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LA SOCIÉTÉ COLLECTIVISTE

Le Résumé présente les traiLs essentiels du collectivisme cation économique encoro incomplète.

La Société collectiviste montre cette application

l’achat? Quels se. ... .

le nouveau signe d’échange? Quels changements suoironi ta >» uuuubuque, le ménage, les habitations? Quelle sera l'organisation politique nouvelle de l’Europe ? Une simple critique de la société actuello ou quelques formules générales de reconstitution ne peuvent plus suffire. Les esprits exigeants trouveront dans l’ouvrage de Henri Brissac soixante-quatre de mandes ou obojcctions suivies de soixante-quatre réponses.

LA PETITE RÉPUBLIQUE

Journal socialiste

Rédacteur en chef : A. M1LLERAND

PRINCIPAUX Mit) ACTEURS :

E. Baudin, .1 Guesde, A. Jaurès, Clovis Hugues, Camille Pelletais, G. Rouanel, Marcel Sembat, E. Vaillant, René Vivian!, députés; J. Alleinane, Paul Brousse, Henri Brissae,

E. Oulireuil, E. Eournière, Gérault-Ricliard, Albert Goullé, V. Jaelard, Henri Pellier, Georges Renard, Henri Turot, etc.

le numéro 5 centimes le numéro EN VENTE PARTOUT

IMPRIMERIE CENTRALE

•pftfllS — i4, rue Daperré — 'PÎT’RLS

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MATÉRIEL SPÉCIAL POUR AFFICHES

: Gkrault-Richard, li, rue Duperré, Taris.

le centre, le mouvement s’accentue. Aux Halles, on se croirait déjà en pleine révolution. A l’entrée de la rue Montmartre, collee sur le mur de .Saiut-Eusiaclie, une grande affiche blanche, la proclamation du gouvernement annonçant la reprise des canons.

En arrivant au boulevard, la foule grossit et devient bruyante. Les nouvelles commencent à circuler.

— Les buttes sont occupées, dit-on dans tut groupe. Le boule-

vard île Cliehy, la place Moncey, le boulevard Rocliochouart, tout est pleiu de troupes. On descend déjà les canons par la rue Lepic. 11 y eu a une dizaine place Moncey... .

— Enfin, nous voilà tranquilles, hasarde un monsieur en redingote et chapeau soigneusement lustré. El ce n’est pus trop lut

Mais, le m

s’éclipse rapidement devant les regards ci

Courons place Moncey.

A mi-hauteur do lu rue de Cliehy, un Ilot enorme montre ses premières colonnes, criant, hurlant, dévalant 'dans un inexprimable désordre. Tout cela doit venir du boulevard extérieur, ci nous nous rangoons contre les maisons pour ne pas être entrantes nousmêmes par le torrent.

Les gendarmes ! Les gendarmes ! A bas les roussinx .

Et voilà que derrière ce troupeau fuyant, nous voyous poindre les képis bleus à bande blanche, et étinceler l’acier des sabres nus. Il n'y a pas seulement des gendarmés, il y a aussi des chasseurs à cheval, qui repoussent cette foule au petit pas.

Enfin, nous sommes sur le boulevard.

Sur trois rangs, la gendarmerie occupe la chaussée et le troltoir. L’avenuo do Cliehy est barrée, ainsi que toutes les rites avoisinantes. Il nous faut manœuvrer avec des miracles de prudence pour ne pas être écrasés par les chevaux qui piaffent, affolés par les clameurs, immobiles depuis les premières heures du jour.

La place est gardée militairement, La chaussée est déblayée. Pas un bruit, hors les cliquetis dos sabres.

Mais voici qu’un sourd roulement commence à poindre; puis un grondement sonore. Les premières têtes des chevaux du train apparaissent, puis los roues qui sonnent, puis les canons dont le dos encore couvert de brume apparaît...

— A Berlin les canons ! crio une voix gouailleuse.

— Montmartre est foutu ! mo chueliotle à l’oreille une voix connue. Je me retourne. Un serrement de main silencieux. C’est cet excellent Gill, qui, lui aussi, en bon grand garçon, qui adore son Paris, est monté aux buttes, et dont le cœur saigne comme le

Et les canons — nos canons — passent et disparaissent pour passer encore. Ce sont dos pièces de 7 et dos mitrailleuses, celles que nous avons payées de nos deniers pendant le siège. Les voilà, aujourd’hui, les glorieuses, qui s’en vont tristement, chacune sous la conduite d’un piqnot dq gondarmes, à la fourrière ou ait Dépôt. A la vérité, on les conduits au parc Monceau. Tout le long du lttgubro cortège, dos fantassins courent, le fusil armé à la main.

Enfin, la dernière pièce est passée. J’en ai compté dçuze.

Douze seules pièces ! Mais le pare de Montmartre en renferme

cont-soixanteèet-onze. Jo les ai vues hier. C’est le clnflre que m’a donné le capitaine du poste. Douze sur ceut-soixante-et-onze ! Allons, il y a cucore de l’espoir.

commo par un ressort, sans iriomu nous tue concertes, nous descendions la rue de Cliehy. Nous pouvons par les rues transversales gagner le boulevard de Cliehy. La marche n’est pas tacilo. Lus gondarmes occupent toutes les rues. Heureusement Gill et uiiii, nous sommes en civil, Quand à l’ami Sornot, force a etc de

, sou uniforme

l’ubandont

retrouverons bien..,..

