ART
3° Destruction totale. s
OBSERVATION H. — Chien, Jeune. Poids, 6 kilos.
Opéré le 26 septembre au matin,
Pendant l'extirpation du cervelet, il ne se produit aucune contraction musculaire.
Immédiatement après l'opération, l’animal repose indifféremment sur le flanc droit ou sur le flanc gauche, les membres souples.
FiG. 84. — Destruction totale du cervelet
Quelques heures après l'opération, les membres antérieurs sont en extension tonique, les membres postérieurs à demi fléchis, la tête est incurvée en arrière ainsi que le tronc (opisthotonos). Il n'y à pas de strabisme. Quand on l'exûite, en le touchant même légèrement, ou si on fait du bruit auprès de lui,
il exécute des mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de gauche à droite. è
è Le 27. Même état, il avale bien les liquides et les solides qu'on lui introduit __ dans la gueule.
Le 28. Dans sa cage, il appuie le dos contre la paroi, renverse la tête en arrière et met ses pattes antérieures en extension.
Placé sur le sol, sur le flanc droit, il garde cette position. Placé sur le flanc gauche, il retombe le plus souvent sur le flane droit après un demi-tour de rotation autour de l'axe longitudinal et toujours dans le même sens de gauche à droite. Pour cela, la tête se tord en spirale (le museau regardant à gauche et l’occiput à droite) ; la tète en retombant sur le côté droit entraîne le tronc dans la même direction. >
Il existe une légère exagération des réflexes des membres postérieurs.
Il n’y a pas de déviations oculaires. Très légère instabilité des globes oculaires.
Les jours suivants : persistance du même état. |
2 octobre. Les mouvements de rotation ne se produisent plus. Il reste toujours couché sur le flanc droit. Placé sur le flanc gauche, il reprend sa position par un demi-tour de rotation autour de l’axe longitudinal de gauche à droite.
Pas de déviations oculaires. | |
- Il ne peut saisir seul les aliments, il faut lui maintenir la tête et le tronc.
Il fait quelques tentatives pour se coucher sur le ventre, mais sans succès ; à Ce moment, les oscillations de la tête et du tronc sont fréquentes et de large amplitude. |
Le 6. Il reste couché aussi bien sur lé flane gauche que sur le flanc droit, ou bien il est étendu sur le sol ventre à terre : les pattes postérieures étendues et dirigées en arrière, les pattes antérieures repliées sous le tronc, la tête allongée en avant et reposant sur le sol. Les déplacements des membres ou de la tête déterminent de grandes oscillations de la tête et du tronc et la chute de l’animal. Quand on lui présente les aliments, la tête oscille plusieurs fois avant qu'il ne les saisisse, elle entraine le tronc et détermine aussi la chute. Il ne peut boire seul,
Le 9. Zdem.
Le 12. Il fait quelques tentatives de marche ; il a l’air de ramper, ses membres participent peu en effet aux mouvements de progression, c’est au moyen d’inflexions et de déflexions du tronc qu'il réussit à avancer, les pattes antérieures restent repliées sous le tronc.
Il réussit à boire et à manger seul, mais pendant ces deux actes les oscillations de la tête et du tronc sont telles qu'elles entraînent des déplacements latéraux de l'animal, variant de 25 à 50 centimètres.
Jours suivants. Idem.
Le 25. Dans ses tentatives de marche, les pattes restent d’abord étendues et dirigées en arrière, sous le tronc, puis elles s'écartent de façon à se mettre en abduction extrêmement marquée ; il peut ainsi élever légèrement le thorax audessus du sol, mais le train postérieur reste affaissé (fig. 85) ; il détache ensuite une patte de façon à l’avancer, mais dès le début du mouvement, les deux pattes
sont repliées brusquement sous le tronc et la chute se fait soit sur le côté droit, soit sur le côté gauche.
Au repos, si la tête n’appuie pas sur le sol, elle oscille soit dans le sens
Æ. GitleE
Fi1G. 85. — Attitude du chien pendant les premiers essais de marche, après la des-
truction totale du cervelet. — Abduction des membres antérieurs. (D'après une photographie instantanée.)
transversal, soit dans le sens antéro-postérieur. Ces oscillations n’ont du reste
H.GilleË
FIG. 86. — Aétitude du chien pendant la marche, à une période d'amélioration plus avancée. Les membres antérieurs sont moins en abduction, et la moitié antérieure du corps s'élève davantage au-dessus du sol. — Les membres postérieurs restent: en contact avec le sol. (D'après une photographie instantanée.)
rien de régulier comme intensité, comme direction, comme durée. Le regard est fixe et l'animal semble indifférent à ce qui se passe autour de lui. Tous ces phénomènes augmentent dans la préhension des aliments.
