‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 72 sur 72 · RS · texte numérisé non relu

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de l'incoordination cérébelleuse. Leur existence est d’ailleurs hypothétique et n’a pas été signalée jusqu'ici par ceux qui ont étudié les dégénérescences secondaires consécutives aux sections des fibres op- tiques. ll est possible que ce rapport existe, mais dans ce cas il se fait vraisemblablement par l'interposition d'un ou de plusieurs neurones : et s'il est vrai que le pédoncule cérébelleux Supérieur contient des fibres à direction centripète vers le cervelet, la provenance et le rôle . de ces fibres nous sont encore inconnus. Cajal a signalé toutefois . dans le mésencéphale de petits mammifères l'existence d'un faisceau, = dont les fibres prennent leur origine dans le tubercule quadrijumeau “ antérieur et se continuent dans le noyau rouge et la substance réticu- . laire:ill'a appelé le faisceau descendant de la calotte. Aux fibres optiques cérébelleuses correspondent, d’après M. Brissaud, des fibres oculo-- motrices cérébelleuses qui portent l'excitation aux cellules motrices des noyaux oculo-moteurs : ces noyaux subissent deux influences, l’une cérébrale ou action volontaire qui ne s'exerce que dans la fixation directe ou latérale, Pautre qui vient du cervelet ou des ganglions de la base et ne s'exerce que quand nous ne fixons pas; « aussi le cérébelleux, pour éviter la titubation, a-t-il l'habitude de regarder devant lui un point fixe. Le fait qu’il se déplace en marchant explique que le E point fixe qu'il vise se déplace relativement à son axe visuel, De là … l'état -vertigineux. Mais lorsqu'il est couché et que son regard est » fixe, le vertige disparait. Ce qui le sépare du tabétique, c'est qu’il … à conscience de l'intensité, de la direction et de l'amplitude de tous les mouvements qu'il fait volontairement. » En étudiant plus haut les 4 rapports anatomiques du cervelet et des noyaux oculo-moteurs, rapports qui se font par l'intermédiaire des noyaux du vestibulaire, nous avons essayé d'expliquer la pathogénie des déviations oculaires et du nystagmus qui suivent les destructions cérébelleuses ; l’animal dont le cervelet est détruit partiellement ou totalement n’est plus capa- … ble de fixer un point, et l'instabilité continuelle des globes oculaires doitêtre le point de départ d’un état vertigineux très accentué: sous + l'influence de la volonté, les déviations oculaires et le nystagmus dis- - paraissent graduellement et il persiste une fixité du regard, de même ‘4 ‘que, à mesure que la titubation et les oscillations du tronc diminuent, le corps perd sa souplesse et devient raide. Les déviations oculaires, Je nystagmus qui ont été signalés chez les cérébelleux doivent être

expliqués de la même façon que les désordres semblables observés :

peut intervenir et les diminuer ou les faire disparaître complètement : dans cecasleregard est généralement fixe ; mais chez Pindividu normal,

tout déplacement du corps, toute attitude provoque, du côté de la mus-

culature des globes oculaires, un état de tonicité spécial, tel qu'àcha-

que attitude correspond une direction particulière du regard : la vo- ss | lonté n'intervient pas directement, et le cervelet fait les frais de cette

coordination musculaire; chez le cérébelleux, cette coordination fait T4

défaut etla sensation vertigineuse peut être expliquée par son absence.

C'est probablement dans une innervation imparfaite de la musculature

du globe de l'œil qu'il faut chercher une des causes du vertige; en tout

cas elle est insuffisante à expliquer les désordres du mouvement et les troubles de l'équilibre.

