‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 57 sur 72 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Destructions expérimentales du cervelet. (Observations personnelles.)

Manuel opératoire. — Les plus grandes précautions ont été prises pour la désinfection du champ opératoire et l’aseptie des ins- . truments,

Les chiens ont été anesthésiés par une injection intra-péritonéale de chloral et de morphine, puis fixés sur une table d'opération semblable à celle qui figure dans le mémoire de Luciani de 1884, mais sans mors spécial; la tête était confiée à un aide qui l’inclinait suivant les besoins du moment.

Les poils ayant été coupés ras sur toute l'étendue de la tête et de la nuque, une incision était faite au bistouri sur la ligne médiane, commençant à un ou deux centimètres en avant de la protubérance occipitale externe très saillante et se terminant en arrière à deux centimètres en arrière de l'articulation occipito-atloïdienne. La tête était fortement fléchie. Les muscles de la nuque étaient ensuite incisés sur la ligne médiane, puis écartés de façon à découvrir l'os occipital depuis la protubérance occipitale externe jusqu’à la membrane occipito-atloïdienne, cette membrane et l’atlas. Les muscles étaient coupés en haut à quelques millimètres au-dessous de leur insertion sur les lignes courbes de l’occipital. L’os occipital, ayant été bien découvert sur sa partie médiane et symétriquement, était trépané au moyen d'une couronne de trépan; ou bién trois petits trous étant pratiqués de façon à dessiner un triangle, l'os était coupé entre ces trois trous au moyen d’une pince coupante. Pendant ce temps de l'opération il y a peu d’hémorrhagie.

Lorsque la rondelle ou le petit triangle osseux a été prélevé, on aperçoit la dure-mère et au travers les lamelles du vermis. La brèche est agrandie à la pince de façon à découvrir entièrement le vermis ; les sillons longitudinaux qui séparent le vermis des hémisphères ne doi-

ni dns it De,

vent pas étÆxlébordés latéralement, et en haut la protubérance occipitale externe doit être respectée: la résection de l'os doit s'arrêter à 2 millimètres au-dessous d'elle : si @ dépassait ces limites, il se produirait des hémorrhagies très abondantes dues à l'ouverture des sinus. L'arc de la première vertèbre est réséqué et la membrane occipitoatloïdienne, soulevée avec des pinces, est incisée sur la ligne médiane. Il ne reste plus qu’à inciser la dure-mère qui recouvre le vermis jusqu'à la protubérance occipitale externe. La région est préparée.

On domine ainsi, à travers cette étroite fenêtre, l'extrémité inférieure du vermis et le plancher du quatrième ventricule. Il suffit maintenant d'avoir à sa disposition un couteau de Graefe, une curette mousse, une curette tranchante, et des petits tampons d'ouate stérilisée, imbibés d'eau phéniquée faible, mais complètement exprimés ; les tampons doivent être étroits et allongés.

Desrrucron pu vermis. — L’extrémité inférieure du vérmis est délicatement soulevée par la curette mousse, de façon à permettre au couteau de Graefe d’être introduit entre le plancher du quatrième ventricule et le cervelet. La lame du couteau étant dirigée en haut est portée successivement, à droite et à gauche, d'avant en arrière vers les sillons longitudinaux qui séparent le vermis des hémisphères ; le cervelet est sectionné jusqu’à la surface. La curette tranchante est subs-

‘ tituée à la curette mousse et dégage le segmentcompris entre les deux incisions. On tamponne très délicatement l’hémorrhagie jusqu'à ce qu'elle soit complètement arrêtée ; c'est le temps long de l'opération, mais après chaque résection, il est nécessaire que l’hémorrhagrie soit tout à fait terminée avant d'entreprendre une nouvelle résection. Lorsqu'il ne s'écoule plus de sang, le cervelet est inspecté, et il est facile de se rendre compte de la portion du vermis qu'il reste à enlever. Si la curette qu'on a à sa disposition n’est pas‘trop profonde et n'excède pas le diamètre. transversal du vermis, on l'applique avec précaution au-dessus du plancher du quatrième ventricule, en avant du vermis antérieur, et on résèque la plus grande partie du vermis. Après cette nouvelle résection, hémorrhagie, tamponnement. Le tampon doit être seulement introduit dans la plaie et il faut avoir soin d'éviter la compression des parties voisines. Si on a eu soin de bien disposer la table d'opération de façon à ce que le Jour soit dirigé directement sur les parties incisées, il est relativement facile, après