Si les aliments sont présentés à l'animal au-dessus de la tête, il fait de grands efforts qui entraînent des déplacements considérables, des chutes en arrière et - sur le côté, ete., il semble qu'ilse trouve sur un plan mobile.
Bien que l'animal reçoive tous les jours une alimentation abondante, il a néanmoins beaucoup maigri depuis l'opération.
Le 30. La marche a fait des progrès ; il peut faire quelques pas, en écartan t énormémentles pattesantérieures. Le train postérieur est affaissé. Les membres
antérieurs sont soulevés brusquement après quelques hésitations. Les mouve— . ments des membres postérieurs sont extrêmement limités ; il semble que la
Hcitlet È
FIG. 87. — La marche et la station sont à une période d'amélioration encore plus avancée. L'animal peut se tenir sur les quatre membres en abduction. (D’après une Photographie instantanée.)
moitié postérieure du tronc soit trainée par la moitié antérieure. Après deux ou {trois pas, il se produit une chute indifféremment à droite ou à gauche. Du reste chaque fois qu’une patte est soulevée, on voit apparaître des oscillations de la tête et du tronc très marquées ; ces oscillations sont encore très intenses après la chute ; la fatigue survient très vite ; même soumis à des excitations douloureuses, il ne réagit pas, lorsqu'il a fait auparavant deux ou trois tentatives de marche.
Jusqu'ici l’animal n’a pas aboyé, même quand on lui marche sur la queue, Le 81. Même état. La miction se fait dans la position accroupie et entraîne de grandes oscillations avec titubation.
Dans les essais de marche, quand un membre antérieur se détache du sol, il arrive assez souvent que le train postérieur se porte brusquement en avant et détermine ainsi la chute de l'animal, les membres antérieurs repliés sous lui,
2 novembre. Amélioration de la marche : le train postérieur commence à s’élèver au-dessus du sol (fig. 87). À
Les jours suivants. Le même état persiste. A partir du 7 octobre, l’amaigrissement jusqu'ici très prononcé s’accuse davantage ; il refuse toute nourriture et il meurt le 9 novembre.
Poids, 3 kilos 700.
AUTOPSIE.. — ÆExtirpation totale du cervelet (sauf le flocculus droit.) Le tubercule quadrijumeau postérieur gauche a été légèrement intéressé.
OBSERVATION I. — Chienne jeune, âgée de deux mois: Poids 1,700 grammes.
Opérée le 16 octobre 1896.
Pendant l'opération, aucun mouvement.
Deux ou trois heures après l'opération, mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de droite à gauche, se produisant surtout après une excitation douloureuse ou auditive. Il existe une déviation des yeux telle que l’œil
Fi1G. 88. — Destruction totale du cervelct.
gauche regarde en bas et en dedans, l'œil droit en haut et peu en dehors. Les yeux ne restent pas immobiles, ils sont le siège de secousses nystagmiformes. Au repos, les membres antérieures sont en extension et la tête rejetée en arrière.
Le lendemain, 17. Persistance des mêmes symptômes. Il n'ya a pas de troubles de la déglutition, elle avale bien le lait.
Le 18. Les mouvements de rotation sont beaucoup moins fréquents. Attitude : décubitus latéral gauche. La contracture de la veille a beaucoup diminué. A toute tentative qu’elle fait pour se redresser sur ses pattes, elle retombe sur le
flanc gauche. La déviation des yeux persiste, mais moins accusée ; quelques secousses nystagmiformes dans le sens transversal, La tête exécute des mouvements gyratoires, pendant lesquels l’occiput se porte en arrière et à gauche.