L’incoordination cérébelleuse ne semble pas être davantage la conséquence de l'interruption des fibres optiques destinées au cervelet,.

comme le prétend M. Brissaud; l’occlusion des yeux chez l’animal privé de cervelet, pas plus que chez le cérébelleux, ne détermine de modifications de l'équilibre, et le signe de Romberg ne rentre pas dans le cadre symptomatique habituel des atrophies ou scléroses du cervelet : l'occlusion des yeux ne modifie pas la station et la marche d’un cérébelleux, elle n'augmente ni ne diminue les désordres. | Contrairement à Gowers, Bechterew (1) n’admet pas que ce soit par l'intermédiaire de l'écorce cérébrale qu'agisse le cervelet, mais par des fibres qui lui sont propres : parce que l’extirpation du cerveau chez les oiseaux ne détermine pas de troubles de l'équilibre et que les lésions cérébrales, si elles produisent des troubles du mouvement, ne déterminent pourtant pas de troubles de l'équilibre. L'anatomie démontre, en opposition à l'opinion de Gowers, que le cervelet peut agir sur la moelle, et en opposition à celle de Be chterew, qu'il peut agir sur le cerveau; il agit sur ce dernier pour le perfectionnement des mouvements qui ont leur origine dans l'écorce cérébrale : il n'y a rien d'étonnant alors que chez les animaux dont le cerveau à une action très faible sur les mouvements, chez les oiseaux par exemple, l'extirpation du cerveau ne cause pas de troubles de l'équilibre. L'ab-

(1) BECHTEREW. Contribution à la

question de la fonction du cervelet, Ver. Cen: tralblatt, 1890.

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e de troubles de l'équilibre à la suite de lésions cérébrales, dans > cas de lésions unilatérales de l'écorce cérébrale et d’hémiplégie, peut xpliquer de plusieurs manières; ils peuvent être masqués par la paraie totale du début; le cervelet peut agir encore sur l'hémisphère céré- bral sain; l'hémisphère cérébral sain peut agir sur les deux hémisphères cérébelleux, ct, comme il est désormais seul capable de produire des mouvements volontaires, seul aussi, il a besoin de tivité cérébelleuse et peut la mettre en jeu, puisque seul il peut modifier les conditions de l'équilibre.

Nothnagel (1) a fait remarquer à juste raison que si l'opinion des cliniciens et des physiologistes sur les fonctions du cervelet a été si longtemps partagée, la cause en est à ce qu'on n’a pas su débrouiller les cas simples des cas compliqués et qu'on n’a pas tenu compte de En qualité de la lésion : ramollissement, hémorrhagie, atrophie, tu- __ meurs de son siège et des lésions des parties voisines. Ens’appuyantsur __ Panalyse des faits cliniques, il pense que le vermis et les hémisphères sont des organes à fonctions différentes, le premier joue le même rôle 5 que le vermis des vertébrés inférieurs : les hémisphères se développent chez les mammifères suivant la place qu'ils occupent dans l'échelle 72 intellectuelle, aussi les lésions du vermis causeraient seules la titu- | bation cérébelleuse. Il est fâcheux qu'il emprunte ses exemples à tous les cas pathologiques, aux tumeurs du vermis en particulier, à défaut d’atrophies ou scléroses localisées au vermis qui sontrares ; les tumeurs ë sont peu favoräbles à l’étudedes fonctions du cervelet à cause des phéno- mènes de compression qu'elles entraînent et de leur mode différent d'évolution. Nothnagel a même poussé plus loin les localisations | 5 … cérébelleuses; les lésions du vermis supérieur et du vermis inférieur n'entraînent pas de désordres du mouvement ; il est nécessaire pour qu'ils se manifestent que la partie moyenne du vermis soit intéressée ; cest ce que le même auteur avait conclu de ses expériences sur le lapin.” ;

; A Te Les conclusions de Nothnagel paraisisent excessives : s’il est vrai que les lésions localisées à un héntisphère passent assez Souvent inaperçues chez l’homme, il faut adm ettre que la suppléance

(1) NoraNAGEL. Ueber Latenz von Kleinhirnerkraukur\gen und ueber cerebellare Ataxie. Berliner klinische Wochenschrift, 1878, ét Zu* PA ysiologie des cerebellum. Centralblatt für die medicinisohe Wochenschrifé.

a pu se faire par les parties voisines, surtout si la lésion n’a pas envahi tout l'hémisphère et ne s’est pas trop étendue en profondeur.

