Pith. Pédoncule inférieur du thalamus

— RTh. Radiations thalamiques. — 7%a. Pilier antérieur du trigône. — VA. Fais- =

ceau de Vicq d'Azyr: — Zr. Zone reticulée.

chez le chien et le chat, que nous ne pensons pas devoir reproduire

(1) MoNAKOW. Experimentelle und pathologisch anatomische Untersirchungen über die Haubeurejion den Schhügel und die Regio subthalamica. Arekiv für Psychiatrie, 1895

SPF

ici. Nous. rappellerons seulement que pour cet auteur le noyau externe se compose de deux parties, l’une supérieur, ou noyau latéral proprement dit, l’autre inférieure ou noyau ventral du thalamus. Le

FIG, 52. — Coupe vertico-transversale au niveau du tiers antérieur de la ‘couche optique. Terminaison ultime des fibres dégénérées dans le thalamus.

AZ, Anse du noyau lenticulaire. — Cip. Capsule interne postérieure. — Math. Noyau

antérieur du thalamus. — Ve, Noyau externe du thalamus. — WZ. Noyau lenticulaire, — RTA. Radiations thalamiques. — VA. Faisceau de Vicq-d’Azyr. — Zr, Zone réticulée.

noyau interne qu’il appelle noyau médian se divise en trois segments ; celui qui est représenté sur les figures en Ni correspond au noyau médian à de Monakow, et ne répond pas au noyau médian de Luys qu'il désigne sous l'appellation de noyau médian b : le noyau médian de Luys, chez le chien, serait compris dans le dédoublement de la

lame médullaire interne qui délimite le noyau interne en dehors sur

la coupe 51. Il admet de même une subdivision en trois noyaux

secondaires pour le noyau antérieur.

Si nous nous reportons à la conception de Monakow et à ses figures, les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur se terminent

dans le noyau ventral de Monakow (la plus grande partie) et dans

l'extrémité postérieure du noyau médian a. Les noyaux antérieurs n’en reçoivent pas. Le noyau médian b ou centre médian de Luys en recoit peut être quelques-unes.

B) Branche verticale descendante. (Nrig' fig. 53y. — Celle-ci est:

beaucoup moins connue que la précédente et n° est pas signalée par

les auteurs classiques. Son existence ne nous semble pourtant pas

douteuse.

Elle descend dans la protubérance dans une situation analogue à

celle de la branche ascendante . De même que la branche ascendante rencontre un noyau de substance grise qu'elle traverse et auquel elle abandonne des fibres, la branche descendante rencontre aussi et traverse un noyau de substance grise, moins bien limité que le précédent; c’est le nucleus réticularis tegmenti pontis. (Voir fig. 53. Nrtg). La plupart des fibres dégénérées de la branche descendante s y épui-

sent. Quelques fibres descendent un peu plus bas que ce noyau, mais

disparaissent rapidement.

Les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur n’ont jamais pu être

suivies au-delà du thalamus : soit dans le noyau lenticulaire, soit dans l’écorce cérébrale.

Origine du pédoncule cérébelleux supérieur. — Tous les auteurs qui ont fait des recherches sur l'anatomie de ce faisceau ont

trouvé que sa principale origine était dans le noyau dentelé ; ilya

quelques années, lorsque la méthode de M ar chi n'était pas encore en usage, certains auteurs (Mahaim) ont pensé que le noyau dentelé était l’aboutissant et le noyau rouge l’origine. (Nous reviendrons ultérieurement sur ce point.) | Les lésions limitées à l'écorce des hémisphères n'ont jamais, dans nos expériences, entraîné de dégénérescence appréciable du pédoncule cérébelleux supérieur. Les lésions intéressant le noyau dentelé ont toujours déterminé une dégénérescence plus ou moins marquée suivant l'étendue de la lésion. Il nous est difficile de dire si l’écorce

SAIS ROUES CSN SNS EU AT EAN 06 gs A à 2 D

du vermis fournit des fibres à ce pédoncule. L'extirpation du lobe

De

médian ne peut guère nous renseigner sur ce point, parce que, au

cours de l'expérience, les deux noyaux dentelés sont presque fatalement intéressés par la lésion ; mais lorsque la lésion du noyau dentelé est réduite au minimum, la dégénérescence du pédoncule cérébelleux supérieur est si faible qu'il devient vraisemblable que ce noyau est le principal et même l’unique origine du pédoncule céré-

belleux supérieur (le noyau du toit fournit peut-être quelques fibres).