Le 21. Impossibilité de se tenir en équilibre. L'animal fait de nombreuses tentatives, mais il retombe soit sur le flanc gauche, soit sur le droit: les membres postérieurs sont plus faibles et ne s'étendent pas aussi énergiquement que les antérieurs. Aucun mouvement de rotation de l'axe. S
Au repos, la tête est dirigée en avant et s'appuie sur le sol, les membres antérieurs sont repliés en arrière le long du tronc. Au premier effort, il se produit de grandes oscillations de 1: tête et du tronc (la tête est alors légèrement inclinée à gauche).
Quand on la suspend par là peau du dos, les membres antérieurs gardent la même disposition. |
Déviation des globes oculaires persistante.
Elle peut saisir la viande seule, mais ne peut boire que la tête maintenue. Déglutition facile.
Le 24. Idem. Toujours même position au repos (membres inférieurs repliés en arrière, le long du corps, la tête étendue en avant, s'appuyant sur le sol). Réflexe patellaire un peu plus marqué à gauche qu’à droite.
Le 30. Au repos. Même attitude avec déviation persistante des globes oculaires. Tremblement à très petites oscillations du tronc et des membres.
Elle fait des tentatives pour marcher et se dresser sur ses pattes; aussitôt qu'une patte s'étend en avant et soulève le tronc, il se produit une chute soit sur le flanc droit, soit sur le gauche : en même temps apparaissent des oscillalations de la tête et du tronc.
Les pattes postérieures sont mieux soulevées et facilitent la progression en poussant le corps en avant.
4 novembre. Au repos, l'animal reste étendu sur le ventre, les membres antérieurs repliés sous le tronc, qui est agité d’un tremblement à petites
oscillations. Lorsque la tête n'appuie pas- sur le sol, elle oscille continuelle -
ment dans le sens transversal et antéro-postérieur. |
La marche a fait des progrès ; elle ne marche plus en rampant comme les jours précédents; les pattes antérieures sont en abduction extrème, ainsi que les postérieures, chaque patte n’est soulevée qu'après plusieurs hésitations et oscillations du tronc, elle se lève ‘alors assez brusquement et retombe de même sur le sol, Les pattes postérieures sont écartées aussi, mais moins que les antérieures. La tête est légèrement inclinée du côté gauche.
Les chutes sont fréquentes et la fatigue survient rapidement.
Pendant la préhension des aliments, les oscillations du tronc, soit antéropostérieures, soit transversales, déterminent des déplacements considérables du tronc, suivis de chutes. Il lui est impossible de boire seulé, sans que la tète soit maintenue.
‘ Depuis l'opération, elle n’aboie pas.
Le 7. Idem. Pendant la marche les membres postérieurs sont soulevés plus i1é 17
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rapidement et plus brusquement, et en même temps (saut). Au même instant les membres antérieurs se replient en arrière sous lé tronc, ce qui provoque la chute en avant. '
Le 17. Progrès assez sensibles. Marche titubante, lente ; les membres écartés sont soulevés plus qu'à l'état normal; le corps se porte du côté où le membre antérieur est soulevé et c’est de ce côté également que se produit la chute. Avant de détacher une patte antérieure ‘du sol, il ya toujours des oscillations antéro-postérieures dutrone assez marquées. Chutes fréquentes. Fatigue rapide. .
Tremblement intentionnel (surtout pendant la préhension des aliments).
Strabisme persistant.
1er décembre. Marche titubante. Chutes moins fréquentes.
Instabilité de la tête, quand elle n’est pas appuyée.
Elle mange seule, mais ne boit pas seule.
L'occlusion des yeux n'augmente pas les troubles.
Réflexes légèrement exagérés des deux côtés, sans différence appréciable.
La marche est plus difficile sur un plan incliné et les chutes plus nombreuses.
Soumise à la force centrifuge, la tête se dévie au début du côté opposé au
sens de la rotation comme chez un chien normal.
Le 12. Les tentatives de marche sont nombreuses, et la marche se fait actuellement beaucoup mieux. Les pattes s’écartent moins, les oscillations sont encore assez fréquentes ; chaque patte ne quitte le sol qu'après plusieurs hésitations, comme si elle était collée au sol; le tronc ne se déplace pas suivant une ligne
droite, lorsqu'elle veut atteindre un but fixe, mais suivant une ligne brisée (elle
festonne). La force musculaire est assez grande, puisqu’en fixant à chaque membre postérieur un poids de 100 grammes, et un poids de 200 grammes à un membre antérieur (ce qui est considérable par rapport au poids de l’animal), les pattes sont encore soulevées énergiquement, mais la fatigue survient plus vite et la titubation est plus grande.
