‹ Le chambard socialisteChapitre 155 sur 412 · SANS LE SOU · texte numérisé non relu

SANS LE SOU

Vive Wilson !

Eh bieâ ! oui ! vive Wilson ! Pourquoi pas ? Depuis la séance de-lundi, cet homme de tous les déshonneurs, de toutes les» corruptions, serait réhabilité, si la réhabilitation pouvait toucher la classe à laquelle il appartient.

' Qu'a-t-il fait au surplus? 11 a trafiqué de riulhieuee de son beau^iére, le président') Grévy, il a vendu la Légion d’honneufi

Voilà-Mil pas des histoires! Ht ne dir»it-on pas qu’avant, M. Gendre et après lui, elles ne se sont jamais produites ?

Nous n’avions pas encore vu se réaliser aussi exactement la labié des Animaux màtddçs de la peste.

Le dieu en colère, c’est le "peuple, que les fautes et les crimes accumulés des bêtes malfaisantes du pouvoir ont poussé à bout. Il s’agit de lui sacrifier une victime, d’apaiser sou courroux par un holocauste. Les animaux se concertent, fouillent réciproquement leur casier, ouvrent la braguette de leur conscience pour y chercher trace des chaucres qui la rongent.

Toujours, comme dans la fable, les rois, les puissants du jour, les plus coupables par conséquent, puisque la société capitaliste est ainsi faite que les honneurs et les pouvoirs politiques s'augmentent eu raison directe des infamies commises, les lions dévorants, les tigres sanguinaires, les hyènes de la Bourse, les loups de l'exploitation, confessent cyniquement leurs méfaits, transformés en actions d’éclats, en titres de gloire.

" Ceux là, on les flagorne, on les excuse. Ils peuvent tout oser, ils ne risquent que des éloges et de nouvelles glorifications.

Puis le malheureux baudet survient, couvert de confusion, mais plein de confiance dans ses destinées. Il a tondu « de ce pré la largeur de sa langue. ».

A côté des autres, il se voit bien petit pécheur. Ses péchés d'ailleurs remontent à plusieurs années. Tant de nouveaux scandales éclatèrent depuis, qu’il peut sans présomption, lés considérer comme les seules et immédiates causes du courroux céleste.

Il se confesse ingénument.

Ah ! le pauvre ! A peine a-t-il achevé, que l’assemblée le voue aux dieux infernaux. C’est lui le pelé, le galeux, cause de tout le mal. ("est lui la victime désignée, le boilc émissaire, l’holocauste attendu. H expiera les péchés des autres. Lui immolé, les animaux retrouveront la tranquilité perdue, le peuple apaisera son couproux. Le sang d’un seul, du plus humble, lavera les forts, les gros.

Wilson, c'est lïiiie. on l’a sacrifié lundi.. Ht l'opération se fût accomplie sans dommages pour personne, à la satisfaction générale, si les malencontreux socialistes, gens irrespectueux et qui foulent aux pieds les conventions les mieux admises, n’avaient, crié haro sur les immolateurs en -mè me temps que sur l'immolé.

Vous pouvez tous vous asscoirspvie^nénio banc tiue Wilson, leur a dit Millcrand. Voire i aussi vous êtes des acquittés. ■

Wilson a vendu la croix d’honneur : vous avez vendu l’honneur du pays. Vous avez fait Panama. Vous avez lait les scandales de la marine. Hier encoro, un des vôtres» ancien maire’ de Caeu, le sieur Mériel, poursuivi pour concussion, était acquitté par vos magistrats.

Du haut t;n bas' de votre hiérarchie politique la concussion s’étale Impunément, les trafics appauvrissent le pays, la spéculation, l'accaparement forment les règles invariable. “ . •

Et Wilson serait seul honnis? lui seul porterait la responsabilité des crimes de tout un parti, de toute une classe, de toute une société...?

Quelle indigne comédie ! Oôttlrae elle rapproche davantage encore ceux qui la jouent 'sous nos yeii'x, dés animaux de la fable. Bêtes, méchants et lâches,' voll^ ces .

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Mais Wilson vaut mieux que le meilleur de la bande.

11 a expié, lui. Les autres resté nt debout et se drapent dans leur infamie.

Le peuple a des yeux pour voir, des oreilles, pour entendre, une intelligence p'our raisonner et conclure, ce que Payaient pas les dieux de l'Olympe. On ne lui donnera pas le change. '

Ce n’est pasntxjVilsfjn, chétirsqcriïîce, qui pourra suffire à sa vengeance, ‘satisfaire sa justice. Il veut tous, les coupables. Il les prendra tous.

Gérault-Richard.

P. S.’— J'ai encore reçu, cette semaine, des lettres étrangement louches, dans lesquelles on me demandait certaines indications chimiques, voire simplement bibliographiques. MM. de la Rousse perdent leur éhcre et leur temps. Leurs pièges, trop grossiers, se devinent d'une lieue. A d'autres, crapule !

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