avoir fait fortement fléchir la tête, de voir ce qui reste : alors, avec une curette plus fine on peut enlever les parties restantes jusqu'au moment où on découvre les tubercules quadrijumeaux postérieurs : l'opération est terminée. Après un tamponnement répété plusieurs fois qui assure l'arrêt du sang, un tampon est maintenu dans les fosses occipitales, pendant que les muscles et la peau sont lavés avec une solution antiseptique (eau phéniquée). Le tampon est enlevé, les muscles remis en place mais non suturés ; la peau est suturée avec de la soie phéniquée ; une ouverture est ménagée à la partie antérieure de la plaie, dans laquelle un petit tampon de ouate imbibé d’une solution antiseptique est introduit pour empêcher l'occlusion trop rapide de la plaie et pour assurer l'écoulement des liquides. La plaie est recouverte de gaze iodoformée et d’un pansement ouaté. | L'animal est placé dans une cage capitonnée de draps propres. Le pansement et les linges de la cage sont changés trois fois par jour, on profite de ce moment pour faire les examens. Les premiers jours après l'opération, l’animal refuse de boire et de manger, ou bien la déglutition est impossible ; il faut alors l’alimenter à la sonde. Les jours suivants les aliments doivent être introduits dans la gueule, car l’animal ne peut les saisir. Si l'écoulement des liquides se fait bien et si la plaie est désinfectée chaque fois qu'on fait le pansement, elle se ferme généralement bien et sans suppuration.

DESTRUCTION DU CERVELET EN TOTALITÉ. — On procède comme précédemment. Après la destruction du vermis, le couteau de Graefe, appliqué un peu au-dessus du point d'insertion des pédoncules, est dirigé à droite et à gauche de dedans en dehors, de façon à réséquer tout le lobe latéral qui est enlevé ensuite à la curette. Le flocculus est généralement épargné, mais comme son pédoncule est coupé, la destruction du cervelet peut être considérée comme totale. DESTRUCTION DE LA MOITIÉ DU CERVELET. — Une première incision doit être faite sur la ligne médiane du vermis et une autre vers le sillon longitudinal supérieur du côté qui doit être enlevé, toujours d'avant en arrière. Lorsque la moitié du vermis a été enlevée, on enlève le lobe latéral, comme précédemment.

DesTRuCTION D'UN LOBE LATÉRAL. — Cette opération est plus délicate que les précédentes, nous ne l'avons faite que sur le chat. La difficulté tient à ce qu'on ne peut découvrir comme précédemment la

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limite du cervelet en avant. Le couteau est dirigé vers le sillon longitudinal supérieur de manière à isoler le vermis du lobe latéral : il est reporté ensuite en avant du vermis et dans l’angle formé par lui et le

plancher du quatrième ventricule; la lame, dirigée en dehors et un peu

en arrière, sectionne le cervelet, puis elle est ramenée un peu ea avant; le fragment est recueilli par la curette. Après un tamponnement soigneux, et en faisant incliner la tête de l'animal par l’aide, on peut examiner le champ opératoire et, s’il y a lieu, terminer l'opération dans le cas auquel elle ne serait pas achevée. |