Vers la fin du mois, l'animal commence à aboyer.
Elle fuit devant les personnes qui l’ont battue, elle reconnaît au contraire celle qui lui porte ses aliments, et vient toujours à sa rencontre.
4 janvier 1897. Déviation des yeux (œil droit en dehors, œil gauche en bas et en dedans). Inclinaison légère de la tête à gauche avec mouvement de torsion qui porte l’occiput en bas et à gauche.
Au repos, elle est immobile quänd le corps est appuyé et la tête soutenue ; sinon l'agitation est continuelle, la tête instable, le corps tremblant.
* Les réflexes patellaires sont exagérés.
Marche litubante, sans chute, les patles écartées, se détachant brusquement du sol après plusieurs tentatives, et soulevées plus haut que normalement. Le tronc décrit des zigzags, mais la direction générale vers un but déterminé est conservée. :
Pas d'augmentation de ces troubles par l’occlusion des yeux; au contraire, exagération, quand la marche a lieu surun plan incliné (dans un escalier), alors
les chutes sont fréquentes.
Oscillations encore très intenses dans la préhension des aliments: surtout
FIG. 89. — Tracé prisle 13 décembre 1896. Les Pattes antérieures sont indiquées en gris, les postérieures en noir. A droite et en bas, écartement des paites, ramenées
dans leur position normale (Échelle de 1/12).
quand ils sont présentés à l'animal au-dessus de sa tête, il ne peut se dresser sur ses pattes postérieures pour les saisir. Oscillations antéro-postérieures et horizontales très accusées, pendant la défécation et la miction : les chutes sont même assez fréquentes pendant ces deux actes.
Le 11. L'animal est pour la première fois jeté à l’eau; au début, il décrit en nageant un mouvement de manège vers la gauche, puis au bout de quelques secondes, il nage comme un chien normal, mais la fatigue survient vite. Sorti
H.GilleË
F1G. 90. — Aétitude au repos du chien I. Abduction des membres antérieurs. (D'après une photographie instantanée. )
de l’eau, il se secoue ; cet acte a pour conséquence des déplacements assez considérables du corps avec chute. <
Le même jour, dans l'après-midi, on lui injecte dans le péritoine un centigramme, puis deux centigrammes, puis trois centigrammes de chlorhydrate de morphine. Après une ou deux minutes, les vomissements et la défécation se produisent, mais les troubles de la marche n’augmentent pas; peut-être les pattes postérieures sont-elles un peu plus écartées et plus difficilement détachées du sol.
Le même jour, elle est sacrifiée. Poïds, 2 kilos 650.
AUTOPSIE. — Extirpation symétrique du cervelet : le vermis et les deux hémisphères ont été enlevés ; seuls les deux flocculus n’ont pas été touchés.
Pas de lésion de voisinage.
OBSERVATION J. — Chien, âgé de 5 mois. Poids, 4 kilos.
Opéré le 1e novembre.
Pendant l'opération aucune secousse.
Dans la journée, il reste indifféremment couché sur un côté ou sur l’autre, les membres antérieurs en extension, la tête et le tronc très infléchis en arrière, Opisthotonos; pas de mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal. Nystagmus vertical et transversal. Strabisme divergent. :
Le 2. Mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de gauche à droite.
AE Tes
Strabisme double, l'œil gauche regar Déglutition normale.
4 Le 3. Persistance des mouvements de rotation et du str
dant en dehors, l'œil droit en dedans,
abisme,
FIG. 91, — Destruction totale du cervelet.
Au repos, il est couché sur le flanc
gauche ; sous l'influence d'une excitation douloureuse, l'animal couché en ar
c de cercle, la tête regardant à gauche,
Fi1G.92, — Attitude du chien J au repos. — Abduction extrême des membres antérieurs.
PSN ART LUS SRE
retombe aussitôt sur le flanc droit, la tête et les membres antérieurs se mettent
en extension.
î Le 4. Disparition des mouvements de rotation. ÿ Strabisme et nygtagmus moins intenses.
Suspendu par la peau du dos, la tête regarde à droite, le membre antérieur du même côté se met en extension.
Il n’y a pas de différence entre les réflexes.