Une atrophie ou une sclérose totale d’un hémisphère entraînent des

troubles plus durables, mais ici encore la suppléance peut se faire par l'hémisphère resté sain et par le cerveau. Si les lésions du vermis produisent des troubles plus intenses que les lésions des hémisphères, c’est que le vermis est l’aboutissant de toutes les fibres que la moelle fournit au cervelet et que, par cela même, l’activité cérébel-

-leuse, en tant que sollicitée par des impressions ayant leur origine

dans la moelle, est suspendue ; c’est une partie de la fonction cérébelleuse qui disparaît.

Nous avons tenu à exposer ces opinions, habituellement citées, parce que si elles contiennent des idées justes, elles s'appuient aussi sur des faits dont l'interprétation nous a semblé discutable. Nous ne pouvons rapporter ici toutes les théories émises par les cliniciens sur la fonction du cervelet : cet examen nous démontrerait du reste que, sous des formes un peu différentes, la plupart offrent plus d’une ana-

logie avec celle de Flourens et de Bouillaud qui a été admise

aussi par un grand nombre de physiologistes et.semble le plus en

accord avec les faits : nous l'avons adoptée en nous basant à la fois.

sur l'anatomie, sur la clinique et sur la physiologie expérimentale. L'examen des différentes théories émises sur la fonction du cervelet montre qu'une grande part de vérité a été entrevue par ceux qui les ont édifiées soit sur des faits expérimentaux, soit sur des faits eliniques; elles ne contiennent aucun argument sérieux contre la théorie de Flourens et de Bouillaud Nous devrions rechercher

si cette théorie n’est pas en opposition avec l'anatomie comparée.

Le cervelet existe chez tous les vertébrés, mais sa forme et son volume varient suivant la classe, et dans chaque classe il y a des variations suivant le genre et l'espèce ; il serait intéressant de savoir si ces variations peuvent trouver leur explication dans des conditions différentes d'équilibre : ce serait la confirmation la plus solide de la thèse précédemment soutenue. Cette étude, pour avoir une valeur réelle, devrait être une analyse détaillée des conditions d'équilibre pour chaque classe animale et même pour chaque genre, elle impose alors des notions très exactes sur la vie et les fonctions des différentes classes de vertébrés, elle exige la science

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‘d'un naturaliste. Notre tâche est plus modeste et nous nous bornerons pu: à donner quelques indications succinctes sur le sujet. , Le cervelet des Poissons, situé en arrière des lobes optiques, con- siste en un appendice allongé, adhérent par sa base en avant, libre en & arrière, implanté sur les côtés de la moelle épinière. La face supérieure . 4 est parcourue par un sillon antéro-postérieur, Elle est lisse chez les poissons osseux (brochet). « Après lesreptiles, les poissons osseux sont, 2 de tous les vertébrés, ceux dont le cervelet est le moins developpé. » . [Serres (1)]. Chez d'autres, elle estdivisée par des sillons en lamelles analogues à celles des vertébrés supérieurs, cet aspect se rencontre chez les sélaciens (poissons cartilagineux) et chez la raie : le cervelet présente chez eux un sillon crucial dont la branche antéro-postérieure ‘pénètre seule dans la profondeur de l'organe ; d'autres sillons moins - profonds lui donnent un aspect lamellé. La division en lamelles s’ac- cuse chez le squale renard et surtout chez les requins et les poissons quis’en rapprochent. Chez les sturoniens, au contraire, le cervelet n’est plus représenté que par une petite boule de graisse traver- sée par queiques fibres nerveuses, au-dessous de laquelle on trouve $ quelques petits amas de substance grise ; le cervelet est donc tout à fait rudimentaire, les lames, latérales du quatrième ventricule se ren- contrent sur la ligne médiane, mais il n'y a pas de renflement en “ arrière des lobes optiques. Chez le squale renard et le requin, le cervelet possède aussi deux appendices latéraux. | __ Le cervelet du reptile n’est qu'une lame transversale placée en travers du quatrième ventricule chez le crapaud, la grenouille, le lézard, la salamandre terrestre, la couleuvre, etc. Chez la tortue, il forme une masse globuleuse supérieure en volume à l’un des lobes optiques [Leuret (2)]; le cervelet du crocodile est plusieurs fois plissé sur lui-même et possède deux petits appendices latéraux.