Quel que soit l'animal sur lequel on opère, le procédé opératoire est toujours le même ; sur le chat, le lapin, le cobaye, nous avons employé plus souvent comme anesthésique le chloroforme et surtout l’éther. Dans quelques cas, chez Jes jeunes animaux en particulier, l'opération a pu être convenablement faite sans anesthésie. Lorsque les animaux n’ont pas été anesthésiés, il se produit habituellement, pendant la résection du cervelet, des mouvements très brusques dus à l'irritation des fibres par la section, et dont il serait intéressant de déterminer le sens pour chaque cas particulier, Les observations que nous avons faites sont trop peu nombreuses pour qu'elles soient rapportées : c'est du reste une étude que nous avons l’intention de reprendre prochainement. |

Nous avons cru devoir. rapporter la plupart de nos observations touchant les animaux ayant survécu à l'opération, bien que pour un assez grand nombre la survie n'ait été que de quelques jours, particulièrement pour les cobayes et les lapins ; ces derniers animaux résistent très mal aux grandes destructions et succombent, pour la plupart, quelques heures après l'opération.

Malgré les précautions prises, il n’est pas rare d'atteindre les organes avec lesquels le cervelet se trouve en rapport: chaque fois que nous avons constaté ces lésions, nous les avons signalées à l’autopsie ; pour quelques cas particuliers qui ne sont pas absolument conformes aux faits généralement observés, elles auront peut- -être leur importance.

Dans les observations, il n’est pas fait mention d’examen de la sensibilité : il a été pratiqué pourtant, et plusieurs fois même pour chaque animal ; cet examen ne peut être du reste que très grossier, etiln'a donné aucun résultat intéressant; nous y reviendrons plus loin.

Da DA Sr dr LENS TAN VERRURS

1° Destruction de la moitié du cervelet.

OBSERVATION À. — Chien adulte. Poids, 8 kilos.

- Opéré le 26 juillet. L’animal n’a exécuté aucun mouvement lorsque le cerve- : let a été coupé ou extirpé.

Immédiatement après l'opération, il est calme ; placé sur le flanc droit ou sur

Fi@. 75.— Destruction de la moitié gauche du cerwelet.

le gauche, il garde la position qu'on lui donne ; les membres sont souples ainsi que la tête et le tronc.

Quatre heures environ après l'opération, il commence à s'agiter dans sa cage et pousse des cris plaintifs. Il repose sur le côté gauche, les membres en extension, surtout le gauche ; la tête est rejetée en arrière et décrit des mouvements de rotation, le‘museau regardant en haut à droite et l’occiput en bas et à gauche ; il existe du nystagmus des deux yeux avec strabisme externe de l'œil droit et interne de l'œil gauche. ,

Quand on excite l'animal en le frappant ou en faisant du bruit auprès de lui

ne. ie Le

(il suffit de frapper du pied), il tourne sur le côté gauche et exécute: plusieurs mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de droite à gauche ; après cette rotation, le nystagmus et le strabisme s'exagèrent.

Quand on le suspend par le dos, il se produit une incurvation très accusée

RC AE SE Fi. 76. — Cervelet normal.

du tronc (concavité regardant à gauche) ;fles deux pattes gauches fen extension tonique se touchent par leurs extrémités inférieures ; la tête regarde directement à gauche.

DS D RP TE ‘ ETS \ #.Gill ef É F1G. 77. — Attitude du chien À au repos. (D'après une photographie instantanée.)

27 juillet. Au repos et suspendu par le dos, il présente les mêmes attitudes que la veille.

Sous l'influence d’une excitation (douleur ou sensation auditive) la tête s’incurve plus fortement à gauche et il a une tendance à tourner de ce côté (l’occiput regarde à gauche et le museau à droite), maïs il ne se produit plus, comme la veille, de mouvements de rotation autour de l’axe longitudinal.

Placé sur le côté droit il se retourne immédiatement sur le flanc gauche, par un demi-mouvement de rotation autour de l’axe longitudinal de droite à gauche.

Nystagmus surtoul marqué à gauche. Strabisme externe de l'œil droit, interne de l'œil gauche. RTE

Déglutition normale. Le lait introduit dans la gueule est bien avalé.

Le 28. Même attitude que la veille.