Le 7. Il peut saisir les aliments, en balançant énergiquement la tête, mais il retombe presque aussitôt sur le flanc (droit ou gauche). Il ne peut marcher, ni se dresser sur ses quatre pattes ; les membres postérieurs, beaucoup plus faibles que les antérieurs, ne peuvent être soulevés.
Les jours suivants, aucune modification.
Le 30. Il fait plusieurs tentatives pour se dresser sur ses pattes et marcher. Les pattes antérieures s’écartent l’une de l’autre et soulèvent facilement la moitié antérieure du corps au-dessus du sol; mais les postérieures sont presque immobiles ; enfin, après plusieurs hésitations, le train postérieur est soulevé brusquement et l’animal est projeté et tombe en avant; ou bien il avance en traînant pour ainsi dire son train postérieur; mais après une ou deux enjambées il tombe à droite ou à gauche.
Oscillations toujours très grandes et très nombreuses dans la préhension des aliments.
Impossibilité de boire seul.
Soumis à la force centrifuge il se produit au début une déviation de Ja tête du côté opposé au sens de la rotation.
Les jours suivants, idem. ,
4 janvier 1897. Impossibilité de la station debout en équilibre.
Aussitôt qu’il lève les membres postérieurs, il se produit une chute soit à droite, soit à gauche. Dans toute tentative de marche, les pattes antérieures s’écartent beaucoup l’une de l’autre. Oscillations du tronc et de la tête, même au repos, quand la tête n’est pas soutenue et que le corps n’est pas appuyé.
Augmentation de la titubation, dans la préhension des aliments, la défécation et la miction.
Déviation des globes oculaires.
Réflexe patellaire plus marqué à droite.
Suspendu par la peau du dos, les quatre membres s’agitent énergiquement.
Il n’aboie pas sous l'influence d’une excitation douloureuse.
Instinct génital conservé; mis en présence d’une chienne, il se traîne auprès d'elle et fait de grands efforts pour s’en approcher.
Il nage très bien (avant d'être opéré il n’avait jamais nagé) et très régulièrement.
Sacrifié le 14 janvier.
AUTOPSIE. — Extirpation totale du cervelet. Le flocculus droit a été plus lésé que le gauche.
Lésion accessoire. — Séparation sur la ligne médiane des deux tubercules quadrijumeaux postérieurs ; mais ils sont intacts (macroscopiquement).
OBSERVATION K. — Chien adulte. Poids, 14 kilos. Opéré le 25 juillet. (L'animal a été anesthésié par une injection intrapérito—
néale de chloral et de morphine : malheureusement, l'animal s'étant défendu énergiquement, l'aiguille de la seringue à injection s’est cassée et a pénétré dans la cavité péritonéale où elle est restée : il en est résulté une péritonite par perforation.) Les symptômes du début n’en sont pas moins intéressants.
. Pendant l'opération : quelques secousses cloniques dans l'oreille gauche et dans la patte antérieure droite. Ces mouvements se sont produits lorsque l'hémispère cérébelleux du même côté a été exlirpé. RE AE
Immédiatement après l'opération, l'animal est couché surle flanc gauche, il est dans la résolution complète ; il n'y à pas de déviation des globes oculaires. Dans l'après-midi, il est encore couché sur le flanc gauche, les membres antérieurs sont en extension tonique, les postérieurs à demi fléchis. Sous l'influence d’une excitation, les membres antérieurs s'étendent, la tête s’infléchit en arrière. Si on le met sur le flanc droit, par un mouvement de rotation de droite à gauche autour de l'axe longitudinal il se recouche sur le flanc gauche.
Il se produit constamment des contractions dans les releveurs de la paupière, auxquelles s'associent des mouvements nystagmiques des deux globes oculaires dans le sens vertical, surtout marqués à droite.
L'animal déglutit difficilement les liquides qui sont introduits dans la gueule, il rejette presque tout.
Le 26. Même attitude, mais les pattes antérieures ne sont plus en extension tonique. Placé sur le flanc droit, il tourne une fois sur lui-même (de gauche à droite) pour rester couché sur le flanc gauche,
Le nystagmus persiste ainsi que les secousses cloniques des releveurs des paupières. | :
Il déglutit le lait qu’on lui introduit dans la gueule etle garde,
Suspendu par le dos, il ne fait aucun mouvement, les membres sont souples, il ne se produit aucune inclinaison ni de la tête ni du tronc.