Le cervelet présente chez les oiseaux un volume considérable, mais il n'existe en réalité qu'un lobe médian divisé par des sillons en D. lamelles transversales parallèles dont le nombre varie de 10 à 20 É d’après Leuret. Le lobe médian se renfle latéralement chez quelques

(1) SERRES. Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes des animaux vertébrés, t. II, 1826.

(2) LEURET. Anatomie du système nerveux considérée dans ses rapports avec T'intelligence. Paris, 1839. S

oiseaux et forme deux petits appendices latéraux qui ont été ts a dérés comme la première ébauche des lobes latéraux des mammifères ; ces appendices sont à peine visibles chez la poule, l'oie, le serin, 17

moineau..., ils sont évidents chez les perdrix, les pigeons, l’autruche,

le canard, k cigogne; d'après Serres les oiseaux qui s'élèvent etse soutiennent longtemps dans l'air, comme les cigognes, ceux dont les

pieds ou les ailes ont une force prodigieuse comme le fou de Bassan et les perroquets sont ceux dans lesquels les petits hémisphères latéraux “lui ont paru le plus développés. Le cervelet est formé par une lame plissée dont Le centre est creusé d'une cavité qui s'ouvre dans le quatrième ventricule : ce véntricule a été signalé pour la première fois par Malacarne. « C’est précisément dans le bas de ce ventricule que se

développe le corps ciliaire du cervelet, qui conséquemment n'existe

pas chez les oiseaux ; à la place que doivent occuper les corps ciliaires,

il est vide comme chez le roitelet, l’hirondelle, l'aigle royal, le perroquet et le casoar. » (Serres.) D'après les mêmes auteurs, plus les oiseaux sont grands, plus les sillons sont nombreux. Nous avons fait

des coupes sériées du cervelet de différents oiseaux, entre autres du

canard, du dindon, que nous avons colorées soit par le carmin soit

par la méthode de Pal : nous avons pu nous assurer que dans le cervelet de ces oiseaux il y a quatre noyaux gris centraux ; deux latéraux plus volumineux qui représentent sans doute les corps ciliaires, deux médians plus petits et dédoublés par le ventricule de Malacarne, correspondant aux noyaux du toit des mammifères : aussi l'opinion de Serres nous paraît absolument erronée; sur les mêmes coupes on voit de nombreuses fibres se détacher du noyau dentelé, et se diriger sur la protubérance. Chaque lamelle du cervelet de l’oiseau, de même que la lame transversale du cervelet des reptiles, a une structure histologique très analogue à celle des lamelles cérébelleuses des mammifères, on peut y distinguer une couche moléculaire, une couche granuleuse et de grosses cellules interposées entre ces deux couches qui sont les cellules de Purkinje. E

Le cervelet des mammifères se complique par l'apparition des deux masses latérales ou hémisphères cérébelleux. Le nombre des lamelles

varie suivant les animaux; d'après Leuret il ne serait que de 9 chez

la chauve-souris, de 12 chez le rat, de 32 chez le lapin, chez le mouton il s'élève à 66; chez le bœuf il s’élève à 75 et chez le cheval à 175.