Quand on l’excite, il se couche en arc de cercle. Le tronc est fortement incliné sur le côté, la concavité regardant à gauche (pleurothotonos). La tête reposant sur le sol est tout à fait tournée à gauche. La patte antérieure gauche. est en extension tonique.

Nystagmus horizontal.

Légère hyperexcitabilité. ,

Le 29. Idem. L'animal placé sur le flanc droit ne tourne plus pour se coucher sur le gauche.

Les troubles oculaires (nystagmus, strabisme) ont beaucoup diminué. Suspendu par le dos, le trone s'incline toujours à gauche et les pattes du côté gauche se mettent en extension.

Par moments, il sé couche sur le ventre, les pattes postérieures écartées ; la tète fortement inclinée à gauche et passant par-dessus l'épaule gauche repose sur le sol; la patte antérieure gauche est en extension (fig. 77) ; il existe du tremblement généralisé, intermittent.

Le 31. Premières tentatives de marche, mais sans succès ; il ne peut en effet se dresser sur ses pattes gauches; il retombe immédiatement sur le côté gauche. Il ne peut pas prendreiles aliments: qu’on lui présente, il fait des efforts inuüiles, à cause des oscillations de large amplitude décrites par la tête; mais les aliments introduits dans la gueule sont bien déglutis.

Les jours suivants, son état se modifie peu ; les essais de marche sont plus fréquents.

Le 4 août. Il se tient quelques secondes sur ses pattes antérieures, en extension et en abduction très prononcées. L’axe du tronc est très incliné à gauche. L'extension et l'abduction sont plus marquées pour la patte antérieure gauche. Il avance de quelques centimètres en rampant, les pattes antérieures extrèmement écartées, traînant le reste du corps qui glisse sur la fesse du côté opéré, aussi le tronc est-il peu élevé au-dessus du sol. Après quelques secondes, la patte antérieure gauche se replie sous le tronc et l’animal retombe sur le côté gauche.

Au repos, il se couche sur le ventre, le tronc incliné vers le côté gauche, la tête dirigée à gauche et reposant sur le sol: c'est sa position la plus habituelle.

Grandes oscillations de la tête pendant la préhension des aliments ; les oscillations augmentent d'amplitude à mesure que la tête s'approche du but ; elles sont assez énergiques pour entrainer tout le corps suriout à gauche; aussi, il ne peut boire seul ; s’il essaie, la tête s'abaisse lentement et en oscillant de plus en plus au-dessus du liquide, puis au moment de laper, elle se redresse brusquement en arrière,

Gent us. 4h de te + 08 "#4

Les jours suivants, même état.

Le 10. Il commence à faire quelques pas; les pattes antérieures étant extrémement écartées et la gauche encore plus que la droite ; le bassin est moins élevé que le reste du tronc, les pattes postérieures et surtout la gauche se lèvent faiblement et semblent fléchir sous le poids du corps : il est attiré à gauche, et après avoir exécuté deux ou trois pas, le corps violemment entraîné tombe sur le même côté. ; \

L'examen des réflexes olécrânien et patellaire dénote une légère exagération du côté gauche. ITS |

Les troubles oculaires (nystagmus et strabisme) sont à peine appréciables.

Le 12. L'animal est jeté à l’eau, il nage bien, mais il est toujours entrainé sur le flanc droit (le flanc droit regarde le fond de l’eau et le flanc gauche la

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RE A.Gillel

F1@. 78 — Le chien À au moment de la chute. (D'après une photographie instantanée.)

surface). Au moment d’atterrir la tête s’infléchit en arrière et il retombe dans l'eau à la renverse.

Le 14. Les symptômes se sont atténués.

Au repos : même position que les jours précédents.

La marche est encore très altérée. Les pattes, surtout les antérieures, sont très écartées, il détache chaque patte du sol après plusieurs hésitations ; la tête oscille fortement: tout le corps est entraîné à gauche si rapidement qu'on dirait qu’il est entraîné malgré lui par un mouvement de translation, puis la patte gauche antérieure se replie sous le trone, la postérieure fléchit, et la chute se fait sur le côté gauche (fig. 78). Les pattes postérieures sont-faibles ; il essaie de nouveau de marcher, mais avant de réussir à se dresser sur ses pattes, il retombe deux ou trois fois sur le flanc gauche.

