LA MORT DE POLICHINELLE
m ! DANS LES CON TllKVENTS
L’Académie française a levé la séance, mardi dentier, en signe ■le deuil. Ce jour-là -on enterrait l’abominable gredin qui s'appelait Maxilllo dü Camp (de Satory). Mou cœur se lèV6 lui aussi à la lecture du Semblables idioties.
(Jne bande de jeunes vaurions, arrêtés pour vol, atronnes de certaines maisplts ' '
>s passions contre nature de v >nt compromises. Mais il parait que leui tunages si liant placés, que lit poli ar crainte du scandale. Pendant que j n lie les gens coupables d’excitati auquillêment à l'excitation des i muse bourgeoisie ! -
La dompaguio des Omnibus vient de décerner une médaille au doyen de ses cocburs, qu’elle exploite depuis quarante-quatre ans.
Extrait du discours prononcé par M. Buisson, directeur do l’enseignement primaire, à l’assemblée générale de la société contre la mendicité dos enfants :
# Oe n’est pas au mendiant do vingt ans, devenu ce que vous savez ; ce n'est pas au mendiant de quinze ans, déjà loin sur la route du mal ; ce n’est pas au mendiant de dix.aus, que la corruption a peut-être déjà gangrené, que nous nous en prendrons. C'est à l’enfant de cinq ans, irresponsable, à l’enfant qui vous accoste dans la rtie, ot vous demande d’une voix si donce, si touchante parfois, de lui donner deux sous. Votre devoir, c’est de les lui refuser, afin d’éviter que la paresse et la mendicité ne prennent dans son espiit la place que, seul, doit y occuper le travail. »
Tous les auditeurs, gros bonnets de la politique on d’autre chose, ont applaudi ces paroles quo le Temps loue.
Il entre bien mieux dans les goûts des bourgeois, pansus ot égoïstes, de ne pas répondre à la demande des mendiants que de sortir une aumône. Et ils se dolmentcette excuse, que c’est pour le bien. Tas d’hypocrites ! « Mbn ami, disent-ils, je regrette de ne pouvoir 'vous empêcher de mourir de faim, mais c’est pour votre
SI vous étiez ce soir, sans que l'on vous connût,
Monté jusqu’au taudis de Pierre le canut PourtgCjsser sous sa porte une aumône discrète,
Vous auriez pu le voir immobile, la tête Entre ses mains, rêver le rêve de la faim.
La femme sanglotait; l'enfant criait: Du pain!
Tout à coup, de son poing large ébranlant la table,
Le canut s’écria : « Ce n'est pas supportable ! *
Et -sortit en jurant, pour voir le défilé Des masques.
Il s’était à la foule mêlé-,
Regardant les grelots luire autour des basquines Et les pierrots fardés guetter les coloVnbines;
Mais son cœur se gonflait et ses yeux voyaient mal.
« Tu manques de resjiect aux dieux du Carnaval!»
Lui dit un Arleqtiin, le Irâfipant de sa batte.
« Viens avec m'oi, vieux péTe., et qtie le rire éclate « Dans ton gosier sonore,1 huhieoté’de vin vieux!
* Les gens tristes ont tort èt's'enivrer'vaut mieux « Que de fajre en tjin coin Cette mine mauvaise.//
Le canut le suivit. ; .
« ïfous nie mettez à l'aise,
« S'écria-t-il. Je vajs m'é,tourdir cette nuit « Et tenir tête aux tfotis, qTti font le plus de bruit.
* Figurez-vous, je luis un'liomme sans ouvrage,
u. Le travail d^couvents nous condamne au chômage. « Rieli ne 'va,' J'ai aherché, partout ; je n'ai trouvé ». Que des cœurs sans amour, durs comme ce pavé.
« Maintenant j'ai lè droit d'oublier et j’oublie.- « Je veux ma part d'ivresse et de folie.
" Quand on ne mange pas, il doit être permis « De boire. Me voilà. Présent! *
Les deux amis
S'entendirent si bien que l'aurore nouvelle Vit le pauvre canut, mis en Polichinelle,
Tituber, retenant éoh ventre mal serré.
Aux bras de l'Arlequin qui l'avait enivré.
«Messieurs, j 'ai ^toujours eu la misère fantasque ! S'écria-t-il en ouvrant les lèvres de son masque Où des gouttes de vin s'étendaient. « Jugez-en :
« Ce Pierrot que voilà boit comme un paysan ;
« Je vous fais lé pari, dut-il crever d'envie,
« De boire en un seul trait ce litre d'eàu-de-vie. //
Et, levant ce (lacon entre ses doigts tremblants,
Il le but tout entier.
Alors les bras ballants,
L'œil vide, le front lourd, le feu dtfns Jes entrailles, Etouffant sous-son masque et battant les murailles,
11 partit.
On n'avait pas fermé llceil chez lui.
Aussi, dès que le jour dans la rue avait lui,
L'enfant était sorti pour attendre son. père.
Une heure après, il vint, disant : Petite mère,
« J'ai rencontré dehors un Guignol tout Vivlint.
« 11 est fort drôle, et c'est un jouet très savant « Qui m’amitsera bien. Comme il marche avec peine, « Je l'ai pris par la main, mère, je te l'amène.
« St tu savais! Viens voir comme il est singulier ! "
« 11 est resté là-bas, couché sur l'escalier.
La mère descendit et, déchiré par elle,
Le masque lui laissa, dans le Polichinelle,
Reconnaître un époux qui venait d'expireï.
« A genoux, mon enfant, tu n'âs plus qu’à pleurer! Cria-t-elle. « Voilà ce qu'on fait de nos hommes :
« Ton père est mort. Quels temps que les temps où « A genoux ! » [nous sommes !
Mais, l'enfant — cet âge est ignorant Des choses du tombeau — répétait, en serrant Avec ses petits bras le cadavre à la taille :
« Ce n'est point mon papa, carson ventre est de paille! // Clovis Hugues.
La séria des attentats à la liberté d’écrire continue. Jean Grave, l’auteur do la Société mourante et l'anarchie, dont les exemplaires eut été récemment saisis, comparaîtra, le 21 février, devant la cour d'assises de la Seine, pour provocation au meurtre, etc., et pour provocation à la désobéissance des militaires.
La poursuite a lieu par application des articles 21 et 25 do la loi sur la presse modifiée en décembre dernier.
• Vive la liberté !
On se rappelle quo les actionnaires do la Reçue des Deux Mondes durent remplacer le vieux Buloz,à la tête de cette publication, parce que leur argent servait à entretenir les amants des filles a qui le directeur de la vertueuse revue confiait ses faiblesses.
Le ministre des aftàires étrangères se dispose, paraît-il, à nommer ce M. Buloz, consul do Franco hors d’Europe.
Oe n’est plus l’argent des actionnaires de la Revue des [Jeux Mondes qui dansera, mais le nôtre. De pareilles gracieusetés ne ooûteût pas cher à Casimir.
On arrêto un socialiste :
— • Quelles gens voyez vous d’habitude ? lui demande le juge
— Pour le moment, répond notre camarade, je fréquente une mauvaise compagnie.