2° LE FAISCEAU RÉTRO-PÉDONCULAIRE. (V. fig. 53 en arrière du Pes, à gauche, côté sain.) — Ce faisceau de forme circulaire est logé dans une petite dépression que présente le bord externe du pédoncule cérébelleux supérieur vers son extrémité postérieure ; il est séparé

Par une zone claire de substance grise du faisceau en crochet situé

plus en arrière et en dehors.

Après une hémiextirpation du cervelet, ce faisceau dégénère des Real ps nm mens A ER RDA a C4 . A deux côtés, mais plus du côté de la lésion que du côté sain ; de ce côté il n'y a que quelques fibres dégénérées : elles semblent se terminer dans la substance grise qui sépare le pédoncule cérébelleux supérieur du

faisceau en crochet; elles n'accompagnent sûrement pas le pédoncule

au delà de son entrecroisement.

3° LE FAISCEAU EN crocuer. (Fcr, fig. 46). — Ce faisceau a déja été décrit dans le système cérébello-vestibulaire, nous ne rappellerons que les principaux faits qui le concernent. (VD A7)

Ce faisceau décrit une courbe autour du pédoncule cérébelleux supérieur de même que le faisceau de Gowers, sur le bord externe duquel il se trouve; il plonge ensuite entre le corps restiforme et la racine descendante du trijumeau pour entrer plus bas dans la composition des faisceaux cérébello-vestibulaires.

Après hémiextirpation du cervelet, il dégénère bilatéralement. Quelques auteurs et Russell en particulier prétendent que ce faisceau ne dégénère que du côté opposé à la lésion: ce fait n’est constaté que si la lésion n’a pas intéressé toute une moitié du cervelet ; si, dans ce cas, l’entrecroisement des deux faisceaux a été respecté, seul celui qui vient du côté lésé est dégénéré : comme l’entrecroisement se fait au-dessus de la mi-hauteur du vermis, c'est surtout dans les

D gs

lésions de la moitié inférieure d’un hémisphère que la dégénérescence unilatérale sera observée, et du côté opposé à la lésion.

L'origine de ce faisceau n'est pas dans l'écorce d’un hémisphère : les lésions localisées à l'écorce n’entraînent pas en effet sa dégénérescence ; il dégénère lorsque la lésion a intéressé le noyau dentelé; l'extirpation d’un lobe latéral, sans participation du vermis, entraîne une dégénérescence aussi complète que celle d’une moitié du cervelet. Aussi, il nous semble douteux que le vermis lui fournisse beaucoup de fibres. Le noyau du toit semble pourtant lui en fournir quelquesunes. Son origine croisée est au contraire pleinement démontrée (p. 128). Nous ne croyons pas devoir insister plus longtemps sur ce faisceau dont nous avons décrit plus haut les rapports avec le système cérébello-vestibulaire et avec la moelle. Nous ajouterons seulement que les fibres les plus supérieures semblent se terminer en partie dans la substance grise qui le sépare du pédoncule cérébelleux supérieur proprement dit : nous ne pouvons affirmer qu’une autre partie se termine dans le tubercule quadrijumeau postérieur.

