CHAPITRE TV
Cette loi nouvelle dont lo besoin se faisait impérieusement sentir marquera dans nos annales législatives. L’application n’en lu lias facile au début. Les tribunaux durent sévir contre un nomlirt incalculable de délinquants. .
Deux jours après la promulgation, 1 pour avoir traité son cheval de carcan.
n’eut pas de mal à démontrer <|uo ce mot visait le présumai.
Une ménagère fut également jugée et condamnée pour avoir proféré ce cri, en sortant de la boutique d’un boucher : « V ons m’avez vendu de la carne! » M. l’avocat général Bnlot prouva que cotte phrase constituait une excitation contre la personne do M. Carnot, . , .
Eulin, un jour que les Invalides tonnaient et que la tour hitlei avait arboré le pavillon présidentiel, un homme de mauvaise mine et nourissant de sombres peuséos, {aigilit de ne pouvoir ko conformer aux prescriptions légales. Il levait alternativement la jambe gauche et la droite; serrant les lèvres, enflant les joues, comme s’il eût cherché par tous les moyens à évacuer co qu exigeait la loi. Finalement il haussa los épaules en murmurant : .1 peux pas ; c’est autre chose que du veut qui vient. Cà me fait... (Ici un mot que la pudeur nous empêche d’écrire). .
M. l'avocat général Bulot découvrit dans les propos ot 1 attitude do cet individu une excitation directe au mépris delà majesté présidentielle, en même temps qu’une menace de mort. Il lut heureux d’obtenir une condamnation capitale en exposant que ces atteintes au fondement de nos, institutions, constituaient un dangor permanent, M. Turrel faisait parti du jury qui eut a juger cette affaire.