‹ Le chambard socialisteChapitre 177 sur 412 · SCÈNE V Madame Deschèques · texte numérisé non relu

SCÈNE V Madame Deschèques

Voici la troupe! Ou va charger la foule !

Le Socialo

La troupe? C’est donc leur police, alors? Ah bien ! J’ vas p’têtre être obligé de crier : « Vivent les voleurs » à présent. Bonsoir, messeigneurs ! L’ déménageur y deviendra demain. Vous êtes encore les maîtres pour un jour. N’empêche que, comme dirait mossieu Wilson, le plus honnête homme de vot’ bande : « Des canailles ! Vous êtes tous des canailles ! » (Il sort.)

RIDEAU

« Chambard » en Province

Un huissier du Palais-Bourbon (en à-parlé)

M’est avis qu’il va souffler un vont de tempête, là-dedans. Tous ces gens-là me paraissent ne pas avoir la consoionce bien tranquille. Ils vous ont de ces figures ! Sûrement ils doivent redouter quelque chose. Mais quoi ? Ils s’entendent comme larrons en foire. Le meilleur ne vaut pas un-sou de plus que le pire. Moi, qui les écoute bavarder ensemble, sans être suspecté, je suis parfois pris de pour. Je m’imagine être dans quelque caverne de brigands, le soir, au moment du partage du butin. Dans leurs conversations, il est question do tout, excepté de lour mandat, de leur devoir, dos intérêts de la France. Ah ça? Pourquoi suis-je ici? J’y dois saluer des hommes que je méprise. On m’oblige à être le valet d’une assemblée de coquins. Ai-je seulement les miettes de leur table ? Ils vivent largement, à pleine vontréo de budget, et je végété on lour faisant des oourbettos. Autant vaudrait vider des pois île chambre ! Vrai ! il est grand temps que ça finisse. Je suis du peuple. J’ai liàte de voir le grand chambard. Ah ! qu’un vent de tempête y souftlo donc, dans cette turne infecte, et que vienne l’heure où nos mains de gueux s’abattront sur les cous de ces satisfaits. Nous saurons bien, alors, nous venger de leurs années d’insolences, et faire expier à leur orgueil toutes nos haines et toutes nos humiliations !

Premier journaliste (désignant deux individus qui entrent) Encore de nouveaux arrivants ! Dette fois, c’est Berzélius et le baron. De plus en plus chouette !

Deuxième journaliste (qui vient de s'informer)

Il paraît que ça chauffe, on séance !

Un député, pais plusieurs autres, surgissant de la salle des séances.

On s'empresse autour d'eux

Premier député

L’interpellation est. magistrale ! Desehèques demande que quiconque osera mettre en doute l’honneur des élus du pays, soit sur le champ arrêté et emprisonné.

Quatrième journaliste

Pourqubi pas la Cour martiale ?

Un deuxième député (accourant)

Superbe, Desehèques! tl apaniphasé le mol do «nmbetta : « La diffamation, voilà l’ennemi ! » Le centre applaudit à tout rompre.

Premier journaliste (hurlant)

Vivent les chéquards!

Un troisième député (se précipitant vers un groupe)

Magnifique ! Incomparable ! Deschèques déclare que ce sont les socialistes, les démagogues, qui répandent la calomnie. 11 fait appel au sang-froid et à l’énergie du gouvernement.

Un quatrième député

\ labonno heure ! C’est ce qui s’appelle rivor un clou ! Deschèques énumère les services qu’il a rendus à la République, aux cotes d’hoimnos comme Vénal, Bicloquet et Le Croupier. Joseph en ploure d’attendrissement.

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