RAISONNONS
Burdeau, Raynal, Rouvier, tant d’antres, sont des parvenus puissants. Partis de rien ils ont •atteint les plus hauts sommets do la fortune et des honneurs, d’un seul vol.
Puisque Dieu, assurent les prêtres, recommande la résignation, pourquoi ceux-ci ne so résiguont-üs pas à voir s’établir sur terre la justice et l’égalité? Au lieu de cela ils veulent quo les malheureux so résignent à la souffrance 'produite par l’injustice et l’égoïsme. O’ost donc <juo leur Dieu ne t'ûconnaîc quo la résignation au mal et défend la résignation au bien'.
L’avocat Lagasso on plaidant l’autre jour pour Tournadro disait qu’on no pouvait diffamer Wilson. .Te connais cependant pas mal de députés notoires à qui Wilson lie voudrait pas être comparé.
Lu République a décrété l’instruction obligatoire et elle a ouvert des écoles on grand nombre. Pour quo son œuvre soit complète il faut qu’elle en ferme lino autre, dans laquelle les petits des travailleurs ont toujours les premières places : l’école du malheur.
Ou dit généralement d'un eitoyon irréprochable et sans fortuno qu'il est pauvre mais honnête. Que dira- t-on des riches en général et do (nommez les tous) eu particulier?
La phrase comminatoire de Raynal sur les sensibleries répréhensibles qui su sout produites au sujet de la petite Sidonie, rappelle cette maxime do Oh. Guinot :
« Notre époque est à ce point fanfaronne do ses vices qu’un bon « sentiment y fait tache, comme une larmo sur un visage furdé. » 11 y a cependant cotte diflérence quo Raynal est nature cl no
Les &FFHmetrRs
La majorité travaille au profit de l’agriculture. Voici comment : les blés ne so vendent plus assez cher pour .fournir aux paysans do quoi payer leurs propriétaires et de quoi' se nourrir avoo leurs familles.
Comme les majoritards ont promis à leurs électeurs que tout marcherait au mioux de leurs intérêts s’ils étaient élus, forco leur a été de s’occuper de la crise agricole. D’où la discussion sur les tarifs do douane appliqués aux blés étrangers.
La commission d’aifameurs, qui reconnaît Méliuo pour chef, propose de frapper les produits, venant de l’extérieur, 'd’un droit, do 8 francs an lieu de 5 francs, à leur entrée eu France. Il est probable quo coite proposition sera adoptée par la Cliamlire. •
Le paysan s'eu trOuvern-t-il plus heureux?
Non, et voici pourquoi :
Lu crise provient moins de la concurrence étrangère que de l’agio. H existe, dans notre République capitaliste, dos syndicats d’accapareurs qui n’ont d’autre but que do créer laliaussoou la baisse suivant les besoins de leur infâme industrie. Maîtres de tous les marchés, en vertu de leurs capitaux, et surtout de la complicité des gouvernants, ils arrêtent, quand il leur plaît, l’écoulement des marchandises ; ils les taxent aux prix qui leur conviennent, et ces prix sont établis non d’après la production, mais d’après leurs conventions. Si bien que la 'cherté du blé ne profite pas plus au producteur que sou avilissement au consommateur.
Vous savez que les droits de douane sont basés sur le rendement des grains. Par exemple : 100 kilos do blés paient suivant le chiffre approximatif de leur rendement en farine.
Or, qui croyez-vous qui établisse ces chiffres de rendement ?
Les accapareurs, dont les syndicats se ramifieut à un syndicat suprême dirigé par une bande d’agioteurs, par des Ephrussi, par des Droyftis, par des Lévy. O’est il eux que le gouvernement et l’administration s’on rapportent pour taxer les blés étrangers qu’ils amènent en France. Aussi l’intérêt des travailleurs des champs ou des villes entre-t-il pour moins querien dans eette. élabo-
Si cent kilos de blés doivent rendre 75 kilos de farine, les Ephrussi et leurs compères on dénoncent 00 seulement. Ils paient les droits sur ce chiffre et il leur reste 15 kilos do farine qui n’ont souffert aucune Taxe et qu'ils peuvent vendre à un prix dérisoire.
Que peuvent faire les tarifs do douane contre de. pareils tigisse-
Antre chose. Comment expliquer que les 100 kilos de blés qui subissent actuellement en Franco un droit de 5 francs et de 0 francs on Allemagne, se vendent 18 francs dans ce dernier pays, tandis que nous antres français les payons 20 francs? C’est le contraire qui devrait se produire et qui se produirait eu effet si les accapareurs ne traitaient les paysans et les citadins comme gens à leur
En attendant que la Révolution sociale supprime toutes causes de concurrence et de misère par la mise en commun de tous les produits et leur répartition équitable entre tous les producteurs saus tenir compte dos droits malhonnêtes du Capital, le seul remède aux maux dont se plaignent les agriculteurs se trouve dans la proposition (lu citoyen Jaurès qui empêcherait les accapareurs de rançonner le pays.
Mais les opportunistes se garderont bien do l’adopter, car ils sont complices des agioteurs et la comédie qu’ils jouent présentement à la Chambre n’est faite que pour donner le change à leurs électeurs.
Est-ce que ceux-ci s’y laisseront toujours prendre ?