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€ rapport du volume du lobe médian à celui des hémisphères varie lement suivant les espèces ; le lobe médian est très volumineux chez les rongeurs; il l’est beaucoup moins chez les ruminants, les solipèdes br et les Carnassiers : cet accroissement progressif des hémisphères Ê ecuse encore davantage chez les dauphins et les singes. Le cervelet se développe donc graduellement comme volume à me- Sure qu'on monte l'échelle des classes animales, mais pas proportion- “3 nellement au cerveau, puisque, très développé chez les oiseaux relati- 5 vement au cerveau, il l’est beaucoup moins chez les mammifères, mais chez ces derniers il est beaucoup plus compliqué et ses lamelles plus nombreuses augmentent en réalité son volume. Chez les mammifères le volume du lobe médian est inversement proportionnel à celui | des hémisphères cérébraux, tandis que le développement des hémi- sphères cérébelleux est en rapport direct avec celui des hémisphères cérébraux; c’est pourquoi leur fonctionnement doit être lié intimement 4 e l’activité cérébrale et aux mouvements volontaires en particulier, le fonctionnement du vermis étant surtout lié à l’activité médullaire et Eee aux mouvements réflexes. Or l'activité cérébrale et la volonté se + dépensent beaucoup plus dans les mouvements des membres supérieurs que dans les mouvements des membres inférieurs et du tronc : c’est pourquoi il doit y avoir un certain rapport entre le développe- ment physiologique des membres supérieurs et le volume des hémisphères cérébelleux. Aussi, chez les oiseaux dont les membres supé= rieurs exécutent peu de mouvements différenciés, les hémisphères Fe sont rudimentaires ; au repos, dans la station, ou pendant la marche, = les membres supérieurs (ailes) jouent un rôle de second ordre dans le : maintien de l'équilibre; pendant le vol l'équilibre se maintient grâce au déploiement des ailes et au système osseux particulier à cette classe; les conditions d'équilibre sont ici très simples, elles sont, pour ainsi dire, la conséquence même du mouvement primitif : elles sont beaucoup moins actives que passives: la remarque de Serres n'en paraît pas moins judicieuse, et s’il est vrai que les oiseaux qui s'élèvent et se soutiennent longtemps dans l'air comme les cigognes, et ceux dont les pieds ou les ailes ont une force prodigieuse sont ceux chez lesquels les petits hémisphères latéraux sont le plus développés, la raison semble en être dans un effort plus considérable, dans une intervention plus effective de l’activité cérébrale.

Chez les reptiles et les poissons dont l’équilibre exige des condi-. tions beaucoup plus simpleset pour lesquelles les muscles du tronc

sont les seuls à intervenir, le cervelet est réduit à un vermis très rudi-

mentaire : chez cewx qui ont des membres comme le crocodile, les hémisphères apparaissent $ous l'aspect de deux petits appendices latéraux ; il est vrai que chez la grenouille le cervelet n'est représenté

que par une lame transversale.

Chez les poissons, le cervelet se perfectionne avec le reste du sys-

tème nerveux : peu développé chez les poissons osseux, il se com-

plique chez les poissons cartilagineux ; son plus grand volume et son.

aspect plus plissé chez les poissons cartilagineux sont peut-être en rapport avec un mode de natation plus perfectionné.

Bien que le phoque et le dauphin aient surtout une vie aquatique

et que par cela même les conditions d'équilibre soient aussi pour eux beaucoup plus simples, leur cervelet n’en est pas moins très volumineux, mais le lobe médian est très petit comparativement au volume des hémisphères. Chez le phoque les extrémités antérieures ou pattes palmées ne servent pas à la natation, mais seulement à l'équilibre et aux changements de position (1). C’est aussi l'opinion de Claus (2): « Lorsque le phoque veut se porter sur le rivage, il porte en avant sa partie antérieure dont les pattes s’appuient fortement pour fixer le corps, et courbe le dos en traînant sa partie postérieure. Pendant la nage, les membres antérieurs restent au contraire appliqués contre

le corps et servent à le diriger, tandis que les membres postérieurs

fonctionnent comme des nageoires. La prédominance des membres antérieurs sur les membres postérieurs est ici extrêmement marquée et explique le volume énorme des hémisphères par rapport au vermis. »

Par ce court aperçu, on peut juger de l'importance de l'anatomie.

comparée, dans la solution d’un pareil problème de I physiologie, mais, comme il a été dit plus haut, pour qu'elle présenté un intérêt réel elle doit être le sujet d'une étude spéciale. Nous avons seulement désiré montrer qu'elle n’était pas en opposition formelle avec la théorie que nous avons soutenue.