Sur un plan incliné, les troubles sont plus marqués. Placé dans un escalier, s’il essaie de gravir une marche, la tête s'infléchit brusquement en arrière (opisthotonos) et il tombe à la renverse. Pour descendre, il s'appuie contre le mur à

gauche, ou bien il se laisse glisser; mais aussitôt qu'il essaie de se redresser sur

ses pattes il roule sur plusieurs marches.

L + LL * AP POS FPE TO ITR WROJT à ie oi SEA P NZ a JAN ES “

Les troubles de la marche n’augmentent pas par l’occlusion des yeux.

8— 9 e F1G,79. — Tracé de la marche du chien A.

Les pattes antérieures sont indiquées en gris, les postérieures en noir. En bas, écartement des pattes ramenées dans leur position normale. Démarche irrégulière.

Pas rapprochés. Écartement très net des pattes. À droite, tracé d’un chien normal (Echelle de 1/12).

Le 19. L'animal peut se tenir au repos dans la station sur les quatre pattes, mais les antérieures sont fortement étendues et écartées.

Pendant la marche, la direction vers le but proposé est conservée ; la marche se fait suivant une ligne brisée, surtout pour les membres antérieurs. Il est alternativement entrainé à droite ou à gauche, mais plus souvent à gauche. Le degré d'abduction des pattes varie à tout moment. C’est au moment même où il lève la patte antérieure gauche et la patte postérieure droite, que se produit la chute, c’est exceptionnel que la chute se produise pendant le soulèvement de la patte antérieure droite.

La marche sur un plan incliné (ascension ou descente) est encore très difficile et présente les mêmes caractères.

Oscillations très marquées de la tête dans la préhension des aliments et quand il boit.

Il ne peut plus uriner en levant la patte ; la miction s'effectue dans la posi-

tion accroupie.

Pendant la défécation, il est entraîné en arrière et tombe à la renverse.

I n’y à pas de différence nette entre les réflexes tendineux du côté gauche et ceux du côté droit.

Le 31. L'animal se tient assez bien en équilibre dans la station debout : le tronc présente une légère inflexion dont la concavité regarde à gauche, la tête a subi un léger mouvement de torsion : quand il fixe un objet, l’occiput regarde

un peu en bas et à gauche, le museau en haut et à droite.

Il marche beaucoup mieux : il est néanmoins entrainé un peu à gauche, les pattes encore en abduction, surtout la patte gauche antérieure; les membres gauches sont plus soulevés que les membres droits, et l’antérieur davantage.

Les oscillations du corps augmentent quand il boit ou quand il mange.

Les troubles de la marche sont encore très accentués quand il monte ou descend un escalier; quand il monte, c’est au moment où il lève la patte gauche qu'il tombe à la renverse.

15 septembre. Même attitude, même démarche (l’écartement des pattes est moins prononcé). Quand il se secoue, ou qu'il lève une patte pour se gratter, il est animé aussitôt de grandes oscillations latérales du tronc qui déterminent Sa chute. Quand on lui présente un morceau de viande au-dessus du museau de façon à ce qu'il soit obligé de se dresser sur ses pattes pour l’atteindre, il semble comme fixé au sol, n'osant pas en détacher ses pattes; aussitôt qu'il détache une patte, il est éntraîné en arrière et à gauche et tombe. Il commence à aboyer. :

Le 28. Même attitude au repos.

Marche. — La marche est maintenant régulière, pourtant les pattes gauches sont levées plus haut que les droites; la patte antérieure gauche est un peu : plus en abduction que la droite. Il festonne encore un peu. Quand il court, ces différents troubles sont moins accentués, il suit à peu près la ligne droite; mais lorsqu'il s'arrête, le corps est entraîné à gauche, puis à droite (titubation), il se produit ainsi deux ou trois grandes oscillations latérales du tronc.