Rapports du cervelet avec la protubérance. — LE PÉDONCULE GÉRÉBELLEUX MOYEN. — Les lésions du cervelet déterminent une dégénérescence peu intense du pédoncule cérébelleux moyen (fig. 53). Les fibres dégénérées, même après l’ablation d’une moitié du cervelet, représentent une très faible partie de la totalité des fibres de ce pédon-

cule : de sorte que nous pouvons affirmer que, du moins chez le

chat et le chien, le pédoncule cérébelleux moyen représente une grande voie d'association entre la substance grise du pont et le cervelet, dont la direction se fait surtout du pont au cervelet.

Les fibres dégénérées suivent indifféremment dans le pont l'une des trois voies indiquées par les auteurs : stratum superficiale, stratum intermedium, stratum profondum ; elles s’entrecroisent pour la plupart, les corps granuleux sont en effet beaucoup plus nombreux dans la substance grise du pont du côté opposé: on y découvre de plus un semis de petits points noirs très nombreux, hors de proportion par leur abondance avec la dégénérescence du pédoncule luimême, très analogue à celui décrit précédemment dans l’olive inférieure croisée. Peut être est-ce là une manifestation de l’action à distance de la section du pédoncule sur son principal noyau d'origine

Fe

F1G. 53. — Coupe au niveau du tiers supérieur de la protubérance. Dégénérescence dupédoncule cérébelleux moyen et du pédoncule cérébelleux supérieur. Termi-

raison de la branche descendante du pédoncule cérébelleux supérieur dans le nucleus reticularis tegmenti positis.

Flp. Faisceau longitudinal postérieur. — Wrl. Noyau du ruban de Reil latéral. — Mrég. Nucleus reticularis tegmenti positis. — Pem. Pédoncule cérébelleux moyen. — Pes. Pédoncule cérébelleux supérieur. — Py. Pyramide. — ÆZ. Ruban de Reil latéral. — Am. Ruban de Reïl médian. — Syr. Substance grise du pont. — 7yp. Tubercule quadrijumeau postérieur, — X. Zone de dégénérescence dans la substance réticulée médiane indépendante de la lésion cérébelleuse. — 7 V, Nerf pathétique. — Vpm. Petite racine motrice du trijumeau.

et sur le fin réseau de fibres à myéline qui sépare les cellules.

La destruction d'une moitié du cervelet n’entraîne de dégénérescence que dans le pédoncule cérébelleux moyen du côté détruit : celui du côté opposé né contient pas de fibres dégénérées. Une destruction superficielle ou profonde d’un hémisphère cause la même dégénérescence dans le pédoncule cérébelleux moyen. L'écorce des hémisphères nous semble être la principale origine des fibres du pédoneule qui ont leur origine dans le cervelet.

Lésions de voisinage. DÉGÉNÉRESCENCES CONSÉCUTIVES AUX LÉSIONS

pu Noyau DE Deirers-BEcHTEREW. — Il nous semble intéressant de décrire les dégénérescences dues à la lésion de ces noyaux, parce

que certains auteurs (Ferrier et Turner, Russell, Mott) pensent que les dégénérescences observées dans la moelle consécutivement aux lésions cérébelleuses sont dues à la participation de ces noyaux à la lésion, et que, suivant nous, le noyau de Deiters entraîne des dégénérescences spéciales qui permettront d'affirmer s’il participe ou non à la lésion. -

Nous avons déjà exposé plus haut que les distri médullaires étaient beaucoup plus accentuées lorsque ce noyau avait été blessé ; la dégénérescence dans ce cas estplus marquée dans le faisceau

antéro-latéral, et surtout dans le faisceau fondamental antérieur.

Dans quelques cas, dans lesquels le noyau de Deiters a été atteint, nous avons, en effet, constaté une dégénérescence des deux faisceaux longitudinaux postérieurs, mais tandis qu'au-dessous de la lésion c'est le faisceau du même côté qui dégénère le plus, au-dessus de la

lésion c’est au contraire celui du côté opposé : la dégénérescence

du premier se poursuit en bas dans le faisceau fondamental antérieur de la moelle, ia dégénérescence du second suit le faisceau longitudinal postérieur jusqu'au noyau de la troisième paire où elle se termine.