11 est à peu près neufhcnros ou neuf heures ot demie quand nous arrivons rue Duperré. Par dessus les tôles, nous voyons so détacher sur toute la largeur de la place, les uniformes bleus des chasseurs d’Afrique. Mais, n’allons-nous pas trouver un poste d’observation ? , ,

— Eli ! parbleu ! mo dit Gill, nous sommes a la porte d mi ami qui a son'atolier au quatrième. Nous allons cire aux premières

"nous montons. L’ami n’est pas là. Il n’y a chez lui qu’un petit modèle, qui nous fait les honneurs do la maison, et qui tremble, oui tremble de tout son petit cœur do modèle.

Le spectacle est bien lait pour offrayer la pauvrette. La plaoo est bondée de troupos. Toujours des gendarmes. Toujours lies chasseurs. La rue Frochot est barrée par un détachement, et la rue Pigallo aussi. .

— 11 y a une demi-heure, nous du le petit moi] à cheval, — c’était Viney — est arrivé sur la place. Il a tire sou

sabre, on a crié, silté et jeté des pierres.

Les rues qui montent à la butté sont egalement barrees.

— Mais il y a aussi dos pantalons rouges, observe GUI qui a braqué une lorgnette daus la direction de la rue Houdon.

— Et des pantalons rouges qui ont la crosse en 1 air... liens, mais nous ne sommes pas si foutus que cela... Voila la ligue qui trinque avec nous... Que diable peut-il bien se passer là-liaut !

Là haut, noos le saurons tout à l’heure, les canons pris a cinq heures étaient vile repris. La butte, au moment même où, place Clicliv, nous voyions défiler les pièces de 7 et les mitrailleuses, était déjà reconquise. Oos soldats qui fraternisent à lentree de la me Houdon avec nos gardes nationaux, ce sont les soldats du 88" ot du 137", des soldats de l’armée du Nord, qui ont gravi la butte pendant la nuit.

Les canons, ceux que nous avons vu passer, sont les seuls qu’on ait emmenés. Ceux qu'on a voulu descendre ensuite, on los a arrêtés rue Impie. Les hommes coupaient les traits des attelages, les femmes se pendaient au bras des artilleurs..

— Laissoz-nons r 4 •"•Hllonr

essieurs les artilleurs. Ils s

Et les artilleurs so sont laissés faire, comme so sont laissés

faire, comme s’étaient laissés faire les soldats do là-haut. La victoire avait été très simple. Et nous l’apprendrons le soir, elle a été tout aussi facile à Belleville, où la troupe, comme à Montmartre, a lâché ses fusils pour fraterniser.

Mais, quel brouhaha sur la place ! Aux embouchures des rues, la foule bouscule les détachements de gendarmes qni sont débordés. On crie, on vocifère. Les chasseurs restent cloués sur leurs montures. Au coin de la rue Ifoudou on voit briller le.-, canons des fusils, qui s’abaissent... Tout à l’heure la fusillade va ecla-

üu képi à torsade d’or apparaît à l’horizon. C’est le général Susbielle qui vient de la chaussée Olignancourt. Son état-major traverse à grand’peiue la foule qui, peu à peu, a rempli la place. Foule bariolée, que soulignent de traits rouges les pantalons des soldats retour des buttes. ,

En avant ! s’écrie tout-à-coup un capitaine.

La troupe n’obéit pas.

— Allons! Chargez ! . .

Et nous voyons le capitaine se ilressor sur scs elrters, puis soudain, chanceler et s’attàiser. Un coup de feu est paru des rnn''S. La balle a frappé l’officier à la poitrine. Quelques coups isolos craquont oncore. Deux ou trois cavaliers tombent. Les chevaux emportés partent au grand galop. L’état-major se disperse. Quelques minutes, ot nous ne voyons plus, à la placé des chasseurs évanouis, qu’une foule qui s’embrasse, et le cadavre d un pauvre cheval dont la robe blanche est tachée de sang.

' À midi',, .eut était' fini. Montmartre' était vainqueur, et Paris avec lui.' Le soir, le drapeau rouge flottait a 1 Hotel-de-\ me. Nous entrâmes, Gill, Sornet, que nous avions retrouve, et mot, chez un marchand de vins de la rue Lepic, qui peut se vauur d’avoir eu ce jour-là son apothéose. Devant sa porte, on avait arrêté le malin l’un des canons des buttes. Et ce canon, ou le fleurissait comme un Dieu. On l’enrubannait. Ou trinquait sur son dos de bronze. 11 était à lui seul l’autel de la Patrie.

Devant le comptoir, une dizaine de gardes nattouaux vidaient leur verre, l'œil vainqueur, le front haut et rayonnant :

— Ah ! mon vieux, mon vieux, disait l’au d’eux a son voisin, ah ! mou vieux, vois-'tu. C’est aujourd’hui le plus beau jour de ma

(La suite au prochain numéro).

Un vieil insurgé.

BUREAUX

IMPRIMERIE CENTRALE 14, Rue Duperré, 14 F -A. H. I S

Satirique, illustré, paraissant tous les samedis Rédacteur en Chef : GÉRAULT-RICHARD

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