L'animal étant debout, si on lui présente un morceau de viande un peu baut, il lève la tête et remue la queue; les pattes semblent collées au sol: il

essaie de les détacher, mais le corps étant entrainé aussitôt du côté où la patte se détache, il se résout à rester immobile.

La préhension des aliments s'accompagne de quelques oscillations de la tête.

L'ascension et la descente des escaliers se font difficilement; pour descendre il s'appuie toujours contre le mur; pour l'ascension il n'avance qu'avec de grandes précautions et très lentement : les chutes sont fréquentes.

Réflexes normaux.

Le 9 octobre. Mêmes symptômes. C'est surtout quand il change d’attitude que les oscillations du tronc et la titubation se manifestent.

Le 13. Zdem. L'animal, jeté à l’eau, nage très bien, mais le flanc droit plonge plus que le gauche. La fatigue survient vite, comme pour la marche. Poids, 7 kilos; il est sacrifié.

Auropsie. — Destruction de la moitié gauche du cervelet ayant empiété un peu sur l'écorce du vermis droit (extrémité inférieure). :

OBSERVATION B. — Chien ratier, adulte, 8 kilos et demi. Opéré le 29 juillet 1896, au matin.

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FIG. 80. — Destruction de la moitié gauche du cervelet.

Pendant l’extirpation du cervelet, il ne se produit aucun mouvement dans les membres, aucune déviation de la tête ou du tronc. Immédiatement après l'opération, l'animal placé sur le sol n’exécute aucun

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Mouvement. Cinq heures environ après l'opération, il commence à s’agiter. I] se produit des mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de droite à gauche, la chute initiale se faisant sur le flanc gauche. Ces mouvements Téapparaissent sous l'influence d’une excitation auditive un: peu forte ou même d'une excitation tactile. Au repos, il reste étendu sur le flanc gauche, les pattes antérieures en extension, la tête rejetée en arrière. Nystagmus horizontal des deux yeux.

Le 30. Mêmes symptômes que la veille. La déglutition des liquides introduits dans la gueule se fait bien. S

Le 31. Au repos. Couché sur le flanc gauche : pattes antérieures en légère extension. Il n'existe plus de mouvements de rotation. Il s’agite néanmoins, essaie de se mettre sur le ventre ou de se lever, mais il retombe aussitôt sur le côté gauche.

Tremblement du corps à petites oscillations, surtout marqué dans les pattes postérieures. La tête non appuyée, oscille largement.

Il avale bien les aliments introduits dans la gueule, mais l’instabilité de la tête l'empêche de les saisir lui-même.

3 août 1896. Il ne peut ni marcher, ni se tenir sur ses pattes. Il reste couché sur le sol, soit sur le flanc gauche, soit sur le ventre : dans ce cas la tête oscille ainsi que le tronc, et les membres sont animés d'un tremblement à oscillations faibles, mais très fréquentes.

La contracture des membres antérieurs est très diminuée, elle est encore plus marquée du côté gauche que du côté droit. :

Le nystagmus a disparu. Il n'existe pas de strabisme.

Il commence à prendre seul les aliments : avant de les saisir, la tête et même le corps décrivent de grandes oscillations transversales qui provoquent la chute de l'animal.

Les jours suivants, il ne se produit pas de modification notable dans son état ; il cherche à se dresser sur ses pattes, mais il retombe aussitôt et toujours sur le flanc gauche.

Le 10. Au repos, quand il est dans sa cage, le corps et la tête appuyés contre la paroi, on ne constate rien d’anormal. En dehors de sa cage, il se couche en aré de cercle (la concavité regardant à gauche) ; si la tête n'est pas appuyée sur le sol, elle est instable. Quand il essaie de se dresser et de marcher, les pattes antérieures s’écartent considérablement; les pattes postérieures se dressent difficilement; puis, tout d'un Coup, la patie antérieure gauche se replie sous le tronc et il tombe sur le flanc gauche. Avant de pouvoir se redresser, il doit faire deux ou trois tentatives sans succès.