Cette disposition anatomique peut avoir son importance pour expli-

quer les déviations conjuguées des yeux consécutives aux lésions du noyau de Deiïters ou des organes qui entrent en connexion directe avec lui, nous y reviendrons quand nous étudierons les phénomènes

consécutifs aux lésions cérébelleuses; de plus, si la lésion du noyau de Deiters entraîne une dégénérescence du faisceau longitudinal pos-

térieur lui-même, ce renseignement a une grande valeur pour les cas . Où il serait difficile de savoir si ce noyau a été ou non comprimé :

RE oO —18 —

la dégénérescence du faisceau longitudinal postérieur concomitante permettra de trancher la question; à la suite d’une destruction simple du cervelet, il y a quelques fibres dégénérées un peu en avant du faisceau longitudinal postérieur et même dans ce faisceau, mais elles sont très peu nombreuses, comparativement aux fibres qui dégénèrent après une lésion des noyaux de Deiters et de Bechterew. Nous ne pensons pas que le cervelet contribue à la formation du ruban de Reïl médian ou du ruban de Reil latéral, ou des olives supérieures ; dans le cas où le premier dégénère il existe une lésion accessoire du noyau de Goll ou de Burdach: si le ruban de Reil latéral ou les olives supérieures dégénèrent, c'est alors par une lésion accessoire des stries acoustiques au moment où elles contournent le corps restiforme, ou par une lésion des tubercules quadrijumeaux. Le faisceau pyramidal ne dégénère jamais. La petite racine motrice du trijumeau ne dégénère que si les cellules vésiculeuses qui lui donnent naissance en dehors de l’aqueduc de Sylvius et dans le voisinage du pathétique, ont été atteintes par la lésion.

: Discussion. — Les dégénérescences que nous avons observées à la __ suite de lésions cérébelleuses expérimentales nous amènent à admettre que les principaux systèmes efférents du cervelet sont : le pédoncule cérébelleux supérieur, le système cérébello-vestibulaire et le faisceau cérébelleux descendant ; le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux moyen contiendraient surtout des fibres afférentes. Nous devons rechercher si ces résultats concordent avec ceux obtenus par d’autres auteurs, surtout en ce qui concerne le cervelet de l'homme.

Pédoncule cérébelleux supérieur. — Tous les auteurs sont

d'accord aujourd’hui pour admettre qu’il constitue une voie d'union

intime entre le noyau rouge et l’olive cérébelleuse, mais certains au-

teurs admettent qu'il prend sa principale origine dans le noyau rouge

| [Forel (1), Mahaïim (2), M. et M"° Dejerine (3)], d’autres, dans le cervelet Marchi, Ferrier et Turner, Russell).

(1) Forez. Einige anatomische Untersuchungen. Tageblatt der 54° Versammlüng deutscher Natürforscher und Aerzte in Salzburg, 18 von bis 24 septembre 1881. (2) MAHAIM. Recherches sur la structure anatomique du noyau rouge et ses connexions avec le pédoncule cérébelleux supérieur. Bruxelles, 1894, (8) M. et Mue DeJERINE. Sur les connexions du noyau rouge avec la cortica-

lité cérébrale. Soc, de biologie, mars 1895.

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Dans l’hémiatrophie croisée du cervelet, consécutive à une hémiplégie cérébrale infantile, le pédoncule cérébelleux supérieur du côté opposé à la lésion cérébrale est réduit de volume, atrophié. [ Cruveilhier, Cazauviehl, Belhomme, Bell, Turner (1).]

