‹ Le chambard socialisteChapitre 133 sur 412 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Aujourd’hui les marques publiques de respect envers la personne et le 'nom du Président sont un plaisir pour tous les français. Un songe même à prévonir par de nouvelles mesures législatives l’abus que l’on pourrait en faire.

C’est ainsi que hier, 1" avril 1808, un fumiste de mauvais goût a envoyé à l’Elysée un sac de haricots do Soissons avec cette men-

tion

Is du Pi

M. l’avocat général Bulot se flatte de mettre la main sur l’auteur de cetto inconvenance et do l’envoyer incontinent a la guillotine.

AVIS AUX COLLECTIONNEURS

// u été tiré du dessin : En Carême ; cent épreuves lithographiques, hors texte , mr papier du luxe , numérotées de là 100. Prix 2 francs en, noir ■; 2 fr. 25 en couleurs.

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Les collectionneurs trouveront à la même adresse et aux mêmes prix des épreuves lithographiques , hors texte , des dessins publiés par le Chambard ; L’Attentat du Pas-de-Calais; l’Epouvantail bourgeois; la Bonne Année ; la Cadette ; la Misère sous la Neige ; Pauvre Pandore ; Psychologie du Militaire professionnel ; Jolie Société ; Le Cri des Pavés ; Suprême argument.

RAYMAL BOUGE...

Depuis quelques jours des manifestations se produisaient presque quotidiennement sur la tombe de Vaillant, cl l’ou pouvait lire dans les journaux des comptes rendus détaillés dans le genre de celui-ci que nous empruntons à l'Eclair :

« Le peuple va à la tombe de A’ aillant, il y va avec la volonté d’affirmer quelque chose. Ces manifestations isolées, mais oxpresives, échappent à toute répression. La polico y assiste, impuissante a sévir, décidée d’ailleurs à ne point compromettre la sérénité du lieu, si le calme n’en est troublé par dos actes nettement révolutionnaires.

«C’est un acheminement continu, sous ce temps triste et bas.On so porte. 11 faut Suivre la foule si dense qu’on no peut la percer.

M. Bouge un député do la préfecture de Marseille, s’est trouvé choqué de ces visites qui menaçaient de se trausformor en un véritable pèlerinage. Après s’être entendu avec son chef hiérarchique, le mitiistre de l’intérieur de nos poches Ruynal, il lui a posé une question, que dis-je ? plusieurs questions : Pourquoi il tolérait ces manifestations, pourquoi il laissait arborer le drapeau rouge dans lo cimetière, pourquoi il supportait qu’on criât : Vive la commune ! En même temps, Bonge dénonçait le citoyen Contant .député socialiste do s’être rendu à la tète d’uu groupe considérable de citoyens sur la tombe du supplicié.

Là gisait le serpent. Bouge n’avait posé les autres questions que pour produire celle-ci, et, par dessus lo tertre fleuri du champ de

ieçon^' nous ne disons pas qu’elle était apprise, parce . que l’agent provocateur Bouge l’avait écrite quelques minutes p a lavant sous la dictée de Roinach — gendre et horiti . — et qn’il la lisait à la trib

u- du voleur

ou „„jvû dans le compte rendu du conseil des ministres tenu le matin meme. Il y avait été décidé que les cimetières ne seraient plus dorénavant considérés comme terrain neutre, ainsi que les ministres précédents l’avaient admis; que l’on interdirait toutes les manifestation, l’exhibition du drapeau rouge, le cri de vive la Commune!

Donc c’était moins le cimetière d’Ivry qui était vise que le Pere La Chaise et le mur des fédérés.

Ravnal a répondu à Bouge. On connaît cette réponse. L'homme des conventions scélérates a promis de sévir ; il a dit à la Chambre qu’elle n'aurait à lui reprocher ni une défaillance, ni une lacune. Même il s’est engagé à réprimerles accès àescnsibleric — c’est son mot exact — auxquels certains se sont laissés aller.

Et la Chambre a applaudi. Doue il reste entendu que la pitié est chose coupable; ceux qui pleurent sur los malheureux méritent les pires châtiments, ot, si Victor Hugo que les plus grands <

ininels trouvèrent compatissant, revenait parmi ’’ '

fourrerait en prison.

, llaynal le

Encore une bombe et l’on nous ramènera au régime des cours martiales et de la torture.

Le citoyen Coûtant n’a pas eu de peine à prouver la fausseté du récit fait par Bouge; qui avait impudemment menti. Sa visite au cimetière d’Ivry n’avait point pour objectif la tombe de Vaillant, mais celle d’un camarade du Parti ouvrier, mort un mois aupa-

Oes explications n’empéohèreut point la meute polioiére, les Bouge, Roinncli et autres misérables, d’agiter contre les socialistes le spectre de l’anarchie, car c’est moins à celle-ci qu’au socialisme qu’ils en veulent.

Pour ce qui concerne Bouge personnellement, il essaie de gagner quelque lucrative sinécure qui le dédommagera de la perte de son mandat que les marseillais ne lui renouvelleront certainement pas, s’ils le lui ont renouvellé en septembre dernier.

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