Mêmes oscillations de la tête et du tronc dans la préhension des aliments.

Aucune différence, entre les deux côtés, dans les réflexes tendineux qui sont normaux. |

Le 12. Mème état au repos. Ii peut se lever sur ses quatre pattes, mais le train postérieur est toujours faible et repose sur la fesse du côté opéré; les pattes antérieures en abduction très marquée, surtout la gauche; au bout de

quelques secondes, la patte antérieure gauche se replie sous le corps, il s'en suit une chute immédiate sur le flanc gauche.

Si] essaie de marcher, il fait un ou deux pas au plus, puis il est entrainé par une sorte de mouvement de translation sur le côté gauche et il tombe. Plongé dans l'eau il nage quelque secondes, le flanc droit regardant en bas et le gauche en haut, puis il roule sur lui-même de droite à gauche, de sorte que le dos regarde directement en bas; il fait ainsi un ou deux tours, il s'enfonce sous l’eau, et il se noierait, si on ne lui portait secours.

Depuis l'opération, l'amaigrissement s’accentue tous les jours.

Ls 14. Mêmes symptômes ; toutefois il marche un peu plus qu'il ne marchait; il est entraîné et tombe sur le côté gauche. Dans un escalier il se couche sur une marche, et ne fait aucune tentative pour descendre ou monter; si on le pousse du pied, il se laisse dégringoler.

Le 19. La marche s’est beaucoup améliorée, il peut faire plusieurs pas et avancer de deux ou trois mètres; mais toujours entrainé du côté gauche, surtout à mesure qu’il avance. Les pattes sont moins écartées mais cependant en abduction assez marquée; les pattes du côté gauche sont soulevées plus haut que les droites.

Oscillations encore très nettes de la tête quand il boit et quand il mange.

Quand il lève la tête, qu'il se gratte ou se secoue, les oscillations à grande amplitude du corps apparaissent aussitôt (titubation) elles sont souvent suivies de, chute. Aucune différence entre les rétlexes tendineux des.deux côtés. Il est moins maigre.

Le 31. Amélioration de l’état général, atténuation des symptômes. Marche plus facile. Les pattes sont moins écartées. Il festonne encore un peu. Les pattes gauches sont plus soulevées que les droites. (La démarche étant la même que le chien A, aucun tracé n’a été pris.)

Oscillations moins grandes pendant la préhension des aliments.

Quand on lui présente ses aliments un peu haut, de façon à ce qu'il soit obligé de se dresser sur ses pattes, dès qu'il lève la tête, les oscillations de la tête et du tronc et la titubation apparaissent ; s’il détache les pattes du sol, ces phènomènes s’accentuent et il tombe à la renverse et à gauche.

Dans l'ascension des escaliers, il tombe fréquemment à la renverse, plus souvent au moment où la patte gauche est levée et gravit une marche. Pour descendre, il rampe le long du mur, le flanc gauche s'appuyant contre le mur. & 15 septembre. Atténuation des troubles de la marche et de la station, sauf au moment des changements d’attitude et de position. L’occlusion des yeux ne détermine pas d'augmentation de ces phénomènes.

Le 28. Idem. Pendant la marché, il présente le flanc gauche en avant; il lève davautage les pattes du côté gauche. Il monte mieux les escaliers : les chutes sont beaucoup plus rares.

Le 16 octobre. Les symptômes se sont peu modifiés ; c’est toujours au moment des changements d’attitude (passage de la position couchée à la station debout,

o Æ + dde, “ + d:

arrêt de l’animal, action de se gratter, de se secouer, préhension des aliments, miction, défécation, élévation de la tête pour saisir des aliments) que se produisent les troubles de l'équilibre : oscillations de la tête et du tronc, litubation, chutes plus fréquentes à gauche.

La natation est possible, mais le flanc droit plonge plus que le gauche, l'animal se dirige à droite ; la fatigue survient vite.