Après section expérimentale du pédoncule cérébelleux supérieur (Forelet Laufer, Monakow, Mahaim), le noyau rouge du côté opposé s’atrophie. Forel, le premier, a réalisé cette expérience (destruction du tubercule quadrijumeau postérieur, de la moitié droite du voile médullaire antérieur, des nerfs pathétiques au niveau de leur entrecroisement, de la racine ascendante du trijumeau et du pédoncule cérébelleux supérieur). Le noyau rouge du côté opposé fut consécutivement très atrophié dans sa partie postérieure : la partie antérieure des deux noyaux rouges était restée saine. Mahaim a repris cesexpériencesetaprès section du pédoncule cérébelleux supérieur, ila observéladisparition des grandes cellules du noyau rouge du côté croisé dans sa partie postérieure et des cellules du même côté dans la partie antérieure ; malgré l'intérêt queméritent cesexpériences, elles n'ont pas la valeur absolue de l'atrophie du noyau rouge consécutive à une destruction du cervelet (Gudden, Vejas, Monakow, Ferrier et Turner, Mingazzini), parce que la section du pédoncule cérébelleux supérieur n’a jamais été limitée à ce pédoncule mais a toujoufs intéressé plus ou moins les parties voisines. Quant aux lésions cérébelleuses, elles ne déterminent d’atrophie du noyau rouge que si le noyau dentelé participe à la lésion ; M. et M Dejerine ont fait justement remarquer que dans les lésions du cervelet limitées à l'écorce cérébelleuse et à la masse sous-jacente, sans participation des noyaux centraux, le noyau rouge et le pédoncule cérébelleux supérieur restent intacts (Menzel, Ar ndt, Schultze, Lallement, Amaldi, Cramer, etc). Les auteurs qui ont étudié les dégénérescences consécutives aux lésions cérébelleuses par la méthode de Marchi (Marchi, Ferrier et Turner et nous-même) ont pu constater que la majorité des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur prennent leur origine dans le cervelet. Pour les dégénérescences anciennes la méthode de Pal est insuffisante à indiquer le sens de conductibilité des fibres dégénérées ; mais nous avons constaté aussi que cette dégénérescence n'était pas totale et les fibres non

(1) TURNER. De l'atrophie unilatérale du cervelet. Th. Paris, 1856.

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dégénérées représentent vraisemblablement des fibres à direction - centripète vers le cervelet, dont l'origine se trouve dans le noyau rouge. Nous ne saurions donc admettre avec Mahaim que le pédoncule cérébelleux supérieur a son origine dans le noyau rouge et vient se terminer dans le noyau dentelé de l'hémisphère cérébelleux. Nous aflirmons au contraire que ce pédoncule est formé surtout de fibres d'origine cérébelleuse et qu'un petit nombre seulement prend son origine dans le noyau rouge : cette dernière origine semble démontrée 4 par ce fait que les cellules du noyau rouge s'atrophient en partie après % destruction du cervelet; nous l'avons constaté nous-même au bout de deux ou trois mois après l'opération; mais l'atrophie du noyau rouge est due surtout à la disparition des fibres du pédoncule cérébelleux Supérieur ; nous croyons aussi, contrairement à Marchi et À Mahaim, que l’entrecroisement des fibres d’origine cérébelleuse est total. Mais ces fibres ne s'arrêtent pas toutes dans le noyau rouge ; un grand nombre, je dirais presque le plus grand nombre, ne fait que traverser le L- noyau rouge pour se reconstituer sur le bord supéro-externe dans les À radiations de la calotte et aboutir dans le thalamus (noyaux interne et à externe) : la terminaison du pédoncule cérébelleux supérieur avait à été déjà signalée par Hemnle; Forel avait très bien décrit les con- E nexions du noyau rouge avec le thalamus par l'intermédiaire des ra- ; diations de la calotte. :