Il nous reste maintenant à nous adresser à l'embryologie pour

(1) J. B. PETITGREW. La locomotion chez les animauæ. Bibliothèque scientifique internationale. Paris, 1887.

(2) CLAUS. Traité de Zoologie, traduit par MANGIN TANDON. Paris, 1884.

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savoir si le cervelet doit être envisagé comme un organe de sensibilité - Ou commeun organe de mouvement. | . Comme nous n'avons nullement l'intention d'étudier à fond son développement et que nous ne devons emprunter à l'embryologie que les notions nécessaires pour bien établir la nature de l'organe, nous n’indiquerons que les grandes lignes de son développement et nous emprunterons pour cela à l'excellent livre de M. et Mre Dejerine. rs TS 5 ; ; ; ie Le névraxe s'étant constitué entièrement par un soulèvement de l'ectoderme . devant la ligne primitive, il devient successivement le sillon neural, la gout- tiére neurale, le canal neural. — Le canal peut être divisé en deux segments, un antérieur ou encéphalique, un postérieur ou médullaire. Fe Le segment antérieur an canal encéphalique se dilate, mais deux étranglements surtout marqués latéralement le divisent à son tour en trois, renfleñents qui sont les trois vésicules encéphaliques primitives : celles-ci, d’après leur * disposition, ont reçu les noms de vésicule antérieure, moyenne, postérieure,

Tandis que l’antérieure forme le cerveau proprement dit : Æémisphères cérébraux, COYps Oplo-Striés, région entourant le troisième ventricule, là moyenne forme Za région de l'aqueduc de Sylvius, les pédoncules cérébraux et Les tubercules quadrijumeaux ; a postérieure enfin forme {a région du quatrième ventricule, lu

- protubérance annulaire, le cervelet, le buibe rachidien. TES

Limitée en haut par l'isthme du cerveau postérieur de His qui la Sépare de la

deuxième vésicule, et se continuant insensiblement en bas avec la moelle épinière, la troisième vésicule encéphalique présente une forme losangique. La voute losangique et mince forme la membrane obturatrice ; sa paroi latérale est plissée à cause du développement rapide du névraxe.

Le plancher (paroi ventrale) de la troisième vésicule donne naissance en avant à la protubérance annulaire et en arrière au bulbe rachidien. La voute (paroi dorsale) s’épaissit considérablement en avant pour former Le . cervelet, tandis qu'en arrière ee s’aminecit et se réduit à une mince membrane épithéliale qui recouvre le quatrième ventricule.

Le développement inégal de la troisième vésicule encéphalique dans sa portion antérieure et dans sa portion Postérieure a permis de lui distinguer deux parties : l’antérienre répondant à la protubérance annulaire est le cerveau postérieur proprement dit, la quatrième vésicule cérébrale ou métencéphale ; la pos- térieure est l’arrière-cerveau, cinquième vésicule, épencéphale ou myélencé- D phale,

Ici une courte digression sur le développement de la moelle est nécessaire pour bien comprendre l’origine réelle du cervelet.

À la fin de la quatrième semaine, la cavité de la moelle épinière a la forme d’une fente antéro-postérieure limitée par deux parois latérales épaisses, unies

antérieurement et postérieurement par deux parois minces. où commissures.

Au commencement du deuxième mois les parois latérales se coudent, grâce à l'apparition de deux sillons latéraux qui divisent ainsi chaque paroi latérale en deux parties inégales : l’une antérieure, plus volumineuse, cylindrique, c'est la

lame fondamentale de His ; l’autre postérieure prismatique : c'est la lame 5 es .

alaire.