Poids, 6 kilos.

L'animal est sacrifié.

AUTOPSIE. — Destruction de la moitié gauche du cervelet.

Pas de lésion accessoire.

OBSERVATION. C. — Chienne jeune. Poids, 5 kilos.

Opérée le 25 septembre.

— Immédiatement après l'opération, elle reste couchée sur le flanc indifféremment à droite ou à gauche.

Au bout de quatre à cinq heures, elle est couchée sur la flanc gauche, la

F1G. 81. — Destruction de la moitié gauche du cervelet.

tête et les membres antérieurs en extension tonique ; absence de mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal. Strabisme très léger de l'œil gauche regardant en dehors. Nystagmus des deux yeux.

Le 26. Même attitude, elle avale bien les liquides.

La déviation oculaire est moins marquée. Absence de mouvements de rotation, même quand on l’excite ou quand on fait du bruit auprès d'elle.

Le 28. Elle fait quelques mouvements pour changer de position, mais’elle ne

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peut se tenir en équilibre. La tête et le fronc sont le siège d’un tremblement à grandes oscillations qui augmentent d'intensité dans la préhension des aliments. Elle ne peut boire seule, on est obligé de lui maintenir la tête.

Quand on la suspend par la peau du dos, elle a une tendance à tournér autour de l'axe, la tête se porte à droite et subit un mouvement de torsion : en même temps il se produit une inclinaison du tronc dont la concavité regarde à gauche (pleurothotonos).

Il n’y a pas de strabisme.

2 octobre. Elle commence à se tenir en équilibre sur le ventre, les membres antérieurs extrêmement écartés. Dans cette attitude, le tremblement du tronc et de la tête est très intense. ë :

Le 6. Tentative de marche, Les membres antérieurs sont extrêmement écartés : la tête oscille, la moitié postérieure du tronc est moins élevée au-dessus du sok que la moitié antérieure et tend à retomber sur la fesse gauche.

Lorsqu'elle détache une patte (et principalement l’antérieure) du sol, elle est entraînée fortement à gauche et tombe sur ce côté, la patte antérieure gauche se repliant sous le thorax. Après quelques hésitations, elle se replace dans la même position qu’au point de départ (abduction des membres antérieurs) puis les mêmes phénomènes se reproduisent.

Impossibilité de boire seule. Tremblement de la tête quand elle mange.

Le 9. Elle commence à marcher et peut faire quelques pas sans tomber,

mais elle se porte rapidement à gauche, comme mue par un réel mouvement

de translation et elle tombe sur le flanc gauche. Les membres antérieurs sont encore en abduction, mais beaucoup moins que les jours précédents. Pendant la marche, avant de détacher chaque patte du sol, il se produit des oscillations du tronc. La chute se produit généralement quand la patte antérieure gauche est détachée du sol. Elle recherche les murs et pour avancer s'appuie contre eux par son flanc gauche.

Le 12. Mêmes troubles de la marche et de la station debout. Quand elle marche elle festonne, elle décrit une ligne brisée ; le mouvement de translation du côté gauche étant suivi d’un mouvement semblable mais moins marqué du côté droit. La direction générale de la marche se fait donc toujours vers le côté gauche et suivant une ligne brisée. La patte antérieure gauche semble plus en abduction que la droite. Lorsqu'elle descend un escalier ces désordres augmentent beaucoup. Il y a accentuation des oscillations de la tête et du tronc : chaque patte n’est détachée qu'après plusieurs hésitations et assez brusquement. Elle ne peut marcher sur un plan incliné et monter un escalier ; dès la première marche au moment même où la première patte quitte le sol, le corps s’infléchit en arrière ainsi que la tête (opistothonos), et elle tombe à la renverse en arrière et à gauche.

Lorsqu'une chute se produit, soit pendant la Marche: soit dans un escalier, ce n'est pas par affaiblissement du côté sur lequel se fait la chute, mais à la

suite de la titubation et d’un mouvement irrésistible de translation sur ce côté.

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