‹ Le chambard socialisteChapitre 221 sur 412 · LES BONS BOURGEOIS · texte numérisé non relu

LES BONS BOURGEOIS

N"est-ce pas qu’il est doux, bourgeois bedainifère, Après un bon repas arrosé de vins fins.

En lampant à petits coups son café, de faire Des vœux pour les autres humains?

Ne te semble-t-il pas avoir l’âme moins lourde Dès que tu t'es dit, en un hoquet digestif :

« Les hommes sont égaux » ou bien quelqu’autre bourde De Tartufe imaginatif?

Ah! Comme ton cœur, grâce aux vapeurs de l’ivresse Ba,t et se gonfle alors d'un fraternel émoi!

Ah bcpnjme elle est touchante et pure, ta tendresse Pour tout ce qui souffre sous toi !

Que n’es-tu maître, hélas! d’imposer tes doctrines! Liberté L.-Çharité !.. La veuve et l'orphelin!...

— Les meilleurs sentiments emplissent les poitrines Que supporte un ventre bien plein.

Mais - chose étrange - il n’en esÇpoint ainsi de celles Dont l'unique soutien est l'insondable étui Des boyaux qui, sur des airs de violoncelles , Clament leur vide et leur ennui... 5

Et voici qu'ils sont las bientôt, ceux qui gémissent Sous ton impitoyable joug.;. Et leurs espoirs S'exaspèrent, pareils aux soleils qui finissent Dans la pourpre tiède des soirs.

H. Lencou.

De vous à moi

On compare Souvent Gaslmir-l’érier à un dompteur, parco qu’il mène sa majorité à coups do ornvhohe. A oe comptfa-Ià, tous los ailiers mériteraient la célébrité de Bidel. Cependant .il .existe une différence énorme entre celui-ci el. ceux-là.

Lo capitaliste est dans l’ordre immoral, ce que los monstres sont dans l’ordre physique, Mais depuis Grégoire de Tours, les monstres so font rares, taudis que Les capitalistes pullulent.

M’est avis que Paul-Louis Courrier avait plus do talent qne Charles Laurent. Je dois, reconnaître aussi qu’ils ne travaillent pas dans le môme goure. •

I.a grandeur d'élue de Joseph Rtsmaeli ne peut so comparer qu’à colle du sos pieds.

Uu me fait observer quo le l'.lmmbiirrl néglige M. Turrel depuis quelque temps.

.le réponds qu’il nous est malénclloinonl impossible d’êlro toujours sur le d»s du député do Léziguan, malgré notre vif désir de lui être agréable.

Ronces et gratte-culs

La séance des conseils généraux s’est ouverte dans touto la France 'iàildi dernier. S’il faut un croira les fouilles officieuses eette session. n’offre aucun intérêt.

Je m’eu doutais presque.

Los ouvrières de la manufacture dos tabacs du Mans ont appris à leurs dépens ce qu’il en coûte île se lier aux belles promesses des dirigeants. Elles avaient repris Je travail sans conditions. A peine rentrées à l’atelier, elles surouu qu’une de leurs camarades venait d’être congédiée pour participation active à la grève.

C’est à recommencer. Mais une autre fois on .ne les y reprendra plus, espéro'ns-le pour elles.

Dos ouvriers mineurs de la compagnie do Lons, occupés au pui ts n“ 10 à Pont-à-Vendin, viennent de découvrir un gisement de

Bonne aubaine pour les actionnaires, qui se chauffent béatement los beofsteacks au soleil!

Quant aux minours Us n’en seront ni plus ni moins gueux. Ainsi le veut l’équité bourgeoise, incarnée dans Casimir Périer ministre et administrateur des mines d'Anzin. ,

Tablettes du progrès... humain.

En 183» — nous appreuOf. Bloch, savant russe - nu soldat devait tirer nue moyenne de I M coups de fusils pour tuer un ennemi. En 1801 il n’èn tirai} plus que «0; on 1870, 30 seulement.

Grâce aux perfectionnements incessants des armes à feu, la prochaine guerre nous réserve des surprises. Lo savant M. Bloch estime que les nouveaux fusils feront deux fois autant de victimes quo leurs devanciers.

Au risque de faillir aux règles sacrées du patriotisme, je trouve la prophétie abominable, sauvage, amiluunamc cl qno les peuples qui s’offrent à l'expérience sdnil plus hôtes quo los plus butes dos

A propos do guerre et de bêtise humaine, une dépêche doBerlii

annonce un prochain emprunt do lOT^miliions de mardis destinés par le gouvernement allemand à couvrir los dépeintes extraordinaires de l’armée el delà marine.

Avant de verser son sang, le peuple, quel qu’il suit, doit verser -Son argent. .

La patrie -bourgeoise ressemble fort a un vampire, no irouvoz-

Dénenoé an vertueux , Dide, à, son défaut, au très vertueux Bérenger : . ft

Spolier lo Gros, inaugurant le lÿcée do jeunes filles à Versailles, a prononcé los paroles quo voici :

« L'homme ot la femme sont appelés, non à lutter, mais use compléter... Je sUs, mesdames, sjontu lo ministre en souriant, quo vous no vous en privez pas ».

Viuux polisson, il fait de l’esprit... nouveau.

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