Quand on fait du bruit auprès de lui, il regarde du côté d’où vient le bruit.
Le 27. Idem. 1] commence à se coucher sur le ventre, les pattes étenduesen avant: dans cette attitude, la tête n'ayant pas de point d'appui oscille dans le sens transversal el antéro-postérieur.
Il mange de la viande, mais il ne saisit les morceaux qu'après avoir décrit avec la tête des oscillations de très large amplitude qui entraînent sa chute, presque toujours sur le côté gauche.
Quand il dort, le tronc et les membres sont le siège d’une trémulation analogue aux contractions fibrillaires. 22
Le 28. Même état. 0
Le nystagmus est moins marqué : l'œil droit regarde en bas, l'œil gauche regarde en haut,
Le 29. Il reste immobile et réagit peu aux excCitations. Couché sur le flanc gauche en arc de cercle, la tête appuyée sur la fesse droite. Il refuse toute nourriture et rejette les aliments qui sont introduits dans la gueule.
Il reste couché sur le flanc, indifférent, la tête en extension, ainsi que les quatre membres qui sont très raides. Il ne peut rien déglutir.
JP
D Ppe
Il meurt dans la soirée.
AUTOPSIE. — Extirpation totale du cervelet, sauf les deux flocculus. Légère lésion du tubercule quadrijumeau postérieur droit.
OBSERVATION L. — Chien jeune. Poids, 7 kilos 1/2.
Opéré le 19 août au matin.
Pendant lextirpation de l'hémisphère droit, quelques secousses cloniques dans l'oreille droite.
Immédiatement après l'opération, mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal de gauche à droite.’
Strabisme de l'œil gauche regardant en haut et en dehors.
Quand on soulève l'animal par la peau du dos, la tête éxécute des mouvements gyratoires dans le même sens que les mouvements de rotation autour de Paxe longitudinal.
Le 20. Idem. Il avale les liquides.
Le 21. Persistance des mouvements de rotation qui se font dans le même sens (de gauche à:droite) et augmentent sous l'influence du bruit ou d’une excitation. Strabisme externe de l'œil gauche, avec nystagmus des deux yeux. Au repos il reste couché sur le flanc droit. Rigidité des membres antérieurs. Déglutition des liquides facile. |
Le 22. Mêmes symptômes.
Le 23. Il s'écoule par la plaie un liquide louche.
I n'existe plus de mouvements de rotation. Déviation oculaire moins accentuée. : ;
Le 24. Suppuration abondante.
L'animal est moins vif et semble indifférent aux excitations douloureuses. Il refuse toute alimentation.
Dans la nuit du 24 au 25 ‘août il meurt.
AUTOPSIE. — Ablation presque totale du cervelet (plus marquée à droite), les deux flocculus sont intacts. +
OBSERVATION M. — Chien (très âgé). Poids, 11 kilos.
Opéré le 11 septembre 1896.
Pendant l'opération aucune convulsion clonique de la tête ou des membres.
Immédiatement après l'opération: la tête et les membres sont souples et gardent la position qu'on leur donne.
Quelques heures plus tard, les pattes antérieures sont en extension tonique, la tête est très inclinée en arrière (opisthotonos), lés membres postérieurs à demi fléchis.
Sirabisme interne de l'œil gauche, externe de l'œil droit.
Le 12, même état. Il reste indifféremment couché sur le flanc droit ou sur le flanc gauche. Pas de mouvements de rotation autour de l'axe.
Persistance du strabisme.
Déglutition des liquides facile.
‘Le 14, idem. Disparition du strabisme.
Le 21, les membres antérieurs sont toujour
S en extension, les postérieurs à demi fléchis, il gar
de toutes les positions qu'on lui donne. Il semble indiffé-
F1G. 93. — Destruction totale du cervelet.
rent à tout ce qui se passe autour de lui et réagit à peine aux excitations douloureuses : il n'aboie pas. Il est dans un état somniforme très accusé.
FIG. 94. — Attitude du chien M depuis l'opération. État somniforme, (D'après wne photographie instantanée.) Déglutition des aliments liquides facile, mais il ne peut conserver la viande. Le 24, même état. Disparition de la tonicité des muscles des membres antérieurs et de la tête. Il reste immobile, le plus souvent couché en arc de cercle.