’ M. et M”° Dejerine ont démontré l'existence de fibres reliant directement l'écorce cérébrale au noyau rouge ; aussi, d’après eux, la voie cérébro-cérébelleuse serait composée au moins de trois neuro- 2: nes : « un neurone supérieur cérébral ou cortico-rubique, constitué par les radiations du noyau rouge, un neurone moyen ou rubro-céré- | … belleux constitué par le pédoncule cérébelleux supérieur, et un neu-

rone inférieur ou cérébelleux, représenté par les fibres qui relient l’olive cérébelleuse à l'écorce cérébelleuse. À côté de la voie corticorubrique directe, il en existe une autre indirecte qui passe par la couche optique et dont le premier neurone est constitué par les radiations thalamiques qui relient la corticalité cérébrale aux noyaux de la couche optique et le second par les radiations dela calotte qui unissent le thalamus au noyau rouge. »

Ramony Cajal (par la méthode des imprégnations) a pu suivre S des cylindraxes des cellules de l'olive cérébelleuse jusque dans le TRE Ti | 10

CASE SRE RE Er, P = LC Le, So € PAIE SP OL M NUS A à Re SE ché RE pe 0 LS | * FE Le 7 3 - >» A *

pédoncule cérébelleux supérieur: pour luiles grosses cellules étoilées

de l'olive cérébelleuse formeraient l’origine de la presque totalité des

fibres du pédoncule quelques-unes pourtant proviendraient de la corti-

calité. Au moment où ces fibres émergent du cervelet pour abor-

der les plans supérieur et latéral de la protubérance, beaucoup

d’entre elles émettent à ce niveau une grosse collatérale descendante :” de sorte que le pédoncule est divisé en deux faisceaux : un épais as-

cendant, pédoncule cérébelleux supérieur des auteurs; un autre des-

cendant. Le faisceau descendant passe au début en avant et en dehors

du noyau masticateur, et en dedans de la partie supérieure de la sub-

stance gélatineuse : au-dessous du noyau masticateur, ilse dirige verticalement constituant un gros paquet de fibres longitudinales, situées

en pleine substance réticulaire grise, immédiatement en dedans de la

substance gélatineuse du trijumeau : ce faisceau donne des collatérales

aux noyaux masticateur, du facial, ambiguus, du moteur oculaire

externe, à la substance réticulaire grise. Il n’a pu les suivre plus bas

que l’olive bulbaire, mais il identifie cette voie avec le faisceau: céré-

belleux descendant décrit par Marchi, ille confond également avec

la racine cérébelleuse du trijumeau (Bechterew) ou le faisceau

sensoriel d'Edinger.

La terminaison des fibres du pédoncule cérébelleux et dans le noyau rouge a été suivie par C ajal ; ; après s'être divisées plusieurs fois, elles se terminent par une longue arborisation diffuse et compliquée qui se met en relation avec un groupe considérable de cellules nerveuses. Ces arborisations forment un plexus très serré auquel participent également des collatérales du faisceau descendant de la calotte et des collatérales peu ramifiées du faisceau de Gudden ou voie de la calotte du tubercule mamillaire. Les cylindraxes qui sortent du noyau rouge semblent se continuer-en avant et quelques-uns en arrière, mais jamais on ne voit des cylindraxes se bifurquer.

Le faisceau cérébelleux descendant n’a pas été jusqu'ici retrouvé chez l’homme. Martinottiet Mercandino (1) l'ont recherché dans deux cas de tumeur du cervelet et n’ont pas pu suivre de fibres dégé-

(1) MARTINOTTT e MERCANDINO. Ricerche sulle alterazioni del midollo spinale concomitante le lesioni cerebellari. Aorgagni, anno XXX, 1888, nel

nérées dans la moelle, même par la méthode de Marchi. Mais les tumeurs ne sont pas favorables à l'étude des dégénérescences secon- . daires, et pour trancher la question, il faudrait une hémorrhagie ou un foyer de ramollissement récent du noyau dentelé; une lésion ancienne serait beaucoup moins favorable, parce que les fibres dégénérées n'étant réunies en faisceau que sur un court trajet, les fibres voisines, saines, se tasseraient et rendraient imperceptible la sclérose secondaire. .