La lame fondamentale et la ou alaire sont unies par une pièce intermédiaire

d'aspect losangique. La première est limitée directement en arrière par. un. sillon profond : le sillon cylindrique. À

La lame fondamentale donne naissance à la commissure grise ne à: la commissure blanche antérieure, àla corne antérieure, aux cordons antérieurs,

à la partie antérieure des cordons latéraux et à la moitié antérieure de la for- 5

mation arquée : Elle renferme tous les noyaux d'origine des nerfs moteurs. S La partie intermédiaire, comprise entre le sillon marginal de His qui la

sépare du faisceau ovalaire et le sillon cylindrique, donne naissance au col de

la corne postérieure, à la colonne de Clarke, au processus reticularis et à la partie postérieure du cordon latéral. C'est là que, plus tard, le faisceau pyramidal croisé et le faisceau cérébelleux direct de Flechsig apparaîtront. :

La lame alaire, prismatique, donne naissance à la corne postérieure et reçoit à

les terminaisons des racines des nerfs sensitifs qui forment en arrière un petit faisceau longitudinal : c’est le cordon postérieur primitif ou ovalaire de His. 2

Le prolongement des sillons latéraux dans le bulbe et la protubérance divise également ces deux organes en deux segments, l’un antérieur et interne, l'autre postérieur et externe : le premier est la lame fondamentale prolongée, le deuxième la lame alaire.

La lame fondamentale donne naissance aux nerfs moteurs du bulbe et de la Re

protubérance : hypoglosse, facial, pathétique, sixième paire, aux fibres motrices du spinal, du pneumogastrique, du glosso-pharyngien, à la partie motrice du trijumeau. + - La lame alaire reçoit les racines de la partie: sensitive des nerfs glosso-pha= ss ryngien, pneumogastrique, spinal ; elle forme le faisceau sohiairé, homologue du faisceau de Burdach dans la moelle.

Formant un angle droit avec la lame fondamentale, elle se développe en + dehors et se replie sur elle-même, formant un crochet dont l’angle est ouverten dehors (silion labial externe). Cet angle divise la lame alaire en deux segments :

l'un interne ou jugal, l’autre externe ou lèvre rhomboïdale de His : ce dernier

est séparé de la voûte par le sillon labial interne.

Le segment jugal donne naissance :

1° Région bulbaire : Noyau du cordon de Goll. Aile grise. Tubercule acoustique; 2° Région protubérantielle : Locus cœruleus.

La lèvre rhomboïdale donne naissance :

1° Région bulbaire : Olive bulbaire ou olive inférieure. Noyaux juxta-olivaires. Noyaux du cordon de Burdach, des cordons latéraux, noyaux arqués des pyramides. Substance gélatineuse de Rolando. Les fibres qui en partent formeront

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les fibres arciformes internes qu bulbe, le système des fibres olivaires, le corps trapézoïde, la couche interolivaire et le Corps restiforme.

ë 20 Région protubérantielle : Olive prolubérantielle. Substance gélatineuse de - Rolando. Fibres arciformes internes. Corps trapézoïde. Lame du cervelet.

= Le cervelet se développe donc comme un organe sensitif, médullaire, bulbaire

; Ouprotubérantiel. Au début il est un organe double dont les parties symétriques __ se réunissent sur la ligne médiane.

La lame du cervelet se développe d’abord dans sa portion médiane, le vermis : c’est là qu’apparaissent les premiers sillons, au nombre de trois ou quatre, vers le troisième mois de la vie intra-utérine. Les sillons des hémisphères cérébelleux apparaissent dans le courant du quatrième mois. Il n’acquiert sa forme

définitive que vers le cinquième mois : les fibres du vermis ont leur gaine de myéline beaucoup plus tôt que celles des hémisphères.

Coxcrusion. — Lecervelet doit donc être considéré comme un organe

se développant comme les voies de la sensibilité avec lesquelles il entre en effet en rapport chez l'adulte par plus d'un faisceau : il enregistre

des excitations périphériques et des impressions centrales et réagit aux unes et aux autres ; il n'est pas le siège d’un sens particulier, mais le siège d’une réaction particulière, mise en jeu par diverses excitations : cette réaction s'applique au maintien de l'équilibre, dans les diverses

formes d'attitudes ou de mouvements, réflexes, automatiques, voldhtaires. ; :

Vu :le Doyen, BROUARDEL..

Vu par le Président de la thèse, - CH. RICHET.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-recleur de l'Académie de Paris,

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