Le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux moyen ont été trouvés dégénérés à la suite de lésions cérébelleuses, ainsi que l'olive inférieure et la substance grise du port du côté opposé : c'est pourquoi certains auteurs considèrent ces deux voies comme deux voies efférentes ; comme nous l'avons déjà exposé plus haut, il doit s’agir là surtout de dégénérescence rétrograde. L'étude des dégénérescences secondaires par la méthode de Marchi nous a montré en effet qu’un petit nombre de fibres dégénèrent dans le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux moyen après une lésion du cervelet : nous avons pu nous assurer, par la méthode de Pal appliquée sur un névraxe de chien ayant survécu trois mois et demi à l’hémiextirpation du cervelet, que le pédoncule cérébelleux supérieur du côté de la lésion était déjà décoloré, tandis que le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux moyen étaient également colorés des deux côtés; nous n’insistons pas sur ce point qui a été déjà discuté aux voies afférentes du cervelet.

Nous rappellerons seulement que chéz l'homme le corps restiforme et le pédoncule cérébelleux moyen doivent être considérés comme des voies afférentes.

Les faisceaux cérébello-vestibulaires dégénèrent bilatéralement à la suite d’une lésion du noyau du toit et du noyaud entelé. Les auteurs qui ont étudié les dégénérescences consécutives aux lésions cérébelleuses chez l'homme n'ont guère porté leur attention sur ce point. Nos observations rapportées plus loin (IV et V° pages) sont intéressantes à ce sujet. Dans ces deux cas d'atrophie de la protubérance et du cervelet dans lesquels il n'y avait pas de lésion du noyau dentelé, le pédoncule cérébelleux supérieur et le système cérébello-vestibulaire

sont intacts : dans un cas de sclérose unilatérale du cervelet où le noyau dentelé.est extrêmement réduit, le pédoncule cérébelleux supérieur (v. page 88) et le système cérébello-vestibulaire sont très atrophiés. Dans le système cérébello-vestibulaire il entre deux espèces de fibres, les unes à direction centrifuge qui dégénèrent après destruction du noyau dentelé, les autres à direction centripète qui viennent du noyau de Deiters et se terminent dans le cervelet (ce sont les moins nombreuses). Chez l'homme, sur des coupes sériées de la protubérance et du cervelet, l’ensemble de ces fibres se voit très nettement ; elles sortent du cervelet entre le pédoncule cérébelleux supérieur et le bord externe du quatrième ventricule (fibres semi-

circulaires internes).

Les fibres commissurales. Le flocculus. — L'étude des dégénérescences secondaires consécutives aux destructions partielles ou totales du cervelet est précieuse encore pour l'étude: shnate du cervelet et des rapports de ses différentes parties.

A la suite de lésions localisées à l’écorce cérébelleuse d’un lobe. latéral, il se produit une dégénérescence des fibres de projection qui peut se poursuivre dans le noyau dentelé du même côté.

Les mêmes lésions n'entraïnent pas de dégénérescence dans l'écorce du lobe latéral du côté opposé : ce qui prouve qu'il n'existe pas de faisceaux d’association entre les deux lobes latéraux.

La destruction d'une moitié du cervelet n’entraîne de dégénérescence du côté opposé que dans l'écorce du vermis et dans le flocculus. Les fibres dégénérées qui se terminent dans l'écorce du vermis peuvent n'être que les fibres terminales des corps restiformes. Mais après la destruction d'une moitié du cervelet ou même d'un lobe, on trouve toujours quelques fibres dégénérées dans les deux flocculus ; ces fibres sont peu nombreuses, comparativement au nombre des fibres saines, même lorsque le pédoncule du flocculus a été sectionné par la lésion; il s'ensuit que le plus grand nombre des fibres du flocculus doivent prendre leur origine dans le flocculus même. Il serait intéressant de connaître la station terminale de ces fibres ; malheureusement, il est extrêmement difficile de faire une lésion localisée du flocculus ; la situation même de l'organe caché dans l'angle formé par la protubérance et ie cervelet, le voisinage de

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